De Jémsalem au couvent de la Ste-Croix, à ^Aia
C&rim et 'Aïn el-Habîs.
2 h. V2' ^® ^*^ porte de Jaffa, on prend à g. la seconde rue, qui conduit au Birket Mâmilla et à Vhospice des lépreux (p. 248) ; puis on laisse à g. le chemin de 'Aïn Yâlo (p. 340) j ensuite à dr. celui de 'Aïn Gârim , et on descend par la vallée , en 20 min. au oonvent d« la Ste-Croix^ en arabe Deir el-MouëaUabé. Ce chemin a été nivela dans les derniers temps par les Grecs, et les champs environnants ont été d^arrasstfs des pierres qui les couvraient et approprias à la culture. Le couvent forme un grand carr^ irr^gulier, entoura de murs sans fenêtres et qui va s^abaissant vers le S., où il oocupe le côttf E. du fond de la vallée. Il appartient aux Grecs orthodoxes.
La fondation de ce couvent est attribuée à l'impératrice H^ène, mais il n'y a aucune preuve précise de ce fait. Une autre tradition rapporte que Vtfglise fut fondée au v« s. par Miriam, un des trois rois représentés sur le portail intérieur de Téglise. De ce que les croisés trouvèrent déjà le couvent en 1099, il faut conclure que sa fondation remonte en effet à une époque antérieure à Tislamisme. n appartenait alors aux Géorgiens, et fut encore restauré par un de leurs rois nommé Léontatlan. Plus tard, il fut occupé, à ce qu'il semble, par d'autres communautés religieuses, mais jamais par des Latins. Il eut beaucoup à souffrir des Arabes ; plus d'une fois il fut pillé et les moines furent massacrés , comme le montre entre autres la trace d'une grande mare de sang dans la nef de l'église. On l'a bien restauré de nos jours, mais des murs seraient nécessaires pour protéger le Jardin. L'entrée est fermée par la petite porte garnie de fer qui est depuis un temps immémorial propre aux couvents d'Orient. Les bâtiments entourent de vastes cours irrégulières et sont disposés en partie à l'européenne. Le couvent abrite un séminaire de prêtres. La bibliothèque contient un certain nombre de beaux ouvrages et des manuscrits , entre autres un rouleau de Ghrysostome enrichi de belles miniatures. Le plan de l'église semble confirmer l'opinion qu'elle date de l'époque byzantine. Elle est à trois nefs avec une coupole supportée par quatre gros piliers et percée de petites fenêtres. Les voûtes et les arcades sont en ogive. Les peintures murales, dont plusieurs sont grossières , ont été restaurées il y a deux siècles. L'intéressant pavé de mosaïque peut prétendre à une époque plus reculée. Le principal lieu saint du couvent est situé derrière le maître-autel de cette église ; une ouverture ronde, aujourd'hui encadrée de marbre, indique l'endroit où aurait crû l'arbre qui servit à faire la croix ; de là le nom du couvent (propr. «couvent du lieu de la croix»). La tradition qui s'y rapporte est probablement très ancienne, bien qu'il n'en ait été question qu'au temps des croisades et que les Latins ne l'aient Jamais complètement reconnue. Quant aux divers em-
'AÏN GÂRIM. Route 8. 293
bellissemeiits de ceiXd tradition , savoir qu'Adam a été enBevell en ce lieu et que Loth y a demeuré, bornons-nous à les mentionner.
Pour aller à 'Aïn Oârim, au sortir du couyent, nous retournons sur nos pas pendant 3 min. et nous prenons ensuite à g. le chemin, qui traverse la valli^e du couvent pour arriver en 18 min. dans le Ouâdi Mediné. Puis nous gravissons une colline pour atteindre en 13 min. le Ouâdi el-Bedaoutyl, A dr., Khitbei JSahU, De la hauteur où nous montons , le Djebel ^Aii, nous apercevons la Méditerranée , le mont des Oliviers et une partie de Jérusalem ; à dr. , le village de Deir Yâaîn, En 22 min. nous sommes aux ruines de Beit Esmîr; à dr., sur une montagne, Nébi SamouU (p. 151). Au N.O., de Tautre côté de la vallée, el-Akoûd^ sur une colline. Nous descendons enfin en 15 min., et par un mauvais chemin, au village de 'Ain. Cârim. — • Historique. 'Aïn Carim correspond pent-èl^e à la localité du nom de Carem mentionnée dans les Septante (Jos. xv, 00). Une tradition qui date de Tépoque des croisades, voit dans 'Aïn C&rim la ville de Jada où la Vierge visita Elisabeth (St Lue i, 39); mais c'est plutôt le Yâta actuel, près d'Hébron (p. 306).
