De Jérusalem à Hftbouloas (NaphuseJ
11 h. i/s. Si l'on n'a pas de tentes, passer la nuit de préférence à Biré (3 h. '/2 d'une marche lente) où il y a une espèce de îocanda^ ou chez le curé à Djifna.
On sort par la porte de Damas ; au delà des tombeaux nommés tombeaux des rois (7 min.), on descend dans la vallée supérieure du Cédron. De la eoUine du Scopus (^20 min.) , on a la vue sur Jérusalem décrite p. 235. La grande voie des caravanes continue sur la plaine élevée dans la direction duN. Au bout de 20min. à g. (5 min.) le village de Cha'fât. A en juger par les anciens matériaux, dont il est bâti , c'est une localité antique ; on voulait
344 Boute U. EL-BÎRÉ. Ve Jérusalem
Tidentilier avec Mizpah, mais ce dernier endroit semble plutôt se trouver près de Ne'bi Samouîl (^p. 151 J. Cha'fât a aussi des restes d'une église et un petit réservoir taillé dans le roc. A dr. la colline de Touleil el-Foûl, à environ 7 min. de la route. Les ruines d'en haut sont insignifiantes, mais la vue est très étendue. Robinson identitie cette localité avec Tancien Gibe'a de Benjamin, où fut commis le forfait, qui causa la ruine de la tribu de Benjamin (Jug. XIX etxxj. Nous avons vu, p. 341, que Gibe'a de Benjamin pourrait être identifié avec Gibe'a de iSaul ;. dès lors ce serait ici qu'aurait eu lieu le massacre, autorisé par David, des descendants de Saûl {i\ Rois xxi). Vers 10. {lu g.), on voit les villages de BeU Icsa (^p. 14^3, Beii Hanina (^p. lôu), Bîr ISebâla (^p. 150J. A 25 min. des fondements de murs antiques. On arrive en 82 min. au khan délabré iVel-Kharâib , au pied O. de la colline, sur laquelle est situé le village d' er-Râm ; on peut la gravir en 12 ou 15 min. Kr-Kâm est Tancieu Rama de Benjamin. Suivant 111 Rois XV, 17, c'était une forteresse frontière entre le royaume du Nord et celui du Sud ; il fut habité de nouveau après l'exil. 11 ne s'y trouve aujourd'hui qu'une quinzaine de familles. Vue très étendue : au IS.E., Beit Uanîna; au S., Touleil el-Foûl, 'Anàta; au N.E., Bourca, Deir Dîouàn, Taïyîbé, Rammoûn. D' er-Râm ou peut suivre la crête de la colline vers l'E. et atteindre en 35 min. le village de DjeVa (p. 341).
Eli continuant de Khan el-Kharàib on voit à g. (0.) le village de Katandiyaj puis Khirbet el-Aiâra {JJO min.), village en ruines, 1 ancien Ataroth Addar avec deux anciens réservoirs (Jos. xvi, 5 j. Tandis que la route de Nàboulous fléchit un peu à dr. dans une vallée latérale et entoure la colline qui est d'une hauteur et d'une largeur assez grande, un chemin mène tout droit, 45 min. au village de liâmallah qu'habitent beaucoup de chrétiens ,* établissements grecs, couvent latin, petite école protestante. Au bout de 20 min. on atteint la crête de la ligne de partage des eaux, on tourne le Ouâdi es-Sououeinît qui commence ici (p. 341) et qui court vers le Jourdain ; on est en 20 min. à el-Biré (^la modeste locanda est près de la source à l'entrée du village).
Histoire. Ël-Bîré signifie citerne et 'doit son nom à sa grande abondance d'eau ^ c'est p^ut-être l'antique Béerothj nom qui a la même signiiication. A l'arrivée des Israélites (Jos. ix, 17) cette ville était alliée à Gabaon. D'après II Rois iv, 2, et suiv., les premiers habitants de Béeroth avaient émigré. Elle appartenait à Benjamin.
Le village a environ 800 âmes, et la contrée est peu fertile. La plus belle source est au S.O. au-dessous du village ; dans le voi- . ginage , des restes d'antiques réservoirs. Non loin de là, les ruines d'un khan, qui est bâti, en partie, avec d'anciens matériaux. Au point le plus élevé du village , les ruines d'une église chrétienne. La tradition d'après laquelle Marie et Joseph se seraient aperçus ici de l'absence de leur fils Jésus (Luc ii, 43), date-t-elle déjà du moyen âge? on peut en douter, puisque les récits des pèlerins u^en
à Nâboulous. DJIFNA. Koute là. 345
font mention qu'au xvi« siècle. L' église (à côt^ d'un hospice) a été bâtie au temps des croisades et fut acheve'e en 1146; elle est du même style que Tégllse Ste-Anne à Jérusalem (^p. 219J \ il ne reste plus maintenant que les trois absides et la muraille du nord. Près ces ruines se trouve aujourd'hui un ouéll musulman ; le linteau de la porte provient peut-être de l'e'diâce des croisés.
Le chemin se bifurque à 10 min. N. de Bîré. La route de g. (^l'ancienne route romaine) conduit à Djifna, vers le N. ; celle de dr. mène à Beitîn et à 'Aïn Yebroûd [y. ci-dessous). — 25 min. après , on longe le côté du petit étang ùitL-Haloû'a qui est souvent à sec. lô min. après, on voit à dr. la ruine de Ktff Mourr et devant soi la vallée de Djifna. (^Celui qui ne veut pas visiter celle-ci , restera sur la grande route , qui mène de Bîré en 1 h. 45 min. à 'Aïn lebroûd et de là en 1 h. à 'Aïn el-Uaramtyé.) 15 min. après, à dr. , la ruine à'Amoutîyé ; "puis on descend par une vallée latérale dans le Ouâdi de Djifna, qui se dirige d'abord au N.Ë., et tourne ensuite au N.O. près de Djifna (^30 min.), où
il a l'étendue d'une petite plaine.
Histoire. Djifna est Tancienne Gophna^ ville d'une certaine importance, devenue le chei'-lieu d'une des dix toparchies (divisions que les Humains avaient adoptées pour la Judée). Vespasien s'en empara, et pendant la guerre un certain nombre de Juifs passèrent aux Romains à Qopbna.
