‹ Palestine et SyrieChapitre 95 sur 119 · De Safed à Damas · texte numérisé non relu

De Safed à Damas

L ParBftniyftf.

De Safed à Bânlyâs, 9 h. ; de Bânlyâs à Damas, 13 h. V2- — Le trajet de Tib^riade à Bâiiiyàs peut se faire en deux jours. On peut on bien descendre de Safed dans la vallée du Jourdain et y aboutir au chemin direct de Kbân Djoubb Yoûsouf (p. 3961 ^ 'Aïn Mellâha, ou bien prendre au N. la route beaucoup plus intéressante par la crête de la montagne, et dans oe cas, nous recommandons au voyageur de pousser le premier jour au delà de Safed, autrement la deuxième journée serait trop fatigante.

On descend dans la yalMe au N.N.O. , en 20 min. à 'Ain es- Zeitoûn , d'où l'on voit Safed à une grande hauteur derrière soi. Puis on traverse diverses petites vallées. A 25 min. de là, quelques ruines; au N.E. se voit le village de Bélâta, 20 min. après, Taitiba, La vue à l'O. embrasse les collines verdoyantes de la Galilée supérieure. Sur le côt^ N. du DjermaV, un petit bâtiment; à l'E., les montagnes de DjôUn. A TE. du village se trouve un réservoir , et on en rencontre un second 20 min. plus loin , à eàié de ruines situées près du chemin. Bientôt après, ou est sur une hauteur d'où l'on jouit d'un magnifique coup d'œil sur la vaille du Jourdain et le bassin du lac de Hoûl(J. Le chemin suit la direction du N.E. de Tai^^a jusqu'à ce point, puis il tourne au N. et traverse le Ouâdi el-Mechêreâjé près d'une montagne arrondie et boisée. En 40 min., on est ^,'Alma, village à g. duquel se voit celui de Fâra. 10 min. plus loin, à dr. du chemin, de vastes ruines sans nom, ave« des restes de colonnes. A 20 min. de là, on descend dans une profonde vallée nommée 'Otiba^ et 15 min. après, on remonte de l'autre côté. A g., sur la hauteur, est situé le village de Diehoun, dans un site pittoresque dominant la vallée ; on y arrive en 15 min. Les maisons en pierre de oe village, avec leurs toits à pentes ont un aspeot européen.

A dr. Mt sitné le Tell KhourG>i^ des cimes duquel on a une belle vue sur le profond OuAdi HendâdJ, la plaine du lac de Hoûlë et le haut plateau de Këdëfl. Outre des ruines informes, on trouvé encore dans le haut quelques' pressoirs à huile et dans le bas , des tombeaux. L^archëologue Robinson a voulu voir dans cet endroit remplacement de la ville antique d'Hataor (Jos., xi), mais il n''est nullement certain qu'ail soit dans le vrai. Hatsor était la résidence de Jabin, roi des Cananéens, qui marcha avec ses voisins contre Josué et fut battu près du lac Hërom (Hoûlé). La ville fut brûlée. Plus tard, un autre Jabin qui opprimait Israël^ fut vaincu par Débomh. Diaprés Tordre dans lequel les villes sont mentionnées au ive livre des Rois (xv, 29) à propos de Texpédition de Tiglat-Pilëser, la ville d^Hatsor devait être ici dans le voisinage de Këdès.

Le chemin suit toujours la direction du N. On est en 45 min. au village de Xédèi.

Histoire. — Éédè» était de même la résidence d''un prince cananéen, mais elle fut donnée plus tard à la tribu de ll^ephtali; elle fut en même temps ville lévitique et ville libre. G^est de Kédès qu'était originaire Barac, général de Déborah. Tiglat-Piléser prit la ville et en déporta les habitants, depuis lors elle ne 'ga^a plus en importance. Plus tard, on j

HOUNIN. Route 21. 403

montra les tombeaux de Barac, de Déborah et d'autres personnages. Pour la distinguer d^autres lieux de même nom, on l'appelle Kédès en Oalilie.

