De Tibériade à Tell Hoûm et à Safed
5 h. 40 min. — On partira de bonne heure parce qu'il fait très chaud dans la journée sur les rives du lac. Le chemin passe d'abord à une hauteur de 9 à 12 m. au-dessus du rivage, c'est pourquoi la vue est constamment dégagée, bien que Tibériade elle-même disparaisse bientôt derrière une saillie de rochers. A 35 min. de distance , on voit à dr. dans le bas des figuiers et des ruines, où il y a quelques sources ('Ain el-Bâridé), dont l'eau est tiède et saumâtre. Quelques unes ont une clôture en pierre qui sert à ^ever l'eau. Un vallon d^ouche près de là à g. Il y a des grottes sépulcrales vers le haut de la montagne à g. 25 min. plus loin, s'ouvre une petite plaine sur le bord du lac ; il y a là un misérable village du nom de Medjdel, et à côté, quelques sidr avec un tombeau. C'est Magdala , connu surtout comme lieu ou naquit Marie-Madeleine. Peut-être faut-il y voir aussi Migdal-Èl de la tribu de Nephtali mentionné par Josué (xjx, 38). C'est ici qu'il faut aussi
àSafed. 'AÏN EL-MOUDAOUÉRA. Route 20. 393
cherclieT l'antiqne TarleJupa^ qui joua un rôle dans la guerre contre les Romains. La vue sur le lac est toujours belle ; en face, à l'E., d^ouche le Ouâdi S^mâc.
Près deMedjdel les montagnes s'écartent àl'O. Le Ouâdi Hamâm descend Ici de Khân Loûbiytf (p. 388) ; c'est par là que passe la grande route des caravanes qui vont de Nazareth à Damas (p. 396), A */2 ^- d® Medjdel, à TO. , sur la g. de la vallée, sont situées les ruines de KaVat Jbn Mrfân , et en face se trouve Irhid , l'ancien village à^Arbela. Les rochers atteignent une hauteur de 360 m. La forteresse d'Ibn Ma'ân se compose de grottes conmiuniquant par des galeries et protégées par des murs sur le devant ; il y a là plusieurs citernes. Ces retraites inaccessibles étaient jadis hantées par des brigands; Hérode les y assiégea après les avoir battus dans une rencontre, et il ne fut alors possible de les atteindre qu'en faisant descendre, d'en haut avec des cordes, des caisses dans lesquelles étaient des soldats qui les harponnèrent et les enfumèrent. Plus tard, ces grottes furent habitées par des anachorètes.
Il y a encore à Irbid des ruines d'une synagogue mentionnée dans le Talmud, tout près du versant du Ouâdi Hamâm.
A Medjdel commence la plaine d^el-Ohououîr^ l'ancienne plaine de Oennésarj qui a une lieue de long et environ un tiers de large. Le sol de ce bas-fond est très fertile , mais c'est à peine si l'on y voit quelques traces de culture, bien qu'il y ait plusieurs sources abondantes. Le laurier-rose (diflé) croît sur les rives du lac et des ruisseaux , et on y rencontre aussi des nebk fp. 278). L'historien Josèphe décrit avec enthousiasme la fertilité de cette plaine. On trouve beaucoup de tortues et de crabes dans les ruisseaux et de nombreux coquillages sur le bord du lac.
La source la plus abondante est le 'Aîn dr-Moudaouéra (fontaine Ronde) ; en quittant, depuis Medjdel, le chemin qui longe le lac, pour appuyer du côté des collines et traverser le lit du ruisseau qui descend du Ouâdi Hamâm , on atteint cette source en 25 min. Le bassin, entouré d'un mur circulaire, est entièrement caché dans les buissons ; il a environ 30 m. de diamètre et 60 centim. de profondeur. L'eau en est limpide et douce; elle jaillit en abondance et s'écoule dans la plaine. Différents voyageurs ont voulu y voir la fontaine de Capemaxmm mentionnée par Josèphe parce que, d'après Tristram, le poisson du Nil nommé eorcuiinua, dont parle l'historien, se trouve encore ici; mais alors les ruines de l'ancienne ville devraient être dans le voisinage, ce qui n'est pas le cas. 10 min. plus loin, débouche dans la plaine le ruisseau appelé er-Rabadtyéy dont les eaux sont abondantes. Il n'y a de même pas trace de ruines près du village à^Abou-Choûché, situé dans le haut à g.
