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Bazar. JAFFA. RouU 1. 137
Au S. de la ville se trouve la Quarantaine (pi. 9), grand bâtiment ^ev^ en 1835, par Méhëmet-Ali, et déjà à moitié ruiné. Il y a dans le voisinage, l'école angl. des jeunes flUes et le magnifique institut des sœurs françaises. — Les cimetières sont en dehors de la ville. Au S. de la Quarantaine sont quelques tanneries primitives et le tombeau (ouéli, p. 41) insignifiant du cheikh Ibrâhîm (Abraham). — Le mur d'enceinte est à la fois ébréché et en ruine ; on y a ouvert il y a 9 ans, au S. E., une nouvelle porte (hâb eldjedid, pi. 11) et, pendant quelque temps, elle a servi de passage lorsqu'on se rendait à Jérusalem. Actuellement, la ville a dépassé son mur d'enceinte. Devant la porte, se trouvent des vergers qui s'étendent jusqu'à une distance d'environ 3 kilom.
L'intérieur de la ville offre d'ailleurs assez peu d'intérêt. Dans le couvent arménien, situé au N. de Thospice latin , on montre une salle où Napoléon fit empoisonner les pestiférés; mais dans un pays qui admet toutes les traditions , on ne peut être certain que ce fait , de date récente , se soit passé là. — Pour aller au bazar, qui est sans importance, suivre le quai jusqu'à l'extrémité N., tourner ensuite un peu à dr., traverser une petite place où se trouve à g. l'entrée du magasin de Friedel (p. 134), puis aller tout droit, sans se détourner dans une petite rue à g. Le bazar présente un tableau des plus variés, et le voyageur y rencontre pour la première fois dans les acheteurs le véritable type sémitique. Dans la courbure de la porte (fermée au coucher du soleil), on voit une fontaine très fréquentée, avec une inscription arabe. — La petite rue mentionnée ci-dessus mène de l'O. à la mosquée (p. 10), dont l'architecture offre quelque intérêt. Une entrée en forme de porte, conduit dans une cour octogonale environnée de colonnes, et au milieu de laquelle ou voit une belle fontaine. (Les portiques sont fréquemment utilisés pour la vente des marchandises.) Cette cour a quatre entrées : celle du S. mène au bazar, celle du N. à la mosquée, et celle de l'E. à la fontaine. Le minaret à forme élancée est une construction récente.
La voie «e bifurque en dehors de la porte. La grande route de dr. conduit à Ramlé (Route 2). Il y a ici bon nombre de maisons neuves bâties sur les fossés de la ville. Partout nous trouvons des écuries et des loueurs de chevaux ; on y voit des personnes qui essaient leurs montures , des caravanes qui arrivent, d'autres qui s'en vont ; tout ce mouvement a eu pour résultat l'établissement d'une foule de cafés arabes. En suivant au contraire la large route qui est à g. de la porte, on passe d'abord devant quelques petits cafés et des étalages de marchands d'oranges, empilées au printemps comme des boulets de canon (environ 8 pour 1 piastre) ; puis en continuant à g. par un chemin que le cimetière musulman sépare de la mer, on arrive sur les sables de la plage. A dr., l'hôtel Haward (p. 134); à g., un khân récent, de forme allongée, ainsi que des boutiques. Plus loin, on découvre de magnifiques vergers ; c'est là que dres-
138 Route 1. JAFFA. Colonie allemande.
sent leurs tentes ceux qui veulent camper en plein air. Un chemin à g. mène aux. cabanes malpropres d'une colonie égyptienne ; les dames feront bien de ne pas y aller, yu la saleté qui y règne. Au contraire , la colonie allemande, à laquelle notre chemin, franchissant des fondrières qui forment un marais en hiver, aboutit entre deux haies de cactus, présente un aspect fort agréable. Il ne reste presque plus rien du premier établissement, qui datait de 1866 et se composait d'environ 40 familles américaines. Celui qui l'a remplacé, depuis 1868, a été formé par des Wurtembergeois d'une communauté libre dite du Temple allemand (directeur, M. Hoffmann). Cette colonie semble prospérer ; c'est un plaisir , dans tous les cas, d'y rencontrer , au sortir des rues sales de la ville, de jolis groupes de maisons à l'européenne. Les nouveaux émigrés forment une secte chrétienne dont l'idée fondamentale, la réunion des chrétiens en Palestine, repose sur une interprétation particulière de diverses prophéties. Toute la colonie qui est près de Jaffa, compte environ 2Ô0 âmes; elle comprend l'établissement situé près de l'hôtel et un second groupe de maisons, Sarona, à ^2 h* &u N.E. (v. la carte). On marche d'abord entre des haies d'orangers, puis à travers le sable , après avoir laissé à dr. le premier établissement. Un autre chemin plus à l'£. traverse les jardins ; 11 n'est pas sablonneux, il est vrai, mais en hiver, il est tout détrempé. Le sol est d'une fertilité extraordinaire ; on trouve une excellente terre à une profondeur de 4 à 6 déoim. sous le sable et l'on n'a nulle part besoin de creuser beaucoup pour rencontrer de l'eau. La vigne réussit à merveille, même à moitié ensevelie dans le sable. On cultive dans les champs le sésame et le blé. On aperçoit de loin (3/4 d'h.), en double rangée sur la hauteur, les maisons blanches de l'établissement.
On peut faire une belle excursion à cheval, de 2 à 3 h., en suivant le chemin de la colonie du Temple, jusqu'au Nahrél-Aoudjé. Ce cours d'eau , le plus fort de la Palestine après le Jourdain, a sa source près du Ras el-''Aïn (p. 354) et malgré ses faibles chutes, fait marcher nombre de moulins. Près à'EnUebbes, dans le voisinage, se trouve une colonie juive. Au retour, on peut suivre à cheval le rivage (v. la carte) ; avant d'être à la colonie égyptienne, on jouit d'un beau coup d'œil sur la ville de Jaffa.
Dès l'antiquité, la plaine de^Çaron, c.-à-d. le littoral entre Jaffa et Césarée, au N. (v. p. 371) était célèbre pour sa riche végétation et sa fertilité , et surtout propre à l'élève du bétail (Is. Lxv, 10). Le sol de cette plaine se compose en très grande partie de sable, mais il est riche en eau, et partout où l'on fait des irrigations (à l'aide de roues), de même qu'après la pluie, il produit d'excellentes récoltes.
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