Les restes de constructions qui se sont conservas ici, datent des derniers temps de l'époque juive. Sous le village, à côté d'une source , se trouvent quelques grands sarcophages dont plusieurs sont transformés en auges. Au N.E. de la même source est un petit bâtiment en ruine , construit de gros blocs de pierre ; il en reste encore deux arcades et une partie de la porte tournée au S. Plus loin à l'E. sont d'autres sarcophages, les uns à côté des autres, sur une plate-forme exhaussée. Les côtés présentent des rosettes, les autres ornements ont été détruits par le temps. Les couvercles, dont quelques-uns recouvrent deux sarcophages, sont bien travaillés. On remarque distinctement dans le voisinage de ces tombeux le tracé d'un vieux mur qui formait peut-être l'enceinte d'un cimetière. Plus loin à l'E. sont les ruines d'un grand bâtiment, probablement d'une synagogue. Les murs en sont encore debout; il y a du côté E. un grand portail et deux entrées latérales. Le village renferme aussi beaucoup de fragments d'architecture, surtout des chapiteaux et, chose remarquable, une colonne octogone. — Malgré la fertilité du pays, Kédès n'a qu'une faible population.

Au bout de 26 min., on rencontre dans une vallée un réservoir. Dans le haut, à g., le village de Bleida. 15 min. plus loin, des restes de construction, près desquels sont quelques grands térébinthes ^6ow,«m^ ; 10 min., à g. sur une hauteur, Oumm Habib; 15 min., le gros village de Mh (à recommander comme étape entre Safed et Bâniyâs). Bientôt après, des restes de chaussée romaine. On passe entre des buissons. Après 40 min. de marche, à dr., les ruines d'une forteresse nommée Ménâra, On est sur une hauteur d'où l'on a une belle vue sur la vallée du Jourdain et le lac de Hoûlé, la chaîne de montagnes imposante de l'Hermon, d'autres montagnes à l'horizon à l'E., la forteresse de Tibnîn à l'O. et Hounîn au N.

On arrive en 35 min. aux ruines de la grande forteresse de Honnin, près d'un petit village du même nom. Le tremblement de terre du 1«' janv. 1837 a aussi beaucoup endommagé cette forteresse. Ses substiuctions qui servent aujourd'hui d'étable à chèvres, datent certainement de l'antiquité; on en a la preuve dans ses blocs de pierre à refends , que l'on voit par exemple à l'E. et au S. (même remarque pour un portail qui se trouve dans le village"). Au N., la forteresse est bâtie sur le roc. Ses murs sont entourés d'un fossé de 6 m. de largeur et d'autant de profondeur. Les tours rondes proviennent de la forteresse bâtie plus tard par les Turcs; elle était beaucoup plus petite que l'ancienne, qui s'étendait plus loin vers le S. et l'E. La vue qu'on a de ce point est magnifique. On aperçoit au loin Bâniyâs. Les archéologues ignorent }l quelle localité anticjue correspond Hounîn.

404 «oufe2/. TELLEL-KADI. De Saftd

tJn chemin assez escarprf descend dans la valWe , en passant d'abord entre des buissons. Dans la plaine se tipuve le village

dM&i7, habité par des chrétiens, l'ancienne ville frontière iSAheU Belh'Maakha (c'est ainsi qu'il faut lire II Rois xx, 14); plus loin au N., Moutelléy le premier village druse au S. Ces deux endroits restent à g.; on atteint en 55 min. le .point de la plaine où aboutit à g. le chemin direct de Saïda (p. 473). C'est dans cette plaine que toutes les sources du Jourdain se réunissent pour se jeter dans le lac de Hoûlé ou dans les grands marais qui l'environnent. Après 8 min. de marche, on passe le Derdâra sur un pont d'une seule arche. A g. se trouvent quelques ruines. La vue en aval est splendide. Cette contrée était jadis bien cultivée , tandis qu'elle n'a plus aujourd'hui que -des pâturages, fort beaux du reste, comme ceux de Merdj -Ayoûn (l'Ijoii de l'Ancien Testament, v. p. 473), où il n'y a guère que des Bédouins nomades. 10 min. plus loin, on traverse le lit desséché d'une rivière et 25 min. après, on atteint le pont dégradé à^el-Qhadjar, sur le ffasbâni^ l'affluent septentrional du Jourdain ou plutôt le fleuve lui-même.

