Directement, en 3 h. ^J
Le chemin de Jérusalem passe , au sortir de la ville , sur la place du marclié (p. 137), et tourne d'abord à dr., puis, quelques instants après, à g. La route est bordée des deux côtcfs de haies de cactus , derrière lesquelles sont de grands vergers ; on voit partout marcher des roues à ^ever l'eau. Au bout de 12 min., on arrive à une ^^gante fontaine (sébU), élevée par un pacha du nom d'Aôow Nebboût, qui est enterra à côt^ fun peu au N. est la grotte où la tradition place la sépulture deTabitha); Ô min. après, à dr., la Jolie propri^t^ (hiyâra) de M. Philibert, vice-consul de France. Un bosquet de sycomores et de cyprès ombrage le chemin. 8 min. plus loin , il n'y a plus de vergers ; on entre dans la plaine de Saron (p. 138), à l'extrémité E. de laquelle . s'e'lève de plus en plus la chaîne bleuâtre des monts de Judée. Autour de soi , on a des
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champs qni alternent avec des pâturages. La route passe sur un pont. A dr. sur un terrain en pente douce, une ferme avec un établissement agricole pour de jeunes israélites, fondé par l'Alliance israélite.. L'emplacement de rancieri cimetière juif s'étend du petit village Sacnet Ah ou Kebîr jusqu'à cet institut et au cimetière catholique actuel.
Après 4Ô min. de cheval, à partir de Jaffa , on voit à sa droite une tour de garde, et 15 min. plus tard, on arrive à un petit village arabe, Yâzoûr (belle vue rétrospective). Le chemin passe à côté du village en montant un peu, pour descendre ensuite à un ouéli. Ce tombeau consiste en une construction à coupoles nombreuses (v. p. 41) ; il porte le nom d'/mâm 'AU et à côté se trouve une belle fontaine CAin Dilb) qui donne de bonne eau. Sur la g. se détache un chemin qui mène à Lydda (p. 143). Nous restons sur le plus large et nous traversons un pont ; à dr. , au delà des champs, quelques collines de sable dénudées. Au bout de 20 min. , une tour de garde sur une hauteur à dr. ; vue sur les montagnes ; bientôt après > à g. , les deux villages de Sâ^iya et de Beit Dedjan (p. 143). 6 min. plus loin, des plantations d'arbres, qui se prolongent jusqu'à une certaine distance et se composent surtout d'oliviers. A 25 min. au delà, un poste ; 6 min. après, on se trouve dans un lieu désert nommé nuiktalé, le coupe-gorge; il était autrefois, dit-on, infesté par des brigands. A 20 min. de là, un autre poste ; on aperçoit déjà la tour de Ramlé et le minaret neuf. Au bout de 30 min., à dr., sur une hauteur, le village de Sarfend , entouré de haies de cactus. A 20 min. de là, un poste, à g. ; on voit les vergers de Ramlé, qui est encore à 25 min. de distance. A l'entrée de la petite ville , appuyer à g. , le chemin de dr. mène à la tour.
Samlé. — Logis sur la route , à dr. , à Vhôtel Frank^ pour 10 à lÔ personnes: soupe', lit et déjeuner, 6 fr. ; 8 fr. pour une journée entière; on y est assez bien. — Le couvent latin héberge aussi les étrangers. Il est situé à la première courbe que le chemin fait à dr., avant l'entrée de la petite ville. C'est un vaste bâtiment avec une petite porte basse; à rintérieur, deux jardins avec de jolis berceaux de vigne. Ihi toit de la maison on jouit d'une belle vue. Le couvent est bien organisé pour recevoir les étrangers, et le service y est fait par huit franciscains (v. p. 34). Il s'y trouve de grandes écuries et sa citerne est la meilleure de Ramlé. Les Grecs possèdent aussi, à l'intérieur de la ville, un hospice vaste et confortable; il en est de même des Russes.
