Se Kàbouleua à Beia&n et Tibériade
De Nâbodlous à Bbisân, 9 h.; c'est la grande route des caravanes pour Damas. Partant de la porte B. de Nâbouloûs, on contourne le côté £. de l'Ebal; on est en 25 min. au village de ^Atker (source, grottes sépulcrales ; p. 347). 25 min. après, on voit vis-à-vis sur une même ligne les villages de *Azmoût, Deir el-Hatab et Sàlim^ d'où l'on arrive en 2 h. par la gorge du Ouddi Biddn à Bourdj el-Fâri^a, ainsi nommé de la grande vallée qui d'ici s'abaisse au S.E. vers le Jourdain ; puis à travers une vallée latérale et par-dessus une crête, en 1 h. 10 min. au beau village de ToûbûSf situé
BEISAN. Route 14. 357
an milieu de la verdure sur la pente O. du basflin d'*ime vallée, le Thibeti de Jug. IX, SO et II Rois xi, 21.
Le chemin mène an delà, snr une crête aplatie, d'où Ton descend dans une vallée ouverte. 5 min. avant d'arriver au village de Yattr (1 h. 10 min.), on voit au bord du chemin à dr. un sarcophage et un petit bâtiment carré, construction antique, probablement un tombeau; il a vers le K. un portail en marbre avec des ornements; aux angines et aux côtés, des piliers carrés en saillie. Le village de Yasîr, situé sur le versant E. du Ouadi, n'a pas de source, non plus que Toûbâs; d'ici courent le Ouadi Mâlih vers le Jourdain, et vers le N.B. le Ouâdi Khazné que Ton descend pour arriver en 2 h. a() min. à la ruine de Ccfoûn dans la vallée du Jourdain. Le côté O. du Ghôr est ici très large; dans la plaine quelques collines, dernières ramifications des montagnes. De Ca'oûn on se dirige au N. et Ton arrive en 1 h. à Tell Ma^djéra. D'ici en 1 h. à Beisin ( — 120 m. au-dessous de la Médit.) en traversant plusieurs rigoles desséchées.
Histoire. Beisân est l'ancien Beihchéan (Jos. xvii, 11) situé dans le territoire de Manassé. Au temps des Juges, la ville appartenait aux Cananéens (Jug. I, 27 et suiv.) et, sous le règne de Saùl, elle n'était pas encore habitée par les Israélites. Le cadavre de Saûl fut suspendu à la muraille de Bethchéan (I Rois xxxi, 10). David paraît en avoir fait la conquête. Un des officiers de Salomon y résidait (III Rois iv, 12); mais elle ne devint jamais une ville juive (comp. II Maccab. xii, 30 et beaucoup plus tard encore). Depuis l'invasion des Scythes, mentionnée par Hérodote, la ville reçut le nom de Scythopolis^ par la raison peut-être que des Scythes s'y fixèrent assez longtemps. Mais le nom primitif se conserva avec quelque modification. Scythopolis faisait partie de la confédération des dix villes (Dëcapolis); Alexandre Jannée y eut une entrevue avec Cléopâtre. Pompée marcha sur la Judée par Scythopolis; Gabinius rebâtit la ville et la fortifia. Pendant l'ère chrétienne, elle fut le siège d'un évêché et le lieu de naissance de Basilide et de Cyrille. Au temps des croisades, on la connaissait sous ses deux noms. Saladin la prit avec peine et la livra aux flammes. Des nombreux palmiers qui dit-on, l'embellissaient, Yâkoût en vit encore deux au commencement du xiiie s.
Le village et les ruines de Beisân sont dans une baie au bord de la large vallée de Jizréel , au point où elle s'abaisse vers le Ghôr par une pente d'environ 100m. Elle est parcourue par le ruisseau de Djâloûd, qui coule au pied des collines N., au N. de Tell Beisân. De formation volcanique, la chaîne se compose de basalte. Le village actuel est an S. de la colline et entouré de plusieurs ruisseaux. A en juger par ce qui en reste, l'enceinte de l'ancienne ville a dû être beaucoup plus consiaérable. La mosquée maintenant détruite de DJâmi' el-arbaHn. fut achevée de 1403 à 1404. Le Kasr (château) ne remonte pas au delà des croisades. Sur les versants S. et ('). du Tell, des restes de temples, tous en basalte, sauf les colonnes, encore an nombre d'environ 24. Sur une place peu élevée qui est au S. du Tell, un grand théâtre de 55 m. de diamètre, que l'herbe a recouvert; il paraît avoir eu 12 rangées de sièges. Les passages intérieurs et les issues sont encore visibles. Un peu au-dessous du théâtre s'élève sur le Nahr Djâioûd un bel arc romain, peut-être un fragment du mur d'enceinte de la ville. On gravit le Tell du côté O.; en haut, des vestiges du mur épais, qui entourait le sommet, de même qu'un portail à demi conservé. La vue s'étend jusqu'à Zer'in dans la vallée de Jizréel ; vers le S. et TE. sur le Ghôr; au delà, à l'E., sur Eal'at er-Rouboûd etc. Au l^.E. du Tell, dans la paroi de rocher, une rangée d'anciens tombeaux, plusieurs avec des portes tournant sur des gonds de pierre. Quelques tombeaux renferment des sarcophages. — A 2 h. y.O. de Beisân se trouve Chattd, l'ancienne Beth Sitta (Jug. viii, 22). Mérasêcu^ situé dans le voisinage', est peut-être le Mérot de Jug. v, 23.
