‹ Palestine et SyrieChapitre 83 sur 119 · D'Hébron à Boit Djibrîn et Gaza · texte numérisé non relu

D'Hébron à Boit Djibrîn et Gaza

D'Hébron à Bbit Djibrîn (4 h. 3/^). A 22 min. d'Hébron on se détourne à dr. , du chemin qui conduit au chêne traditionnel (p. 300) et marchant entre des murs de jardins, on trouve au bout de 8 min. de beaux restes d'un aqueduc; à 5 min., on laisse un chemin à dr. et Ton sort du pays cultivé. 15 min. après, on descend dans une vallée ^Ajin el-OuffovL Ouâdi el-Frandj (Vallée des Francs); à 40 min., une source , et bientôt, un chemin à g. qui mène au grand village de Dora , où Ton montre un grand tombeau, dans lequel le patriarche Noé est, dit-on, enseveli. Les pierres de construction et divers fragments de colonnes prouvent que Dora se trouve sur l'emplacement d'un lieu jadis habité; il correspond en effet à l'ancien

BEITDJIBRIN. Boute 11, 327

Adoratmj fortifia par Jéroboam (II Cliron. xi, 9). On tronve de même à g. Taffoûkh qui n'est autre que le Beth Thappoua (maison des pommes) de Jos. xv, 53.

On descend dans la Tallée pour arriver en 25 min. à la source 'Ain el-Ouff. Le chemin à dr. monte au village de Beit Kahel ; d'anciens oliviers bordent le chemin. Au bout de 15 min., une autre vallée débouchant de dr., puis on arrive en 20 min. dans une large vallée verte et plane ; en haut, à g. entre des oliviers , le village de TeTCOÛmiyt avec des restes insignifiants d'anciens bâtiments (c'est l'ancien Tfieomias). 1 h. 40 min. après , le village de Beit Dekhânj à droite sur une colline. On tourne le village en laissant un chemin à dr. Montant ensuite une petite vallée O.S.O., on atteint en 12 min. les bois d'oliviers de Beit Djibrin (maison de Gabriel), et au bout de 20 min. la ruine qui est devant le village.

Histoire, On a essayé de prouver que Beit Djibrin correspond à Tancienne Libnah que prit Josué (Jos. x, 29). qui plus tard fut une ville sacerdotale (Jos. xxi, 13) et qu'assiégea Sannérib (IV Bois xix, 8). Robinson a démontré Tidentité de Beit Djibrîn avec Tancien Bétogabra. La première mention d'une ville ainsi nommée est faite par Josèphe; seulement le nom n''en est pas très lisible dans le texte, tandis qull se trouve correctement donné par Ptolémée. Suivant Bobinson, Tancien Bétogabra serait identique avec Eleuthéropolis. Il est facile de comprendre que le nom grec ne s'est pas bien conservé. Il signifie «ville libre» et provient probablement des privilèges que Tempereur Septime Sévère, lors de son voyage en Orient en 202, accorda à cette ville, comme lieu central d'une grande importance. On dit que le christianisme y^ fut prêché de bonne heure; on connaît en partie les noms de ses évêques. Les croisés trouvèrent cette ville détruite. Sous Foulques d'AivJou, en 1134, ils bâtirent ici une citadelle dont la défense fut confiée aux chevaliers de St-Jean. Les Francs nommèrent cet endroit Gibelin. Il fut définitivement conquis par Bîbars en 1244, et la forteresse rétablie en lôôl.