Historique. On ne peut identifier Ramlé avec aucune localité de l'antiquité hébraïque. La tradition qui prétend que c'est VArimathée du Nouveau-Testament, ne date que du xiiie g.; l'église latine ne saurait être par conséquent bâtie sur l'emplacement de la maison de Xicodème ou de Joseph d'Arimathée, comme le disent les moines. Bien plus, nous savons avec certitude, par des auteurs arabes, que le khalife ommiade Soliman, fils de 'Abd el-Mélic^ fonda la ville en 716. Outre qu'elle a un nom tout à fait arabe {ramlé signifie «sable"), l'exactitude de cette dernière tradition est confirmée par le silence des plus anciens pèlerins chrétiens jusqu'à l'époque précitée, car ce lieu est mentionné pour la première fois l'an 870, sous le nom de ^Ramula". Le fondateur de la ville et ses successeurs la dotèrent d'aqueducs et de réservoirs. Elle prospéra bientôt et devint même peut-être plus grande que Jérusalem; elle avait un mur
à JêHisaUm. RAMLÉ. Route 2. 141
-I d'enceinte avec douze portes, dont quatre principales. Ramlé fut déjà
' habitée, avant les croisades, par des chrétiens qui y avaient des églises.
' Les croisés, venant de Lydda, en 1099, s'y arrêtèrent trois jours ^ un évêché
fut créé pour les deux villes. Ramlé fut ravagée en 117Tpar un incendie.
', Durant les guerres des Francs avec Saladin, elle fut prise deux fois par
^ce dernier. A partir de 1266, où elle fut de nouveau enlevée aux Francs
] par le sultan Bibars, elle demeura sous la domination musulmane^ toute-
1^ fois son état fut assez prospère jusque vers la fin du xv« s. Plus tard,
t' elle fut pour un temps complètement abandonnée. Napoléon y établit
I son quartier général et demeura au couvent latin, où Ton montre encore
j sa chambre.
KamM a 3,000 habitants , dont à peine le tiers se compose de chrétiens , la plupart du rite grec. O^est un lieu misérable , sans commerce et peuplé de chiens affamés. Ses vergers sont luxuriants; on y trouve une quantité d'oliviers, de sycomores, de caroubiers, et même quelques palmiers , qui ici ne "portent pas de fruits. Les champs , partout très productifs, sont entourés de haies impénétrables de cactus, dans lesquelles nichent des pigeons ramiers. Le climat de cette ville est doux , plus agréable que celui de Jérusalem et plus sain que celui de JalTa.
Vis-à-vis de l'hôtel Frank , se trouve une école de jeunes filles des sœurs françaises ; plus loin, à TE., à dr. de la route, il y a un bâtiment en ruine, le aérai ou sérail, c.-à-d. l'hôtel du gouvernement qui sert aussi de prison. Si l'on quitte ici la route en se dirigeant sur la dr., on arrive, à l'E. de la ville, à un grand et long bâtiment, la principale mosquée actuelle, la DjâmV el-Kébîr, belle église du temps des coisades (xiie g.), il n'est pas toujours permis d'y entrer, on essaiera cependant de se la faire ouvrir en recourant au talisman du bakhchtch (5 piastres) : on se déchausse à l'intérieur. Du côté 0. s'élève un haut minaret carré, probablement un ancien clocher. L'entrée principale était à l'O. ; mais aujourd'hui la façade 0. est en grande partie murée. On entre donc dans la mosquée par le côté N, Elle forme un rectangle d'environ 50 m. de long sur 25 m. de large. La nef principale est sensiblement plus haute que les deux nefs latérales, dont elle est séparée par une double rangée de piliers allant de l'E. à l'O. Chacune d'elles soutient sept arcades, une simple corniche de couronnement et sept fenêtres étroites à ogives. Les nefs des bas côtés ont des fenêtres couronnées d'une bordure.