'Aïn Cârim est bâti dans une contrée très belle et fertile, sur les pentes de la colline £. qui s'élève au-dessous de la grande vallée d'el-'Akoûd ; sa population est d'environ 600 habitants , dont une centaine de Latins ; le reste est composé de musulmans. Tons cultivent la terre ; ils ont des plantations d'oliviers et de vignes arrosées par les eaux de la source de 'Ain Cârim j située un peu au S., et qu'une tradition fait aussi appeler, depuis le xiv« s., fontaine de la Vierge. A environ 4 min. à l'O. de cette source, se trouve une chapelle qui a été rebâtie en 1860 ; elle occupe, dit-on, l'emplacement de la demeure ou de la maison de campagne de Zacharie, père de St Jean - Baptiste , où aurait eu lieu la Visitation. On montre à l'entrée un fragment du rocher qui se serait ouvert pour cacher Jean-Baptiste que %a mère cherchait à soustraire à la fureur d'Hérode.
A l'E. s'élève le grand couvent (latin) de St-Jean^ qui ressemble à une forteresse. Il a été restauré et agrandi depuis peu ; on y reçoit les voyageurs. Les moines et frères qui l'hibiteiit sont pour la plupart des Espagnols. Dans l'enceinte ibrtiflée se trouve le jardin, avec ses cyprès qu'on aperçoit de loin. L'église de St-Jean, surmontée d'une coupole et entourée de trois côtés par le couvent, présente un joli coup d'œil. Cette église servit pendant des siècles d'écurie aux Arabes, jusqu'à ce que le marquis de Ndintel, ambassadeur de Louis XIY à la Porte , eut obtenu du sultan qu'on la rendît aux franciscains. Ceux-ci parvinrent bientôt, à force de patience et de courage à s'établir en cet endroit, à reconstruire le couvent, à nettoyer et à restaurer l'église, de sotte qu'elle compte parmi les plus belles églises modernes de la Palestine ]^ttr sa coupole et son pavé de mosaïque. 11 est à supposer que la partie la plus ancienne ne remonte pas au delà du temps des croisades, car ce n'est qu'à cette époque qu'on a placé ici la naissance
M4 Routes. 'AÏN EL-HABÎS.
de St Jean-Baptiste. L^égliee eat à trois nefs; sa belle coupole est supportée par quatre piliers, et elle est encore pavée de mosaïques. Le maître-autel est dédié h, Zacharie, père de Jean Baptiste, et la chapelle du S. est sous le vocable de la Visitation. A côté de Torgue est un tableau représentant St Jean dans le désert , attribué à Murillo. Un escalier de sept marches à g. (N.) de Pautel conduit dans une crypte, à la grotte de la Nativité de St Jean-Baptiste. On y voit, enchâssés dans le mur noir de la crypte, cinq jolis basreliefs en marbre blanc, qui représentent la vie du saint. Cette chapelle souterraine est , dit-on, une grotte comme celle de Bethléhem (p. 263). Outre les franciscains, il y a encore dans le village des sœurs de Slon , qui dirigent un institut de jeunes filles fbndé par le rév. P. Ratisbonne. Cette maison est dans une belle position sur la colline qui est en face du village. Il vient beaucoup dé pèlerins à 'Aïn Cârim.
De ce village, nous tournons à TO. , du côté de la vallée de$ TérébintheSj qui n'est que la partie inférieure du Ouâdi Hantna ou Ouâdi Kalôniyê (p. 14d). Cette vallée est en partie plantée d'arbres et couverte de buissons. Son nom de* vallée des Térébinthes lui a été donné à tort d'après le 1er ifvre des Rois, xvii, 2 (v. p. 338). On atteint en 1 h. la source dite 'Ain el-Habl8. La grotte de 3t Jean-Baptiste, où l'on monte par un escalier taillé dans • le roc vif, est située immédiatement à côté de cette source ; elle appartient aux Latins et l'on y a érigé un autel. Il y a du côté de la vallée, dans le rocher, deux ouvertures donnant sur une espèce d« balcon , d'où le regard embrasse le Ouâdi Sâtâf, ainsi que le village de Sôba. Ce lieu est appelé par les chrétiens le désert de St-Jean , bien que , vu ses plantations , 11 ne mérite point aujourd'hui le nom de désert , si tant est qu'il l'ait jamais mérité, à en juger par les restes de terrasses qui s'y voient. L'autel de la grotte est, dit-on, érigé à l'endroit où couchait St Jean (Math, m, 1 et suiv. ; St Luc i, 80. etc.), qui aurait habité ici. Un passage de St Luc (m, 3) ne permet pas toutefois de douter que sous le nom de «désert de Juda», il ne faille entendre la contrée du Jourdain. Ce n'est du reste que depuis l'an 1500 que la tradition désigne comme tel la source de ''Ain el-Habîs.
Si l'on ne veut pas retourner à Jérusalem par le même chemin, de 'Aïn el-Habîs, on peut, en 1 h. à peu près, aller rejoindre la route de Jaifa à Kalôniyê (p. 148), par le Ou&di Hanîna. On peut encore prendre à dr. de la source, puis au S. en franchissant une hauteur, pour descendre au village de Ouéledjé (p. 340); de là, on poursuivra sa route jusqu'à 'Am Yâlo et l'on arrivera par le Ouâdi el- Ouerd (vallée des Roses) à Jémsalem, au bout de 2 h. (v. p. 340).