Le village actuel, situé dans une riante oasis, est habité par des chrétiens , dont quelques catholiques. Sur le versant N. de la vallée, se trouve un beau couvent latin de constru(ition récente, et à côté, les fondements d'une ancienne église. Au S. du village, les Grecs ont bâti, au milieu des ruines, une église où se trouvent des antiquités découvertes dans l'endroit. Dans le mur, un beau sarcophage antique. Au sommet de la colline, au S., les ruines d un vieux château. — L'n chemin conduit du N.O. de Djifna k Tibné, l'ancien Thimnaih Sérukh, où Ton montre depuis le Y*' siècle entre autres grottes sépulcrales, le tombeau de Josué (^Josué xix, 50 ; XXIV, 30).
De Djifna on suit la belle vallée dans la direction du N.K. ; 30 min. jusqu'à 'Aïn Sîniya, village peu populeux, mais situé dans une C/ontrée fertile (^vraisemblablement l'ancien Jechana^ 11 Chron. XIII, 19); 0 min. après, on passe sur le côté droit de la vallée. A 12 min. de là on commence à monter par un chemin rapide, on voit à dr. Yebroûd, à g. 'A|àra; en 16 min. on est sur la hauteur. Bientôt après, on descend à travers des plantations d'oliviers (^premier chemin à g.); 20 min. après, on traverse le lit d'un ruisseau et Ton arrive dans le Ouâdi el-Haramîyé ; on atteint en
5 min. 'Aîn el-Haramiyé (^source des brigands).
■ D'KL-Biaà i 'AïN el-Haramixé par Bkitîm et ^Aïm YesboCjo (guide nécessaire). Après 10 min., laisser à g. le chemin de Djifna (v. ci-dessus)^ à ô min. de là un autre chemin à g. ; 16 min. après, une grotte qui servait autrefois de réservoir et dont le plafond est appuyé sur deux colonnes; 9 min. après, à dr. la source 'Am el-'Akaoéf on est à Beitîn en Ô min. (p. 'àX'à). De Beitîn le chemin mène au il. sur la crête de la colline ; les rochers alfectent des formes singulières. On aperçoit à g. Bir Zeit, à
^A&RouteU. SEILOÛN. De Jérusalem
dx*. le village de Taïyibé. On * arrive, en 42 min. au village de iAin Tébroûd sur la colline à g. Les vignes, les figuiers et les oliviers nous rappellent que nous sommed sur le territoire fertile de la tribu d''Epbraïm. Plus loin , on voit Djîfna et 'Ain Siniya (v. ei^dessus) à g. ; 35 min. apràs, le village de Yebroûd à g. Le chemin qui descend la vallée entre des plantations de figuiers eât très mauvais. Passant pr^s d''une hauteur, sur laquelle est la ruine de Ka»r Berdaouil «Château de Baudouin», on atteint en 32 min. un carrefour dé vallées; on prend le chemin direct au "S. , et Ton entre , après avoir passé des ruines très apparentes et de beaux oliviers, dans le Ouâdi el-Haramipé; 15 min. après, la source.
Le peu de largeur de la vallée et la solitude de cette contrée font penser que cet endroit a bien m^rit^ son nom de «source des brigands». L'eau tombe par gouttes au pied d'une paroi de rocher. A côt^, des grottes et les ruines d'un khân. En remontant au N. cette valMe bien cultivée, on voit, au bout de 15 min., à g., la ruine et-Tell'^ 30 min. après s'ouvre à dr. une large plaine bien cultivée avec le village de Tourmous^Aya (v. plus bas); à g. sur la hauteur, le village de Sindjilj appelé par les croisés Casale Saint Giles, d'après le nom du comte Raymond de S. G. En suivant le côté É. de la vallée (à dr. le Ouéli Abou 'Aouf, à g. au delà de la vallée, la ruine d' el-BourdJ^, on atteint en 30 min. le haut du col (vue sur l'Hermon) et l'on a devant soi le bassin verdoyant d' el-Loubban; descente raide et 15 min. après, le vaste khân, maintenant en ruines, d' el-Loubhan près duquel jaillit une belle
source.
De la plaine sus-mentionnée on peut visiter Seiloûn en faisant un petit détour. L^excursion est à recommander quand ce ne serait que pour la vue. Le chemin mène au K.E. par la plaine; à 15 min. de là, on laisse à dr., le village de Toui^maus ^Aya (dans le Talmud Thormasia)^ entouré d'arbres fruitiers. Plaine bien cultivée. On monte ensuite un vallon au N.N.E. et Ton passe la ligne inférieure du partage des eaux, pour arriver en Va h. aux ruines de Seiloûn.
Histoire. Nul doute que nous n'ayons ici le Silo de la Bible. Cest à Silo que se fit le partage du pays conquis (Jos. xviii) et que fut placée Tarche de Talliance. Elle y resta pendant la période des Juges; on y célébrait dès lors chaque année une fête à TEtemel, dans laquelle les filles de Silo exécutaient une danse (Jug. xxi, 19 et suiv.). C'est là que vivait le grand prêtre Eli et, sous sa surveillance, le jeune Samuel (I Bois III et IV.) Après que les Philistins se furent emparés de l'arche, que Ton avait conduite à l'armée (I Bois iv)) elle ne fut pas ramenée à Silo et ce lieu semble, depuis ce temps, avoir perdu toute son importance (Jér. VII, 12, 14; XXVI, 6). Silo était en ruines au temps de St Jérôme; au moyen âge, on le cherchait près de Nébi Samouil. Silo recevait son eau d'une source située à 15 min. au K.N.E. Anciennes grottes sépulcrales sur les flancs de la vallée. Les ruines du village sur la colline, offrent les traces d'anciennes constructions; à 5 min. au S. du village sur le versant méridional, sont les ruines d'un édifice auquel s'appuie la mosquée ^el-ArhaHn (les 40 compagnons du prophète). Le linteau du portail (N.) porte des sculptures antiques. L'édifice principal avait environ 10 m. de longueur sur 10 de largeur; quatre colonnes avec chapiteaux corinthiens supportaient la toiture. En le restaurant, on y a ajouté des voûtes ainsi que des contre-forts sur les côtés. Au N., est une grande cour avec un mur d'enceinte, et des arbres décrépits. Au pied S. de la colline, se trouve, sous les rameaux d'un chêne, la mosquée DJâmi' ed-daim dont l'intérieur est voûté. On voit au S. la plaine de Tourmous 'Aya, à l'O. le Ouâdi Khamân.
