De Nâbonlons à Djennln et Nazareth
12 à 13 h. La route directe, que suivent d'ordinaire les muletiers avec les bagages, mène de Nâboulous au N. par-dessus la montagne et trarersant des vailles verdoyantes arrive, par le village de Beit /mrîn, à Djeh'a (p. 341) ; le voyageur proférera cependant le chemin par S^astîyé (2 li. Vs)*
Les eaux à l'E. de Nâboulous coulent vers le Jourdain ; celles de VO., dans la Méditerranée. Le chemin de S^bas^îy^ descen''
360 Bouté i 5. SÉBASTIYÉ. De Nâbouloua
la vallée à TO.N.O. ^t mène tout d'abord à la route neuve de Jaffa;
ici, d'anciens bois d'oliviers. Râfidtyé reste à 1/4 d'h. à g. (23 min.);
l'on aperçoit ensuite Zaouâta à dr. sur le haut de la montagne.
20 min. après , le village de Beit Oûzin à g. , puis Beit Iba aussi
à g. 7 min. après on voit un aqueduc se diriger à travers la vallée
vers un moulin, où l'on monte à dr. (N.O.). 10 min. après, au
S.O., apparaît le village de Kéistn. On voit en montant, celui de
Deir ech-Chéraf au fond de la vallée, et de l'autre côté, s'élever la
colline de Sébaatîyé. 30 min. après, on a en haut à dr. le village d'en-
Nâkoûra; puis on descend dans la vallée. Au bout de 10 min., on
passe sous un aqueduc ; en haut à dr. un ouéli. Nouvelle montée
pour arriver en 17 min. à la colline arrondie et en terrasses de
Sébaatîyé. Elle est isolée dans la vallée et s'élève à plus de 100m. Histoire. Omri, roi d''l8raël, dont le palais de Thirza avait été incendié, acheta une montagne d^nn certain Chemer (III Rois xvi, 24) et 7 bâtit une nouvelle résidence du nom de C9iomron (probablement colline de la garde). Cette JSamarie fut pendant longtemps le centre d'une idolâtrie, contre laquelle les prophètes dirigèrent leurs plus fortes censures (Es. IX, 9 et ailleurs). Cest ici que se passa la scène avec Elle (III Rois xyiii et suiv.). Cette ville resta longtemps la capitale du royaume d'Israël, jusqu'à ce que Sargon s'en empara, en 72l av. J.-Chr., après un siège de 3 ans. Elle fut sans doute dévastée ; mais au temps des Haccahées, elle redevint une ville forte et considérable. Hyrcan la prit après un an de siège et la détruisit complètement. Peu après elle est de nouveau mentionnée comme appartenant aux Juifs. Pompée la comprit dans la province de Syrie; le général Oabinius la fit rebâtir. Auguste la donna h Hérode le Qr., qui l'embellit beaucoup et la fortifia; il la nomma Sibcuté (nom grec d'Augusta) en l'honneur d'Auguste. II s'y établit une nombreuse colonie de soldats et de paysans. Mais Sébasté fut éclipsée peu à peu par Neapolis (Sichem). Philippe (Act. viii, 5) prêcha l'Evangile à Samarie. Elle fut plus tard la résidence d'un évêque ; les croisés y rétablirent un évêehé. Il y a encore de nos jours un évèque greo titulaire de Sébasté (Sébastîyé).
