De Oaza à Jénualem par Ascalon
Db Gaza a Asoalon (environ 3 h.). De Gaza, retournant vers le N. par le chemin qni a été décrit p. 330, on arrive en 1 h. au point de séparation des chemins et l'on suit à g. la route sablonneuse le long du télégraphe. Le bois d'oliviers cesse au bout de 20 min., le village de BeitHanoûn apparaît bientôt à dr. à quelque distance , à g. des collines sablonneuses et désertes ; le pays est bien cultivé. 25 min. après on traverse le Ouâdi es-Sâftya , abondant en eau, puis le Ouâdi d-DJisr (le Ouçtdi Simaim Inférieur. V. p. 330") qu'on traverse sur un vieux pont ; à dr. le village Deir Esnîd (20 min.). Au bout de 30 min., on voit le village à.''Herbiyéy en 22 min., Beit Djirdji; en 15 min. on est à Barbara ^ entouré d'oliviers, et en 35 min., en déviant de la grande route à g. , à
Na^liya, en 35 min. à Ascalon CAskalân).
Histoire. Ascalon était une des 5 principales villes des Philistins. On y adorait Derkéto, déesse des poissons en Thonnenr de laquelle on en entretenait dans des réservoirs un certain nombre qu''on ne mangeait pas. Au culte de Derkéto se rattachait celui de sa fille, qu'ion adorait sous le nom de Sémiramis et qui correspond à Vénus TJranie. Le culte de cette déesse , aussi nommée Astarté, a été importé sans doute de rOrient en même temps que les pigeons sacrés. La ville a été fortifiée dès les temps les plus anciens, mais elle n''eut tout son éclat que sous, les Romains. Hérode le Gt. naquit à Ascalon; il fit embellir la ville,
âuoiqu'elle ne lui appartînt pas. En 1815 Texcentrique Lady Esther tanhope, nièce de Pitt (v. p. 4^) obtint des autorités turques un firman, en vue de chercher des trésors dans les ruines d** Ascalon ; on trouva dans les fouilles la statue colossale d''un empereur romain; le travail de la sculpture étant de la meilleure époque, permet de supposer que c''était une statue d** Auguste, auquel le servile Hérode Tavait élevée. La statue fut brisée, parce que le peuple surexcité sHmaeina qu'elle renfermait des trésors. On rapporte que Hérode établit a Ascalon des bains et des fontaines quHl fit entourer de portiques à colonnes et de magnifiques jardins. Dans la guerre contre les Romains, les Juifs tentèrent inutilement de 8''emparer d^Ascalon qui était alors une sorte de république libre sous le protectorat de Rome. Les païens se montrèrent ici, comme à Gaza, très hostiles au christianisme naissant. A l'arrivée des croisés, Ascalon était sons la domination des Fâtimites d'Egypte. La jalousie des chefs francs les empêcha de profiter, pour s'emparer de la forteresse, de la brillante victoire qu'ils avaient remportée le 12 août 1099 sous les murs d' Ascalon. La garnison musulmane de la ville continua à inquiéter les croisés; mais ils la forcèrent enfin à capituler, après l'avoir assiégée pendant 5 mois par terre et par mer, et malgré les eflV)rts d'une flotte égyptienne qui avait déjà dispersé leurs vaisseaux. Baudouin IV remporta encore une brillante victoire sur -Saladin. en 1177, sous les murs d' Ascalon; mais après la bataille de Hattîn, cette ville dut se rendre au vainqueur. Saladin la fit raser en 'partie avant le commencement de la 3e croisade; Richard Gœur-de-Lion chercha à la relever en 1191, mais il en fut empêché par la jalousie des princes, et il fut stipulé dans l'armistice conclu avec les musulmans, qu' Ascalon ne serait pas rebâti. Bibars fit raser complètement, en 1270, les ouvrages de fortification. Depuis cette époque, Ascalon n'est plus qu'une ruine. Au commencement de ce siècle, le puissant Djezzâr Pacha fit emmener d'Ascalon, sur des vaisseaux, dans sa résidence d'Acre beaucoup de pierres à b&tir et de colonnes, dont il se, servit pour ses nouvelles constructions (p. 375).