De Seiloûn on descend la vallée dans la direction O.N.O.; elle fait
à Nâboulous. PUITS DE JACOB. Route 14. 347
plasieurs contours et devient plane et fertile, A 50 min. de là, on voit le kh&n el-Loubban (v. ci-dessus)^ 5 min. après, on le laisse au 8.0. La plaine continue encore dans la direction du N. ; on se trouve en 10 min. vis-à-vis du village de Loubban qui, situé sur la pente K.O., est considérablement élevé au-dessus de la plaine.
A ô min. de là on voit à g. le village de Loubban, l'ancien Libna (Jug. XXI, 19); il est habite et & quelques grottes sépulcrales. A l'angle N.Ë. de la plaine, qne l'on parcourt dans sa longueur, on tourne à dr. dans une large vallée plane, qui monte peu à peu et aboutit à une crête sauvage. Y2 1^« stprès , laisser à g. le village d' es-Sâouiyé. A 20 min. de là, le Khan es^Sâoulyé, en ruine, sur la ligne de partage des eaux. On peut se reposer ici (S min.) près d'un chêne.
Du Khan es-Sâouiy^, descente rapide par le N.O. dans le Ouâdi Yetma, dont on atteint le fond en 15 min. en suivant le côté S. de la vallée ; à dr. de la route, le village de Kabelân , sur le flanc N., Yetma. Le chemin remonte sur le versant N. da la vallée; sur la crête (35 min.), l'on aperçoit la grande plaine de Makhna, entourée des montagnes de Samarie ; on a devant soi l'Ëbal et le Oarizim , plus loin au N. le Djebel ech-Cheikh, le grand Hermon (p. 477). Descente de 20 min. par un très mauvais chemin jusqu'à la pointe S. de la vallée. ^2 ^* ftP'^S; on traverse un lit desséché; plus bas, à g., le village de Koûsa, à dr. celui de Beita. 10 min. après, à g., le grand village de Haouâra qui est au pied de la chaîne du Oarizim ; c'est ici que la plaine fertile de Makhna est le plus large. (La meilleure manière de voir la contrée, c'eat de prendre le chemin le plus à l'Ë. et qui est aussi plus au milieu de la plaine.) 10 min. après, on passe près des ruines de Tancien yillage de Makhna et l'on voit à dr. sur la pente de la montagne le village de 'AudaUah\ 15 min. après celui d' Aouerta, où Ton montre les tombeaux des célèbres talmudistes Ëliézer et Abichou'a, fils de Pinehas ; sur la pente du Oarizim le Ouéli Abou Isma'în (Ismael). 30 min. après on voit à g. Kefr Kalltn , à dr. le village de Roûdjib au delà de la plaine ; au haut du Oarizim , sur l'arête, un ouéli musulman.
Le chemin contourne l'angle N.Ë. du Oarizim (v. ci-dessous); à 35 min. de là, à dr. du chemin , immédiatement à l'embouchure de la vallée, le pniti de Jaoob; à côté, sous des collines de décombres, les ruines d'une ancienne église. Le puits de Jacob appartient aux Orecs; il est entouré d'un mur.
Juifs, chrétiens et musulmans admettent d'un commun accord, que nous' avons i^i le puits de Jacob ^ la tradition, qui s'y rapporte, remonte jusqu'au ive siècle. On ne peut déterminer avec certitude jusqu'à quel point cette tradition est fondée. La femme samaritaine qui, d'après Jean iv, ô, vint au puits de Jacob, n'était pas de Sichem, mais de Sikhar (Sykhar) que Ton pourrait identifier avec le 'Asker actuel (p. 356). D'un autre côté, cette citerne se trouve au bord de la grande route de Jérusalem en Oalilée,- ce qui s^accorde très bien avec la description de révangéliste. Le mont Oarizim était en vue. Pour parvenir à la citerne, il faut descendre sous la voûte qui se trouve à côté. Elle est très profonde ; on ne peut en tirer l'eau qu'au moyen d'une longue corde ; elle est
348 Route 14. NABOULOUS. De Jérusalem
souvent à sec en été. Sa profondeur était autrefois plus considérable qu'aujourd'hui (23in.)) elle a 2in. 30 de diamètre et l'intérieur en est partout muré. Les débris d'une église construite au iv« s. et qui existait encore au viiie, puis les pierres qui y ont été jetées ou qui y sont tombées, auront élevé le fond de la citerne. Si, comme cela est probable, c'est l'endroit oii Jésus s'est entretenu avec la Samaritaine, la tradition affirmait déjà quMci se trouvait le puits de Jacob avec le champ qu'il avait acheté et où Joseph fut plus tard en.seveli (Exode xxiy, 32). On montre encore aujourd'hui près du puits son tombeau qui toutefois est complètement moderne et qui, d'après une inscription anglaise, a été restauré en 1868 par le consul anglais Rogers. Les Juifs brûlent des offrandes dans les cavités des deux colonnettes du tombeau.
Du puits de Jacob on tire à TO. pour aller dans la vallée de Nâboulous ; à g. s'élève le mont Garizim , à dr. l'Ebal qui , de la base à la cime est couvert de terrasses bordées de cactus. Le sol de la vallée est bien cultivé. 7 min. après, à dr. , le village de Balâta ; cest ici qu'une ancienne tradition chrétienne et la chronique samaritaine placèrent le chêne (balloût) de Sichem (Jos. xxiv, 26 ; Jug. IX, 6). A 4 min. de là, sur le flanc de l'Ebal, des tambeaux dans le rocher; puis on arrive à la source AeDefnê, près de laquelle se trouve une belle et grande caserne turque de date récente, avec un petit arsenal. Une colonne trouvée en bâtissant, gît sur le sol. Bientôt après commencent les bois d'oliviers. A g., la chapelle des Ridjâl el-Amoûd (^hommes de la colonne) où ont été enterrés , dit on , 40 prophètes Israélites , et où se trouvait peut-être le pilier d'Abimélekh (^Jug. ix, 6). (D'ici un ancien chemin conduit sûr le haut du Garizim.) 12 min. après on est à la porte de la ville de Nàbonloiui» qui, autrefois, s'étendait plus à TE., peut être jusqu'à
'Aïn Defné,
Le meilleur emplacement pour camper (on le nomme Sououeitéra) est du côté O. de la ville. Ceux qui voyagent seuls et sans tentes, trouveront un accueil amical chez le missionnaire /'«i^.'îfAeé'r(Wurtembergeois). Un Samaritain, Jacob Tchélébi, cherche à tirer de 1 argent des voyageurs, sous prétexte de venir en aide à sa communauté^ il ne faut rien lui donner. Nâboulous est une station turque des télégraphes dont le bureau se trouve dans la ville.