Dr Bkisân à Zbr'^în (3 h. 50 min.). Un chemin commode monte le long du ruisseau de Djâioûd entre le DJébel Fttkoffa (montagne de Gilboa, p. 364) à g. et les pentes du DJébel Daki (653 m.) ou petit Hermon à dr. (au N., avec un oneli). La vallée a dé l'eau en abondance. 15 min. après, des ruines à dr«; on arrive en 55 min* à une colline arrondie, où l'on a le
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Tabor presque en face au N. ; 38 min. après, les ruines de Beit Il/a, et à 35 min. Tell Cheikh Hasan avec des ruines et des sources. On atteint en 50 min. le beau réservoir que forme la riche source de iAin DJàloûd, à Textrémité K.E. de la montagne de Gilboa. D'ici en 35 min. au Tell Zer'in (p. 364).
De BeisIn ik-TABARiT* (environ 7 h. Vs)) ebemin brûlant, parce qu'il s'encaisse à environ 180 m. au-dessous du niveau de la mer. On descend d'abord au N.IT.E. à travers des buissons, puis l'on suit quelque temps la grande route de Damas. 22 min. après, on passe un fort ruisseau à lit rocailleux, et l'on croise une conduite d'eau, que l'on suit^ plus loin on passe un grand nombre de rigoles desséchées. La vallée du Jourdain se rétrécit peu à peu. 40 min. après, on rencontre sur la plaine sans arbres un chemin de traverse, près duquel descend de l'O. le grand Ouâdi *Ecké ; on trouve de temps en temps des campements de Bédouins Béni Sakhr. 1 h. après on voit en haut à g. le village de Côkéb el-jffaoua. Ce' point correspond à la position du castel de Belvoir, qui a été décrit par les écrivains francs et que le roi Foulques avait bâti en 1140, en même temçs que Safed. Baladin le prit en 1182. Vue magnifique. A 17 min. de la, le Ouâdi Biri planté d'oléandres. 27 min. après, on se rapproche de la rivière près du pont en ruines de Djitr el-Medjâmfa; tout près, un pont assez bien conservé avec une grande arche et plusieurs petites. En amont du pont, sur lequel passe le chemin qui mène à Damas (v. p. 428), il y a un rapide. 16 min. apros, une colline de terre entre le chemin et le Jourdain ; on traverse plusieurs vallées. On arrive en 18 min. à l'embouchure du Ouddi Yarmoûc (HierovMuc): cette rivière (p. 421) qui fait un angle aigu avec le Jourdain, a presque autant d'eau que celui-ci. Bientôt après, on passe sur une croupe peu élevée et l'on voit (10 min.), vis-à-vis, le village d'ed- Delhabiyé. La rivière, dont se rapprochent quelquefois les hauteurs, est bordée de tamariscs et de roseaux. 45 min. après on atteint le village d'^el-'Abadii/é'^ au bout de 37 min., on voit un autre village avec des plantations et un moulin ; celui de Yôné (17 min.) est à 200 pas, à dr., sur une rive escarpée; 3 min. après, un aqueduc à g. et un vieux pont sur le Jourdain; 7 min. après, un autre pont en ruines; d'ici en 8 min. k la pointe S. du lac de Tibériade (p. 391).
Le Jourdain sort jà l'extrémité S.O. du lac; il s'y trouve divers frag« ments de pont, et de nos jours encore une route se dirige vers le pays à l'E. du Jourdain (p. ^1); mais les Bédouins la rendent dangereuse. Une ville et un ch&teau la dominaient autrefois. La ville s'appelait probablement SennabiHs, en ar. es-Sinbara (faussement identifiée avec Taricheea) et elle s'élevait sur une colline de 9 m. de haut, que l'eau entourait de 3 côtés. Du quatrième côté, il y avait un large fossé, qu'on pouvait aussi remplir d'eau. La ville devait cette position avantageuse au détour que fait le fleuve vers le N.E., à sa sortie du lac. Sur la colline voisine nommée Kérae (à l'E. de Sennabris, du côté du lac), on a cru trouver les traces d'un ancien camp romain.
On voit encore ici au S. le Karn Sartabé (v. plus bas); la vue du paysage est bornée au 17. par le Grand âermon, à 1 E. par des montagnes faiblement boisées. Sur le fleuve bordé de buissons, des mouettes et des hérons. Du gué du Jourdain aux ruines 15 min., jusqu'aux bains (p. 391), par un beau sentier, 1 h. 20 (à Tibériade 20 min.). Ce chemin oflTre une promenade agréable à faire à cheval depuis Tibériade, pourvu qu'on évite les heures brûlantes de midi.
d. De Jéricho à Beisàn.
