De Jérasalem à Hébron
6 h. 40 miu. Jusqu'aux étangs de Salomon y, p. 269. Le chemin passe près de l'étang supérieur et, suivant la direction du S.^ conduit sur une colline, 15 min.; un aqueduc verse ses eaux dans l'étang inférieur. De la oréte de la colline , que l'on franchit ensuite, on voit à dr. en regardant derrière soi le petit village de el» Khidr et bientôt après à g. les ruines de Deir el'Benât. On laisse d'abord à g. le Ouâdi el-Fouhêmich ou Ouâdi el^Bvyàf (p. 269), profonde vallée ainsi nommée des nombreuses citernes dont elle est remplie; puis au bout de 15 min., on descend dans le fond de la vallée qui suit longtemps une ligne droite ascendante. A dr. à l'O., on voit Beit Faghoûr. (Plus à l'O. encore, mais invisible depuis la route, est sit\x6Beit Zacarya, où Judas Maccabée fut vaincu par Antiocbus Ëupator ; I Macc. vi, 32 et suiv.) Oh parvient sur un plateau où l'on a à dr. le village de Beit Saoutr et l'on redescend ensuite dans la large vallée de'Arroû6; 30 min. plus loin, l'on a à dr. une tour eu ruines; sur le chemin, une citerne et un oratoire musulman. Plus loin, à g., au bas de la vallée, à peu près à 20 min« de distance, se trouvent les fortes sources de^Arroâd masquées par de petites collines isolées. Encore 30 min. de montée et l'on arrive aux ruines du village de Coufîn, On croise une vallée ; les collines sont . en partie boisées. 1 h. après, on atteint la source ^Ain ed-Diroué enOaissée dans un revêtement de belles pierres de taille; au-dessus, une plate- forme avec les restes d'une ancienne église chrétienne. Du temps d'Ëusèbe on montrait ici la source près de laquelle Philippe baptisa l'eunuque (Act. vm, 26 et suiv. ; comp. page 340), d'où l'on pourrait conclure que l'ancienne route de Jérusalem à Gaza passait par cet endroit. A peu de distance, du côté de l'Ë., des grottes sépulcrales dans une paroi de rocher que la main de l'homme a taillée et aplanie. A l'O., une colline couverte de buissons, où l'on trouve de même quelques tombeaux. Au sommet, les ruines de Bourdj SoiUr, l'ancien Beth-Zour mentionné par Josué (xv, 58). Après le retour de l'exil, les gens de Bethzour aidèrent à rebâtir les murailles de Jérusalem (Esdr. m, 16) ; plus tard, cette place joua un rôle important au temps des Maccabées.
A ô min. .de là, les restes d'une tour à dr. ; au bout de 20 min., on aperçoit à g., sur la crête de la colline, la ruine d'une mosquée nommée Nébi Yoûnous (Jouas), qui est entourée des ruines du village de Halhoûlj déjà cité par Josué xv, 58 (^Qedor n'est autre que Djédoûr qui était situé à dr. de notre route). Des écrits juifs postérieurs mentionnent la tradition de la sépulture du prophète Gad en ce lieu (II Rois xxiv, 11). Il s'y trouve en effet des tombeaux creusés dans le rocher. Quant à celui de Jonas, on prétend aussi le posséder ailleurs (p. 459).
Après une marche de 35 min. à travers une contrée en partie cultivée , on trouve à g. , à environ 300 pas du chemin , un grand
296 Route 9» HÉBRON. De Jérusalem
bâtiment, appelé Harâm Râmet d-KhalU, le sanctnaire d'Abraham. Les murailles du côté S. et 0. sont seules conservées; deux ou trois lits de pierres, Tun de 80 , l'autre de ôô pas de long s'élèvent encore sur le sol ; les blocs, dont plusieurs ont une longueur de 3 à ô m., sont placés horizontalement et sans mortier. A l'angle N.O. de l'intérieur, une citerne. Il n'est pas facile de dire quel était l'usage de ce bâtiment ni s'il a jamais été achevé. Suivant la tradition juive , il faudrait placer ici le hoiè de Mamré. La vallée s'appelle encore aujourd'hui vallée des Térébinthes (comp. p. 2d4 et 338). Si, ûomme on le rapporte, Constantin a bâti une basilique à Hébron, elle ne peut rien avoir de commun avec cette ruine dont les matériaux datent d'une époque bien antérieure. On remarque à l'Ë., à 80 pas de là à peu près, les ruines d'un édifice qui ressemblerait à une basilique, et tout à côté deux pressoirs à huile établis dans le rocher. 15 min. plus loin, les ruines du village de Khirbtt efi'Nasâra, ruine des Chrétiens, ou Boudjoûm Sebzîn ; 5 min. après, la citerne de Bîr en-Nasâra; puis l'on entre dans la vallée, riche en vignobles, du Ouâdi Sebia et l'on atteint en ÔO min. la petite yille de eL-KKaltl (Hébron).
Hébron* — On trouve des chambres passables dans quelques maisons juives, entre autres vis-à-vis de l'entrée du Hâret ech-Cbeikh; le Cheikh Hamza reçoit aussi des étrangers contre payement, mais il est bon de Axer le prix d''avance, tant pour le logement que pour se faire conduire dans la ville. 1 Shelling suffit pour le guide, qui d'ailleurs n^est pas indispensuble. Ceux qui se sont procuré une lettre de recommandation auprès du directeur de rétablissement russe à Jérusalem, trouveront un logement préférable, bien que gratuit, dans le nouvel hôpitM russe à 200 pas au-dcASus du chêne d'Abraham. Pour les courses à Engeddi, Hasada etc. voir la remarque de la page 300. Les musulmans d^Hébron sont connus pour leur fanatisme; on évitera donc toute provocation. Les enfants poursuivent le «Franc» de mots injurieux, auxquels il ne fera naturellement pas attention.