De 'Aïn el-Moudaouéra, le mieux sera, pour regagner le bord du lac, de traverser obliquement la plaine ("30 min.). En quittant Medjdel sans aller à la fontaine , on traverse au bout de 15 min« le Ouâdi Hamâm et 10 min. après, [le ruisseau de 'Aïn el-Mou-
394 Route 20. KHAN MINYÉ. De Tibêriade
daott^ra. On a déjà, de cet endroit, une belle vue ri^trospective 8ur Medjdel et les rochers qui le dominent. En 30 min. , on est à Textri^mitë inférieure du Ouâdi eWAmoûd ; Ô min. après, on rencontre quelques restes de murs , et 2 min. plus loin , un peu à Técart du rivage, le
Khàa Miayé. Ce khan remonte jusqu^au temps de Saladin. On a beaucoup discuté pour savoir si ce n^est pas là que se trouvait Capemaoum. Nombre de géographes se sont cependant accordés à y voir le village de pécheurs de Beth'Saida. Remarquons, 1) quHl y avait à Capemaoum une douane et une garnison ; or une douane est ordinairement sur la frontière. L'ancienne voie romaine et la route actuelle des caravanes débouche du N. à Kh&n Minyé , de sorte qu'on pourrait incliner à chercher ici Tandenne douane (vers la Tétrarchie de Philippe), s'il n'était pas très vraisemblable qu'il existait autrefois, le long de la mer, une route plus fréquentée ; dans CiO cas, la douane pourrait être cherchée au N. de Khan Minyé, et par suite, à Tell Hoûm. 2) Nous savons que Flavius Josèphe , après un combat victorieux dans la plaine de Ba^îha se fit transporter à Capemaoum parce qu'il s'était blessé en tombant de cheval. Ce dut être dans la localité la plus rapprochée et non par conséquent à Minyé. 3) Lorsque Jésus passa en bateau de Capemaoum sur l'autre rive du lac f St Marc , vi, 30 et suiv.), la foule fit le tour de celui-ci par le N. ; un coup d'œil jeté sur la carte prouve que c'était du moins plus facile de Tell Hoâm f p. 395) que du Khan Minyé. Néanmoins on n'a pas encore détrait par là toutes les objections. St Marc disant que les disciples se rendirent par le lac dans la plaine de Génésaret (yi, 45, 53) et St Jean au contraire, qu'ils allèrent à Capemaoum (vi, 24), il n'y a pas là de preuve décisive pour chercher Capemaoum dans la plaine de Génésaret. Pierre alla résider de Bethsaïda (p. 392) (que quelques-uns placent à Khân Minyé) à Capemaoum, et Jésus y habita chez ce disciple (v., par ex.. Math, xvn, 24 et suiv.).
De Khan Hinyé ou même déjà avant d''y âtre, on peut envoyer les bètes de somme par un chemin plus court à Safed. La route actuelle des caravanes, ancienne chaussée romaine, conduit directement de Khân Minyé au N., en 1 h. 25, à Kkàn Djoubb Yoûtovf (p. 396).
Le chemin de Tell Hoûm passe à dr. par des rochers à une certaine hauteur au-dessus du lac. C'est un sentier étroit: on chemine sur les mines d'un ancien aqueduo qui conduisait l'eau de 'Aïn et-Tâbigha dans la plaine de Génésaret. La vue s'étend jusqu'à Tibêriade. Bientôt on aperçoit à dr. dans le bas le 'Am et- Tîn, la fontaine des Figues. En 17 min., on arrive à la belle fontaine dite 'Am et-Tâbigha; le ruisseau qui en jaillit avec beaucoup de force fait tourner un moulin. L'eau en est saumâtre et tiède. La source même , captée dans un bassin décagone, est à 2 min. à g. du chemin. Il en sort une autre plus petite à dr. , près du moulin. Il y a de plus à cet endroit des restes de ruines qui font qu'on s'est demandé si ce n'était pas l'emplacement de Beth-
à Safed. TELL HOÙM. Boute 20. 395
Saïda, oe qui serait possible, bien que l'Évangile de St Marc dise (vi, 53 ; V. auBsi 46) que les disciples abordèrent près de la plaine. Il reste aussi à savoir s'il faut voir dans la fontaine celle de €apernaoum mentionnée ci-dessus. — De 'Aïn et-Tâbigha, on suit près du rivage un chemin étroit le long duquel on remarque en* core plusieurs sources et des restes de constructions, puis Ton arrive en 35 min. à
Tell Hoùm. — Histoire. Nombre de peraonnes ont identifié Tell Hoûm avec Capemaoum; cette identification qui a pour elle quelques anciens itinéraires de pèlerins, peut être considérée comme justifiée. Les écriviiins juifs parlent d'un lieu nommé Cafar Tankhoum ou Ifakhoum; le mot «cafar», village, peut bien avoir été remplacé en arabe par «tell», colline et Nakhoum être devenu Hoûm par abréviation. D''autre part, Sepp chercbe à prouver que le nom des «Minim» ou juifs convertis au christianisme, qui ont demeuré certainement à Capemaoum jusqu'au temps de Constantin, s'est conservé dans celui de Khân Minyé. Pourtant la nature et l'étendue des ruines de Tell Hoûm annoncent qu'il y a eu là une localité d'une certaine importance, comme peut l'être un boui^ ou se trouvent un péage et une garnison. Les pierres provenant de maisons qui sont éparses sur le sol sont de baaalte, ce qui donne aux ruines un aspect lugubre.