Beit Djibrîn est situé entre trois collines : Tell Bottmat a l'O., TeU SandihanM au S.E. . Tell Sédéidé au N.O. On est fondé à croire que les sommités de ces trois collines étaient jadis fortifiées. Ce village a aujourd'hui près de 900 habitants (musulmans) et une petite garnison turque. 11 occupe environ un tiers de l'emplacement de l'ancienne ville. Des débris d'anciens bâtiments se retrouvent dans les murs de la plupart des maisons. On vend aux étrangers beaucoup de monnaies, dont plusieurs portent le nom d'Ëleuthéropolis. L'ancien mur de la ville (construit à l'époque des croisades, 1134?) est interrompu sur plusieurs points. Il en existe encore une partie au N. ; il était muni d'un fossé. Il y avait deux forts au N.O. et àl'Ë. ; celui de TE. a fait place au cimetière musulman ; il reste encore des fragments de colonnes, un beau grand portail et un réservoir. Le fort du N.O. était sur une élévation du terrain; les anciens soubassements sont faciles à distinguer des constructions postérieures. Au-dessus de la porte principale, une inscription de l'année 1551 (958 de l'hégire). La forteresse était flanquée d'une tour à chaque angle. Aujourd'hui on entre dans l'intérieur par différentes brèches; outre. une belle citerne, il renferme beaucoup d^espaces voûtés qui servent d'habitations aux hommes et au

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bétail. Au S. court de.l'Ë. à l'O. une galerie qui était primitivement une des nefs latérales d'une église. A dr. et à g., 5 piliers soutenant autrefois des colonnes de marbre blanc ; six d'entre elles, à chapiteaux corinthiens , sont encore en place ; arcades eu ogive. £n dehors du mur d'enceinte deux colonnes correspondantes sont encore debout. Quelques familles habitent maintenant le château qu'on ne peut visiter sans donner un petit pourboire.

La partie la plus intéressante à voir, ce sont les grottes , qui commencent près de Belt Djibrîn et sMtendent au loin dans les environs. St Jérôme dit que les Hôrîm, Horites, habitants des montagnes et des cavernes, avaient vécu dans cette contrée, et que les Iduméens, avec lesquels les Horites s'étaient mélangés après avoir été vainous par eux , avaient, à cause de la grande chaleur, habité dans des grottes sur toute la distance d'ici à Pétra. On ne peut guère douter que les grottes de ce district ne soient très anciennes ; leur grand nombre et la conformité de leurs proportions nous font penser qu'elles ont servi d'habitations. On a pensé aussi que plusieurs d'entre eiles avaient servi d'églises, car elles ont des absides tournées vers l'E. et souvent des croix sculptées dans les parois. Dans ce cas cependant, on rencontre ordinairement aussi des inscriptions musulmanes. Quoique la pierre, sorte de craie grise, ne soit pas précisément dure on n'en admirera pas moins r habileté avec laquelle on a taillé les voûtes. Ces grottes sont des chambres à voûtes en forme de cloche ; elles ont de 6 à 15 m. de diamètre , et se relient fréquemment les unes aux autres ; des piliers libres supportent le toit. La hauteur des grottes varie entre U et 12 m. et chacune reçoit le jour d'en haut par une ouverture en forme de puits. Du reste, plusieurs d'entre elles se dégradent peu à peu. On les nomme en arabe 'eurâk (^comp. p. 338 j ; chaque ensemble porte un nom particulier. On trouve, dans la Syrie du N., des grottes tumulaires semblables, mais plus petites. Beaucoup d'entre elles servent de refuge au bétail, non seulement aux chèvres, mais aussi aux bœufs, car sur la haute plaine du pays des Philistins rélève des bétes à eornes n'est pas moins pratiquée de nos jours que dans l'antiquité.

Voici rexcuraion la plus intéressante. On part de la place qui est devant la forteresse, puis se dirigeant vers le ti.K., on passe les tombeaux pour remonter ensuite le lit d'un petit ruisseau; au bout de 5 min. on est au haut d'un vallon d'où Ton voit des grottes au-dessous de soi. A en juger par les niches taillées dans le roc (cinq au fond, trois de chaque cotéj ces grottes doivent avoir été utilisées plus tard comme lieux de sépulture. Les niches sont à 0.60 m. au-dessus du solj tout en haut se trouvent un grand nombre de triangles taillés dans le roc. Les ouvertures rondes du haut ont en partie été agrandies dans le cours des temps; il s'est formé aussi, après Téboulement de grottes, des vestibules, au-dedana desquels se sont conservés les pilastres des groupes de grottes. — Plus au a. se trouve un second ensemble de grottes plus élevées, dans lèsquelles nichent beaucoup de pigeons ramiers; Tune d''elles renfwme un puits, et le sol rend un son creux en plusieurs endroits. Les parois sont très polie» et vertes d'humidité. Çà et là, des croix grossièrement taillées, et, chose remarquable, des inscriptions des premiers temps de Tislamisme