Histoire, a) La Samarie et les Samaritaioa. La Samarie tire son nom de Samaria, l'ancien Chomron (III Rois xvj y 24; p. 360). Dès le temps des Maccabées, le nom dç aSamarie» désigne la Palestine moyenne. Lorsqu'une partie de la population du royaume du Nord eut été emmenée en captivité par les Assyriens, il s'établit des colons étrangers dans le pays (IV Rois, xvii, 24); cette immigration lit que le peuple de la Samarie fut dès lors mélangé. Aussi après le retour de l'exil , pendant lequel le vrai judaïsme s'*était maintenu dans sa rigidité , les Juifs se montrèrent-ils de plus en plus hostiles envers les Samaritains et refusèrent-ils leurs services, lorsque ceux-ci offrirent leur concours pour la reconstruction des murs et du temple de Jérusalem. Les Juifs ne permettant pas aux Samaritains de participer à leur culte, la scission devint toujours plus manifeste et la rancune finit par éclater au temps de Néhémie. Les Juifs expulsèrent les femmes nonisraélites, et les Samaritains, ne pouvant empêcher leurs adversaires de rebâtir leurs murailles, fondèrent pour eux-mêmes une ville sainte et un sanctuaire. Quelques-uns disent que ceci arriva déjà au temps de Kéhémie (Néhém. ii, 10, 19) sous la conduite d'un certain Sanballât. Garizim fut choisi pour lieu de culte, et Sichem, situé au pied de cette montagne, gagna en importance au détriment de Samarie. Les hostilités éclatèrent souvent entre les Juifs et les Samaritains. Jean Hyrcan, suivant le récit de Josèphe, détruisit en
lut îl^''hôp lai(> (Jean viii
ut Adèle s L
cipe
râle
ï6qu
Néapûlis e iont Itàltui
r«ui4 Jui
p»r une
ȕnfues
enTffvéJ'
heï le> Per»
mi
IH
lis iBS dcri
«Us'du
tsm
e» crolssa"
^bO Route 14. NÂBOULOUS. De Jérusalem
pluB mention. Au xii» siècle, Benjamin de Tudéla trouva encore à Nâboulous, environ 1000 partisans de la secte des Samaritains; il y en avait aussi quelques-uns à Ascalon, à Gésaree et à Damas. Depuis quelques siècles, il n''en reste plus qu'à Nâboulous, tandis qu'*auparavant ils avaient aussi de petites communautés au Caire , à Gaza et à Damas ; leur nombre diminue constamment et se trouve réduit aujourd'hui à 130 personnes, qui demeurent dans le Quartier S.O. — La partie de leur costume par laquelle ils se distinguent des autres croyants, est en particulier le turban de couleur pourpre. Leur physionomie reproduit un type juif plein de noblesse.
Les Samaritains sont, quant à leur foi, des monothéistes ipurs, ennemis de toute image et de toute expression, qui attribuerait a Dieu des qualités humaines. Ils croient à de bons et à de mauvais esprits , à la résurrection et au jugement dernier; ils attendent le Hessie 6000 an.s après la création du monde, mais ils ne le tiennent pas pour plus grand que Moïse. Des livres de TAncien Testament ils n'ont adopté que le Pentateuque avec un texte un peu différent du nôtre. Il est écrit en caractères hébraïques anciens (dits samaritains). Leur littérature se compose essentiellement de prières et d'hymnes. Leurs plus anciennes chroniques datent du xii^ siècle. Ils vont, 3 fois par an, en pèlerinage sur le mont Garizim : le jour de la fête des pains sans levain , de la fête des semaines et des tabernacles. Us célèbrent toutes les fêtes mosaïques, mais ils n'offrent de victimes qu'à celle de Pâques. Les doubles mariages leur sont permis en cas de stérilité. Le lévirat est modifié en ce sens, que ce n'est pas le frère, mais l'ami le plus intime du défunt qui est tenu d'épouser la veuve etc.
b. Le nom de Ràbonlons est une corruption de •NeapoU»*; la ville s'appelle proprement Flavia Neapolù , en mémoire de sa restauration par Titus Flavius Vespasianus. C'est un des rares exemples du fait qu'une localité a perdu son ancien nom sémitique pour une dénomination romaine. Nâboulous s'appelait aussi précédemment Mamortha^ on mieux AfaborthOj mot qui signifie «défilé, passage.» L'ancien nom était proprement Sichem (nuque, crête). L'auteur de Oten. xii, 6 ne parle avec raison que du «lieu de Sichem», parce que la ville n'existait pas encore à cette époque. Après que Jacob se fut rendu à Hébron par Sichem, ses fils séjournèrent encore en nomades dans cette contrée. Selon le Deut. xxvii, 12 il devait y avoir une grande solemnité à Sichem. Les Samaritains accusent les Juifs d'avoir falsifié le texte, car, suivant leur opinion, l'autel dont il y est question, n'a pas été élevé sur l'Ébal, mais sur le Oarizim. Sichem échut à la tribu d'Ephraïm après le partage du pays; ,elle devint une ville de lévites, une ville de refuge et le lieu de l'assemblée des tribus (Jos. xxiv, 1 et suiv.>. C'est ici que se passa au temps des Juges l'épisode d'Abimélec (Jug. ix), et que fut décidée, sous Roboam, dans une assemblée populaire (III Rois xii) la séparation des dix tribus. Jéroboam choisit Sichem pour sa résidence. Cette ville devint, après l'exil, le centre du culte samaritain. A l'époque chrétienne elle fut le siège d'un évêché. Les croisés, commandés par Tancrède, s'emparèrent de INâboulous peu après la prise de Jérusalem; Baudouin II y tint une grande diète en 1120. Kâboulons fut souvent conquis et soufifrit beaucoup pendant les croisades. Dans les temps postérieurs la Samarie et particulièrement les environs delïftboulous se signalèrent par leur insécurité. Les habitants, bien connus comme turbulents et querelleurs, ont conservé jusqu'à nos jours cette réputation avec celle d'une grande intolérance.