HUtùire. Hébron est une ville très ancienne. Selon la tradition du moyen âge, Adam aurait été créé près de là; et d^à de très bonne heure le passage mal compris de Josué xiv, 15, où il est question de Thomme le plus gigantesque des Anakim (géants) avait fait croire qu^ Adam était mort dans ce lieu. D'après ce mâme passage, l'ancien nom de Hé* bron était Kiriat Arba. Faut il suivre ici la tradition qui fait de Arba un chef de race (Jos. xv, 13) ou s'attacher au sens même du mot Arba, «quatre» (ville de quatre quartiers), c'est ce qu'il est difficile de déterminer. Il est possible que ce dernier nom dérive du nombre de ses quartiers, qui est encore le même de nos jours. Peut-être qu'ils avaient été formés par quatre familles qui s'étaient établies ici dans des habitations séparées. La ville a toujours passé pour très ancienne; on croyait d'après l^omb. XIII, 22 qu'elle avait été bâtie sept ans avant Tanls, capitale de la Basse-Egypte. La Gen. xiii, 18 rapporte qu' Abraham dressa ses tentes sous les chênes de l'Amorite Mami^; cet endroit était dans le voisinage d'Hébron, en face de la caverne de Makhpéla. A la mort de Sara (Gen. XXIII), Abraham acheta d'Éphron, le Héthien, la caverne double de Makh-
Séla comme lieu de sépulture. Le récit donne à entendre que cet achat onna aux descendants d'Abraham un droit sur le sol de la Palestine.
Isaae v fut aussi enseveli, et plus tard Jacob demanda à y être transporté a côté de sa femme Léa. Josué détruisit Hébron (Jos. x, 37). Caleb, en retour des services qu'il avait rendus comme espion de Moïse,
reçut en don pour lui et ses descendants cette contrée fertile, quHl avait découverte. Hébron devint une des principales places de la tribu de
à Bfbron. HÉBRON. Roule 9. 297
300 Rouie ê. CHÊNE DE MAMRÉ. D'Héhron
Ainsi qu*on peut Tobaerver de la hauteur qui domine le Harâm, Fintérieur de la cour renferme une mosquée. Quatre pilastres à' chapiteaux corinthiens la divisent ainonrd^hui en trois nefs. Un ftrman spécial du sultan autorisa le prince de Galles en 1862, le marquis de Bute en 1866, et le prince royal de Prusse en 1869, à visiter la mosquée. Ils furent accompagnés par Stanley, le Français Pierotti, le consul allemand Bosen et TAnglais Fergusson, connu par ses travaux archéologiques. D''après ce dernier, la g;rotte fut ouverte juiiqu'^au commencement de Tare chrétienne. Le mur actuel du Harâm fut construit à Tépoque d'Hérode, sous lequel on érigeait aussi des cénotaphes de marbre ou de pierre blanche. Il est probable que Ton éleva ici une église au temps de Justinien, et que dana œuvre, ««-dessus des tombeaux, on établit des châsses. Il ne reste plus rien de ces constructions. Le petit édifice qui forme la partie S. du Harâm est probablement une église des croisés des années lltfT à 1187 ou lin bâtiment sinon arabe, dû moins restauré par eux. Le revêtement de marbre qui, à Tintérieur, sMlève à presque 2 m., date de 1331, année où le sultan mamelouc Mouhammed ibn Kalaoûn fit élever les constructions qui entourent la cour. Le tombeau dé Joseph Ait restauré en 1393. Les cénotaphes actuellement existants sont en pierres, et on les a couverts de draperies brochées d'or et d''argent. Les tombeaux d"* Abraham et de Sara, de Jacob et de Léa se trouvent dans une petite chambre en ddtiors de la mosquée, au centre de laquelle, celui d'Isaac et de Rebecca occupent la place d^honneur. Sous Tare du pilier qui se trouve entre le tombeau d* Abraham et celui disaac, on remarque dans le sol une ouverture ronde. Est ce par elle seulement que Ton peut descendre dans le souterrain absolument inexploré jusqu^ci? s'y trou ve-t-il encore d'^autres cénotaphes ? ce sont là des questions à résoudre. A dr. du mihrâb de la mosquée, il y a une chaire élégamment sculptée de Tan 1091.
Autour de T^diflce sont des habitations pour les derviches, les saints, et les gardiens de la mosquée ; ces gens tirent leur entretien de six villages de la plaine de Saron et des Philistins.
Pour arriver au Ohéne de Mamré (ifa h.), on laisse à dr., devant la ville, la route de Jérusalem, on suit vers le N.O. un chemin pavé, entre des murs qui entourent des vignes. Au bout de 17 min., un puits à dr. Cinq minutes après, on prend un chemin à dr. et Ton a le chine devant soi ; encore 8 min. , et Ton entre par une porte dans un jardin appartenant aux Busses, dans lequel on a construit un hospice pour les pèlerins russes. Ihi toit , la vue est magnifique et se prolonge jusque sur la mer (lettre de recommandation, comp. p. 296). Le chêne, qui passe pour le Chêne d^Abraham^ et qui était déjà en grande vénération au xvie siècle, est en tout cas d^un âge très respectable. La tradition plaçait autrefois le bois de Mamré près de Sâmet el-Khaltl (v. p. 296)*, mais de fait, Tendroit où nous sommes maintenant se trouve bien plus que Tautre «vis-à-vis» de la ville d''Hébron. Le tronc du chêne a une circonférence d''environ 10 m. A 6m. de hauteur, il se divise en quatre immenses rameaux qui forment une couronne ms^estueuse de 95 pas de tour. Dans les contrées
respect superstitieux 8>st attaché à quelques chênes gigantesques que Ton a épargnés; le peuple d'Israël se rassemblait sous Ton de ces ehênes (Jug. IX, 6) et Ton enterrait des morts sous leur ombrage.