Il ne reste qu'un seul bâtiment ancien au bord du lac ; en le regardant de près , on reconnaît qu'il a été construit avec de vieux matériaux; c'était probablement une église. On cherche vainement des constructions ayant appartenu à un port. Du milieu des amas de ruines noires s'élèvent au contraire les restes d'un magnifique édifice antique en marbre blanc. Construit en partie de gros blocs de ce marbre , il mesurait environ 23m. de long sur 17 de large et avait trois entrées au S. On voit encore à l'intérieur des bases de colonnes et de beaux fragments de chapiteaux corinthiens etc., gisant pêle-mêle. On prétend que c'est une ancienne synagogue. A côté , il est vrai , il y a des ruines d'une époque postérieure, peut-être des restes de la basilique qui s'élevait vers l'an 600 à la place de la maison de St Pierre. Si Tell Hoûm correspond exactement à Tancien Capemaoum , il se pourrait que cette synagogue fût celle que fit construire le centuri onromain (St Luc vu, 5 et suiv.) et alors J.-C. serait souvent venu en cet endroit. A l'extrémité N. de la ville se trouvent deux tombeaux, l'un eu forme de caveau, en pierre calcaire ; l'autre est une construction carrée qui a certainement renfermé un grand nombre de corps. Des monceaux de ruines de cette ville profondément humiliée (St Math. XI, 23), l'œil se reporte volontiers sur le lac qui est bordé de hauteurs aux lignes arrondies et qu'on aperçoit jusqu'à une grande distance au S. ; si l'incertitude plane sur les localités environnantes, le tableau que présente la nature est certainement resté le même qu'au temps de J.-C.
Chemin de Tell Hoûm à l'embouchure du Jourdain en suivant la rive septentrionale du lac, v. p. 392.
De Tell Hoûm à Safed (2 h. 8/4). On se rend d'abord au khân de Djoubb Yoûaouf, où conduisent deux chemins différents. L'un
396 Boute 20. KHAN DJOUBB YOÛSOUF. De Tibénade
à! eux ramène le voyageur un peu sur ses pas au S., monte ensuite à dr. et procure une belle vue sur le lac. Au bout de 35 min., quelques ruines à dr. et un vallon à g. On est ensuite en 40 min. au khân en ruine de Djoubh Toûsouf (v. ci-dessous) , dans une petite plaine cultivée. — L'autre chemin, qui est très mauvais et fort raide , fait un petit détour au N. , en suivant le lit du ruisseau de Tell Hoûm. A 1 h. de distance , sur la rive g. de ce ruisseau, les ruines de Kérâté qui correspond K l'antique Khorazin. Il semble que ce fut une petite ville assez importante; ses habitants ne crurent pas en Jésus (St Math, xi, 21 et suiv."). Les ruines en sont au moins aussi étendues que celles de Tell Hoûm ; elles sont en partie dans le lit du ruisseau et en partie sur une éminence au-dessus de la gorge de la vallée. Plusieurs murs de maisons sont encore debout; la plupart d'entre elles formaient un carré mesurant au plus 9m. de côté, et il y avait au milieu une ou deux colonnes soutenant le toit qui semble avoir été plat. Ces murs ont 60 centim. d'épaisseur et sont en blocs de basalte ou en maçonnerie. De l'éminence, on a une belle vue sur le lac. On trouve de même ici les ruines d'une grande et belle synagogue construite en basalte. Au milieu de l'ancienne ville est une source près d'un arbre ; au N. se remarque le tracé d'une rue dans la direction N. — On arrive en 1 h. de Kérâzé au
Kh&n Djoubb YoÙSOnf. — Histoire. Ce khan doit son nom à une tradition que Ton rencontre déjà chez les géographes arabes et d'après laquelle ce serait ici que Joseph fut jeté par ses frères dans un puits que Ton montre aux visiteurs. Cette tradition est probablement basée sur ce que Safed, situé dans le voisinage, passait pour être le Dôthân de TEcriturè; mais au temps de Joseph, les Hébreux vivaient à Tétat nomade, généralement au S. de la Palestine et non dans cette contrée-ci. (Comp. Gen. xxxyii, 14.)