àOttm, 'ADJLAN. Rouie 11. 329

(écriture eonfiqne). De grotte en grotte on remonte la vallée jusqu'à une église en ruines, qui est à 20 min. du village, en ligne directe. Les habitants la nomment encore aujourd'hui Mâr Hannâ ou /Sandehanna (St- Jean). Les eubstructions de cette église à trois nefs proviennent de l'époque byzantine ; au temps des croisades, on a changé le plan de l'édiiice. L'abside principale et une abside secondaire sont bien conservées, et les pierres bien travaillées^ les fenêtres sont à plein cintre et les murs épais ; il y a des ifilastres aux deux côtés de rentrée, et sous la nef latérale du N., une crypte avec des voûtes. La vue de la colline s'étend sur de vertes vallées bordées de hauteurs à pente douce.

De Belt Djibrîn, en se dirigeant au S., on traverse une verte vallée couverte d'oliviers et Ton arrive en 20 min. à Aférâch dont les ruines sont méconnaissables. Mérâch est l'ancien Afaresa (Jos. xv, 44), illustré par la victoire que le roi Âsa remporta sur une armée éthiopienne qui s'avançait sous les ordres de Serakh (II Chron. xiv, 9 et suiv.). Toute la chaîne des colHnes, à partir de Mâr Hannâ est percée de grottes, et particulièrement sur les versants S. et O. Les parois de quelques grottes sont pleines de petites niches (columbaria) qui ont été pratiquées en rangées régulières dans les côtés des diverses chambres; on ne sait pas à quoi elles ont servi; elles sont placées trop haut pour faire supposer qu'elles aient été utilisées comme dépôts d'ustensiles etc.; on a présumé que les habitants y plaçaient des crânes ou des urnes cinéraires. On trouve en outre sur cette colline un grand nombre de belles citernes anciennes, avec des escaliers tournants en partie conservés. Ces derniers se trouvent aussi dans quelques grottes.

Db Bbit Djibbîn à Gaza (^enriron 7 h.). Excursion plus agréable avec un guide ; nul besoin d'escorte , quand les Bédouins de la plaine sont en paix (cas très rare dans les dernières années).

Dès qu'on sera arrivé du village au pied de la cbaîne O. , on choisira le chemin du milieu; on gravit la hauteur en 15 min., on jette un regard en arrière sur le village , et 10 min. après, on aperçoit la plaine à l'O. Le chemin conduit à travers un plateau herbeux; au bout de 25 min. on voit dans un champ à dr. le ouéli du Cheikh 'Amer, dans le lointain Tell es-Sâfiyé (p. B37). Laissant derrière soi les monts de la Judée, on en descend peu à peu les dernières ramiilcations pour atteindre la plaine, toujours vers l'O. Au bout de 30 min., à g. le Tell el-Mansoûra avec quelques ruines; 30 min. plus loin on est à Tell el-Lâdjé, où il y a quelques grottes éboulées ('Arâk el-Menchîyê); le village est à V4 ^'^- *^ ^* ^®^ élévations (tellj, que Ton rencontre dans la plaine, sont probablement l'œuvre de l'homme. D'ici à 'Adjlân en 1 h. ^/^ en suivant la direction S.O. à travers la plaine.

De BeitDjibrin Robinson a pris un autre chemin; il est allé en suivant la direction S.O., en 50 min., du côté de Tell el-Koubeibé, qu'il a laissé à 10 min. sur la g.; de là en 2 h. à es-Soucearitfi, où il trouva quelques voûtes en bon état et des fragments de colonnes de marbre ; puis il arriva en Ô5 miA. à 'Â^jlân dans la direction O.