Le Nâboulous moderne (570 m. au-dessus de la mer) , s'étend le loug de la vallée entre TEbal, en arabe, Djebel ea-Souleimtyé ou ech^ehemâli (montagne du N.) et le Garizim, en arabe, Djebel et' Tôr ou el'kibli (montagne du S.). La contrée est admi* rablement verte et fertile; Teau y est abondante (80 sources?) et coule sous toutes les rues. La ville a environ 13,000 habitants, dont 130 Sam^ritîdiis, quelques Juifs, et 600 chrétiens, grecs-ortho-
àNâboulous. NÂBOULOUS. Boute 14. 351
doxes pour la plupart, puis aussi quelques catholiques et protestants. Naboulous a toujours uu marché assez considérable, et fait un commerce actif, principalement de laine et de coton, avec le pays à VE. du Jourdain. Le sa^on y est préparé ayec de l'huile d'olives dans 22 fabriques. La ville ne renferme guère d'autres curiosités que le bazar; pour Tintérieui elle ressemble à Jérusalem. Dans le quartier E. est située la DjâmV el-Kehir (pi. 1), la grande mosquée, primitivement église des croisés dédiée à St Jean, et qui plus tard appartint probablement aux chevaliers de St-Jean. Le portail, bien conservé,, rappelle celui de Téglise du St-Sépulcre et se compose de trois arcs en retraite appuyée sur trois demicolonnettes. L'arceau extérieur est orné de sculptures de style roman. Dans la cour de la mosquée est un bassin entouré de colonnes antiques ; l'édifice même paraît bien conservé. L'église a été bâtie par les chanoines du St-Sépulcre sur un terrain que leur avait cédé le roi Amalric; elle fut achevée en 1167, à moins que ce souvenir historique ne se rapporte à la mosquée des Vautours {DjâmV en-NUry pi. 4), qui était de même autrefois une église franque.
Au S.O. de la ville, se trouve une vieille église, qui date aussi de l'époque des croisades (maintenant Djâmt cl-Khadra, pi. 2); c'est ici , dit on , que Jacob se trouvait, lorsqu'on lui annonça la nouvelle de la mort de Joàeph. Près de l'église, une espèce de campanile dans le style de la tour de Ramlé, sur le devant duquel est encastrée une plaque avec une inscription samaritaine ; les Samaritains prétendent qu'ils ont eu ici une synagogue. Il y a dans la tour un escalier tournant auquel on ne peut arriver du dehors qu' avec peine. Le tout est situé dans un angle, entouré de jardins. Tout près, à TO. , s'élève une grande colline de cendres, d'où l'on a une vue magnifique sur la ville, la plaine, et, vers l'Ë., sur les sombres montagnes situées au deU du Jourdain.
Le quartier des Samaritains est dans la partie S.O. de la ville; leur Synagogue {KenUet esSâmiré^ est un petit bâtiment, blanchi à la détrempe, dont le plancher est couvert de nattes, sur lesquelles il n'est cependant pas permis de poser le pied sans être déchaussé. On assistera avec intérêt à leur culte. Les prières se récitent en samaritain, quoique ces gens parlent l'arabe dans la vie ordinaire. Les hommes sont enveloppés de vêtements blancs et coiffés de turbans rouges. On tient beaucoup chez eux à la propreté. La dignité de grand-prêtre (le titulaire actuel s'appelle Ya*hoûb) est héréditaire dans une famille de la tribu de Lévi ; le grand-prêtre est le chef de la communauté et membre du conseil du district. La communauté lui paye la dîme. Lorsqu'au jour des expiations et pendant le culte , le codex en vieux samaritain est tiré de l'armoire placée derrière le rideau, tous les assistants s'avancent ponr le baiser. Oe codex est très ancien, mais l'on ne peut admettre comme les Samaritains le prétendent qu'il ait été écrit par le petit-fils et l'arrièr^
352 i?ou«c 2 i. GARIZIM. De Jérusalem
petit-flls d' Aaron ; il n'est assuT^ment pas antérieur à Tèie chrétienne. On trompe ordinairement les étrangers en leur en montrant un autre ; on conserve le véritable codex dans une châsse précieuse enveloppée d'un tissu vénitien de couleur verte. On remet au côhen 2 fr. si l'on est seul et 1 fr. par personne si l'on est plusieurs.
Pour bien voir Nâboulous, il faut s'élever sur la pente du Garizim ; les malsons blanches font un très bel effet au milieu d'une verdure luxuriante. Prendre à g. (vers l'E.) près de la rangée supérieure des jardins et monter sur une terrasse le long de la paroi des rochers. Il y a Ici dévastes grottes, probablement d'anciennes carrières. De la terrasse on arrive enfin sur une plate-forme, d'où s'avance un rocher triangulaire d'environ 3m. de diamètre. Aucun endroit ne convient mieux que celui-ci aux faits racontés dans le 9® chap. des Juges. En revanche, la concavité en forme d'amphithéâtre qui se trouve entre l'Ebal et le Garizim convient mieux à la scène rapportée par Josué, vm, 30 et sulv.
L'ascension du Gariiim (1 h. jusqu'au sommet) est plus facile \ partir de l'angle 0. de la ville (voy. le plan"), par le vallon qui monte dans la direction du S., et dans lequel (10 min. de la ville') jaillit une forte source (iîâ« cl-'Aïn). Après 25 min. d'une montée escarpée, on atteint le plateau, et en 15 min., en tournant à g., la place où les Samaritains dressent leurs tentes le grand jour de Pâque. D'ici au sommet, encore 10 min.