Du Khân Djoubb Yoôsouf k Bâkiyâs , dibectemekt (10 h.). — Près du khàn passe la route des caravanes oui mène directement d'Acre à Dumas par Djisr Bénât Ya'koûb (v. R. 21, ii). Le chem^in de 'Ain 3TeIlâha (v. ci -dessous) suit d'abord cette route tout droit vers le N., et quand on a traversé le Ouâdi JVachîf, on tourne à g. au bout de 18 min. comptées depuis le khân, et Ton suit du même côté les montagnes de Safed. La contrée s'appelle Ard et-Khait. On découvre ensuite la partie supérieure du Ghôr, dont on atteint le* fond en 1 h. ^l2' A g., dans le hî.ut, le village de Dja'oûné. On traverse le Ouddi Fir*im. Va h. après, à g., el-Moughar. Passé cet endroit, on aperçoit à g., à côté del'Hermon, la cime neigeuse du Sannîn (p. 527). La plaine est peu cultivée. On arrive en 25 min. au village à'^el-Ouàkkâs; 45 min. après, un ruisseau, le Nàhr Hendâdj. Sur les versants des hauteurs à g., les ruines de Kasyoûn^ entre antres, les restes d'un temple (ou d'une synagogue) près iie'deux réservoirs. Du ruisseau, on atteint en 1 h. ^Aîn Mellâha, oii il y a une belle source. Les conducteurs des bêtes de somme ont coutume de passer la nuit dans une prairie près d'un moulin, mais la terre 'y est humide et l'endroit malsain ; on fera donc mieux de coucher dans un village sur la hauteur à g. avant d'arriver à 'Aïn Mellâha, soit à Kebâ^a, soit à Maroiis, d'où l'on aperçoit le Lac de Hoûlé.
Histoire. — Ce lac a été regardé comme le Khoûî araméen (Genès., X, 23), mais il est douteux que l'on ait eu raison de le faire. Josèphe appelle toute la contrée Oulatha et le lac Samakhonitis (Antiq. xv, 10, 3). Dang l'antiquité hébraïque, ce dernier s'appelait «eau de Merom* (.Tos., xi, 5, 7) -, Josué battit sur ses bords les Cananéens alliés de Jabin, roi d'Hasor.
àSafed. SAFED. Route 20. 397
Le lac de Hoûlé est un bassin triangulaire de 3 à 5 m. de profondeur et à 83 m. au-dessus du niveau de la Méditerranée. Il est entouré de marais qu'animent une multitude d'oiseaux aquatiques, surtout des pélicans, des canarda, etc. Ces marais empochent de s'approcher du lac même par le N. -, des papyrus forment de ce côté un fourré absolument impénétrable, tandis que les autres côtés sont libres. Ce n'est que dans ces derniers temps que ce lac a été étudié en détail avec une barque (Macgregor, the Rob Boy on the Jordan, etc., 4« édit., Londres, 1874).
La plaine au N. du lac de Hoûlé forme un bassin assez régulier d'environ 2 lieues de largeur. Les' montagnes de l'E. sont moins escarpées mais plus élevées que celles de TO. Le milieu de cette vallée est en majeure partie couvert de marécages, oii se vautrent des buffles appartenant aux Bédouins qui campent près de là. Ces Bédouins (Ghaouâriné) sont généralement inoffensifs; ils se livrent à la chasse, à la pêche et à l'élève du bétail. Les bords de la vallée ont un sol fertile; si les marais étaient drainés, on leur ferait produire beaucoup plus qu'aujourd'hui.
Pour éviter les marais, la route longe les montagnes à l'O., quelquefois tout près de leur versant. Après 1 h. 10 min. de marche, on a a g. * Ain el Béldta ; après 2 h. 15 on croise à g. et au-dessous de la forteresse de Hounîn (p. 403) le' Derdâra, affluent du Jourdain, qui descend de Merdj ^Ayoûn (p. 473). On a voulu voir l'Hatsor de l'antiquité dans les ruines A'el-Khdn, à dr. (v. aussi p. 402). On tourne ensuite au X.Ë. et l'on atteint en une bonne heure Djisr el-OhadJar (p. 404).
La chaussée romaine qui passe devant le Khan Djoubb Yoûsouf se dirige vers le N. Au lieu du basalte , on voit reparaître le calcaire. Montant au N.O., on atteint en 55 min. quelques ruines et 15 min. après, une belle source entourée de jardins dite 'Ain el- Hamra. De là on tourne à g. pour grayir la montagne, au sommet de laquelle on arrive en 15 min., et Ton est 5 min. plus loin à la forteresse de Safed.