'Adjlàn est l'antique Églon; détruit par Josué (x, 34, 35), ce

fut plu« tard une des villes de la plaine de Juda. La version des

Septante confond déjà Églon avec Adoullam ; Ëusèbe les place tous

deux à 4 h. à l'Ë. de BeitDjibrin. S'il avait écrit O. au lieu d'K.,

on serait à peu près d'accOTd pour la distance; mais la caverne

d' Adoullam ne peut absolument pas être cherchée dans une contrée

aussi auverte (v. p. 271 et 339).

â30 Route 11, GAZA. D'Hébron

45 min. après, ou arrive aa lit d'un ruisseau, qui descend au

S. vers le grand Ouâdi eUHasi; sur une colline à dr., les amas de

pierres informes de Oumm Lâkis , avec beaucoup de citernes. Ce

sont probablement les ruines de T ancienne ville de LakiSj qui a

eu le même sort qu'Églon.

EUtùire. Amasia de Juda fut tué en 809 av. J.-Cb. (II Ghron. xxv) dam cette ville où une conjuration Tavait obligé de se réfugier. Lakis paraît avoir été une importante forteresse d« frontière du côté de TÉgypte; Michée (i, 13) en fait aussi une ville de chariots, où les rois juifs tenaient les chevaux qu'ils avaient tirés de TÉgypte; la plaine d^alentour est abondante en herbe. Lakis fut assiégé par Sanhérib ; on prétend avoir lu le nom de cette ville sur des monuments assyriens. Suivant Jérém. xxxiv, 7 elle fut une des dernières villes prises par Néboucadnétsar. Il ne reste de toutes ces villes de la plaine des Philistins que des ruines insignifiantes, parce qu'on y bâtissait en briques.

Au bout de 47 min., Bourîr, village entoure de haies de cactus ; les toits des maisons en sont couverts. C'est d^jà un pays à palmiers. Près de la source, des fragments de colonnes. On arrive ensuite dans le Ouâdi Simsim^ qui est bord^ d'une suite de collines verdoyantes; 40 min. après, on voit à dr. le village de Simaim dans un petit bois d'oliviers , où l'on cultive surtout le tabac et le sésame. On traverse ensuite le Ouâdi el-Hasl en suivant la direction S.O. 15 min. après, à g. le village de Nedjd; à dr. dans le lointain, des collines de sable vers la mer. 25 min., à di., le village de Dimré et 45 min. après, Beit Hanoûn avec des plantations de cactus sur une grande étendue. On arrive eu 35 min. sur la crête d'une colline près d'un beau chêne à côté d'une ruine ; ici recommencent les bois d'oliviers. Le chemin est large et sablonneux ; au bout de 40 min. des vergers avec des palmiers, puis à 10 min. la ville de Oasa* La place près du Séraï est la plus favorable pour y dresser des tentes ; avec une recommandation de Jérusalem , le voyageur trouve à se loger assez bien dans le couvent grec. Le Medjîdi vaut ici 41 piastres (comp. p. 12), le Bechlik 10 p. Station télégraphique turque et internationale.

Histoire. Les Philiatina habitaient la grande plaine d'Acre jusqu'à la frontière d'Egypte. La Bible les rapproche des Chamites. On a voulu prduver qu'il faut chercher leur patrie, le pays de Caftor, dans le delta du Nil (et non pas en Crète). On ignore quelle langue ils ont parlée. Les Philistins étaient un peuple belliqueux au temps de Moïse; aussi les Israélites furent-ils forcés d'éviter leur pays. Ils avaient des institutions fixes et notamment une confédération entre leurs 5 villes principales, Gaza, Asdod, Ascalon, Qath et Ëcron. Ce n'est que dans la seconde moitié de l'époque des Juges, que les Philistins, qui s'étaient probablement renforcés par une nouvelle immigration, commencent à contester aux Israélites leur domination sur la Palestine. Ils expulsent d'abord la tribu de Dan, qui doit fonder d'autres établissements au nord de la Palestine. Ils pénètrent toi:UOur8 plus avant et tiennent Israël assujetti pendant 40 ans (Jug. xiii.J. Samson cherche à leur nuire; mais ils en viennent même à s'emparer de l'arche d'alliance. Samuel les bat en plusieurs rencontres, mais il ne par^ vient paa à les chasser des places fortes, dont ils s étaient emparés. Selon toutes les données de l'histoire, les Philistins surpassaient de beaucoup les Hébreux en civilisation. Les Philistins p. ex. l'emportaient sur les Hébreux par leurs chariots de guerre et leur cavalerie (comp. I Bois xiii, 5, où les chiffres paraissent néanmoins exagérés). Les soldats pesamment