Un chemin conduit directement du chêne à Khirbei en-Nasûra (p. 296) et sur la route de Jérusalem (Vs h.).
Les excursions à Vextrétniti S„ de la mer Morte sont relativement assez rares, bien qn^ elles soient pour le voyageur la seule occasion de bien voir les déserts de ces contrées. On peut aussi visiter Pétra en partant de Textrémité S. de la mer Morte. Mais Tescorte et les guides expérimentés, nécessaires pour ces excursions, les rendent assea âspendieuses. Quand les Bédouins sont en guerre entre eux, surtout les DJéhâlîn, les Carabiné, les Doullam, les demi-Bédouins Ta'âmiré, le voyage dans
à la mer MorU. ENGEDDI. ^ Boute 9- 30 1
ces contrées est impossible. Celui qui ne.va que'- jusqu'à Engeddi, Hasada et Djebel Onsdoûm doit entrer en négoeiations avec les Bédouins de la tribu des TVâmiré; celui qui veut pousser jusqu'à Pétra se fera accompagner par des Djéh&lin d'abord, et plus loin par des Hoûouétât. Pour se rendre au pays de Moab, on s'entendra avec les Djéhalin (plutôt qu'avec les Ta'&miré), puis avec les Béni Sakhr.
Pour le voyage de Pétra, les chameaux valent mieux que les chevaux, mais ils ne sont pas indispensables. Le drogman est chargé de rédiger tous les contrats avec les Bédouins. Le choix du drogman est donc beaucoup plus important sur ces routes que partout ailleurs. Il est difficile d'évaluer les prix pour ces courses; on demande souventiÔO fr. par personne et par jour. Le cheikh Hanua d'Hébron élève fort haut ses prétentions.
Hiêtùire. La contrée au S. d'Hébron, le pays du S., en hébreu Négeh^ est une steppe aride et sans eau, dans laquelle on rencontre peu de villages, mais beaucoup de ruines. Les collines abondent en grottes. Le. sol se compose d'un calcaire mol et blanc que l'eau traverse en parcourant le sous-sol des vallées, lorsqu'elle ne se concentre pas dans des citernes. Près de Yaiâ , de Doûra et de Yékîn^ le sol s'abaisse d'environ 150 m. et forme un plateau élevé d'à peu près 800 m. au-dessus du niveau de la mer. Il esi divisé en deux moitiés par la grande vallée d'Hébron qui se dirige vers Béerséba^ puis à l'O. vers Oérar (p. 333).
D'Hébron A Enoeddi (7-8 h.) la route est intéressante mais pénible. On trouvera à Hébron des guides et une escorte (comp. p. 267); mais le cheikh demande des prix exorbitants, surtout s'il remarque que le voyageur tient beaucoup à cette course. Les indications suivantes ne sont pas entièrement exactes; diverses circonstances ont empêché l'auteur de prendre des notes précises sur ce voyage. Il demande qu'on veuille bien lui fournir des renseignements plus précis à ce si^jet.
Après avoir traversé Hébron, nous quittons la route de Pétra (p. 317) qui se dirige vers le sud dans la vallée, et gravissant au S.E. les pentes du Djéhtl Djâbar nous voyons, an bout de 1 h. 20 min., à g. sur une petite colline, un bâtiment peu élevé, en forme de tour avec des arceaux en ogive (par conséquent de date récente), le Tell Ztf^ le 8iph de l'anc. Testament, dans le voisinage duquel David se cacha (I Rois XXIII, 24) et qui fut fortifié par Boboam. Près de là, des restes de murailles. Beau coup d'œil sur les montagnes environnantes. D'ici nous arrivons en 40 min. à de vastes citernes (à dr. du chemin), où il est très difficile de puiser de l'eau. (A 1/2 ^* S. de la route de Blasada, les ruines de l'ancien Carmel^ mentionnées p. 306.) Nous tournons ici à l'E. et nous atteignons en 1 h. le Ouâdi JâuU>ra, qui commence le grand désert de Judée. Il n'y a qu'un seul endroit, à 2 h. des citernes ci-dessus mentionnées, où l'on puisse trouver à dr. du chemin, dans un rocher creusé, un peu d'eau pour les animaux. I?ou9 suivons ensuite pendant 2 h. les sinuosités du Ou&di Khabra. Au point où nous le quittons, il est profondément encaissé dans un sol rocailleux brunâtre, et nous avons autour de nous un immense désert. Vient ensuite un large plateau, sur lequel on trouve souvent des campements de Bédouins. Environ 1 h. Vs &près, du col d'Engeddi, le regard s'étend sur les eaux bleues de la mer Morte et sur les montagnes de Moab ; l'effet de ce panorama grandiose est d'autant plus ravissant, que l'œil en avait besoin après le désert uniforme que l'on a derrière soi. Nous n'apercevons Engeddi et la rive dr. qu'après avoir commencé à descendre le col. Le chemin s'abaisse comme un escalier en spirale, sur des rochers très raides; il est très difficile à suivre pour les bêtes de somme, et le cavalier doit quitter sa monture. Plus bas, le chemin s'améliore; on atteint en 36 min. la source d'Bngeddi.