L'édifice le plus important de Sébastîyé est l'église à moitié détruite de Si-Jean^ aujourd'hui transformée en mosquée. St Jérôme est le premier qui ait mentionné la tradition, d'après laquelle Jean-Baptiste serait enseveli ici; celle qui prétend qu'il avait aussi été décapité dans cet endroit date d'une époque postérieure (comp. p. 321). Il y avait ici une basilique au vi© s. L'église, dont on voit encore les restes, est de la 2® moitié du xii© s. et a été bâtie par les croisés. Elle est au-dessous du village actuel, son abside s'élève encore par-dessus le bord de l'escarpement. Ou admire du dehors le bel agencement des murs à taille unie avec des contre-forts peu proéminents. On peut, en faisant le tour de l'abside monter jpar les ruines sur la muraille de l'église. L'intérieur rappelle parfaitement l'église d' Abou Ghôch (p. 147) ou celle de Ste-Anne à Jérusalem, et plusieurs édifices semblables des croisés. On peut de même y reconnaître trois nefs ; celle du milieu est la plus haute, et son abside dépasse les deux, absides latérales. Entre le transept et les absides se trouve encore un arceau. La nef principale est séparée des autres par des pilastres carrés a'vec des colonnes, qui supportent les arceaux en ogive. Les
à Nazareth. SÊBASTIYÉ. Route 1^. 361
chapiteaux de ces pilaires sont ornés de feuilles de palmes et appartiennent encore , ainsi que les fenêtres à plein cintre au style roman; dans l'abside^ les arceaux sont en ogiye. Les fenêtres se composent de petits arceaux ronds et sont ornées. L'église avec le porche a 50 m. de longueur, et 23 m. de largeur. La façade principale, qui est très simple, est tournée vers l'O. A côté de la porte en ogive, deux fenêtres, qui correspondent aux nefs latérales. Il y avait primitivement au-dessus du portail une rosette ou ime fenêtre. Les murs de l'édifice, auxquels se voient en différents endroits des croix de Tordre de St-Jean à moitié détruites, ne s'élèvent plus malheureusement, à l'exception du côté S., que jusqu'à une certaine hauteur; ils enferment, de nos jours, une cour ouverte, au milieu de laquelle une coupole moderne a été construite au-dessus du tombeau nommé tomifeau de Jean-Baptiste (Nébi Yahya). Ce tombeau forme la crypte ; le gardien musulman nous conduit par un escalier de 21 degrés dans une petite chambre profondément creusée dans le rocher et à la porte de laquelle ou voit une croix brisée. Il y a des soupiraux qui communiquent avec la 'coupole érigée au milieu de la cour. Outre le tombeau de Jean-Baptiste , qu'on montre sous une dalle, on aurait ici, dit-on, ceux d'Obadia (III Rois xviii, 3) et d'Elisée. Au N. de l'église, les ruines d'un grand bâtiment, qui avait des tours carrées à chaque angle; c'était ou la demeure de l'évêque ou celle des chevaliers de St-Jean.
Dans les maisons et entre les maisons du village actuel se trouvent beaucoup de restes d'anciens édifices : pierres équarries, fûts de colonnes, chapiteaux, fragments de moulures etc. Les habitants dont il faut signaler le caractère fanatique, offreut en vente aux étrangers des monnaies et autres antiquités. Audessus du village (0.), une grande terrasse que la main de l'homme a aplanie et qu'on utilise maintenant comme aire à battre le blé. A ro. , une douzaine de colonnes sans chapiteaux disposées en rectangle. C'est ici que s'élevait probablement le temple qu'Hérode fit bâtir en l'honneur d'Auguste «sur une grande place libre au milieu de la ville». De cette terrasse on arrive en peu de temps au sommet de la colline (470m. au-d, d. 1. m.), qu'Isaïe (xxviii, 1) compare à une couronne, et d'où l'on contemple un vaste horizon; à l'O., une grande échappée sur la Méditerranée. Sébas^îyé est entourée de tous côtés d'une série de collines à pente douce. De nombreux villages sont en vue, mais aucun d'eux n'offre d'intérêt archéologique. Autour de cette colline, qui est d'ailleurs labourée, se trouvent des terrasses. Sur la terrasse S. s'étend , à la hauteur du village , la rangée de colonnes , qu' Hérode fit élever pour l'embellissement de la ville. Elle a 15m. de large ; les colonnes dépourvues actuellement de chapiteaux ont 5 m. de hauteur. La colonnade avait près de 1700m. de longueur; elle tourne autour de la montagne ^ ni^iis elle est souvent interrompue
362 Route 25. DOTHAN, De Nâboulous
ou se perd dans le sol la1)0tir^. On remarque pluslears monolitlies parmi ces colonnes. Au N.E. , au pied de la colline, se trouvent les restes d'une autre colonnade de 442 m. de long sur 55m. (?) de large ; elle se dirigeait obliquement sur la première.