Guillaume de Tyr, l'historien des croisades, dit avec beaucoup de justeeeie qu' Ascalon est situé dans un hémicycle de
ASCALON. Boute 12. 335
retranchements, dont la mer forme le diamètre à l'O. , dans une espèce de cavité qui s'abaisse vers la mer. L'hémicycle avec les murailles est en partie naturel, en partie artificiel. Il donne une juste Id^e de la situation de Tancienne ville. A l'angle S.O., se trouvait le petit port d'Ascalon , mais si mauvais qu'il méritait à peine ce nom. On avait employé une immense quantité de colonnes de granit gris pour construire les digues de ce port. Il reste encore quelques vestiges des bastions qui le protégeaient. Du côté de la mer , il y avait une porte , dont l'emplacement est encore connu des habitants du village à*d-Djôra (où l'on prendra un guide) et qu'ils appellent Bâb el-Bahr (porte de la mer). Le mur de l'O. s'appuie sur les rochers peu élevés qui bordent la mer ; il s'est écroulé en quelques endroits, et l'on est étonné de la dureté du ciment qui en Hait les pierres.
Dans la partie S. du mur d'enceinte d'Ascalon se voit encore, outre des restes de tours, une porte appelée la porte de Gaza. Le vent a amené beaucoup de sable du côté du S. ; c'était le rempart de l'E. qui était le mieux fortifié; les murs ont plus de 2m. d'épaisseur; il en ressort, ça et là, des fragments de colonnes qui y sont encastrés. Sur la hauteur, près du Ouéli Mohammed, ombragé par des sycomores , se voient les fortes tours , encore assez bien conservées, qui défendaient la porte principale , celle de Jérusalem ; mais tout est couvert de sable. La sortie sur la route est fermée par une haie d'épines. — Le côtéN. des retranchements est difficile à parcourir, parce qu'il est couvert, de part et d'autre, de riches vergers ; on y trouve encore des restes de colonnes et des traces d'églises chrétiennes, mais avant tout quarante citernes, qui contiennent une eau excellente. «Autant de débris , autant de points d'interrogation», observe Tobler. Les vergers dont la terre végétale a 3 m. environ de profondeur, sont entourés de haies de cactus épineux ou de buissons d'épines; ils appartiennent au village de Djôra, situé à l'E. de l'ancien Ascalon (300 habitants qui vendent beaucoup d'antiquités). La contrée est riche en sycomores. On y trouve des vignes, des oliviers et quantité d'arbres fruitiers, particulièrement d'excellents oignons à feuilles très touffues. Cet oignon croît partout à l'état sauvage dans le sable ; très estimé déjà dans l'antiquité, il a été exporté dans tous les pays ; les Romains, qui l'appelaient Ascalonia, le transmirent aux Gaulois et il nous
est parvenu sous le nom d'échalotte.
D'Ascalon à Jaffa (7 h. 40 min.). Celui qui veut aller de ^A^kalân à Esdoûd peut prendre, à partir de Djôra ou plutôt à mi-cliemin entre Djôra et Medjdel, une route plus directe pour Humâmé (N.E. 50 min.) ; de Hamâmé à Esdoûd 45 min. ; de Medjde] à Esdoûd, 1 h. 20 min.
'Histoire. £sdoùd, Tancien Asdod (en grec Azotos), est celle des 5 villes des Philistins, qui parait avoir joué le rôle le plus important. L'arche de Talliance, enlevée aux Israélites, fut amenée d'abord à Asdod et déposée dans le temple du dieu Dagon (I Rois v). Les Israélites ne purent s'emparer de cette ville qu'au temps du roi Osias (II Chron. XXVI, 6). Tartan, le général du roi assyrien Sargon, l'assiégea et la prit vers l'an 715. Psammétique l'enleva aux Assyriens, 100 ans plus tard,
336 Roule 22. ESDOÛD. De Gaza
après un long siège. Elle fut conquise par les Haccabëes. L^apôtr« Philippe y prêcha rBvangile (Act. viii, 40); il y eut plus tard des évèques d' Azotes. La ville avait (à 1 h. à TO.) un port qui n'offre aujourd hui que des ruines. L'ancien Asdod n'a guère eu un meilleur sort. Le village actuel est sur la pente d'une colline, qui est dominée par une autre hauteur, sur laquelle se trouvait sans doute l'acropole. A l'entrée du village (S.), la ruine d'un grand khan du moyen âge avec des galeries, des cours etc. On remarque aux maisons et aux mosquées des restes de constructions antiques et des fragments de colonnes. Les environs sont verdoyants et riches en vergers.
D'Esdoûd à Ramlé le chemin conduit au N. vers Tebna; en 5 min., on passe le Ottddi Esdoûd, d'où l'on arrive en 2 h. 30 min à Tebna*, à moitié chemin, le Khan en ruines de Soûk kheir.