à Oaza, GAZA. Route 11. 331

armés portaient un casque rond en cuivre, une cotte de mailles, des jambières d'airain, un javelot et une grande lance; chacun d'eux avait, comme les Grecs dont parle Homère, un porteur d'armes et de bouclier. L'infanterie légère était armée d'arcs. Les Philistins avaient des camps retranchés; ils savaient rendre leurs villes imprenables au moyen de hautes murailles et plaçaient des garnisons dans les pays vaincus. Gomme ils avaient l'esprit mercantile, qu'ils rivalisaient avec les Phéniciens pour le commerce maritime, et qu'ils cherchaient à se rendre maîtres du commerce de l'intérieur et des caravanes, ils durent tenir ouverte la grande voie de communication venant de Damas. En campagne ils prenaient leurs idoles avec eux ; leur principale divinité était Dagon (Marnas) qui ainsi que la déesse Derkéto (Âtergatis) avait la flgure d'un poisson. Beelzeboûb, le Dieu des mouches à Ecron, jouissait de la réputation d'oracle.

Les tribus Israélites s'unirent pour combattre les Philistins, et après que ceux-ci eurent enfin été subjugués par Saiil et David, l'État juif fut définitivement consolidé. La lutte se renouvela cependant à plusieurs reprises sous les rois postérieurs. Pendant la grande guerre entre l'Egypte et l'Assyrie, la plaine des Philistins, importante par sa position stratégique, fut souvent disputée par les partis belligérants et eut par conséquent beaucoup à souffrir. Les Philistins furent aussi envoyés (partiellement) en exil. Après l'exil leur État disparait et les villes seules conservent quelque, importance, jusqu'après la mort d'Alexandre; dès ce moment leur puissance est anéantie. La Philistie fut de nouveau le théâtre de violents combats dans les guerres entre les successeurs d'Alexandre en Syrie et en Egypte. Sous les Maccabées, les villes maritimes helléniques de la Philistie se signalèrent par leur inimitié contre les Juifs, mais les Maccabées purent s'assujettir la plaine d'une manière durable. Toutefois la haine nationale des Philistins ne s'éteignit jamais, et lors de la destruction de Jérusalem, ils firent tout le mal possible à ses malheureux habitants.

Gaza était la plus méridionale des cinq villes confédérées de la Philistie. C'est ici que le livre des Juges (Ch. xvi) place une partie des exploits de Samson. Le csommet de la montagne devant Hébron» (ib. XVI, 3) où Samson transporta les portes de la ville est peut-être le sommet du mont Mountâr au S.Ë. de Gaza. Les Israélites paraissent n'avoir occupé la ville que fort peu de temps (III Bois iv, 24). Ce n'est que lorsqu'ils furent à l'apogée de leur puissance, que celle-ci s'étendit jusqu'à Gaza. Ville considérable, c'est probablement au commerce qu'elle dut son importance; quelques auteurs disent qu'elle avait encore au vie g. de l'ère chrétienne un port du nom de Majoumas. Hérodote nomme la ville Cadyii»; Alexandre le Grand s'en empara après une vive résistance. Alexandre Jannée la prit en l'an 96 av. J.-Chr. et la détruisit, parce qu'elle s'était alliée aux ennemis des Juifs. L'empereur Auguste la donna à Hérode, après la mort duquel elle retourna à la province romaine de Syrie. G«za jouit de quelque prospérité sous la domination romaine; le christianisme ne s'y introduisit pas de bonne heure, quoique Philémon (auquel St Paul adressa une épitre) en ait été, suivant la tradition, le premier évêque. Au temps de Constantin, Gaza était encore la principale forteresse du paganisme et restait fidèle à son dieu Marnas, dont les statues et les temples ne furent détruits qu'en 400 par ordre de l'empereur. Sur l'emplacement du temple principal, l'impératrice Eudoxie, épouse d'Arcadius, fit bâtir à ses frais une grande église chrétienne en forme de croix. En 634, la ville tomba au pouvoir des Arabes .commandés par '^Omar. Elle avait aux yeux des musulmans une grande importance, parce que Hâchim, grand-père de Mahomet, qui avait poussé jusqu'à Gaza ses voyages de commerce, était mort et avait été enseveli dans cette ville. Les croisés la trouvèrent en ruines. Baudouin II, en 1149, y bâtit une forteresse, dont il confia la défense aux templiers. En 1170, baladin pilla la ville, sans pouvoir s'emparer de la forteresse, qu'il ne prit qu'en 1187. Richard Cœur de Lion l'occupa momentanément. En 1244, les chrétiens et les musulmans furent battus