HisWire. Il est déjà question de Safed dans le Talmud de Jérusalem; les géographes arabes nomment de même ce lieu. A l'époque des croisades, il semble que les Francs y construisirent une forteresse. Quelques voyageurs en parlent comme de l'endroit mentionné dans la parabole de la ville sur une montagne, mais on ne saurait prouver qu'il y en avait une ici au temps de J.-C. Saladin eut beaucoup de peine à prendre Safed. La forteresse fut rasée en 1220 par ordre du sultan de Damas, qui craignait que les chrétiens ne s'en emparassent de nouveau, mais elle fut reconstruite par les Templiers. Bîbars réduisit la garnison à capituler, en 1266, mais il la fit massacrer et rétablit les fortifications. Safed devint plus tard la capitale d'une province; elle fut détruite par un tremblement de terre en 1759 et occupée un instant par les Français en 1799. — La colonie juive de cette ville s'y est établie au commencement du xvie s. de notre ère; il s'y forma bientôt une école de rabbins considérable, dont les maîtres les plus célèbres étaient à l'origine des Juifs espagnols. Outre les écoles elle possédait 18 synagogues et une imprimerie; on y cultivait auBsi la cabale. Aujourd'hui les Juifs forment encore à peu près la moitié de la population , mais cette petite v ille est bien déchue depuis le grand tremblement de terre du i^^ janvier 1837. Les maisons, bâties en terrasses sur le flanc des collines, étaient précipitées les unes sur les autres par la violence des secousses. Les récits des témoins oculaires, surtout ceux du missionnaire américain Thomson sont navrants; la terre présentait de grandes crevasses et l'on ne voyait partout que des ruines d'oii furent retirés des cadavres affreusement mutilés. Beaucoup de malheureux moururent de faim ensevelis sous les débris de leurs maisons. Le gouvernement turc ne fit preuve que d'inertie en face d'un malheur que les protestants s'efforcèrent d'adoucir. De 9,000 juifs et chrétiens (ces derniers étaient peu nombreux), 4,000 périrent dans cette catastrophe épouvantable, et le nombre des musulmans qui partagèrent leur sort ne s'éleva guère à moins de 1,0Û0,
398 Route ^0. MEJRÔN. De Safed
Les Juifs qni habitent aujourd'hui Safed sont pour la plupart des juifs polonais (Achkenazipi) actuellement sous le protectorat de TAutriche. Ils considèrent Safed comme une de leurs villes saintes, attendu que, selon la tradition juive, le Messie doit venir de cette ville. 11 y a encore beaucoup de polygames parmi les Séphardim (p. 94). Les maisons des Juifs sont très mal tenues ; le vin qu'ils préparent est mauvais (4 à 5 piastres la bout.). On peut du reste trouver un logis chez eux.
Le quartier des musulmans est au N. de celui des juifs et en est complètement séparé. On a une très belle vue des ruines de la forteresse, qui est peut-être celle des templiers. A l'O. s'élèvent le Djebel Zeboûd (1114m.), qui est bien boisé, et le Djéhel Djermak (1220m.); on dit que l'ascension de ce dernier est très intéressante. Dans le bas s'étend le Ouâdi et'Taouâhîn (vallée des Moulins) qui se dirige vers la plaine à l'Ë. Au S. se montre le Tabor et au S.O. , dans le lointain, la croupe du Carmel. Une grande partie de la vallée du Jourdain est soustraite au regard, tandis qu'on aperçoit les montagnes au delà du lac de Tibériade, et à l'E. , à l'horizon , la chaîne de Djôlâu et celle du Haourân, dominée par le Kléb (p. 436).
Le bazar de Safed est sans importance et la ville ne renferme pas d'antiquités. Le climat est ici très sain à cause de la hauteur de la position (845 m. d'altit.), la plus élevée de toute la Galilée.
a. De Safed à Xeirôii et à Xefr Bir'im.
Il y a 1 h. 1/2 de chemin de Safed à Xeir«ii, situé à l'O.lï.O. Le village de ce nom, déjà nommé dans le Talmnd, est le lieu de pèlerinage le plus célèbre et le plus vénéré des juifs. Il y a sur une colline les ruines d''une vieille synagogue, dont la partie la mieux conservée est le mur du S., construit de gros blocs de pierre, avec une porte ayant pour jambages des monolithes de presque 3 m. de hauteur. Près de cette synagogue, dont le côté K. est sur le bord d''un versant, se trouve le tombeau de Babbi Jochanan Sandelar (cordonnier), et dans Tenceinte du cimetière, celui de Siméon Ben-Yokhaï, qu'ion regarde comme Tauteur du Zohar, et celui de son fils Eléazar. Il y a sur les piliers de petits vases dans lesquels les visiteurs brûlent de Tbuile, surtout au grand jour de fâte du 90 avril. Un peu plus loin, au pied de la colline, est le tombeau d'un autre rabbin, Hillel, et de 36 de ses élèves, dans une grande chambre à sept voûtes creusée dans le roc. Tous ces rabbins sont au nombre des plus anciens et des plus célèbres , et leurs sentences, consignées dans le Talmud jouissent de la plus grande autorité; ils vivaient au premier siècle de notre ère. Le village de Meirôn est musulman.