Histoire. Tebna est l'ancien Jabné (Jos. xv, 11; II Chron. xxvi, 6) ou Jabneel^ qu'il faut distinguer de la ville maritime du même nom, dont les ruines sont à 1 h. N.O. à l'embouchure du Ifahr Roûbtn (Ruben). Elle se nomme en grec Jamniat conquise d'ime manière durable par les Maccabées seulement (II Macc. ii, 8 et suis.), elle fut sans doute à cette époque une ville importante et populeuse. Elle était, comme ville maritime, plus importante que Joppé. Déjà avant la destruction de Jérusalem , Jamnia était le siège du sanhédrin juif; elle avait une célèbre école de rabbins, et fut le centre intellectuel du soulèvement contre Trajan, 117 ap. J.-Ch. Au temps des croisades, on croyait que l'ancienne ville philistine de Oath , dont on n'a pu jusqu'ici fixer nulle part la position , avait été située dans cet endroit. L'antique Ecran , maintenant ^AHr, qui ne conserve plus de traces d'antiquités, est à une bonne heure vers l'E. Les croisés bâtirent à Yebna, qu'ils appelèrent Ibelin^ un grand ouvrage de fortification, pour résister aux attaques de la garnison d^AscaJon. Cette forteresse, située sur une colline, n'existe plus aujourd'hui. Le village actuel est d'une certaine étendue; il est situé sur le Ouâdi Sarâr ("vallée de Sovek de la Bible? Jug. xvi, 4) et possède deux vieilles mosquées. Une heure plus loin, dans le haut de cette vallée, se trouve Katra ou le Guedéret mentionné Jos. zv, 41; II Chron. xxviii, 18. • * De Yebna à Yâfa (N.) 3 h. »/«» de Yebna à Ramlé (N.B.) 2 h. V*.
D'ÂscALON À JéausALKM (15 b. 35 min.). Du village de Djôra (p. 335) un chemin mène directement par la plaine à Medjdel. Devant soi, on a un grand bâtiment, le Ou€U 'Aouad. 35 min. après , on atteint les jardins d'oliviers qui appartiennent à Medjdel ; il croît ici, comme à Ascalon, quelques palmiers ; on voit en mouvement beaucoup de roues hydrauliques. 10 min. après, le village de Medjdelj qui peut avoir 1500 âmes ; un chrétien, orfèvre, fait le commerce d'antiquités. La mosquée, construite en partie d'anciens matériaux, a un ^^gant minaret. Nous y trouvons des rues sales, mais des maisons bien bâties, et de Veau en abondance. Au nord de la ville , un bon emplacement pour y dresser des tentes. Jos. xv, 37 parle d'un Migdal Cfad, qu'il faut peut-être chercher ici.
Partant de Medjdel (vers le N.), on quitte la grande route au bout de 7 min. et l'on tourne vers l'E. Après 10 min., on atteint l'extrémité des bois d'oliviers et l'on croise bientôt la ligne t4\égraphique à dr. (S.E.) ; dans le lointain, le village de Beit Ttma au milieu des champs. 40 min. après, on traverse le lit du ruisseau du Ouâdi Mnccoûs; 10 min. plus loin, on laisse à dr. le village de Djôlis (S.). Contrée iTifest^e par les mouches et les frelons, qui rappellent le culte du dieu des mouches (p. 331), culte dont ce pays
à Jérusalem. TELL ES-SAFIYÉ. Route 1^, 337
^tait le centre. Sur la plaine s'^èvent de petites collines arrondies. On arrive en 65 min. au village à^e^-Saouâpr et 5 min. plus loin, à un autre village du même nom. On trouve ici, comme en g^n^ral dans chaque village, quelques fragments de colonnes dispersés. Peut-être l'un de ces Saouâfîr fil y en a un troisième plus au N.^ est-il le Chaphir de Michée i, 11. Avançant toujours au milieu de champs de blé on arrive, vers l'E., en 35 min., au lit du ruisseau abondant du Ouâdi es-Sâfiyé. Bientôt le Tell eç- S&ftyé nous apparaît dans le lointain comme une ligne d'une éclatante blancheur. Une heure après, on trouve le Ut d'un ruisseau, et l'on atteint en 45 min. le Ouâdi es-Sâflyé, qu'on ne traverse pas. On est en 20 min. au pied de la colline, et l'on peut camper à l'ombre
de beaux arbres. Après la pluie la plaine est toujours marécageuse. HUtoire. Tell es-8âfiyé a été identifié, par les uns, avec Tantique Mizpeih âe la tribu de .Tuda (Jos. xv, 38), par les autres, avec Libna (Jos. X, 29); cette dernière oninion est peu vraisemblable. Le roi Foulques d'Anjou bâtit ici, en 1138, un château qui devait achever la ceinture des forts élevés contre Ascalon. Il s'appelait Blanca çuarda^ en latin spécula tUba^ à cause de Téclat dont brille de loin le rocher de calcaire crayeux. Ce fort fut pris et détruit en 1191 par Saladin. Richard Cœur-de-Lion fit jusqu'ici de hardies incursions.