De ce pont, on peut faire ane petite excursion au Tell el-Kâdi, en descendant ohliquement (E.S.E.) snr la rive dr. On passe à gué 'un misseau à 25 min. de distance et Ton arrive 22 min. après au

Tell el-lfA^ C'est un monticule de 330 pas de long sur 270 de large et 'de 9 à 12m.* de haut. Au sommet, se trouve un tomheau musulman sous un magnifique chêne. Du côté O., on entend le hruit d'un grand cours d'eau; en se frayant un passage à travers des lauriers-roses, on deiicend par un versant rocheux à un hassin de 60 pas de large, d'où fonde s'échappe à flots pressés. Partout des fragments de haaaite. Au S.O. du monticule est une autre source plus petite; elles se réunissent toutes deux dans un grand bassin d'où elles s'écoulent sous le nom à^el-Leddân. Ce cours d'eau que l'historien Josèphe appelle le petit Jourdain^ est regardé par le peuple comme^ le fleuve proprement dit parce qu'il est le plus important; il a deux fols autant d'eau que celui de Bâniyas et trois fois autant que le Hasbâni, qui va rejoindre les autres sources à environ V2 h. plus au 6. près de Cheikh Yoûsouf. Là, le Jourdain a 14 m. de largeur et coule dans un lit qui en a 27, et qui se trouve de 4 à 7m. audessous du niveau de la plaine.

Le mot arabe Kâdi et l'hébreu Dan ont la même signification (j^g^)*

prise par

tribu de Dan (Juges, xviu, 27 et suiv.), cette ville s'appelait LaU et faisait partie du territoire de Sidon; cependant elle est déjà mentionnée dans l'histoire d^ Abraham sous le nom qu'elle eut plus tard (Gen. xiv, 14). Ce tai le siège principal du culte des faux dieux sôus Jéroboam (III Bois XII, 28). Elle fut prise par Benhadad, roi de Syrie (III Rois xv, 20).

Revenu sur la route principale, on continue son chemin au pied des montagnes à l'E. Au S.E., à dr. sur la hauteur, Nébi Seyyid Yehoûda. On commence peu à peu à monter sous bois entre des ruisseaux qu'on entend hruire ; la montée devient plus raide au hout de 3/4 d'h. et l'on arrive en 25 min. à B&niyftA.

Histùire. Le nom actuel de Bânivâs correspond au grec Panéas^ qui, d'après FI. Josèphe semble avoir designé aussi une contrée. Dans le voisinage était un sanctuaire de Pan (Paneion), près d'une grotte d'où sort la source, ou plutôt une des sources du Jourdain. Hérode bâtit audessus de cette source un temple en l'honneur d'Auguste, lorsqu'il reçût

à Damas. BÂNIYAS. MouU2U 405

4e lui le territoire de Zénodore, la tétrarchie du N. et du K.£. du lac de Tibériade, ainsi que Panéas. Le fils d^Hérode, Philippe, qui hérita de la Batanée, de la Trachùnitide, de l'Auranitide, de la Oftula&itide et de Panéas (ainsi que de Tlturée d'après St Luc, m, 1), aeh«va de bâtir la ville et la nomma Césarée; on la désigna ensuite soua le nom de Cëiarée de Philippe (Caeiarea Philippi) pour la distinguer de Césarée de Palestine. C^est probablement Tendroit le plus au N. que visita J.-C. (St Math. XVI, 13 f St Marc vtii, 37). Le premier nom 4« la ville ne disparut jamais complètement; on la retrouve chez Ptolémée et sur les monnaies. Elle porta un instant celui de Néronias que lui donna Hérode-Agrippa II. en Tagrandissant. Titus y célébra la prise de Jérusalem par- des jeux dans lesquels b^neonp de prisonniers juifs figurèrent comme gladiateurs ou durent se battre avec des bêtes féroces. Une vieille tradition chrétienne place ici la guérison de la femme qui avait une perte de sang (St Math., IX, 21 et suiv.). B&niyâs fut à partir du iv« s. un évêché relevant du patriarcat d'Antioehe, et reprit son ancien nom avant rétablissement de la domination arabe. Elle fut prise et reprise ploaieurs fois au temps des croisades. Elle se rendit d'abord aux chrétiens en même temps que la forteresse d'es-Soubeibé (p. 406) située plus hAut, en 1129 ou lldl), lors de leur attaque infructueuse dirigée contre Dama») le chevalier Kainer Brous reçut alors la ville et la forteresse en fief. Puis elle fut prise en 1132 par Ismael, sultan de Damas et reconquise en 1139. L*évêché latin qui y fut fondé à cette époque dépendait de Tarchevêché de Tyr. Plus tard B&niyfts passa an pouvoir du connétable Honfroy. Noûreddin s'empara à son tour de la ville, mais non de la citadelle, en 1157. Délivrée pour un temps par Baudouin III, elle retomba au pouvoir de Noûreddîn en 1165 et fut depuis lors perdue pour les Francs. Ce fut le sultan el-Mouafçam qui fit raser les fortifications de Bâniyâs.