Pour arriver de S^astîy^ à Djennîn, on descend (vers le N.) en 10 min. dans le Ouâdi èc^-CMÎr (vallée de l'orge), où Ton voit a g. des restes de colonnes (une ancienne pierre milliaire?). Au delà de la vallée, on recommence aussitôt à monter, on en atteint en 15 min. le bord septentrional (beau coup d'oeil en arrière) et en 10 min. le village de Bourka entre des oliviers. Les maisons de ce village sont en pierre; un château paraît en avoir occuptf le milieu. On se trouve ici dans le district de la tribu du cbeikh Vjerrâr. La montre continue ; on est en 20 min. sur la hauteur, d'où l'on jouit d'une vue étendue sur le pays ; en haut à dr. (E.) le ouéli Khîmet ed-Dehoûr. On aperçoit au N. le village de Sîléj un peu plus loin Râmé (Rémeth, Jos. xix, 21) et 'Anza, vis-à-vis l'un de l'autre au delà d'une petite plaine. D'ici on commence à descendre vers l'E.N.E. (On peut aussi laisser à g. le village de Bourka, franchir la crête de la montagne, descendre dans la direction N.E. et passer près d'une fontaine, ayant à g. le village de SîM.) 35 min. après on voit en haut à dr. le village de Fendekoûmîyé (sûrement un ancien Pentecomid). A 20 min. de là, on se trouve au-dessous du village de Djéb*a (la source est un peu plus loin), et l'on arrive sur le chemin qui conduit directement de Nâboulous à Djennîn (p. 359). On continue dans la vallée, qui se rétrécit à son extrémité supérieure, et l'on arrive ensuite à une plaine. 20 min. après, le village de Sânoûr qu'on laisse à g. sur le haut d'une colline escarpée. C'est dans cette contrée qu'il faut chercher la Béthulie du livre de Judith, peut-être dans Afithilîyé, La forteresse de Sânoûr a été assiégée en 1830 par 'Abdallah, pacha d' Acre, parce que le chef de Sânoûr s'était rendu indépendant ; il ne s'en empara qu'avec peine à l'aide des troupes de l'émir Béchîr (v. 482). Ibrahim Pacha détruisit totalement la forteresse. A l'E. s'étend, sur plus de 1 h., la belle plaine de MerdJ el-Oharak (prairie de l'affaissement). Le sol en est fertile, mais il s'y forme un marais en hiver. On continue à longer le bord 0. de cette plaine ; à df. se voit , 20 min. après, le village de
MithWîyéy un peu au N., Couftr, à g. les malsons de DJerbâ.
Pour visiter les mines de Dôthan, on détourne du chemin à g.; on a dès lors le village de Djerba à dr. ; monter d'abord au N.O., puis descendre à TO., dans une gorge assez étroite, où Ton trouve, au bout de 22 min. un sentier à dr. qui mène en 15 min. à Tell Dâthdn. Des ruines près de quelques térébinthes sur la colline; au pied S. de celleci la source d** êl-Ha/tré. Il n''est pas douteux que cette localité ne soit Tancien Dothatn^ près duquel Joseph fut vendu par ses frères (Gen. XXXVII, 17 et suiv.). Il doit y avoir eu ici un bourg au temps d''Ëlisée (IV Bois VI, 13). Au K.O. de Dôthftn, le grand Tell Tifboûd avec son village. De Dôthân, en allant à TE. , on peut revenir en 22 min. sur la route ordinaire de Kabâtîyé ou se rendre directement à Djennîn par un chemin qui passe à 'quelques min. à TO. de Dôthân.
à Nazareth. DJENNIN. Route 75. 363
Arrivé sur la hauteur, on a une belle vue sur le Oarmel^ Nazareth, le Grand Hermon ete. Avant de descendre ensuite dans un vallon auN.E., on trouve à dr. du ehemln un arhre consacré, chargé d'offrandes et particulièrement de chiffons ; Ton a près de cet arbre une vue de la plaine d'Ësdrélon. 25 min. après, Kabâtîfé, grand village formé de solides maisons de pierres. A 9min. de là, on laisse un chemin à dr., et 18 min. plus loin un autre aussi à dr. On marche dans un vallon étroit, où Ton remarque quelques tombeaux dans le rocher; à g. sur une colline, les ruines d'une tour nommée BeVamê (= Jiblêam; Jos. xvii, 11 ; IV Rois ix, 27; Judith IV, 4). Du pied de la montagne sort un petit ruisseau que Ton peut suivre dans la vallée pour arriver directement à Bjennîn en 30 min. Djennln , sur la limite des montagnes de la Samarie et de la plaine d'Ësdrélon, est une localité assez importante ; elle a près de 3000 habitants , parmi lesquels quelques chrétiens ; elle possède un bazar et une mosquée (ancienne église?). La belle source, qui jaillit à l'E. de Bjennîn, est dirigée à travers le village entouré de jardins fertiles et même de quelques palmiers. On trouve à se loger dans deux maisons, dont l'une est dans le voisinage de la source.
