‹ Palestine et SyrieChapitre 85 sur 119 · De Jérusalem à ^Anâta, Mikhmàs, Deir Diouftn · texte numérisé non relu

De Jérusalem à ^Anâta, Mikhmàs, Deir Diouftn

et Beitin.

5 h. A partir de la porte de Damas, on suit à droite la muraille de la ville ; à l'angle N.E., un chemin descend en 12 min. à g. dans la vallée. En se dirigeant vers la hauteur (p. 235) on volt, k g. du chemin, des carrières avec des entrées, comme celles des grottes funéraires. On atteint en 8 min. le sommet de la crête; on laisse à dr. un chemin qui mène au village àUl-Isaouiyé que Von a présumé avoir été l'ancien Nob (Es. xx, 32). On descend

DJEB'A. Route 13. 341

ensuite dans de bassin verdoyant du Ottâdi Soulêm^ pour remonter, au delà, au village de 'Anàta (28 min.).

HUtoire. 'Anâta est Tancien Anatôt^ ville sacerdotale de la tribu de Benjamin. La tradition place Anatôt, il est vrai, à Abou Ghâch (p. 147), mais c''est bien à 'Anftta qa'il faut chercher le vrai lien de naissance du prophète Jérémie (Jér. i, 1), qui n'y trouva que de Tincrédulité (xi, 21 et suiv.). La contrée que nous avons sous les yeux est celle dont parle Isaïe X, 28 dans sa description de l'approche des Assyriens sous Sanhërib. Le village fut repeuplé après Texil (Ësdr. ii« 23).'

^Anàta paraît avoir été anciennement fortitié ; des fragments de colonnes sont encastrés dans les huttes du village actuel (20 familles), on y a aussi découvert beaucoup de colonnes et un beau pavé en mosaïque (d'une église?). Du sommet de la large crête, sur laquelle est situé le village, la vue s'étend vers TE. sur les montagnes de Tancien Benjamin, lesquelles s'abaissent vers la vallée du Jourdain, et même sur une partie de la mer Morte. Vers rO. et le N., des villages, tels que Touleil el-Foûl (p. 344) etc. surmontent les collines.

On descend vers le N. par un chemin fort raide dans le Ouâdi Selâm (10 min.), on croise la vallée et Von monte directement à el-Hizmé (20 min.). Ici encore la vue est étendue ; àTO. du village beaucoup de citernes et de grottes. On redescend en 10 min. (N.) dans le Ouâdi Fâra , qui a une belle verdure et de magnifiques sources. (Le Phrat de Jérém. xiii, Ô se rapporte à rniuphrate plutôt qu' à cette vallée.) On gravit en 25 min. la colline suivante , et Ton arrive au village de Djeb'a, que nous avons trouvé abandonné. La vue est également étendue, surtout vers le N., où se trouvent Bourca, Dèr Dîouàu, Taïyibé; au N.Ë. Rammoûn. Le sanctuaire de Djeb'a s'appelle Nébi Ya'koûb (prophète Jacob).

. HMoire. Djeb'^a est Tantique Oeb^a , ville lévitique dans la tribu de Benjamin, dans le voisinagei de Gibe'a de Benjamin (I Rois xiii, 2), avec lequel il ne faut pas le confondre. Robinson a démontré que ce dernier endroit est le même que Touleil el-Foûl (p. 344). Mais I Sam. xv, 34 mentionne aussi un Gibe^a de Saiil, comme lieu de naissance ou

Klohim (coteau de Dieu, I Rois x, 10) où demeuraient des prophètes, ainsi que des parents de sa famille. Il semble donc que le Gibe'a-Elohim doive être identlAé avec le Gibe'a de Saiil. La colonne commémorative ou triomphale des Philistins, comme il faut traduire I Rois x, ô, se trouvait à Gibe'a-Elohim, ce qui est dit également de Geb'a (I Rois XIII, 3); on peut se représenter que Jonathan se soit rendu là, de Gibe'a Benjamin, pour détruire cette colonne. DjeVa dominant le déûlé de Mikhmâs , la position des lieux fait bien comprendre Texploit de Jonathan (I Rois xiv)^ mais le verset 16 nous ramène tout d'un coup à Gibe'a de Benjamin, oii Ton ne peut supposer que les Philistins se soient réfugiés, s'ils avaient un autre moyen a''échapper. Il semble presque que Ton ait confondu déjà de bonne heure Géb'a et Gibe'a. Appuyés sur des passages, tels que £s. x, 29, nous pouvons admettre qu'il faut distinguer Geb'a du Gibe'a de Saiil et de Benjamin. «Géb'a jusqu'à Béerséba* (IV Ruis xxiii, 8) indique l'étendue des frontières du royaume de Juda.