Bânyâs occupe un très beau site, à rextrtfmit^ N» d'une terrasse triangulaire, daus un renfoncement du mont Hermon, à 3Ô0 m. au-dessus du niveau de la mer, à 150 m. au-dessus du Tell el- Kâdi, entre deux vallées descendant de l'E., le Ouâdi Khachâhé et le Ouâdi Za'âré (S.). Une autre yalLee, le Ouâdi el'-'Aaal^ un peu au N., sort d'une gorge bois<$e. Il y a partout de Veau en abondance et par conséquent, une végétation des plus luxuriantes ; Teau sert à arroser les ehamps jusque dans la plaine. Le yillage actuel se compose de quelque cinquante maisons, qui sont pour la plupart dans r ancienne enceinte de la forteresse. Au S. de cette enceinte coule le ruisseau du Ouâdi Za'âré, qui s'unit un peu plus bas avec la grande source du Jourdain. Des restes de colonnes prouvent que Tancienne ville s'étendait au loin vers le S. dans le Ouâdi Za'âré. La citadelle, au N. de la ville, était un corps de bâtiment énorme ; elle était protégée au N. par les eaux de la source de Bâniyâs. L'appareil en est excessivement massif. Les tours des angles étaient londei et bâties de grosses pierres en bossage et à refends ; il en existe encore trois. Du côté S. de la forteresse, an milieu, est un portail antique, bien qu'il s'y trouve une inscription arabe. Un pont de pierre, antique aussi en partie, conduit d'ici à l'autre côté du Ouâdi. On remarque dans le mur des colonnes de granit.

Au pied de l'extrémité 0. de la liAUte montagne du château (v. ci-dessous), au 8. du Ouâdi el>-KKaebâbé, sort un couvant d'eau considérable, la principale curiosité de Bâniyâs. La croupe de la montagne se termine ici par une paroi de roche calcaire mêlée de

406 JiouU 21. BANIYÂS. De Safeé

basalte et taillée à pie; cette coupe paraît être le r<^8ultat d'un phénomène naturel qui a presque détruit une grande caverne existant ici autrefois. Du milieu de la masse de quartiers de roche et de pierres de construction qui ohstruent l'entrée et qui cachent en grande partie la grotte actuelle, s^ écoule un gros ruisseau d'une eau limpide ; 11 est également regardé comme une des principales sources du Jourdain. C'est l'endroit où. était l'ancien Panium; Hérode y éleva un temple en l'honneur d^ Auguste. A la paroi du rocher, au S. de la grotte, on reconnaît encore quelques niches votives qui étaient autrefois à une plus grande hauteur au-dessus du sol. Celle qui est le plus au N., est grande et profonde. Au-dessus s'en trouve une plus petite, et il y en a quelques autres en forme de coquille. Au-dessus de la petite niche du H. se lit l'inscription «prêtre de Pan». — Sur le rocher s'élève un petit Ouéli (Cheikh- Khidr ou St-6eorges), d'où l'on jouit du panorama de Bâniyâs et d'un beau coup d'œil à l'O. sur les chaînes de montagnes.