En 1869, le Dimanche des Rameanz de Téglifle Grecque, l'auteur a été témoin oculaire de cette fête intéressante. Déjà 7 jours auparavant, les Samaritains étaient tous arrivés sur la hauteur et avaient fixé leurs tentes dans cette combe. Chacun avait revêtu ses habits de fête. Nous commençons par prendre le café dans la tente du grand-prêtre, dont la femme était occupée à préparer «raliment amer»; c''était une herbe amère et bouillie, qu"'elle enveloppait dans une pâte azyme. Un peu avant le coucher du soleil, nous nous rendons sur la place où Ton offrait les sacrifices ; c'était dans la direction du sommet. Sur un feu bien entretenu de branchages, étaient suspendues de grandes chaudières remplies d'eau î quelques pas plus haut, brûlait dans une fosse profonde un antre feu entretenu avec le même soin. A droite du premier feu, dans un espace entouré de pierres basses, se tenaient 12 hommes (selon le nombre des tribus d'^Israël) en turbans et en manteaux blancs. Le regard dirige vers le sommet de la montagne, ils chantaient sur un ton uniforme des passages de l'Ecriture et des prières. Devant eux, sur un bloc de pierre, se tenait un jeune prêtre, tourné du côté du soleil couchant; derrière lui, mais en dehors de l'enceinte de pierres, les spectateurs. Les plus anciens membres de la communauté s approchèrent et se placèrent à côté du Côhen (grand prêtre) 'Amrân, prenant part en silence à la prière des douze; des hommes et de jeunes garçons vêtus de blanc se placèrent autour du feu, conduisant sept agneaux' blancs; derrière eux se pressaient les femmes et les enfants.
Lorsque le dernier rayon du soleil se fut éteint dans la mer, le prêtre chanta trois fois une bénédiction et prononça à voix retentissante le passage de TExode xii, 6: «Et toute l'assemblée d'Israël regorgera vers le soir.» Aussitôt les bouchers, qui avaient essayé auparavant le tranchant de leurs couteaux sur le bout de leurs langues, saisissent les ani" maux et leur coupent la gorge en un clin d'oeil tout en prononçant une formule de prière. Les douze s'approchent de la place du sacrifice, en continuant à lire à haute voix; a l'ouïe du passage où il est commandé de teindre avec du sang les jambages de la porte, les pères pion-
à Nâboulous. GARIZIM. Routé 14. 353
gèrent Tindex dans le sang chaud et en marquèrent leurs enfants du front au bout du nez. Le cbant continua sans interruption, jusqu'à ce que le plat de paille avec Taliment amer eut été placé devant le grandprêtre, qui présenta à chacun son morceau. Les hommes baisèrent respectueusement la main de leur prêtre et rendirent le même hommage aux anciens, puis ils s'embrassèrent et se baisèrent en se souhaitant une joyeuse fête. Quant aux bouchers, qui ne pouvaient pas interrompre leur travail, le prêtre leur mit le morceau dans la bouche ^ après les hommes et les garçons, les femmes mangèrent à leur tour ce qui était resté. Pour que la laine s'enlevât plus rapidement, on jeta de Tean bouillante sur les animaux. Dès qu'un agneau était dépouillé de sa laine, on lui passait une barre de bois à travers les pieds de derrière^ deux jeunes gens élevaient cette barre sur leurs épaules et la tenaient ainsi pendant que l'animal était éventré. Les animaux furent examinés avec soin, et on veillait de près à ce qu'aucun étranger ne souillât le sacrifice en s'approchant trop de la victime.
Un agneau ayant été déclaré défectueux par le grand prêtre, il fut jeté dans le feu et brûlé en même temps que la laine, les entrailles et les pieds de devant des autres animaux. Après que les agneaux eurent été frottés de sel, on les suspendit à de longues perches et ils furent portés vers la fosse avec accompagnement d'oraisons ; à un certain passage de la prière, on les mit tout d'une fois dans la fosse ^ l'ouverture en fut promptement fermée par une claie de branchages que l'on recouvrit de mottes de gazon.
Les douze hommes revinrent au Heu fixé pour la prière et lurent sans cesser jusqu'à minuit. A ce moment la fosse fut ouverte; on en retira les agneaux rôtis et on les porta sur la place dans des corbeilles neuves; les Samaritains mangèrent l'agneau de Pâque, accroupis sur le sol et tenant un bâton dans la main gauche* C'était une scène particulièrement saisissante que de voir ces hommes vêtus de blanc prendre en silence «le repas de l'alliance». ]^ous nous éloignâmes au moment od commença la prière du matin, qui se prolonge pendant 4 heures.
Le Garizim (885 m.) se compose presque en totalité de chaux nummulitiqne (formation tertiaire). Une grande plate-forme, qui s'étend du N. au S., en forme le sommet. A son extr^mit^ N., les ruines d'une forteresse, qui date probablement de Tepoque de Justinien (Ô3B), quoique les murs, de Im. ÔO à 3 m. d'épaisseur et construits en jpierres de taille à refends , semblent remonter à une époque antérieure. Le château, flanqué de tours, forme un grand carré ; au côté E. , des restes d'appartements, et sur la porte de l'un d'eux, une croix grecque. Près d'un lieu de sépulture au N.E., le ouéli musulman de Cheikh Qhânim ; au côté N. idu château, un 'grand réservoir. On ne voit plus de Véglise (bâtie en 474) que les fondations; elle était octogone, avec une abside au côté £. ; elle avait son entrée principale au N. et, de 5 côtés, de chapelles latérales. 'Au S. du château, des murs et des citernes; un chemin pavé va du N. au S. Quelques murs de fondation massifs, un p4« au S. et au-dessous du château seraient, dit on, les 12 pierres qud Josué aurait dressées dans cet endroit (Jos. viii, 30-32). Les Samaritains montrent au milieu de la plate-forme un rocher élevé, et prétendent qu'ici s'élevait l'autel de leur temple. — Sur toute la partie plane du mont, beaucoup de citernes et de petites platesformes pavées ressemblant à celles qu'on a établies comme lieux de prières sur l'aire du Harâm à Jérusalem. A en juger par les vestiges qui en restent-, toute la surface plate était couverte
354 Route 14, L*ÉBAL.
de maisons; vers TE., quelques terrasses pavées. A Tangle S.K., on montre la place où Abraham devait sacrifier Isaac ; dans le voisinage (N.O.), quelques degrés ronds assez remarquables. La vue du Garizim est magnifique: on a vers TE. la plaine d'el-Maklina, entourée de hauteurs à pentes douces, avec le village de 'Asker au N., et de Kefi Kallîn au S. ; plus loin à TE., Roûdjlb. La vallée au S. est le Ouâdi 'Aouarté. Dans le lointain à TE., les monts de Galaad, que domine le Nébi 'Ocha (p. 356). Au N. l'Ebal borne la vue ; cependant on aperçoit le Grand Hermon. Au N.O. le Carmel est visible par un temps clair. A l'O., les vallées et les montagnes s'abaissent jusque vers la ligne bleuâtre de la Méditerranée; Césarée même peut parfois être aperçue au S.O. Du château Ton descend au N. dans la vallée, en 2ô min., par un chemin rapide; il aboutit près de la chapelle mentionnée p. 348.