Tell es-Sâflyé commande l'Issue de Timportant Ouâdi es-Sant (vallée des Mimosa). Il ne reste que fort peu de chose des constructions du moyen âge. De TO., quand on gravit la colline, on aperçoit une grotte (sans doute une ancienne carrière), puis vient le village actuel, à l'aspect misérable; plus loin, le tombeau d'un saint construit avec d'anciens matériaux et l'on est en 10 min. sur la hauteur où l'on ne trouve que quelques fondements de pierres fort bien taillées. La vue s'étend à l'O. sur la plaine verdoyante entre Gaza et Ramlé jusqu'aux dunes et à la mer, à l'E. sur les monts de la Judée qui s'élèvent graduellement. Partout des villages.
De Tell es-Sâflyé, en marchant à l'E., on arrive en 1 h. à 'Adjoûr. On rentre ici dans le domaine des grottes comme nous en avons vu près de BeitDjibrîn(p. 328). Il y en a àZ)«V el-Boutoûm, à 20 min. S.E. de Tell es-Sâflyé, et à Deir Doubbân, 15 min.' plus loin. On s'aperçoit que la contrée, quoique verte encore et fertile, a dû être autrefois beaucoup plus peuplée et mieux cultivée. Les grottes de Delr Doubbân sont sur le versant E. d'une colline qu'on gravît avant d'arriver au village. Sur ces collines il y a beaucx)up de belles citernes anciennes. Le groupe principal se compose d'une douzaine de grottes, dont quelques-unes éboulées. Elles contiennent des niches du même genre que celles de Beit Djibrîn ; dans quelques grottes la voûte se cintre par gradins. On croit y reconnaître parfois une abside ou quelque chose de semblable. Quelques-unes portent des inscriptions en ancien arabe ; l'une d'elles contient les mots «allâhou akbar». Dieu est grand ; d'autres n'ont que des noms de personnes. Quelques croix sont aussi taillées dans l'intérieur des cavernes. De semblables grottes existent aussi à Khirhet Dacar, 72 t- 0« de Deir Doubbân.
338 Route 12. DHICRIN. ^ De Gâta
De Deir Doabbân on arrive par une verte vallée en 15 min. au -petit village de Ra^nâ^ et de Ra'nâ en 25 min. à Shierlii. Au delà de la vallée de Dhicrîn, un terrain rocailleux au N. du village actuel; dans les rocliers un grand nombre de belles citernes contenant d''excellente eau. A rO et au N.O. du village, des grottes Ceurâk). Quelques géographes interprétant les renseignements d''£u8èbe, ont cru, qu'il fallait chercher ici Oath (patrie de Goliath), la ville philistine la plus rapprochée des frontières d'^Israël, mais on ne peut le démontrer avec quelque certitude.
De Beit Djibrîn il y a, par Dhicrîii, un chemin pour Tell es- Sâflyé; 1 h. 25 min. jusqu'au premier, 1 li. 5 min. jusqu'au second endroit. De Ba'nâ à 'Adjoûr 1 b. 15 min.