Mais la vue est encore beaucoup plus belle du grand château de KaVai ea^Soubeibé au-dessus de fiâniyâs. On peut y aller avec les chevaux en prenant un guide ou les envoyer en avant sur le chemin de Damas à un endroit déterminé. Nous recommandons beaucoup l'ascension à pied de la montagne du château comme promenade du matin {i h.).

On sait un petit cbemin à TE., sans passer par an bosquet d'oliviers, mais en montant à dr. du bosquet. £n 10 min., on est au pied de la montagne. De là on monte par un petit bois, toujours dans la même direction , et Ton arrive au château en 1 b. Ce château, appelé autrefois KaFat es-Boubeibé, nom sous lequel il n'est plus guère connu aujourd'hui, est d'une étendue considérable et Tun des mieux conservés de la Syrie. Comme à la forteresse de Uounîn, on peut observer ici les styles de différents siècles. Il est bâti sur la croupe irrégulière et étroite de la montagne, qui est séparée de TUermon par le Ouâdi Khachâbé. Ces constructions suivent les irrégularités du sol et forment un ensemble de 240 à 300m. de longueur.de YE. à TU. sur 90m. environ de largeur à chaque extrémité, mais beaucoup plus étroit au milieu. A Tintérieur se trouvent des citernes, qui sont grandes mais un peu fangeuses. La partie S. du château est la mieux conservée j mais les ogives qui s'y trouvent sont une preuve évidente qu'elle date du moyen âge; un y a probablement employé de vieux matériaux. Les substructions se composent de pierres à refends et à bossages d*un très beau travail. A peu près au milieu du côté S., est un bâtiment que les Arabes appellent «2- Mehkéméy le tribunal. Il y a à l'extérieur de belles niches en ogive et dans le mur, qui eftt très épais, sont pratiquées de petites ouvertures à plein cintre semblables à des meurtrières. La voûte est supportée par un gros pilier. On remarquera les ornements des arcades en forme d'oreille. Il existe du côté S. plusieurs bâtiments en forme de tours plus ou moins bien conservés. — La partie S.E. de la forteresse est couverte de ruines. Les inscriptions arabes n'ont malheureusement pas encore été toutes recueillies; a plua forte raison u'a-t-on pas encore fait de fouilles à cet endroit. D'après ce que nous avons pu en déchiffrer à la hâte, ces inscriptions remontent au xiii^ s. et concernent, semble-t-il, une restauration du château. La partie E. du château , oh il y a quelques citernes, est plus haute que la partie G. et offre une vue d'ensemble de toute la forteresse. Cette partie E. est la citadelle proprement dite, qui était séparée de l'autre partie par un fossé et une muraille. C^est au X. que le château présente le coup d'ceil le plus remarquable. Le mur d'enceinte

à Damas. BIBKET ER-RAM. Boute 21. 407

B'est en partie écitoulé dans le Ouâdl el-Khachabé > taille à pic de ce côté (180-2l0m.)> La vallée boisée dans le bas et les hauteurs opposées de THermon, présentent un magnifique tableau. Il y a également à Tangle S.O. un précipice à donner le vertige, bien qu'il s^y trouve un escalier taillé dans le roc vif, qui toutefois n'est plus praticable aujourd'hui. C'est de là qu'on voit le mieux B&niyâs, le lac de Hoûlé et les hauteurs situées au delà du Jourdain. Au N.O. se montre le 'ch&teau d''ech-Chékîf (p. 472), qui fait pendant à celui de Bâniy&s, de mâme que celui de Uounîn à TO. Au S. s'étend le Djebel el-Hôch, la «montagne de la Forêt» ^ on voit les villages de ^Anfît et au-dessus Za^âré. Au S.E., 'Aïn- Kanyé; à l'E., les villages de Hazoûri et, plus loin, Djoubbâta. Cette vue est une des plus belles de la Syrie. l»'altitude est de 700m. au-dessus du niveau de la Méditerranée.

Du château, on peut rejoindre en 30 min. à l'E.S.E. la route de Damas, près de *Aîn er-Rihân^ en descendant par un chemin escarpé dans une vallée et en remontant un peu de l'autre côté. Ceux qui sont aUés au château à pied, comme nous l'avons conseillé, choisiront, pour remonter à cheval, ^Aïn er-Bihân, à 1 h. de Bâniyâs.