De DjeVa, on descend à g. dans le Ouâdi 8ououeinU{^fi m\r\.\

où vient aboutir aussi une vallée venant du N. Les parois du Ouàdi

342 Route 13. DEIR PÎOUÂN. De Jérusalem

Souoaeinît sont réellement escarpées et telles que les décrit I Rois XIV, 13 ; c'est ici qu'était l'ancien défilé de Mikhmâs. Le village de Mikhmâs est à 15 min. N.£. sur une hauteur; il est presque abandonné aujourd'hui, et ne renferme d'autres curiosités qu'une grotte

à voûte ronde avec des columbaria comme à Beit Djibrîn (p. 328).

Quiconque voudra retourner dlci à Jérusalem , peut remonter vers le S.O., sur le plateau de Djeb'a, d'oeil Ton a une vue magnifique sur la vallée du Jourdain et sur Textremité K. de la mer Morte.

On peut aussi retourner par le Ouâdi Fera. De Mikhm&s jusqu''en haut, 25 min. La contrée est déserte. 90 min. après, au S.E., la ruine de Khéat el'Hai (l'ancien 'Aï?), avec des grottes funéraires. A g. un vaste amphithéâtre de montagnes. On voit bientôt le fond du Ouâdi Fâra^ vers lequel on commence à descendre 20 min. après. 11 faut 25 min. pour arriver à un point de la vallée, où se trouve, an-dessus d'un beau ruisseau, une grotte de même que des ruines d'ermitages, d'*aqueducs, de ponts et d'édifices de luxe. La végétation, en été, y est encore fraîche et magnifique. Le chemin remonte la vallée au milieu des buissons et sur des pierres plates ; le ruisseau coule en quelques endroits au-dessous du sol. 2() min. après, on quitte la vallée pour monter à g. vers le S.; arrivé, en 30min., sur la hauteur, Ton a une vue magnifique sur les montagnes qui s'^abaissent vers la mer Morte, sur le mont des Oliviers etc. 35 min. après, on laisse à dr. la ruine de HlmK, et Ton passe une petite vallée pour arriver en 20 min. au côté E. du village de 'Anâta (p. 341).

De Mikhmâs on gravit au N. la plaine élevée le long du versant E. d'une vallée étroite mais profonde, qui court dans le Ouâdi Sououeinît. Au point d'où l'on aperçoit la vallée, se trouvent à la paroi 0. quelques tombeaux creusés dans le roc; au-dessus, les ruines de Makroûn (= Migron, Es. x, 28). On se rapproche peu à peu du fond de la vallée. 35 min. après, à l'O.N.O. , le village de Bourca ; plus loin au N. celui de Coudera, Au bout de 15 min. la vallée s'aplanit; on aperçoit des tombeaux et des carrières; 15 min. plus loin, on atteint le grand village de D^irDlouàn, qui bien qu' enfermé par des montagnes, occupe une position élevée ; au N. le profond Ouâdi MatyCi descend vers le Jourdain. Des oliviers et des figuiers couvrent les pentes autour du village.

Il part aussi de Jéricho (p. 277) un chemin qui monte à Deir Dîouân ^■ l'escorte, il est vrai, n'aime pas à le prendre. Tourner la pente sud du Karantel et monter sur la hauteur; on atteint en 2 h. ^{^ Btr el-^hazné dans lé Ouâdi Hârit^ et d'ici en 1 h. le village ruiné d' Abou Seb^Oy puis en 30 min. Deir Ùîouân.