De là, passant devant une grande maison habitée par des employés, on arrivera au bazar y qu'on traversera de l'E. à l'O. ; les rues sont très sales lorsqu'il a plu. Au sortir de la ville, qui aujourd'hui n'est plus murée, on voit devant soi, au S.O., —
La *iour de Ramléj à l'entrée de laquelle on arrive en 8 min. par un chemin bordé d'énormes haies de cactus, puis en traversant un vieux cimetière. Ce curieux monument porte le nom de Djâwif el~ Abyad, la mosquée blanche, et se trouvait sans doute autrefois dans Tenceinte de la ville. La mosquée qui était là fut bâtie par Soliman, fondateur de la ville ; elle était fort grande et entourée d'un mur encore assez reeonnaissable, qui forme une enceinte d'environ
142 Routée. RAMLÉ. De Jaffa
600 pas. L'édifloe fut restauré du temps de Saladin, eu 1190, et Btbars y construisit une coupole et un minaret. La tour actuelle est un minaret de l'époque du sultan mamelouc Nâsir Aboul- Fath Mohammed Ibn Kalaoun (1318), selon l'inscription arabe qu'on voit au-dessus de la porte. Ce n'est que plus tard qu'il est question de caveaux dans lesquels reposeraient quarante compagnons du prophète, au dire des musulmans, ou quarante martyrs, d'après la tradition chrétienne.
L'entrée de ces caveaux est maintenant à une quarantaine de pas au S.K. du portail de la tour; mais on voit à différents endroits que tout le sol est miné par des constructions souterraines. (Que l'on prenne donc garde à soi en circulant.) La mosquée avait dix compartiments de chaque côté du grand rectangle , et la porte de l'enceinte, par laquelle on entre dans la cour, était richement ornée. Au milieu de cette cour sont les restes d'une fontaine. Il y a avait là au XYii^ s. un hôpital ou asile d'aliénés (moûristân).
En dépit de la netteté de la tradition et malgré l'inscription arabe, bien des juges regardent la tour comme l'œuvre des croisés. La porte en ogive, les jolies petites fenêtres des cinq étages, surtout au S., sont très remarquables. Aux quatre angles de la tour sont des contre-forts élancés. Un escalier de 120 degrés conduit au sommet (110 jusqu'à la plateforme); les marches en sont un peu usées , mais il n'y a rien à craindre parce qu'on y voit assez clair. La tour, surmontée d'une pointe en 1652, se rétrécit dans le haut et donne accès sur une sorte de galerie. Nous en recommandons l'ascension à cause du magnifique ^panorama qui se présente aux regards. A proximité: au S., un grand bois d'oliviers; à l'E., les tombeaux et toute la ville de Ramlé qui présente de ce côté un beau coup d'oeil. Plus loin: au N. et au S., de belles plaines; à rO., à l'horizon, la ligne argentée de la mer; à l'Ë. , la chaîne bleuâtre mais nue des monts de la Judée, qui sont bien plus pittoresques de loin que de près. Entre autres lieux habités , on remarque au N.E., à une petite distance, Lydda, avec ses maisons blanches (p. 143); à dr., le gros village de Beit Nébàla; à côté, à g. au delà de Lydda, Deir Tarîf. A l'E., dans la direction de Jérusalem , Djimzou ; à dr. , Yâlo, Koubâb et Latroûn. On aperçoit aussi, dit-on, tout à fait au loin, à l'E. S. E., le mont Nébl Samouîl (p. 151), près de Jérusalem. — La vue est surtout belle
vers le soir, quand le soleil dore les montagnes.
 8 min. au N.O. de Ramlé est située la citerne dite de Ste Hélène. Elle a six voûtes de 30 pas de long, supportées par 11 piliers*, Tune d'elles s'est écroulée et Ton peut y descendre par nn escalier à Tangle N.£. On peut aussi apercevoir Tintérieur de cette grande citerne par des trous qui sont dans le haut. Il est très probable qu'elle a été construite par le fondateur de la ville, car il est dit que Ramlé fut approvisionnée d'eau dès sa fondation. Nous faisons observer une fois pour toutes qu^en Syrie, toute construction importante dont l'origine est inconnue est attribuée à l'impératrice Hélène ou au roi Salomon. Aucun pèlerin ne mentionne cette citerne avant l'année 1666.
ii Jérusalem, LYDDA. Routée. 143