Pour visiter le Bir ket *er-Râm, on va de Bâniyâs à 'Aîn Kanyi en i h., en passant devant le Otiddt ZcfAri^ et on atteint le lac 1 h. après. De Cheikh 'OIAmdf» el-Haz&ûri (v. ci-dessous) par le MercU Yti/oûri, on met environ 1 h. i/z: il faut prendre un guide. Le Birket er-B&m est le lac Phiala mentionné par FI. Josèphe. On y plaçait jadis la source du Jourdain, parce qu'on croyait qu'il alimentait la source de Bâniyâs ; mais il y a longtemps que la chose est reconnue comme impossible. Le bassin profond du lue Phiala (patère) nommé ainsi d'après sa figure, n'est évidemment qu'un cratère éteint^ il a la forme d'nn cercle inéguiier de 3000 pas de circonférence et se trouve de 45 à 60m. au-dessous du niveau de la plaine environnante. L'eau en est impure et contient beaucoup de grenouilles et de sangsues. En allant du côté de Medjdel, au N.K.Ê., on arrive de nouveau, en 1 h. »/î? s^»' 1* route de Damas (v. ci-dessous).

De Béniifâ» à DJisr el-KhardéH (Sidon)^ v. p. 473-, à Hâsbéyâ, v. p. 474.

Db Banitâs à Damas (13 h. Vs)* — 0^ moate pendant 1 h. de Bâniyâs à la source 'Aïn er-Rîhân, près de laquelle se trouve le ouéli du Cheikh 'Oihmân el-HazoûrU Les versants de l'Hermon ont beaucoup de sources , mais les chemins couverts de morceaux iie basalte y sont mauvais. On monte pendant longtemps en vue du château de Bâniyâs, jusqu'à ce qu'on arrive sur un plateau, où l'on est au bout de 45 min. 18 min. plus loin, on traverse un vallon qui descend à dr. Là se trouve , au milieu d'une plantation de peupliers blancs , un moulin qui fait partie du village druse de Mtdjdel ou Medjdel teh'Cheim, situe à g. derrière une colline et qu'on aperçoit au bout de i/4 d'b. La rocbe volcanique commence à dominer à rapproche du massif escarpe de l'Hermon . Parmi les plantes, on remarque des myrtes pour la première fois.

Ensuite on arrive dans un autre vallon, et après être monté en*core pendant Ôô min., on parvient à un nouveau plateau nommé Merdj ei-Hadr. Il est en partie cultivé ; il s'y développe une flore magnifique au mois de mai. A g. se dresse la masse chauve de l'Hermon où l'on trouve encore à la Un de mai et en juin d'assez grandes quantités de neige, surtout dans les crevasses des rochers. Au bout de 35 min. on a à dr. quelques tas de pierres qui indiquent la situation d'un lieu anciennement habité. Les pierres sont toutes du basalte. 35 min. après ; on arrive à un beau point de vue: au

408 Rouie ^i. (;K£FR HâOUAB. DêSafed

S. et à TE. s'étendent une quantité de collines qui sont pour la plupart des cratères éteints. L'œil découvre pour la première fois la grande plaine qui est bornée à TO. par l'Anti-Liban ; vue un jour de soleil, elle ressemble à une immense mer bleue. La plaine de Damas est séparée de celle du Haourân par le Djebel el-Asouad (^montagne noire), situé à XE. Le Haourân développe devant nous sa grande et longue ligne de montagnes. Au fond de la plaine se voit le village de Kanètéra {jg. 410).