Histoire. Djennîn eât identifié avec Tantique Ginea de Josèphe, celle-ci s son tour paraît correspondre à Tantique ^Engcmnîm^ «source du jardin» (Jos. xix, 21, xxi, 29 et ailleurs); c^etait une ville de lévites située dans la tribu d'Issachar. La route de Nazareth à Jérusalem a probablement toujours passé par cet endroit.
La plaine ài!Eédrêkm<, dont on touche le bord, est l'antique plaine Jizréel. La vallée de ce nom n'est proprement que le basfond ou la vallée qui est près de Jizréel ^ le Zer^n de nos jours, laquelle descend ensuite vers Beisân (p. 357). Mais cette dénomination s'applique en second lieu % la plaine située à l'O. des monts Gilboa, et que l'anc. Test, appelle «la grande plaine» ou le bas-fond de Megiddo, Cette vaste plaine est un triangle dont la base s'étend de Djennîn sur une longueur de 8 lieues vers le N.O., tandis que le côté le plus court est à l'E., et va de Djennîn à Iksâl vers le N. Les Arabes l'appellent aujourd'hui Merdj ibn 'Amir, prairie du flls de 'Amir. Elle pénètre, de divers côtés, à l'intérieur des montagnes. Le sol de cette grande plaine qui est en moyenne à 80m. au-dessus d. 1. m., est marécageux en quelques endroits, mais en général extraordinairement fertile, il est noirâtre et se compose en majeure partie de roches volcaniques décomposées ; au printemps, la plaine , vue des montagnes, ressemble à un grand lac vert. Elle a été le théâtre de nombreux combats (p. 367). Ce pays n'a été cultivé qu'en partie jusqu'à nos jours, parce que les Bédouins de la tribu des Béni Sakht s'arrogeaient le droit de pâture ; et même dans ces dernières années, cette contrée, grâce à eux, offrait peu de sécurité. — On y voit de grandes troupes de grues et de cicognes.
On peut arriver de Djennîn à Nazareth par deux chemins : a)di-
364 Route 15. ZEB'IN. Dt Nâhoulous
rectement par le chemin des caraTanes en 6 h. ; b) en le laissant un peu à g. le long des pentes du Dj<n>el Fakoû'a et du Dj^el Dalii , par Zefîn , Soûlem et Nain en 6 h. 72^*^^- 0^^ Djennîn à Haïfa V. R. 16.)
a. En suivant la grande route des caravanes, qui conpe au N. la plaine d'Esdrélon , on arrive en 1 h. 20 min. à Movkeibdé où se trouvent quelques traces d'antiquités. La plaine, qui est marécageuse en quelques endroits , offre au printemps au botaniste de quoi enrichir sa collection. D'ici en 2 h. lô min. on arrive à 'AfoÛU (à dr. FoÛlé , p. 365), en 1 h. à el-Mezra^a , et de là en 30 min. à l'ouverture de la vallée; le chemin monte ensuite par une petite gorge, et (environ 1 h. après), Nasareth (p. 379) se montre à g., sur la pente de la montagne.
b. Le touriste abandonne cette route aux bétes de somme et prend un chemin latéral qui la suit d'abord assez parallèlement, mais qui se dirigeant un peu vers l'E., se rapproche du pied de la montagne. En sortant de Djenntn on laisse la mosquée à g. et l'on se dirige sur les ramifications du Djébd Fakoû'a. Les onâdis (la plupart desséchés) qui parcourent cet angle de la plaine , se dirigent à l'O. A dr. sur la crête, les villages de Djelbôn et de Fakoû'aj sur le devant Beit Kâd. A l'O. , au pied de la montagne, sur la route de Megiddo, les villages de Yâmôn, Sîlé etc. mentionnés p. 366. A 50 min. (de Djennîn) se trouve à 1/4 d'h. à dr. du chemin le village de 'Arânéy plus loin, en haut, 'Arrahôné; 10 min. après, à g., d-Djilémê^ derrière lequel se montre le Tell de Moukeibelé (v. ci-dessus) sur la route directe.