Il n'est pas douteux que le *Atn Djidi moderne ne soit l'ancien Engeddi. Ces deux termes signifient: «Source des chèvres». L'ancien nom amorite de la localité située ici était Hatutum Thamar (Oen. xiv, 7). David se retira dans le désert d'Engeddi (I Bois xxiv, 1 et sniv.) qui appartenait au territoire de Juda. Josèphe rapporte qu'il y avait dans ce lieu de beaux bois de palmiers. Au temps d'Eusèbe, Engeddi était encore une localité importante. Cette contrée étftii mal connue au moyei^
302 BouU9. ENGEDDI. D'Bébron
âge. L''eau de la source est chaude (27° C), calcaire et douce; il s'y trouve une quantité de petits limaçons noirs. Les indigènes prétendent que Teau vient de Sé'îr (?) près d'Hébron, par- dessous la montagne. On trouve ici, en fait d'arbres, les belles espèces de Zisyphus que nous avons vues à Jéricho; puis le ^'Ochr (Calotropis procera) qui ne croit du reste qu'*en Xubie, dans TÂrabie méridionale etc. Cet arbre porte la véritable pomme de Sodome, telle que Josèphe Ta décrite; le ^nit est jaune et ressemble à une pomme, quand on le presse, il éclate, et il ne reste dans la main que des filaments et des lambeaux d''une mince écorce. Le Seyâl (Acacia Seyal) qu''on rencontre ici et d'où Ton tire la gomme arabique est particulièrement répandu sur le Sinaï. Parmi les arbrisseaux, beaucoup de morelles (Solanura melongena).
Près et à Test de la source, quelques restes d'anciens bâtiments. Le village mentionné dans la Bible était situé en tout cas en-dessous de la source; la pente qui descend peu à peu vers la mer Morte était en terrasses et couverte de jardins. Il y a encore jusqu'à la mer une inclinaison de plus de 100m., que l'on franchit en 20 ou 25 min.
C'est au clair de lune qu' Engeddi fait le plus bel effet. Les rochers escarpés d'un côté et de l'autre la mer, la douceur du climat et les plantes exotiques transportent pour ainsi dire le voyageur dans une zone plus méridionale. Le soleil, qui au printemps se lève justement dans l'échancrure des montagnes qui sont en face (Ouâdi Heidân), colore les rochers d'un rouge particulier, et met en mouvement les masses nuageuses qui couvrent assez souvent la surface du lac.
D^ Engeddi à Jéricho, v. p. 287; à Bethléhem^ p. 267.
D'Enobddi à Masada (4 h. VO. A 20 min. au-dessous de la source, on tourne vers le sud. Au bout de 7 min. cesse toute végétation; on traverse un désert rocailleux, d'un aspect triste, mais on remarque à dr. sur les pentes de la montagne des restes d'anciennes terrasses. 5 min. plus loin on croise le Ouâdi el-'OrêdJé qui descend de Beit Oummar. La forteresse de Masada apparaît au S. Le versant de là montagne à dr. n'est qu'à 5 min. du chemin, le sol est nu, sans culture; il n'y croît que quelques plantes salées, entre autres : la Salsola Kali, en arabe houbibéy plante à tige rougeâtre, lisse et brillante, avec de petites feuilles vitreuses; les Arabes la brûlent et en nomment le résidu al-haU (p. 53). On peut aussi cueillir ici la ro»e dite de Jéricho, qui n'appartient pas au genre des roses et ne croit plus dans la contrée de Jéricho ; c'est une crucifère, qui d'abord s'étale sur le sol comme une assiette, puis se lignifié et se contracte, de manière à ressembler quelque peu à un bouton de rose. Son nom d'Anastatica (plante qui ressuscite) lui vient de ce que les tiges, quelque temps après avoir été plongées dans l'eau, se séparent et s'étalent peu à peu; tandis qu'en sortant de l'eau, elles se resserrent de nouveau. Il se rattachait à ce phénomène des idées superstitieuses; aussi transporte-t-on encore de nos jours une quantité de ces plantes à Jérusalem pour les vendre aux pèlerins. Les plus beaux exemplaires se trouvent au S. de Masada.
Une heure après, les montagnes se rapprochent davantage de la rive; on contourne un promontoire. A g., quelques petites collines; c'est ici qu'on amène l'eau de la mer pour en extraire le sel. Abraham, dit-on, arrivant par ce chemin avec un mulet, demanda aux gens ce qu'ils chargeaient. Us lui dirent : «de la terre» ; c était un mensonge ; dès lors on ne peut obtenir le sel qu'avec peine au moyen de petits lacs creusés de main d'homme. Il croit ici une espèce d'immortelle jaune et de l'orge sauvage. Au bout de 20 min. on traverse le lit du Ouâdi Khabra (v. p. 901). La plage s'élargit, on voit sur le bord des étangs salés. 32 min. plus loin, on traverse une petite vallée Oumm eh/oûs qui est profondément encaissée dans la montagne. On voit toujours plus distinctement s'élever de la mer la grande presqu'île à''el-Liêân. 18 min. après, le lit du Ouâdi 8éyâl\ encore 15 min. et l'on monte sur un plateau un peu plus élevé. De la chaîne escarpée de la montagne se détache à dr. le grand Ouâdi Nemriyé; on en atteint le fond en 23 min.; on y trouve un certain nombre d'acacias mais point d'eau. Arrivé en 10 min. sur la hauteur opposée, on eg dirige YQr9 la montagne de Masada^ on rencontre encore
à la mer Morte, MASADA. Boute 9. 303
sur son chemin les deux petites vallées Zénoût et Oallâr et Ton atteint en 50 min. le pied du cône de la montagne. A Theure de midi la chaleur est intolérable; nulle part ni eau ni ombrage.