O^est dans le voisinage de Deir Dîouân qu'il faut chercher la ville de 'Ai. Van de Velde la trouve à Tell el-Hadjar («colline de pierre») , ruine d'ailleurs insignifiante à 20 min. N.O. de Deir Dîouân. Robinson et Guérin supposent, que cette ville était située au S. de Deir Dîouân, dans les jardins actuels de ce village, près de Coudera. Sur une vaste plate-forme, qui est entre deux vallons (E et 0.), il y a quatre réservoirs taillés dans le roc; le plus grand (N.) a 3om. de long, 9m. 7 de large; ils sont en partie fort bien maçonnés, et l'on y descend par des degrés. Dans le voisinage, sont des grottes en partie ouvertes, avec des tombeaux à banquettes dans l'intérieur (p. 123). Les murs des jardins sont construits en partie avec d'anciens matériaux; dans les jardins mêmes, un grand nombre d'anciennes citernes; partout des cubes de mosaïques.

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à Beitln, BEITIN. RouU ta. 343

Histoire. 'Aï était saivant Oen. zii, 8, à TE. de Béthel; Abraham dressa ses tentes entre ces deux endroits. 'Aï fut plus tard une ville royale des Cananéens. Josué (ch. vu et suiv.) envoya de Jéricho 3(XX) hommes pour la prendre; mais ils furent battus. Josué s'en empara en dressant une embuscade à ses défenseurs; il fit pendre le roi et détruire la ville^ dont le nom se retrouve néanmoins plus tard; £saïe x« 28 rappelle 'Aïja-, après Texil^ elle fut de nouveau habitée par des Benjaminites.

De Deir Dîouân, on atteint en 20 min. par un chemin creux le

sommet de Tell el-Hadjar; puis on continue sur une l>eUe plaine

élevée. On voit d'ici, au N.Ë., la colline de Rimmon^ aujourd'hui

Rammoûn, où les restes de la tribu de Benjamin se réfugièrent

après la défaite de OiWa (Jug. xx, 4ô et suiv.). Bientôt après, an

bord du chemin , les ruines de Bourdj Beitîn ; on aperçoit au delà

d'une fertile vallée le village de Beitln, qu'on atteint en 20 min.

Hittoirt. Beitîn est vraisemblablement identique avec l'ancien Bithel, qui s'appelait primitivement Loûx et était la résidence d'un roi cananéen (Jos. zii, 16; Jug. I, 23, 26). A l'époque des Israélites, Loûz reçut le nom de Béthel (maison de Dieu): la sainteté de ce lieu fut reportée'an temps des patriarches (Gen. xiii, 3). Josué adjugea cette ville à la tribu de Benjamin comme frontière du côté d'Ephraïm (Jos. xviii, 13. 22); mais les Èphraïmltes la prirent, et la possédèrent (Jug. i. 22 et suiv.). Il y eut au temps des Juges à Béthel un autel «bahma» de Jéhovah; l'arche d'alliance y demeura quelque temps (Jug. xx, 26 et suiv.). fikimuel y Tendait de temps en temps la justice (I Bois vu. 16), Béthel échut au royaume du nord et fut le centre de l'idolâtrie introduite par Jéroboam et des fêtes qui s'y rattachaient (III Bois xii, 32); Abia le rattacha mo> mentanément à Juda (II Chron. xiii, 19); Josias, roi de Juda, détruisit le culte des idoles en dehors de son royaume (II Chron. zxxiv, 6) même dans la tribu d'Ephraïm. Après l'exil, Béthel fut habité de nouveau par des Benjaminites et fortifié au temps des Maccabées par le Syrien Bacchides. Vespasien s'en rendit maître.

I^eitîn est situé sur une colline et n'a que de misérables cabanes

avec 400 habitants. On remarque d'anciens matériaux parmi les

pierres dont les maisons sont bâties. Au N.O.» sur le point le plus

élevé du village, les ruines d'une tour, dont les murs de fondation

sont anciens; un peu plus bas, les restes d'une église et, dans la

vallée 0., un beau réservoir^ au milieu duquel la source est encaissée

dans un bassin circulaire ; l'étang a 96m. de long(du N.O. au S.Ë.)

et 66m. de large ; les murs sont massifs. Jolie vue à l'Ë. sur une

vallée verdoyante. — De Beitîn h Nâboulous v. p. 345.

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