15 h. dette excursion, pour laquelle une escorte est indispensable, ne peut se faire que dans la première saison (en mars) parce que plus tard la chaleur devient intolérable et que la vallée du Jourdain est très malsaine. — Cette vallée renferme une quantité de collines artificielles (tell), dans l'intérieur desquelles on a découvert des couches en partie formées de briques. La partie inférieure de la vallée du Jourdain est large et peu cultivée pi^rce qu'elle mapque d'eaUt Vue quantité de vallées descendent
KARNSARTABÉ. Rouie 14. 359
de r<>., il est vrai, mais elles sont ponr.la plupart sans eau. Aa bout de 55 min.« on passe le Ouâdi Naoué^imé qui vient du vaste angle que fait la vallée derrière le Djebel Karantel. A g. se trouve le rocher de ^Oucheh el- Ohourâb (nid de corbeaux, *Oreb? Jug. viii, 25) avec une vallée Méaâ^adei^Isâ (montée de Jésus). Avant le xii^ siècle, on la désignait comme la montagne de la tentation. Au bout de 50 min. on coupe le vert Ouâdi el-'AoudJé; à 35 min. de là, Ouâdi el-Ahyad\ à 45 min. Ouâdi Rechach, 1 b. après Ouâdi Feuâil ou Moudahdiré. Au pied de la montagne, les ruines de Fasâil, Fantique Ph<uaeli9^ ville qu''Hérode le Grand nomma d'après son frère puîné Phasaelus et donna à sa sœur Salomé; celle-ci la légua à Julia Livia, femme de Tempereur Auguste. On cultivait ici le palmier en grand. Une route bien fréquentée remontait par Phasaelis la vallée du Jourdain jusqu''à Césarée de Philippe (p. 405).
A 40 min. de là le Ouâdi eUAhmar (aussi nommé Ahyad). Puis la vallée du Jourdain est rétrécie par quelques monts qui pénètrent dans la plaine; le deuxième sommet à g. est le haut Çarn Çartabé, la borne-frontière de la vallée du Jourdain. Suivant le Talmud le Sartabé appartenait à la ligne de montagnes, sur lesquelles la nouvelle lune* était annoncée par des signaux de feu, et particulièrepient pour marquer le commencement de la grande fête de la moisson et d''actions de grâces. On prétend quMl y a encore un grand anneau de fer sur le sommet du Sartabé, qui est a 310 m. au-dessus de la Méditerranée, et à 610 m. au-de*ssus de la vallée du Jourdain. En montant par le S. on trouve un ancien sentier en zigzag et Ton voit les restes d''un aqueduc. Les ruines qui couvrent le sommet se composent de grandes pierres en bossage rustique, restes probables d''un ch&teau des croisés.
Au 17. du Sartabé la contrée change de caractère: la vallée du Jourdain devient pïus étroite, plus riche en eau, et mieux cultivée. On croise ensuite la route de Nâboulous à es-Salt (v. p. 356) et le regard se porte sur la belle plaine ascendante du Ouâdi Fârfa (v. p. 356). Sur ce Ouâdi est situé Kérâoua, et plus haut les ruines A''el-BasaHyé, (3''est près de Tun ou de Tantre quMl faut chercher Tancienne Arehélais^ que fit bâtir Hérode Archélaiis, fils d'Hérode le Grand. Au moyen »ge la canne à sucre la plus estimée croissait au loin autour de Eerâoua.
2 h. 10 min. après, les grottes dé MakhroAd au N. du Ouâdi el-Fâri''a, 1 h. 20 min. le Ouâdi Ahùu Bedra; 45 min. le Ouâdi Boukei^a; un peu plus au N. , le Zerka (p. 413) sortant d''une vallée profondément encaissée à TE., entre daiis le Jourdain. A 55 min. de là on coupe le Ouâdi Toûbâs^ à 30 min. le Ouâdi DJémeî^ à 40 min. le Ouâdi Fiyyâd, rameau du Ouâdi Mâlih. Puis traversant d''autres rameaux de cette grande vallée, on arrive en 50 min. à ^Aîn Fer'oûn, près des ruines de 8âkoût. Quelques savants ont prétendu voir dans cet amas de ruines Tancien Succoth (Gen. XXXIII), où Jacob s^'en alla après avoir rencontré son frère Esaii. On atteint en 1 h. , en laissant à dr. le Tell Houma^ la riche source de *Aîn el-Beidâ; 85 min. anrès, le ruisseau el-Khaznéy près des ruines d'aune localité'appelée Berdéla; à 20 min. de là, la source de Màkhoûs^ d''où Ton arrive en 1 h. à TeU Mcfdjéra (p. 357) et 1 h. après à Beisân (p. 357). Au confluent du DJâl&ûd et du Jourdain , il y a un gué appelé 'Abâra où Ton a voulu voir le Bethabara (maison du passage) de Jean i, 28 (v. p. 282).