45 min. après, on commenee à descendre, et l'on atteint, 15 min. plus loin, le gros village de Beit Djtnn, qui est situé au débouché de deux, vallées entre des parois de rocber, dans lesquelles on remarque quelques grottes sépulcrales. On suit le cours d'un beau ruisseau à travers des plantations de peupliers. Ces arbres caractéristiques des environs de Damas, servent de bois de construction. Au bout de 12 min., on laisse à dr. un grand chemin et l'on suit le ruisseau en passant devant des moulins. Ce ruisseau, qui s'appelle dans cet endroit Djennâni, forme plus tard uqo partie Ile l'A'ouadj (Parpar). 15 min. plus loin, on quitte la vallée pour aller plus au N., en traversant quelques versants de l'Hermon et un terrain montueux. A dr. , dans le bas, le village de Mezra'a. On voit continuellement à g. la cime neigeuse de l'Uermon ; à dr. s'étend une belle plaine. 48 min. après, à g., le village de Hîné ; 1 h. 15 min. plus tard, on traverse une vallée et à 30 min. de là on est à Xefr Haoïuur, campement ordinaire entre B&niyâs et Damas. Le village est habité par des musulmans et renferme à l'O. les ruines d'un petit mais très beau temple caiffé de l'époque romaine ; on en voit des débris encastrés dane quelques masures. On ne peut pénétrer à l'intérieur qu'en passant par l'une d'elles qui s'y trouve adossée. Au-dessus du sol se trouvent 9 assises de pierres en partie à refends. Près de la maison, plus haut que la cascade, sur une hauteur, on a une belle vue sur la plaine, notamment sur les environs de Sa'sa' (p. 401).

Entre Kefr Haouar et le village suivant, BHîma , près duquel se trouve une tour de garde, peut-être un ancien temple druse, il faut toaverser le Ouâdi'Ami: on est dans le bas en 10 min.; le village de Bétîma (10 min.) reste à g. sur la hauteur. Pendant tout le trajet, on domine la plaine, qui n'est cultivée que partiellement. La route des caravanes passe par Katana. Au bout de 1 h. 10 min., on traverse le Nahr Barbar, nom qui rappelle celui de Parpar (p. 489). Les montagnes restent à environ 1 h. de distance sur la gauche. 1 h. 30 min. plus tard, ou atteint Katana (station télégraphique turque), qui est entouré d'arbres. A 2 h. de là, on a sur la dr. le village de Mou'addamîyé et l'on amve dans des vignes. On remarque déjà à cet endroit ee q«e peut produire 1# sol de Damas quand il est arrosé. A g. de la route sont les collines de KaUibat Mezzé, En 72^* ? on est au milieu de vergers; après thr. Kefr SoûaUf et 20 min. plus tard à la porte de Damas (p. 484).

à Damas. DJISR BBNAT YA'KOÛB. Boute 21. 409

D£ BfiTÎMA X Damas pab Dâsbita. — Un autre cbemin quitte la grande route à 20 min. environ au delà de Bêtîma (v. ci-dessus) et tourne plus à TE. à travers la plaine dans la direction de Textrémité N.O. du Djebel Asouad (Katana reste sur la gauehe). Là se trouve le village de 'ArMlz, qu'on atteint en 2 h. Vx> -^ de., sor la montagne, les ruines d'un château fort nommé Djaûné, Au bout de 22 min.; on arrive à un autre village. eUDJtdeidé^ près duquel commencent des jardins. A Va 11. de là, on voit à g. le village de Mtnfadé^amiyi (v. oi-dessus), à dr. Sdf» Berdi et él-Aehrafîyé'; 18 min. après, on atteint une grande route menant à Dâreiya et enfin en 15 min. cette localité elle-même. Dftreiya est encore assez important aujourd'hui comme au moyen âge. Les Francs pottssèvent leurs (incursions jusqu'à cet endroit, mais ils ne purent pénétrer plus avant à travers les nmrs de clôture des jardins de Damas. £n effet il est difficile de se reconnaître au milieu de ces murs de terre qui environnent de tontes parts des vergers dans lesquels de nombreux canaux entretiennent de magnifiques tapis de verdure. En 1 h., on est au village d'el-Kâdem , d'oii l'on aperçoit les coupoles de^ Damas, déjà assez raj»prochées. 20 min. plus loin, on se trouve devant la pûrte de DUUy BaouovéUtet Allah (p. 502). En dehors s'élève une nouvelle caserne ; il y a çà et là sur le sol des meules de moulin en basalte. U faut marcher V^ h. à travers la ville pour arriver à l'hôtel Dimitri (p. 484); il est plus agréable de faire le tour à l'extérieur. Les tentes se dressent ordinairement à proximité de l'hôtel, à l'O. de la ville.

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