Au K.O. , à environ 2 h. de Meirôn, est situé Kefr Bir'ifn. Pour y aller, on descend dans la vallée par un chemin escarpé. Au bout de 30 min., on voit à dr. le petit village de S{fêâ/. 10 min. après, on arriSre sur la crête d'un contre-fort peu élevé' qui se rattache a la plus haute cime du Djebel Djermak (v. ci-dessus). Puis on descend dans le Ouddi Khilâl^ on laisse à g. lé chemin de Sé^sa^ (p. 401), et Ton traverse le Ouddi Jfàair (45 min.). Montant ensuite de nouveau, on arrive sur la croupe de' la montagne , sur la limite du partage des eaux , à un point d'^où Ton a une belle vue, et 35 min. après on atteint
Kefr Bix'im. Cet endroit était aussi autrefois un lieu de pèlerinage important pour les Juifs (fâte des Purim ou des Sorts) et célèbre comme possédant le tombeau du juge Barac et du prophète Obadiah. Il s'y trouve
à Tyr, EL^DJICH. Boutt ?0. -399
encore (des mines de deux synagogues. L'une d''entre elles est dans la partie N.E. du village. Deux rangs de colonnes devant la façade formaient un portique, qui est enseveli dans les décombres, mais la rangée antérieure existe encore en grande partie. Les chapiteaux présentent des anneaux qui diminuent de diamètre en se rapprochant du fût. Le mur est construit de blocs de pierres lisses, parmi lesquels il y en a d'une grosseur considérable. La grande porte du milieu est richement ornée j il y a au-dessus de la cymaise une arcade avec des guirlandes. Cette porte est flanquée de deux autres plus petites, au-dessus de chacune desquelles il y a une fenêtre. L'intérieur du bâtiment sert en partie de hangar, on y voit aussi quelques fragments de colonnes. — L'autre synagogue en ruine est dans les champs à 5 min. de distance du même côté. Elle était dans le genre de la précédente, mais il n'en reste plus que la porte, également d'une décoration fort riche, et au-dessus de laquelle est une inscription en hébreu, sans date. A en juger par l'ensemble de la construction, ces synagogues remontent aux premiers siècles de notre ère, lorsque la Galilée était le siège principal du judaïsme. — Le village de Kefr Bir'im est habité par des Maronites.
De Kefr Bir'im à el-DJÎch (y. ci-dessous), 1 h. de chemin. Même distance de Kefr Bii'im à Yâroûn (v. ci-dessous).
b. De Çafed à Tyr, par Tibnln.
Db Saped a TibkÎm (environ 7 h.). — Oa suit le chemin de Bâniyâs (p. 402) jusqu'à ^Âin ez-Zeitoûn (20 min.). Ensuite on passe deux ondulations de terrain entre deux petites vallées, en vue de Meiron (v. ci-dessus), situé à g. Puis on commence à monter dans une vallée latérale étroite venant du N.O. Au bout de 45 min., on a à g. le village de Kadita et à dr. Taiiéba (p. 403). La roche volcanique se montre de plus en plus à mes'ure qu'on avance. On arrive en 26 min. à un grand bassin semblable à un cratère nommé Birket el-DJid^, qui contient quelquefois de l'eau. En 20 min. on est à l'extrémité du plateau et l'on a devant soi une belle vallée cultivée et entourée de collines couvertes de broussailles. A g. est situé JSa'sc^ (p. 401) ^ on arrive en 10 min. au pied de la hauteur conique sur laquelle est bâti el-Djioh. C'est la CfisccUa de Flavius Josèphe et le Oouch-Halab du Talmud. Josèphe l'avait fortifiée; ce fut la dernière forteresse de la Galilée qui tint tête aux Romains. St Jérôme dit que les parents de 6t Paul demeurèrent en cet endroit avant d'aller s'établir à Tarse. Lors du tremblement de terre de Safed. tout le village fut anéanti et les chrétiens périrent dans l'église ou ils se trouvaient alors, au nombre de 135.
D'el-Djîch, on tourne dans la gorge qui s'étend à l'E. le long de la colline, et l'on descend au N.O. dans une vallée verdoyante traversée par des eaux, mais dont les côtés sont pierreux et arides. La vue est bornée pendant 1 h., puis elle se dégage un peu et l'on aperçoit le village de Yâroûn sur le versant d'une colline. Au N.E., sur une petite hauteur isolée, des ruines appelées ed-Dêir, le Couvent. Une croix grecque à l'un des chapiteaux, prouve en effet qu'il y a eu là un couvent, mais il n'est pas moins sûr que le b&timent fut d'abord une synagogue semblable à celles de Kefr Bir^im. Il y avait aussi un portique devant l'entrée principale au S. et trois portes à l'O. dont les jambages, hauts de 2m. 40, sont également des monolithes. L'intérieur était divisé en trois parties par une double rangée de colonnes. — On voit en outre çà et là sur la colline, de gros blocs de pierre et des sarcophages. C'est probablement le lieu désigné dans le livre de Josué sous le nom de Jéréon (XIX, 38). A cet endroit commence le district actuel de Bilâd Béehdra^ où habitent beaucoup de Métàouilé (p. 105).