On laisse le village de 'Adjoûr à dr. sur la montagne couverte d'arbres fruitiers ; bientôt après, une belle vue sur le grand Ouâdi esSant vers l'Ë. ; les montagnes sont couvertes de petites futaies de chênes (Ouâdi es-San^ est probablement la vallée des térêbinthes de I Rois xvii ; comp. p. 294). 15 min. après è, g. (N.) on voit Sacâriyé; c'est aussi sur cette colline qu'on a cherché la ville de Gath. Près de Tell Sacâriytf se trouve un second 'Asfcatân, qui était déjà connu au moyen âge (et même peut-être beaucoup plus anciennement ; Jug. XIV, 15) ; on l'a souvent confondu avec l' Ascalon proprement dit. Au moment où l'on descend dans la vallée, elle dévie au N., puis au N.B. Le fond de la vallée est large, couvert de verdure et de champs de blé ; les pentes des collines, plus hautes vers ]'£., sont douces et boisées. Au bout de 1 h., un vallon et un puits Bir eS'Safsâf à dr. , puis sur le haut à dr. , sous des oliviers, les ruines d'un village récemment détruit; à g. se montre BeitNeitîf également sur la hauteur. On peut tourner par en bas le contre-fort sur lequel ce village est situé, ou bien l'on passe, 12 min. après, le lit du ruisseau (les bagages peuvent rester en bas) et l'on monte au village en 72 ^« ^^ pente est couverte d'une belle verdure ; on admire en chemin quelques grands chênes. Lé village contient près de 1000 habitants ; il a un khan, dont la porte conserve des traces d'antiquité. Il est plus que douteux qu'on puisse retrouver dans ce village l'ancien Netopha (Esdr. 11, 22 etc.). L'important c'est la vue étendue dont en jouit de la hauteur. Au-dessous du village, le Ouâdi es-Soûr, venant du S., se rencontre avec le Ouâdi el-Mesarr, qui vient du N.E.
Au S., pahr el'JDjououei'id et un peu versl'O., Chououeiké, grand gisement de ruines avec d'anciennes grottes, beaucoup de restes d'édifices d'une date postérieure ; c'est l'antique Sokho (Jos. xv, 35 ; I Rois xvn, 1 et suiv.); plus loin Tibné= Thimna (Jug. xiv, 5) et 'Ain Ckems = Beth chémech (1 Rois vi ; III Rois iv, 9). A l'O., Deir 'Asfoûr; au N.O., Khirbet ech-Chméli; au N., Zano<£a{y=. Sanoah, I Chron. iv, 18) et Zof'a (= Zoréa, Jos. xv, 33 ; xix, 14 ; Jug. XIII, 2); un peu à l'E., le petit village de Khirbet Djéraeh; à l'E. , Nidkyad et dans le lointain Beit ^Atâb , tous lieux situés dans un beau pays de collines verdoyantes. Dernièrement, on a voulu identifier Beit ^Atâb avec le rocher d'^tom, Jug. xv, 8. 11 s'y trouve aussi une caverne. On a de même essayé de trouver
à Jérusalem. BITTIR. Route 12, 339
à 1 b. S. de Chououeiké près de la colline de Cheikh Madkoûr, la position de Tancien Adoullam (Gen. xxxtiii, 1 ; Jos. xii, 15 ; U Chion. XI, 7 ; comp. I Rois xxn, 1) (voir p. 271 et p. 329). Là se tionvent en effet des grottes habitues (aujourd^ai 'Âidelmîyé).
De Beit Nettîf on descend en 25 min. à la sortie du Oaadi el- Mesarr; lô min. après, les ruines d'un khan. An lieu de poursuivre le Ouâdi el-Mesarr , on tournera à g. dans le petit vallon latéral du Ouâdi el-Lehâm. Les arbres, les arbrisseaux, les fleurs, qui abondent ici , font un effet magnifique au printemps ; le petit sentier en est complètement couvert. 1 h. après on atteint la crête de la montagne ; la mer est en vue ; à TO. la grande plaine ; au S., la ligne d'une vallée , qu'on nous a nommée (hiâdi ea-Sent ; elle descend vers Beit Nettîf conune le Ouâdi el-Mesarr qui est situé plus au S. Au bout de 20 min. on trouve une ruine Khirbet el-Khân ; au delà du Ouâdi et-Tannoûr à g.. Bât ^Atâb; au N.Ë. se montre 'AUâr el'fôkâ. On ne quitte pas les hauteurs et l'on jouit de la vue la plus magnifique sur les montagnes , ainsi que sur la plaine 0. ; les bois diminuent ; on arrive peu à peu dans un désert pierreux. Au bout de 1 h. 10 min. on est sur la ligne de partage des eaux; V2 ^* après commence la descente dans la vallée; ou passe à g. (0.) près du village d'e^A6ott qui a une bonne source. Descendant sur le côté droit du vallon, on atteint le fond eu Ôô min., puis l'on se dirige à dr. dans la grande vallée principale, le Ouâdi BiUîr. On remonte le lit pierreux du ruisseau; à dr. et à g., des terrasses qui paraissent avoir été cultivées ; au lieu de rester dans le lit du ruisseau, on fera mieux de marcher sur la terrasse inférieure. 20 min. après, à un contour de la vallée, on a devant soi le village de Bittlr, où l'on arrive en 10 min.