Masada. — Détail» historiques. Le château assis sur la montagne nommé an,iourd''hui es-Sebbé est le même que l'ancien Masada. C'était une des forteresses de montagne que construisirent les Maccabées. Plus tard Hérode le Grand la rendit imprenable, soit pour s'en faire un lieu de refuge contre les Juifs, soit en vue d'une attaque possible de la part de Cléop&tre. Voici le récit de Josèphe: Hérode ût entourer toute la surface du sommet d'une muraille en pierres blanches; elle avait 7 stades de pourtour, 12 coudées de haut et 8 de large. II la surmonta de 37 tours hautes chacune de 50 coudées et donnant accès dans la forteresse. Le sommet proprement dit, dont le sol était fertile, fut consacré à la cul« ture. Le roi bâtit ensuite, sur le versant occidental, à l'intérieur des murs, un palais dont la façade était tournée vers le N. et dont les mura étaient de même élevés et épais; il avait aux quatre angles des tours de 60 coudées de hauteur. Les appartements, les portiques et les bains étaient arrangés avec luxe et variété; on y voyait partout des colonnes monolithes, des parois et des parquets de mosaïque. Cette forteresse était d'un accès fort difficile; on n'y arrivait que d'un seul côté, par un escalier taillé dans le roc et nommé le serpent. — Masada joua un rôle célèbre après la destruction de Jérusalem. Eléazar s'était emparé par ruse de cette place avec ses sicaires, et y avait trouvé une quantité de vivres et d'armes qui dataient encore du temps d'Hérode. Alors les Romains sous Flavius Silva construisirent, à partir du rocher situé à ro. du château, une chaussée de 200 coudées de haut, sur laquelle ils firent avancer leurs machines de siège jusqu'à la muraille. Mais les ' assiégés élevèrent en dedans de la première muraille un second mur formé de poutres entre lesquelles ils jetèrent de la terre. Les Romains réussirent'à- aUumer ces poutres et à brûler la muraille tout entière. Voyant cela, Eléasar persuada à ses partisans de se tuer après avoir donné la mort à leurs femmes et à leurs enfants. Son conseil fut suivi. Il n'échappa que deux femmes et cinq garçons, qui étaient parvenus à se cacher. Le lendemain, les Romains, en entrant dans la forteresse, ne trouvèrent que des cadavres et des ruines fumantes. Ils y laissèrent une garnison.
On monte à pied jusqu'au sommet; le chemin n'est pas praticable pour les chevaux. La superficie de la montagne se compose en grande partie de rocailles; on remarque en différents endroits les restes de la muraille, dont les Romains avaient entouré Masada pour empêcher toute fuite des sicaires. 25 min. après, on arrive à des tours en ruines, probablement aussi élevées par les Romains, et l'on traverse ensuite une petite vallée. Sur la montagne vis-à-vis, à g., quelques grottes in* accessibles, servant peut-être autrefois de lieux de sépulture. Après 10 min. de marche, il reste encore un bout de chemin très pénible à faire sur une montagne de décombres, qui proviennent de la grande chaussée construite par les Romains. On passe sous un portail bien conservé du moyen âge et formé d'un arceau en ogive (inscriptions et emblèmes de tribus bédouines), et Ton arrive sur le plateau spacieux qui couronne le sommet. Il a une longueur de 550 m. et une largeur de 180 à 230 m. ; il est entouré presque de tous côtés par des rochers à pic de 360m. de haut. Le long du rocher court le mur d'enceinte, qui, en maints endroits, est encore bien conservé. Ce qui reste encore d'autres bâtiments est assez insignifiant. Au nord de la montagne une tour carrée, et 12m. plus haut une tour ronde, qui esta 6m. au-dessous de la plateforme. De la muraille N. partent un grand nombre de murs latéraux, construits- peut-être au dernier moment de la défense. A l'O. une grande citerne, et plus loin une seconde vers le S. Au milieu de la plate-forme, les restes d'un édifice, qui ressemble à une chapelle byzantine, et dont les parois sont ornées de mosaïques. Au S. de la chapelle, une grotte sépulcrale avec inscription. Quoiqu' aucune donnée historique n'indique que Masada ait été habitée après cette catastrophe, ce qui y reste d'anciens bâtiments pourrait le faire supposer. Le portail de l'O., qui donne sur 1» chaussée rom»ine, semble »ier du temps des croisades.
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à la mer Morte. MASADÀ. Boute 9. 305
commence à gravir le flanc droit de la vallée, qui est sauvage et escarpée ) on quitte en même temps la rive de la mer Morte et Ton s'^enfonce dans les déchirures de la montagne. Le bouquetin du Sinaï se trouve ici; Ton y rencontre aussi Ifi daman de Syrie (Hyrax Syriacus), petit animal fort curieux, qui appartient à la famille des multiongulés (cump. p. 57); sa peau est brune et sa chair très estimée, mais elle était interdite aux Israélites (Lév. xi, ÔJ. Le Psalmiste (Ps. civ, 18j le cite aussi comme Tun des animaux habitant les rochers \ il s^appelle en arabe ùuabr^ en hébreu chafan.