L'ascension de l'Ebali en arabe Djebel es-Souleimtyé (1 h.), est plus difficile et on la fait plus rarement que celle du Garizim ; mais la vue en est plus intéressante et le sommet plus élevé (924 m. audessus de la Méditerranée, 350 m. au-dessus de Nâboulous). Le chemin serpente autour de terrasses entourées de haies de cactus ; presque au haut de la montagne se trouve un ouéli musulman visité par les pèlerins et qui renferme, dit-on, le crâne de St Jean-Baptiste. La partie supérieure de la oréte est à l'O.; il y a là quelques débris de bâtiments nommés Khirhet Kenîaé (ruine d'église); les murs ont 6 m. d'épaisseur et sont formés de pierres brutes agencées sans mortier. La vue embrasse sans obstacle les monts de la Galilée depuis le Carmel en suivant la plaine de Jizréel jusqu'à Gllboa, le cône du Tabor, dans le lointain Safed à côté de l'Hermon, du côté de rO. la plage, vers TE. les montagnes éloignées du H&oui^n. — A peu de distance au N. est situé sur une colline un village du nom de Talloûzaj peut-être l'ancienne Thirza, qui fut pendant quelque temps la capitale du royaume du Nord (I Bois xvi, 8 et ailleurs).
a. De Lydda à IT&bonlona.
10 h. Vi* ^6 Lydda (p. 143) vers le N. on passe an bout de 20 min, un beau pont sur le Ovddi Djindâs; à 15 min. de là, à g., le village de Yéhoûdipé, à dr. DJinuou ; 10 min. après, la ruine ùî'tl-Ktnisé (église) dans des baies de cactus; en haut à dr. Deir Tarif et ehHadttha; puis et-Tîré\ 20 min. après, le Ouddi es-JSamta avec un'pont à deux arches ; à 30 min. à dr., sur la montagne, le village de KoUlé'^ 10 min. après sur notre route, le village à''er-RentMvé. A dr., dans le lointain Medjdtl Fd^a, qu'on voit i/'i b. après, en diagonale. A 37 min. de là Ouddi AhotCl-lAdJé; au K.O. el-Afir, village avec des moulins; en deçkBds el-^Aîn. On arrive en 40 min. au grand château de Rds el-'Ain («lieu où jaillit la source»). Quelques uns voient ici Tancienne AntipcUrû (v. ci -dessous); d''autre8 Mirabel^ château des croisés. Ce château s'élève sur une colline artificielle et se trouvait jadis complètement entouré d'eau. Une grande brèche se montre au côté N. Le portail est en pierres bien taillées. Plusieurs espaces sont utilisés comme écuries. Au milieu de la cour, qui est labourée, un ancien bâtiment avec des restes de colonnes. Derrière le château, un marais d'où s'écoule le Nahr el-'AoudJé (p. 371). — 60 min. après, on voit à g., dans le lointain, le viUa^e de K^r Saha^
ËAS EL-'AÏrî. Èouttli. 356
aingi ttommë déjà du temps- de Josèphe. Quelques - uns cherchent ici Tancienne Aniipatrii qui est connu par Thistoire de 8t Paul (Act. xxiii, 31). 10 min. après, on atteint Djeldjoûliya; tout près, le Ouéli Q^ems ed-dîn; dans le village, une mosquée bien bâtie, dont la coupole avec ses 12 petites fenêtres, et la niche de prière avec des colonnettes de marbre sont remarquables. Il y a ici un khan; nous sommes sur la route autrefois très fréquentée des caravanes, qui se rendaient de rÉgypte dans la Syrie moyenne. Au X.O. du village aboutit le chemin de Jaffa, qui est à 4 h. 1/4 d'ici. Au bout de 10 min. on arrive au télégraphe (à g., Kefr Sâbâ) et Ton peut le suivra, ou bien, s^avancer vers le N. jusqu'à Nébi Amîn pour atteindre la grande route.
10 min. après, laisser à dr. le Ouéli 8alha;^^\xX près, le village de HabU (10 min.); à g. dans le lointain le village de KerkîUyi. Le chemin devient pierreux; on suit la ligne du télégraphe. 9' min. après, laisser un chemin à g. et entrer au bout de 7 min. dans le Ouâdi ^Azzoûn^ planté de chênes ; le remonter vers TB. en laissant les vallons latéraux à dr. et à g. ; la vallée principale se rétrécit toujours plus, pour s'élargir de nonveau au bout de 1 h. 5 min.; 25 min. après, beaucoup d'oliviers; un chemin à g. conduit au grana village de ^Attoûn^ qu'on voit bientôt sur une montagne à g. à 1/4 ah. de distance. 15 min. après, quitter la vallée principale et prendre le chemin à g. Le village de K^r Lâkiyé se trouve au K. La vallée fléchit du N.E. à l'E.; au S. une profonde vallée boisée. 49 min. après, on a dans le lointain Deir Sâ/oût et Karâaua au S. (à g.); le Ouâdi Ohâna connu par Jos. xvi, 8, court ici à l'O. dans la * vallée principale. Tandis que le télégraphe se dirige à TE. par la montagne, on contourne la colline au N.N.E., puis on revient à l'E. Au bout de 43 min. , on a sur la hauteur une belle vue vers l'O. DJin» Sâ/oût est à dr. du chemin; on tire plus au N.E. pour descendre dans un vallon et Ton atteint en 30 min. le village de Foundoui (grec pandoeheion^ auberge). Il y a dans ce lieu au lï.E. une petite mosquée avec d'anciennes colonnes monolithes de marbre, disposées de telle manière qu'elles ont aussi des chapiteaux au lieu de bases. On voit d'ici à l'B. et au N.E. Karyet Djii (v. ci-dessous) et Fer'ata (.Pirathon. Juges xii, 15).