Le Djebel Fakoù'a (523 m.), dont on est maintenant très rapproché, est l'antique montagne de Oilboa, dénomination que rappelle encore le village de Djelbôn, mentionné ci-dessus; ici était le domaine d'Issachar. Tandis que de nos jours cette chaîne qui va de l'E.S.E. à l'O.N.O. a un aspect dénudé, et n'a de champs ou de pâturages qu'au S., elle était probablement autrefois couverte de forêts. Le côté N. vers la vallée de Jizréel est escarpé et rocheux; à l'E. de la montagne , se trouve le Ghôr (vallée du Jourdain).
On rencontre en route des citernes creusées dans le rocher ; au bout de 45 min. on voit à dr. sur le haut de la montagne N€bi Méxâr, lieu de pèlerinage musulman. 25 min. après, on est à Zei'ln sur un gradin avancé (N.O.) de la montagne de Grilboa. Le sol s'abaisse aussi vers le N.E.; on est ainsi sur une colline qui s'élève régulièrement de presque tous les côtés, et qui est probablement en partie l'œuvre de l'homme; sur le versant E. et S.E. de la colline, d'anciens pressoirs à vin. L'œil plonge dans la vallée de Zei'în, qui se dirige vers Beisân (p. 357) ; on y aperçoit la source de ^Ain Djâloûd (source de Goliath), au-dessous, le Tell de Beisân, que dominent les montagnes du pays de l'E. du Jourdain ('Adjloûn). Zei'în est sur la ligne de partage des eaux et ofEre une
à Nazareth^ SOÛLEM. Route 15, 365
belle vue sur la plaine d'Ësdr^ioii jusqu'à la crête du Carmel. Au
N., dans l'interstice des montagnes, Nazareth.
Histoire. Le Zex'in moderne est Tancien Jizréel^ localité appartenant à la tribu d'Issachar, et où se livra la grande bataille contre les Philistins. .Les Israélites étaient campés autour de Jizréel (I Rois xxix, 1), vis-à-vis, les Philistins près de Soûnem sur la pente du Djebel Dabi. Les Israélites furent battus et Saùl qui s'était retranché sur la montagne de Gilboa, y succomba; de là les lamentations de David (11 ilois I, 21): cMonts de Gilboa, que sur vous il ne tombe ni pluie ni rosée» etc. Jezréel resta entre les mains d^Isboseth, fils de Saùl (II Bois ii, 9). Au commencement du ixe s., Jizréel était la résidence du roi Achab et de Jézabel, qui y avaient un palais. La pente de la colline est plantée de vignes; c'est là que se trouvait la vigne de Kaboth. Joram, second fils d' Achab fut transpercé par Jéhu sur le champ de Naboth, Jézabel jetée par une fenêtre du palais et toute la famille d' Achab anéantie. Dans le livre de Judith Jizréel est nommé Esdrelom^ et il est connu, au temps des croisades, sous le nom de Parvum Oerinum.
De Zer'în un chemin latéral mène en 1 h. Vs ^ 'Afoûlé (p. 864) sur la route directe de Nazareth. 20 min. avant d'y arriver, on trouve les cabanes de Foulé, localité qui, aujourd'hui encore, est entourée d'un foseé et d'une escarpe. Foulé signifie haricot. Au temps des croisades, il y avait ici le castel de Faba, propriété commune des Templiers et des chevaliers de St-Jean; il fut pris par Saladin après la bataille de Çattin. Le 16 avril 1799, il se livra ici une grande bataille entre les Français et les Turcs-, Kléber, posté dans ce lieu tint en échec avec 1600 hommes toute l'armée syrienne , forte d'au moins 25,000 hommes. Les Français, formés en carré, combattirent depuis le lever du soleil jusqu'à midi; Bonaparte vint à leur secours avec 600 hommes; les Turcs, croyant avoir aflfaire à une grande armée, prirent la fuite; un grand nombre furent massacrés, d'autres se noyèrent dans une petite rivière qui venait d'inonder la contrée. Après cette cbataille du Tabors, Bonaparte soupa le soir à Nazareth.
Le chemin qui mène à Soûlem part de Zer'în vers le N. et traversant le fond de la vallée, se dirige vers les hauteurs du Djébel Ddhi. Après lô min., la citerne de Bîr ts-Soutd; à 15 min. de là , le lit d'un ruisseau, d'où un chemin à g. mène à Nazareth. £n se dirigeant davantage au N.£. on atteint le petit village de
Soùlem, situé sur la pente S.O. du Djébel Dahi.