Au bout de 25 min. on a à dr. vis-à-vis de soi, la source de'^tn il-Hchiba; après avoir contourné une gorge profonde, on atteint en 10 min. la sonrce ^Orêbé. Le chemin monte maintenant la vallée. On a une échappée sur la mer Horte et sur la pointe 17. de la presqu'île. On atteint la liauteur en 1 h. Vs? et le regard se reporte avec etonnement sur les parois de rocher que Ton a gravies. A dr., le profond Ouâdi SéyAl (ou ^iférîyé). Au bout de 50 min., on descend une pente raidé; 2U min. après, on laisse un chemin à g. et la vallée de Séfériyé à dr. ; ce n'est qu'au bout de 20 min. qu'on en atteint le fond. On trouve ici de l'eau de pluie. Des Bédouins de (la tribu des Djéhâlîn ont des campements dans' cette contrée. En s'élevant à l'O., on atteint la hauteur en 30 min.; il faut encore 13 min. pour arriver dans une petite vallée Ahou Marâghiih ou plutôt dans deux vallées qui se réunissent en cet endroit. 10 min. après, de nouveau un vallon, après lequel on monte 'vtn le IN.O. Arrivé sur la hauteur en 25 min., on a devant soi la vallée el-Mçhâra. D'ici le chemin monte en pente douce j en 1 h. 15 min. on atteint le sommet du Bidjm el-Bakara et son point de vue; 45 min. après, le petit Ouddi el-Hadtré ; au bout de 30 min. le val Lghèf el-JBtêmj puis, 1 h. après, le KHirhei el-Milatsqfay endroit où des demi-Bédouins ont fixé leurs tentes. Ces gens sont des voleurs consommés. Nous sommes déjà dans la région moyenne^ le sol est cultivé. Une heure après, le village de Yatâ, l'ancienne ville de lévites Touta (Jos. xv, 55) et probablement aussi *le Juda du nouv. Testament (Luc i, 39), lieu d'habitation du prêtre S^acharie; Semoû'a (p. 317) reste assez loin vers le S. On dévie vers lé N., et au bout de 45 min., près d''une caverne à dr., l'on volt à g. le village de KMrbet RtgKa qui n'est habité qu'en été par des paysans. Le sol est fertile, mais la contrée avec ses collines basses offre peu d'intérêt. 20 min. après, on aperçoit nU Zîf (p. 301) et l'on arrive d'ici en 40 min. à Hébron (p. 296).
De Masada à Djâbbl OusdoOh (6 h. *Jî). De remplacement situé au bas du chemin de Masada vers le S., on atteint en 35 min., à travers la plaine, une vallée nommée Ouâdi Sebbé; sur les deux pentes, des ruines considérables de murailles et de tours que Silva avait fait construire contre les sicaires. A droite, les chaînes s'élèvent perpendiculairement; à g. quelques collines nous séparent de la mer Morte. On trouve partout des masses de coillines dénudées, formées de couches horizontales de .marne gypsense. Les montagnes se rapprochent toujours plus du rivage. Une marche de pi^s de 3 h. (2 h. 50 min.) nous amène au lit desséché .du Ouâdi tl-Bedôûn (vallée des bouquetins), qui est également encaissée dans des couches de marne. On trouve partout encore des acaciasseyal. On laisse ensuite le chemin de la côte, on gravit une colline en 20 min. , pois un mauvais chemin franchit un rocher de 60m. de haut, dont l'eau baigne la base. On atteint en 1 h. 15 min. le fort détruit de Otmvm Bâghek sur le versant N. d'une vallée; ici se trouvent deux réservoirs, autrefois alimentés par un aqueduc qui amenait l'eau des montagnes. Toute la baie méridionale de la mer Morte a peu de
Srofondeur (Im. 8 à 3m. 6, quelquefois seulement Im. à Im. 2). On arrive 'ici en 1 h. 40 min. à l'extrémité N. du Sjébal ou Xhadun Duidoûm. Détails historiques. Le nom d'Ousdoûm conserve l'ancienne dénomination de Sodome (Gten. xviu et xix). Le récit de la ruine de Sodome et de Oomorre a peut-être pour base un phénomène naturel, en rapport probable avec la nature de la partie S. de la mer Morte. Cette contrée a été visitée à différentes reprises par des tremblements de terre^ et si l'on considère que la vaUée de Siddim^ oii ces villes étaient situées, était pleine
306 Boutes. DJÉBKL OUSDOÛM. D'Héhron
de mines d'asphalte, on peut se représenter que la surface minée du sol se serait enfoncée par suite d'un tremblement de terre et aurait englouti des villages entiers. Dans le voisinage de Tasphalte se trouvent, d" ordinaire, des sources de pétrole, qui auront pu s''en£lammer d''une manière quelconque (comme cela est arrivé à Bacou sur les bords de la mer Caspienne). Nous tenons au préalable pour hasardée Topinion de ceux qui voudraient placer la vallée de Siddim au K. de la mer*Morte.