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par les Kharesmienci dans le voisinage de Gaza. Dès ce moment elle petdit toute importance. Napoléon la prit en 1799.

La science n'a pas décidé si la Gaza actuelle, ville continentale, occupe le même emplacement que Tancienne. Aujourd'hui, sa population est d'environ 16,000 habitants, parmi lesquels un certain nombre de chrétiens Grecs - orthodoxes (école protestante). C'est une ville à demi égyptienne ; le voile des femmes musulmanes, p. ex., est à peu près pareil à celui des Égyptiennes. Gaza, de temps immémorial, a servi de lien entre l'Egypte et la Syrie ; ella a, de nos jours encore , un marché de quelque importance, quoique le commerce de caravanes ait cessé en grande partie ; son marché est abondamment fourni de denrées de toute sorte , telles que dattes, ligues, olives et légumes à gousse ; le bazar ne peut renier non plus son empreinte égyptienne. La ville est située au milieu de vergers, et l'on voit à peine où elle commence. L'abondance d'eau souterraine favorise la végétation qui est très riche. Gaza n'a plus ni murailles ni portes. Elle se divise en 4 quartiers : Hâret et- Toufén au N. ; Hâret es-8edjtyé à l'E. ; Hâret ez-Zeitoûk au S. ; Hâret ed-Daredj à l'O. On arrive à ce dernier par des escaliers, ainsi que le nom l'indique.

Parmi les édifices les plus remarquables nous citerons d'abord lèverai àTË. de la ville, habitation du gouverneur, en partie ruinée, n date du commencement du xiii^ s. ; les pierres sont bien rapportées. En entrant dans la cour du serai on aperçoit des cages pour les prisonniers. La façade est en ouvrage de marqueterie; entre les pierres sont introduites des plaques de fayence. — A l'Ë. de la ville, non loin du séraï, est la grande mosquée Djâmf el-Kehir. La façade est d'un bel aspect; au-dessus de la porte, une inscription arabe de l'an 677 de l'hég. (1279). On peut y entrer librement, pourvu qu'on se déchausse. La cour est pavée de plaques de marbre. Autour de la cour, des écoles; au côté 0., une espèce de chaire. La mosquée proprement dite était primitivement une église chrétienne à trois nefs, édifice de l'époque des croisades, construit avec de vieux matériaux; les musulmans ont ajouté une quatrième nef au S., et muré les absides pour élever le minaret. La nef centrale de l'église était plus haute que les nefs latérales. Des arcades en ogive s'étendent au-dessus des trois pilastres carrés et des deux demi-pilastres, qui bordejit la nef centrale. Les colonnes qui sont en face de la nef centrale consistent eu un fût surmonté d'un chapiteau, par-dessus s'élève une autre rangée de colonnes ornées de chapiteaux corinthiens. Sur une colonne du N.E. se trouve un bas-relief figurant le chandelier à sept branches avec une inscription en grec et en hébreu. L'église est éclairée par des fenêtres ogivales munies de treillis.