On traverse ensuite une plaine ondulée, en partie cultivée ou couverte de broussailles. A l'endroit où on la quitte, on aperçoit la bourgade de Bint DJébeU, et, à l'arrière-plan , des montagnes neigeuses. Ou marche pendant 2 h. environ sur le versant de hauteurs qui bordent à l'E. une large vallée, jusqu'à ce qu'on arrive à Bint Djébeil, qui est habité par des Métàouilé, dont la principale occupation est le transport da
400 Boute 20. TIBNIN. De Safed
bois des environs à la côte, notamment à Beyroût. Bientôt après avoir quitté Bint Djébeil, on aperçoit avec surprise la forteresse de Tibnîn, qui est encore à 2 h. de distance. Ensuite on descend dans une vallée entourée de collines escarpées.
Tibnln. — Un chemin également escarpé conduit à cette forteresse, qui est bâtie sur la cime N.E. d'une colline taillée à pic de tous les côtés. Le village du même nom, habité par des Métâouiié et des chrétiens, est situé en face sur une autre hauteur.
Histoire. Quelques blocs de pierre antiques à TE. et le grand nombre de citernes qu'on trouve en cet endroit, prouvent qu'il était déjà fortifié avant le moyen âge. Une nouvelle forteresse fut construite en 1107 par Hugues de St-Omer, seigneur de Tibériade, dans le but de faire de là des incursions sur le territoire de Tyrj elle s'appelait Tovon et ses possesseurs en portaient le nom. Après la bataille de Hattîn les rôles furent changés ; ce furent les Sarrasins qui à leur tour firent de là des incursions contre les chrétiens de Tyr. Ceux-ci les assiégèrent sans résultat en 1197-98, parce que la désunion régnait parmi eux^ aussi se résignèrent-ils à une retraite honteuse. Plus tard, la forteresse fut rasée par le sultan el-Mou'azzam, et Djezzâr-Pacha acheva de nos jours d'en détruire les ouvrages, parce qu'il craignait les petits chefs de ces contrées, dont l'un, Moutéouâli de grande famille, s'est établi de nouveau sur cette hauteur.
La vue qu'on a de là est magnifique; on domine une vaste contrée montagneuse, coupée de gorges et de ravins. A l'O. se montre la mer jusqu'à Tyr et au N. E. les montagnes couvertes de neige. On voit près du village de Bei^achit, à TE., un énorme chêne appelé Varbre du Messie.
{De Tibnîn à KaVai ech-Chékif (et Sidon). — Un chemin conduit directement de l'ibnin au N., à travers le district d'el-B^c/idra , au Lîtâni. Laissant dans le haut à dr. Safed el-Bouii^a, on arrive en V? benviron à l'entrée du Ouâdi Hadjéir^'qae l'on descend pendant environ 4 h. sans jouir beaucoup de la contrée environnante. Au bout de 40 min., à dr., sur une hauteur, le village de 8ovouéint. 1 h. 25 après, à g., Khirbet Sâlim; 2ô min. plus loin, quelques sources dont les eaux font tourner des moulins.  1 h. 1/2 de -là, on arrive sur le bord du Lî- /⻫, près du pont Kc^kaHyé. Au N. du pont se trouve un village du même nom , et à g. le Ouâdi Yàroûn. Le pont s'appuie sur une petite île ; les arches du N. paraissent antiques. 11 y a à côté quelques maisons et quelques moulins. — Pour aller de là à KaKat ech-Chékîf, on tourne immédiatement à dr. et l'on remonte le Ouâdi Slm 'Abd el-^AÎy en se tenant à g. de la gorge du Lîtâni. En IJ2 h., on est à la première partie du village de Zaouiar et 10 min. après à sa partie £. Puis on met 1 h. environ pour aller jusqu'au village A'el-Hamra, à travers champs, en laissant au N. la vallée d'ez-Zaherâni et le Djebel Rîhân, et Vs h. après on atteint le village de 'Arnoûn (p. 472).
Un autre chemin conduit directement du pont Ka^ka'îyé à Sidon (env. 10 h.). On atteint le village Ka'kaHpé en 50 min. '20 min. après, on est sur la crête d'une colline d'uù s'offre une vue étendue. 3 h. 72 JP^"'^ loin, Nazâr^ village des Métâouiié (vue) et de là à peu près 5 h. de marche jusqu'à Sidon.]