Le Djebel Ousdoûm est une crête isolée d^environ 4ôm. de hauteur, dont le point le plus élevé est à i20m. environ au-dessus du niveau de la mer Morte. Les côtés en sont si raides et si ravinés, que Tascension en est difficile. La plus grande partie de la montagne se compose de sel pur cristallisé en forme de stalactites et d'aiguilles et lavé en partie par les pluies. De là provient la légende déjà citée par Josèphe, que Ton peut voir ici la statue de la femme de Loth. En plusieurs endroits la montagne est couverte de calcaire crayeux ou de marne. Un grand nombre de blocs de sel se sont détachés et ont roulé des hauteurs; mais ils ne sont ni opaques ni transparents. En 18ô5 ce sel se payait à Jérusalem 60 piastres les dCX) livres qui font la charge d'*un chameau: il fallait y ajouter lô piastres pour la taxe. La longueur de cette crête si remarquable est d''environ 10 kilom.
D'HAbbon X DjËBEL Ou8I>oOm (14 h. Vs)- Le chemin descend d^abord vers le S. la vallée, qui tourne bientôt vers le S.O.S. \ ici on la laisse à dr. pour traverser obliquement la montagne £. Après avoir ensuite parcouru une contrée rocailleuse, on descend insensiblement et Ton traverse la grande vallée dans laquelle débouche celle d'Hébron. On atteint en 1 h. 'tô min. un pays découvert et 10 min. après la colline de Tell JZ^f (v. p. 301). La plaine que nous suivons vers le S. est une des mieux cultivées de Tancienne Judée; elle s^abaisse vers TE. du côté de la mer Morte, mais elle est encore de 670m. à 730 m. au-dessus de la mer Méditerranée. 30 min. après, on rencontre à gauche, sur une montagne peu élevée le lieu appelé Oumm el-^Amoûd; des restes de lourdes colonnes, qui appartenaient à une église, ont fait donner à cet endroit le nom de cmère des colonnes». L''on aperçoit plus loin au S.O. la tour de Semoû*a (p. 317) ; au bout de 4Ô min. on arrive aux ruines de Carmél. Cest Tendroit mentionné dans Jos. xv, ^, où Saûl se rendit après sa victoire sur les Âmalékites (I Rois xv, 12), et dans le voisinage duquel Nabal, le mari d^Abigail, avait de riches possessions (I Bois xxv, 2). Les ruines s''élèvent en amphithéâtre sur une colline; outre une quantité de pierres taillées, deux tours rondes et trois églises , qui, à en juger par les restes de colonnes et d'absides, appartiennent toutes à Tépoque byzantine. La ruine principale est un grand fort à murs très épais, reposant sur une salle voûtée. Les voûtes en arceaux à ogive et les fenêtres du premier étage, prouvent que toutes ces constructions datent d'une époque relativement postérieure. De la terrasse la vue s'étend sur les environs. Le vaUon renferme un grand et ancien réservoir. Le village de ifo^tn, près duquel nous passons (à g. ou à dr.) a eu, à peu près, la même histoire et les mêmes destinées que Garmel. On remarque, parmi les ruines, des pierres d'appareil à bossage et des habitations souterraines creusées dans le rocher. En suivant le chemin à dr. de Tell Ma'in, on atteint après 1 h. de marche (calculée depuis Garmel) le sommet d'une montagne. En descendant on a devant soi la dépression de la mer Morte et l'on arrive dans tm pays de pâturages appartenant aux Bédouins Djéhâlîn. Le territoire de cette petite tribu manque d'eau; il faut, au fort de l'été, ramener de Garmel, toutefois on trouvera quelque part, près des tentes de ces demi-nomades, un campement pour la nuit.
Le chemin se dirige d'ici vers le sud à travers la plaine ondulée ; les ruines à dr., à partir du N., s'appellent Dj'embé , Karyàiên et el-BepoÙd, Au bout d'une heure on passe près de Tavytbil dont les murs sont bâtis en pierres rondes. On aperçoit au S.O.*, à 1 h. de distance environ, la colline de Tell ^Avàd, ainsi nonfmée de l'ancienne ville des rois Cananéens (Nomb. XXI, 1 ; Jug. I, 16). Une heure après, on arrive à Tell Ehdêb (V), qui est encore au bord du vallon que nous avons suivi jusqu'ici. Un quart d'heure après, il tourne à TE., et plus bas, la vallée prend le
à la mer Morte, ZOUOUÊRA. RcmteP. 307
nom de Ouddi Séyûl (p. 302). BÔ min. plus loin, on trouve à g. la ruine de el-Mtêk, En montant peu à pea on atteint en 40 min. le haut d'une large crête, prëa d'une colline avec des mines du nom de JRoudJim JSetàmé. La vue s'étend au loin sur les hautes plaines; à VO. est situé le Tell Jfilh (p. 317). Nous tirons ensuite vers le S.E. et arrivons en 10 min. à 8<mdéid\ les environs se transforment de plus en plus en désert. Au bout de 40 min. on atteint la première rampe qui s'abaisse vers la mer Morte; de grossiers murs de fondation , appelés Zououéret el-fôha (le Z. supérieur) indiquent la situation d'un ancien village. Près des ruines d'une tour carrée a dr. du ehemla nous apercevons la partie S. de la mer Morte. Au bord du lac nous apparaît la crête du Djebel Ousdoûm et, au delà, la presqu'île; au S., le Ohôr^ large vallée sablonneuse (v. plus bas); dans le lointain, au S., le mont JBôr (p. 315). Nous descendons et nous passons, au bout de 20 min. le lit du Ouâdi el-Djerrâh. 2 h. 50 min. apros, on arrive au bord de la seconde rampe; nous descendons par un col dans le Ouddi ez- Zououêra\ ici le sol change de nature; le calcaire fait place à une craie tendre ou à une marne blanchâtre et durcie, en couchés horizontales. On atteint en 50 min. le fond de la vallée près du petit fort de ez- Zovouêraj situé sur un rocher de terre crayeuse friable. Dans la paroi à pic, presque vis-à-vis du fort, on a creusé une chambre avec des meurtrières à quelque hauteur au-dessus du sol. On descend la vallée (échappées sur la mer Morte à travers l'échancrure) et l'on arrive, au bout d'une demi-heure, sur la plage spacieuse plantée d'acacias et de tamariscs. Le large Ouddi el-Màh€Wuouai aboutit à la plaine. Nous traversons cette plaine qui s'abaisse àans la' direction S.E. vers la mer et nous arrivons en 25 min. à l'extrémité N. du Djébel Ousdoûm.