Il est possible que Bittîr soit l'ancien Bcthar de Josué xv, 59, mentionné par les Septante. Ou a pensé reconnaître dans Bittîr le Bether ou le Bethar, qui joua un grand rôle dans la révolte de Bar- Cokhba contre les Romains, et qu'ils ne purent prendre qu'après un siège de 3^2 «^ns (en 136) ; cependant nous trouvons incroyable le fait raconté par le Talmud, savoir que le sang des Juifs tués coula jusqu'à la mer. Le Bittîr actuel est habité par des musulmans ; il est situé sur une terrasse au milieu de la verdure entre le Ouâdi Bittîr et une plus petite vallée ; il a beaucoup d'eau de source excellente. Partant de la source qui est vers l'O., on se dirige du côté N.O., pour gravir en ^4 d'h. une seconde terrasse par un sentier très rude et très pierreux ; des vestiges d'un mur d'enceinte montrent qu'on a ici les restes d'un ancien château; mais ces ruines peu considérables sont couvertes de broussailles. Cet endroit s'appelle Khirbet el-Yehoûd, ruine des Juifs. Sur le côté £., quelques chambres taillées dans le roc et d'anciennes citernes ; des
niches remarquables dans le rocher.
Pe Bittîr à Bethléhem (1 h. */a). De Bittîr un chemin mène directement à Beit Diftla et à Bethlëhem, en remontant le Onâdi Bittir. En 30 min., on arrive à KaVtU Sabâh «^JS^/*««y, où u»e grotte, probablement
340 Route 12. 'AIN EL-HANÎYÊ. *-
demeure d'un ermite, est taillée dans un bloc de rocher. Au bout de 20 min., on commence à monter du fond du Ouâdi Bittîr^ 8 min. après, la flonrce ^Aîn Handech. 15 min. après on voit à dr. un chemin conduisant à el-Khidr (p. '295); Ton a 6 min. jusqu'à Beit Djâla (p. 268) et 25 min. de là à ëetbléhem.
De Bittir X J^RUsALBM. On monte de Bittîr et laissant le Onâdi Bittîr à dr., on arrive dans le Ouâdi el-Ouerd, la vallée des roses. Au bout de 20 min. , à g. , le village d' el-OuéUdjé avec ses magnifiques vignobles et ses jardins potagers (d'ici à 'Aïn Cârim en 1 h., V. p. 294); 15 min. après, la source abondante de ^Ain el-Hantyé qui jaillit d'une muraille ressemblant à une abside; des deux côt^s, des colonnes corinthiennes. Derrière, une petite fenêtre cintrée et maintenant mur^e. Le bâtiment est en mines, mais on voit tout autour des restes de colonnes et de pierres taillées. La tradition, qui voit dans 'Aïn el-Hanîy^ la source près de laquelle Philippe baptisa l'eunuque éthiopien, ne date que de l'année 1483; jusqu'alors, on avait plac<^ dans le voisinalge d'Héron (p. 295) le lieu où ce fait s'était pass<^. Le chemin monte à dr. le Ht de la vallée; 10 min. après, à dr. , une caverne avec une croix ciselée; 5 min. après, on traverse le lit du ruisseau ; plus de vestiges de terrasses. 10 min. après, le Ouâdi Ahmed (p. 267) suit à dr. une direction ascendante. On arrive en 5 min. au village de ^Am Yâlo^ un ancien Ayalon (mais non le plus c^èbre, p. 149) ; près de la source, quelques restes de colonnes de marbre ; au N. de 'Aïn Yâlo , de singulières collines artificielles (roudjoûm). Entre les oliviers se montrent dans la vallée des traces d'une ancienne route ; 10 min. après^ on volt à dr., entre les rochers, le petit village de ech-Cherâfât (p. 256) et bientôt après, à g., le village , plus grand , de Mâliha ; les habitants de ces deux villages doivent aller chercher leur eau à 'Aïn Yâlo. Au bout de 15 min., à dr., le village de es-Safâfâ et le couvent de Mât Elyâs (p. 256). En regardant en arrière, on voit une grande partie de la vallée des roses (v. ci-dessus). On atteint en 30 min. le Couvent de la Croix (^Deir el-Mousailabé, p. 292), puis on arrive à deux moulins à vent à g. On aperçoit bientôt le quartier russe ainsi que la ville de Jérusalem, et l'on est en 20 min. à la porte de Jaffa (p. 249).