De Tibnîn a Tyk (environ 4 h. Va). — On fait le tour du flanc 8. de la vallée pour arriver dans le haut du Ouâdi el-Mâ^ en V2 h. Là, on a une belle vue sur les vallées qui descendent du côté de la mer; on aperçoit encore Tibnîn \ l'Hermon borne l'horizon au N.E. On descend ensuite par le Ouâdi el-DJedoûn, en 2ô min., dans le Ouâdi el-'Achoûr, vallée qu'on suit en se tenant toujours sur la droite et en laissant à g. le Ouâdi Hàrithf le Djebel Hârith et le Djebel Ka/ra. Le nom de 'Achoûr donnée à* la vallée rappelle' celui de la tribu d'Asser (?), qui habita jadis cette contrée. On atteint l'extrémité en 1 h.; sur le flanc dr., se trouve une grotte sépulcrale. Puis on arrive au petit plateau dit Merdj Safva; lô min. après, on descend à l'O. et on atteint en 5 min. le village de Kâna (p. 401). Auparavant, on traverse encore le Ouâdi ech-Chémâli^ dans lequel une source ^t de beaux oliviers invitent au repos. Traversant le village, on arrive
a Tyr. TOMBEAU DE HIRAM. Route 20. 40 1
à une chaussée (route du Sultan); puis longeant le Ouâdi Ah^ on est en 40 min. an village dé Hannâoui^ où gisent epars sur le sol de gros blocs de pierre et des sarcophages brisés. De la grande quantité de débris antiques, M. Renan conclut qu**!! a dû y avoir en cet endroit une localité importante . peut-être la forteresse de la frontière - tyrienne dont il est parlé dans le livre de Josué (xix, 39 et II Rois xxiv, 7).
A lO min. environ du village, on rencontre à dr. de la route de Tyr un tombeau dit tombeau de Hiram, Kabr Htram (il y a des personnes qui Tont entendu nommer Kabr Hairàn)! La tradition qui le concerne semble récente ou du moins n^êst connue que depuis 1833. La construction, qui parait inachevée, se compose d'*un soubassement formé de grosses pierres ayant chacune 1 m. de longueur, 2 m. 70 de largeur et 90 centim. d^épaisseur, puis ^nn bloc encore plus épais faisant saillie tout autour, et portant un énorme sarcophage muni d^un fort couvercle en forme de pyramide irrégulière. Ce monument a environ 6 m. 40 de haut et Ton peut facilement y monter pour en voir Tintérieur à travers un trou pratiqué dans le couvercle. H. Renan a fait des fouilles sous ce tombeau et a découvert une chambre sépulcrale dans laquelle descend un escalier; il semble que la partie K. de cette chambre ait été exécutée en même temps que le monument. Celui-ci est certainement d''origine phénicienne, mais il n^a pas d'inscription et Ton ne saurait par conséquent préciser répoque où il fut érigé ; il se peut quHl soit antérieur à Tépoque grecque, sMl datait de Tépoque romaine, on y aurait probablement trouvé une inscription. Il y a dans les environs de plus petits sarcophages renversés, et des fragments de quelques autres. On trouve dans le vallon au S. de la route une autre petite nécropole où les sacrophages sont taillés dans le roc et dont les couvercles sont composés de blocs de pierre prismatiques. M. Renan a aussi découvert à dOOm. du tombeau de Hiram, sur la route de Tyr, les restes d'une église b3rsantin& avec un beau pavé en mosaïque (ve s.) qu'il a fait transporter à Paris. Enfin il y a encore sur la petite colline à dr. de la route des tombeaux et des sarcophages dont plusieurs sont doubles avec un couvercle simple (v. p. 124).
Il y a 1 h. l5 min; du tombeau de Hiram jusqu'à Tyr à l'O.N.O. Bn marchant tout droit à l'O. on arrive en 1/2 1^- à un carrefour et 20 min. après, en passant sous un aqueduc, à Rài eUAîn (p. 462).
De Safbd a Tir par yâthÎr (environ 11 4.). — Outre le chenHin par Tibnin, il y en a un autre plus direct de Safed à Tyr. On atteint S(fs<f en 3 h., puis les ruines de Romneich en 1 h. Là aboutit un chemin venant de Kefr Bir'im (p. 398), qui en est à 1 h. •/«• — ^^^ arrive ensuite de Roumeich en 30 min. dans la partie supérieure du Ouédi^ Hoûra.^ près de ruines qui portent le même nom. 25 min. après , on est à celles de ffazoûr ou Hazirê, parmi lesquelles il y a beaucoup de caveaux funéraires ; à 15 min. de là, on entre dans une nouvelle vallée. Après 2 nouvelles h. de marche, on est au village de Y^r. De là, oîi passe dans le Ouâdi If tara; y^h. plus loin, on rencontre une grotte; 20 min. après, le village de Séâaktn, au S. duquel est celui A^Aîpé. 50 min. encore, et l'on arrive au village chrétien de Kâna (p. 400), sdr le côté duquel on voit, à V4 d'h. de distance, diverses figures phéniciennes taillés dans un roëher. A 1/2 h. de Kana, sont les ruines d'ei-JS%<Hwi»é, d'où l'on a une belle vue sur l'ensemtfle des collines et sur Tyr. Partout se voient des restes de bâtiments qui . attestent que cette partie de la Phénicie était iadis fort peuplée. Enfin l'on atteint en 50 min. le tombeetu de Hiram mentionné cidessns.