De Djébbi. Ousdoûm A KftSAC (14-15 h.). En longeant la plage sablonneuse, on arrive en 1 h. 15 min. à une caverne qui se trouve au-dessous de Djébel Ousdoûm, et dont l'ouverture a de 3 m. à 3 m. 6 de haut et de large. On peut y pénétrer avec une lumière. Les blocs de sel sont souvent recouverts d'une couche de marne, et des stalactites pendent au plafond; la grotte est traversée par un fort courant d'air. 20 min. après, on atteint l'extrémité S.O. de la mer Morte; ici le Djébel Ousdoûm se airige un peu vers l'O. L'extrémité S. de la mer est très peu profonde; la côte n'est qu'un bas-fond marécageux, souvent recouvert par l'eau, comme on peut le reconnaître au bois flotté, dispersé au loin. Près de la rive le sol est rouge&tre et trop mou pour qu'on puisse y marcher. L'eau en se retirant a formé des rigoles. On a ici la vue des rochers blancs qui ferment au 8. la vallée du Jourdain (Qhôr). Au delà, commence la vallée de la 'Araba qui s'étend jusqu'à 'Akaba, mais qui, suivant les recherches le plus récentes, n'a jamais uni la' mer Bouge avec la vallée du Jourdain (v. p. 282, 315). La vallée du tel mentionnée dans l'ancien Test., et dans laquelle David (II Rois viii, 13; comp. I Chron. xviii, 12) et Amasiah (IV Bois xiv, 7) battirent les Edomites, doit être cherchée dans cette plaine imprégnée de sel et maintenant appelée es-SablkhO' On aperçoit au N. le promontoire de Bas Mersed et même celui de B&s el-Fechkha (p. 287). Après une marche de 1 h. .10 min. un ruisseau; 30 min. après, encore un ruisseau. Fin de la 8abkha. Ici commence le OMr ei-8dfiyé. Outre le roseau on remarque aussi le ^Ochr (p. 902) et la Salvadôra Persica, arbre d'environ 8 m. de îiauteur. Au bout d' 1 h. 32 min., on atteint la plaine à.'^el-MélQÛha (ruisseau). 20 min. après, on se trouve en face de l'extrémité N. du Djébel Ouzdoûm; 15 min. plus tard, l'embouchure du Ouddi Qououeiyé. Après 15 autres min. , on quitte la plaine ài^el'Méloûha , et l'on arrive au bout de 30 min. à un contre -fort près du Ouddi Kheêldn; buissons. Marchant encore 15 min., on voit les monceaux de pierres (redjoûm) du tombeau du Cheikh Sdleh que les Bédouins invoquent pour la réussite de leurs expéditions*. Âxx bout de 13 min. on atteint les deux ruisseaux du Ouddi WrNouméra; 48 min. après, el-Mourakied ; à dr. des collines de porphyre crevassées. A 14 min. s'étend à dr. le Ouâdi BéredJ; sol sablonneux. Après 30 min., terrain cultivé; dans le lointain, le village de Sdhla^ et l'on atteint le Ouddi ed-Derâ^a {Ouddi Kérae) où l'on trouve souvent de l'eau, A côté de ruines que le peuple nomme moulins à sucre, on voit
308 Bouté 10. PÊTRA.
des établissement d'Arabes du Ghôr dans la belle et vaste oasis de Éfet' ra'a. La presqu'^île «Ile-même est une plaine de marné, de 30m. d'élévation , sur laquelle il ne croit pas même un brin d'herbe , et où ne vit dès lors aucun animal. Vis-à-vis, Sebbé, el-Hersed etc.; nous apercevons même le mont des Francs , puis du côté de TE., l'embouchure du Môdjib (Amon) et du Zerka Ma'in (Gallirrhoë).
Le Otiàdi Kérae qu'on monte maintenant est d'un grandiose sauvage; le sentier est raide et pénible. Au bout de Ô5 min., on est sur le plateau de Derâ'a; 52 min. après, dans une plaine cultivée. A 14 min. à dr., le Tell ed-Derâ^a; après 9 min. on aperçoit le beau ruisseau de Seil ed-Derà^a; au-dessus, se trouve KaVai ahùu Hind. On monte en 35 min. aux ruinea à^el- Gabon; 1 h. 4ô inin. plus tard, on aperçoit Kérac. Au bout de 20 min. le plateau d'Otimm Sidré, et à 20 min. la source de ^Atn DJammâm^ puis à 10 min. celle de *A%n es-BaXka. Au bout de 36 min., après avoir passé le Ouddi Sahoûr, on est devant ïe ruisseau de Kérae. En 40 min. on atteint le fond' du Ouûdi Médâbegh^ on fait une montée rapide et l'on parvient en 35 min. à l'angle N.E. de la ville de Kérae dans laquelle on entre par un passage voûté, de 6 m. 4 de haut, de 9 m. de large, et taillé d«ns le rocher (p. 318).