Histoire. Soûlem correspond à l'antique Sounem^ ville de la tribu d''Issachar. La forme de Soûlem se trouve dans le nom de la Soulamite (femme de Soûlem, Gant, vili, 1). C'est là que les Philistins dressèrent leur camp vis-à-vis de Saùl (I Bois xxviii, 4) et que se trouvait probablement aussi la maison de la Sounamite, qui hébergea Elisée et dont celui-ci ressuscita le fils (IV Bois, iv, 8). La montagne, à la-
âuelle le village est adossé, est mentionnée, pour la première fois, par t Jérôme sous le nom d' Hermon. On l'appelle dès lors «le petit Hermon», grâce à une interprétation inexacte de Ps. lxxxix, 13. Il faut admettre que nous avons bien ici la montagne, appelée colline de Moréy au N. de laquelle les Madianites campèrent, avant d'être battus par Gédéon (Jug. VII, 1); elle s'appelle aujourd'hui Djébel ed-Dahi, du nom d'un makâm (ermitage) d'un prophète ed-Dahi, situé près du sommet (à 553 m.). Il y a aussi sur la hauteur un village de ce nom. Du sommet (basalte) la vue est fort belle et fort étendue.
Nous suivons maintenant au N.N.O. le chemin qui conduit à Nazareth. On longe d'abord la pente 0. de la montagiie, jusqu'à ce qu^on arrive à un bras de la grande plaine. Y2 ^* ^P^^s on aperçoit le Tabor au N.E. et l'on croise la grande route des caravanes de l'Egypte à Damas ; on traverse ensuite quelques lits de
366 BouU le. KHAN EL-LEDDJOUN. De Djenntn
ruisseaux dans la plaine. A 20 min., à dr. le village à'Jksâly le Khesoullot du livre de Josué (xix, 18), sur la frontière de Zabulon et d'Issachar. Au N. les rochers sont escarpes : c^est ici qu^est la montagne nommée montagne du précipice (p. 383). A TE. de cette montagne vient aboutir un Ouàdi escarpe , que Ton ne suit pas ; tourner plus à g. en longeant la montagne jusqu'à ce qu'on commence & monter, 10 min. après, par un chemin rapide. On arrive en lô min. dans un vallon qu'on suit au N. ; 5 min. après, on trouve un puits (Bîr Mou Yêaé), à dr. le village de Yâfa, le Japhia de Jos. xix, 12, sur la frontière de Zabulon. C'est au moyen âge qu'a pris naissance la tradition, qui fait de oe lieu la patrie de Zéb<^dtfe et de ses fils, Jacques et Jean. Josèphe fortifia cette place; mais il exagère en disant que 15,000 habitants de Japhia furent tu^s par les Romains, et 21B0 faits prisonniers. 10 min. après on voit Nazareth sur la hauteur (p. 379) et l'on y arrive en 20 min.
De Soûlem on peut, en faisant un petit détour, visiter le village de Nain. Contourner au N.E. la pente pierreuse du Djebel Dahi, en suivant d''abord le chemin de Nazareth déjà décrit, et le laisser, 35 min. après, à g. On continue à marcher au pied de la montagne et Ton atteint Naïn en V» i^* (grottes sépulcrales). Ce petit village composé de misérables maisons d'argile, est célèbre par le récit de la résurrection du fils de la veuve (Luc vii. 11 et suiv.). Un chemin mène aussi de là à Nazareth. Au bout de 30 min., laisser Iksàl à dr., pour arriver en 25 min. à la montagne du précipice (v. ci-dessus).
On peut encore se rendre de Naïn à Endoùr, en contournant le pied de la montagne; la distance est d'une petite heure. Il n'y a là d'autres antiquités que quelques grottes. Le village est petit et sale. Endoûr est l'ancien Endor^ ville de Manassé, célèbre par la visite de Saùl à la nécromancienne la veille de la malheureuse bataille de Gilboa (I Rois xxviii, 7 et suiv.). Endoûr était encore un grand village au temps d'Eusèbe.
11 faut, en revenant d'Ëndoûr, traverser de nouveau la vallée dans la direction N.O. ; 1 h. 1/2 après, Ilcsâl reste à dr. et l'on suit la route de Nazareth, décrite ci-dessus. D'Endoâr, il y a un chemin qui mène directement au Tabor.