Au S.O. de cette mosquée, un beau caravansérail, Khân ez-Zeii (khan de l'huile). On passe d'ici au S.O. par la Hâret ez-Zeitoûn^ où se trouve une mosquée en pierres bien travaillées; c'est par

à Gaza. GAZA. RouUU. 333

cette route que passent les caravanes qui vont en Egypte ou qui en reviennent. Les maisons des faubourgs sont en pis^ ; celles de l'intérieur de la ville, en partie en pierres.

Au S.O. de la ville est l'endroit où Samson, suivant la tradition, enleva les portes des Pliilistins. Nous tournons autour de la ville à ro. en franchissant des tombeaux , et nous passons devant le Ou^li Cheikh Cha'bân pour arriver à la mosquée passablement vieille , dans laquelle Hâehim , grand-père de Mahomet, est enseveli. Elle a été restaur<^e dans ce siècle , mais en partie avec d'anciens matériaux. On retourne d'ici par les cimetières à la partie £. de la ville. Chemins sablonneux, bordas de beaux acacias et de haies de cactus. Derrière le s^raï (à l'Ë.) un petit bâtiment, qui, dit-on, renferme le tombeau de Samson (Samsoûn). Nous l'avons trouvé fermé; il est sûrement moderne.

Au S.Ë. de Gaza, à 15 min. de marche , la colline de Mountâr couverte de tombeaux (Mountâr était un saint musulman ; on trouve de l'ombre sous son ouéli). La vue est intéressante : au S. apparaît, au delà du pays cultivé, le désert de sable; à l'E., au delà de la plaine, les chaînes de la Judée; versTO., la mer' au delà des larges dunes jaunes et sablonneuses ; mais ce qui fait le mieux dans le panorama, c'est la ville qui ressort admirablement au milieu de la verdure.

Le chemin de Oasa à Isma'îlita (environ 40 h.: jusqu'à el- 'Arîch 13 h.) par le déaert «t-Tth offire peu d'intérêt et n est guère fréquenté par les touristes. De Gaza en 1 h. 5 min. à Tell el-^AdJoûl^ près du Ouâdi Ohazza. Cette vallée commence à proximité d'Hébron pour se diriger vers Béenéba près duquel elle passe. Cest dans son sein que gisent, à 1 h. Vf S.O. de Tell el-'Adjoûl, les monceaux de ruines A^Oumm Djérâr, près de la grande colline de Tell Djémfa. On a vraisemblablement ici le Ouérar de Gen. xz, 1 et suiv. ; xxvx, 1. On arrive en 1 h. lÔ min. à Deir el-Bélah^ que Ton a cherché à identifier avec Dâroûn^ lieu connu du temps dès croisades. D'ici en 1 h. 37 min. à Khén Yifûncu, qui a une belle mosquée du temps du Sultan Barkoûk. Il n'y a de verdure que près des lieux habités. On atteint ensuite en 1 h. 17 min. Bir Rafâh (= RapMa). en 2 h. 15 min. Cheikh Zowméd^ en 2 h. 45 min. Khit*bel el-Bordj^ en 2 h. 2ô min. les premiers palmiers d' el-'^Arich, et bientôt après le large lit de la vallée d' eWArieh^ appelé par la Bible «le ruisseau d'Ég^te». (Nomb. xxxiv, 6; £s. xxvii, 12). 20 min. jusqu'à la forteresse et a la quarantaine. £l-'Arîch est sur l'emplacement de l'ancien BMnœoloura. Nombreux fragments de colonnes; dans l'intérieur de la cour, près de la citerne, un petit temple égyptien (monolithe de granit) sert d'auge. Aux deux côtés, des hiéroglyphes. C'est un roi égyptienéthiopien, dit-on, qui a fondé cette ville pour en faire un lieu de bannissement; dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, elle était, sous le nom de LaHSy le siège d'un évêché. Baudouin 1er, roi de Jérusalem, y mourut en 1118; il fut embaumé, et l'on déposa ici ses entrailles; on montre encore le Ht»djar Berdaouîl (pierre de Baudouin). Napoléon prit él.-'Arîch le 18 février 1799, et revint le 2 juin par el-'Arîch en Egypte. Le 24 janvier 1800, fut signé le traité d' el-'Arîch, ensuite duquel les Français durent évacuer l'Egypte.

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