Suivant le télégraphe au N.N.E., on arrive du Ouâdi et-Tannoûr dans le Ouâdi Sououêda (30 min.) qu'on remonte au N.E. 25 min. après on laisse un peu à dr. sur la hauteur le village de Karyei DjH. Ce village est l'ancien Qiita que Ton prétend être le lieu de naissance du magicien Simon (Act VIII, 9). On descend lentement en 15 min. dans la vallée; on voit au N.E. Cheikh Edjnëb. On traverse 15 min. après le fond du Ouâdi ech-Chérek; en haut au S.E., le village de SaiTa avec le Ouéli Cheikh Ibrahim. Au N.O., Kîstn\ 20 min. après, la source de *Ain el-Bayâda vers laquelle on peut descendre. La ^grande vallée à g. (au bout «fe 15 min.) nous a été désignée après le nom d'un village, Ouâdi Deir Chiref. Dans le fond, les villages de Beit Iba et Beit Oûzin. Sur une hauteur à dr., la ruine de Khirbet el-DJenêd. Nous avons maintenant devant nous la vallée de Nâboulous: 40 min. après, on arrive an village de Râfidîyé^ habité par des chrétiens; les protestants ont ici une école de 20 garçons. 15 min. après, Nâboulous sort de la verdure, et l'on est en 15 min. sur la place de Sououeitéra (p. 348).
b. De Màbottlons à ea-8alt et Djéraeh.
Jusqu'à es-Salt 13 h. Il faut une escorte pour cette tournée. Le cheikh Oobel&n dés Bédouins 'Adouan escorte ordinairement les voyageurs à raison de 200 à 250 fr. en temps de paix. Le passé de Gobelân a été orageux et belliqueux.
On traverse d'abord la plaine de Makhna au S.E. (en laissant à dr. le puits de Jacob, p. 347). La contrée est cultivée, mais sans arbres et peu peuplée. 'On atteint en 1 h. 35 min. le village de Beit Foûrik. Après avoir passé le sommet du DJébel DJedVa^ on commence à descendre dans une vallée étroite par un chemin qui devient toujours plus rude. Au bout de 35 min., les ruines de Tânoûn^ d'oU un chemin mène à dr. dans le Ouâdi Makh/oûrîyé à ^Akrabé (YAcrabatta de Josèphe). La vallée (Ouâdi Zaeasea)
356 Route 14. NËBI'OCaA."
devient plus pierreuse^ les montagnes de dr. s'appellent I/dJim. On laisse à dr. le Ouddi el-Ahmar; 2 h. ^U après on trouve un puits, et Ton arrive bientôt à la dernière hauteur du col, d'où Ton a une magnifique vue sur la plaine du Jourdain. On descend en 1 h. ^\a dans la riche oasis de Kérâaua iBéàoviinB)'^ il y a ici de Teau en abondance j elle vient du grand Ùuâdi el-Fârfa (p. 359) et arrose de fertiles jardins.
Ici croissent de nouveau le tarfa et le nebk (p. 278) et une quantité d'arbrisseaux épineux-, Toléandre fleurit ici du milieu à la fin d'avril, et le blé est mûr à la même époque. Les montagnes du pays à l'O. du Jourdain et le cône du Kam Sailabé (p. 369) sont nus, tandis qu'on peut déjà apercevoir les forêts des' montagnes du Djebel 'Adjloûn au delà du Jourdain. On arrive en 1 h. 15 min. au premier gradin du Jourdain, d'environ 10 m. de haut ï puis vient une petite plaine et l'on descend ensuite par un second gradin vers le lit du Jourdain proprement dit.
Ici se trouve un bac et une espèce de khân, dans lequel on peut avoir, au besoin, un abri et quelques aliments. C'est un passage important par lequel transitent beaucoup de chameaux et de brebis. Les rives sont couvertes d'arbres.
Le chemin direct à es-Salt (5 h.) passe au pied du mont Nébi ^Oeha ; on peut toutefois en recomniander l'ascension. Au delà du Jourdain commence an terrain de collines marneuses, entre lesquelles coulent de petits ruisseaux, dont quelques-uns sont salés. Puis vient un bon sol argileux, mais qui n'est pas couvert d'arbres, comme la rive de l'O. Le lit supérieur de la vallée a ici près de 1 h. >/< de largeur. En avril déjà, tout y est desséché et noirci. Au commencement de la montée, la végétation est plus riche ^ à mesure qu'on s'élève, la forêt de chênes devient plus épaisse. Il faut environ 4 h., du pied de la montagne, pour arriver au sommet (10Ô8 m. au-d. d. 1. m.) ; les chemins sont bons. Magnifique panorama sur une grande partie de la Palestine. La vallée du Jourdain s'étend au loin comme un tapis. Le fleuve, qui n'est visible que sur quelques points, se voit a travers la plaine jaunâtre comme une ligne mince et blanche qui s'étend jusqu'à la mer Morte (qu'on aperçoit seulement pendant la montée). Le mont des Oliviers doit être visible au S.O. C'est l'Ëbal et le Garizim qui se présentent le mieux en face, puis le Tabor et les monts qui entourent le lac de Tibériade; le Grand Ûermon ferme au N. le panorama. Mais la vie manque à ce tableau ; on voit à peine quelques tentes de nomades, et, en fait de villages, Jéricho seulement.
Sur le sommet de la montagne un beau chêne nous invite au repos. Non loin de là, le ouéli du prophète 'Ocha ('Ocha est le mot Hosea, prononcé à l'arabe). On ne peut déterminer jusqu'où, remonte cette tradition; elle est probablement juive. Le propîàète Osée appartient au royaume d'Israël; il peut donc tout aussi bien avoir été originaire du pays à TE. du Jourdain; au chap. xii, 12, il parle de Qalaad. Le bâtiment peut avoir au plus 300 ans; il y a dans l'intérieur une longue auge ouverte, d'environ 6 m. de long; c'est dans ce lieu que fut, dit-on, le tombeau du prophète Osée en l'honneur duquel, selon Burkhardt, les Bédouins immolent ici des brebis (comp. p. 315). A côté du bâtiment, un filet de mauvaise eau tombe^ goutte à goutte.
Le chemin qui descend à es-Salt (S.) est d'abord pierrenx, mais traverse plus loin des vignobles bien cultivés. On atteint es-Salt en une petite heure (.P* 411); de là à Djérach, 8 h., v. B. 22.