II. ParXanétéra
20 à 21 h. Du château de Sa/ed (p. 397) , on descend au bout de 20 min. au K.E. , puis on tourne à TE. et l'on arrive dans le Ouûdi Fir'im. En 45 min., on est dans la partie inférieure de cette vallée ; an S. se voit le village A''el-Dja,^oûné\ le chemin se bifurque 2^ min. plus loin et Ton croise le chemin direct de Khan Djoubb Yoûsouf (p. 3%) à Bâniyâs. 15 min. après, on est aux ruines d'eJ-À'atona ; il y a ensuite 1 h. de chemin jusqu'à la descente dans le fond de là vallée du Jourdain, puis 15 min. jusqu'au
Djisr Benàt YaHcoûb, le «pont des Filles de Jacob», qui a probablement reçu ce nom à l'époque où les Juifs prétendaient voir dans la Galilée les différents lieux mentionnés dans l'histoire sainte, c'est-à-dire à l'époque de la dernière prospérité de Tibériade sous le régime juif. Jacob aurait passé ici, bien que cela soit en contradiction avec un passage de la Genèse (xxxii, 22). Il y a toujours eu ici sur la grande route des caravanes, «le chemin de la Mer» (via maris) du moyen âge, un gué où l'on traversait le Jourdain, mais l'époque où fut construit le pont est inconnue. Ce point par ou l'Egypte communiquait avec Damas et les contrées des bords de l'Euphrate, était non seulement important pour le commerce, mais encore au point de vue stratégique, surtout durant la domination des Francs. Le roi Baudouin III, se rendant à Tibériade après avoir secouru Bâniyâs, y fut surpris et battu par Koâreddîn. Baudouin IV y bâtit en 1178 un fort dont la défense fut confiée aux Templiers, m&is Saladin le prit d'assaut dès l'année suivante. Les restes peu considérables de ce fort sont à V* ^^b* ^^ ^^^^ du pont. Il est probable que la construction de ce dernier et la création du grand caravansérail sur la route sont antérieures au milieu du xve s. Il y a un kbân sur la rive g. du fleuve et des ruines sur celle de droite. Le pont composé de trois arches, est construit en basalte, et fut restauré pour la dernière fois sous Djezzâr-Pacha. L'armée française s'avança jusqu'à cet endroit en 1799.
Le Jourdain a sur ce point environ 2Ôm. de largeur; son cours est rapide et il est très poissonneux. Le pont est à 27m. au-dessus du niveau de la Méditerranée. Il croit sur les rives du fleuve des lauriers-roses, des zakkoûm (p. 278), des papyrus et d'autres arbrisseaux, ainsi que différentes'espèces de roseaux.
Au delà du Jourdain commence le district de DJÔldn^ Tancienne Qaulanitide^ ainsi nommée d'après la ville lévitique de Golan ^ qui ap-
410 Routé i^2. EL-KANÊTÉRA.
parieuait à la tribu de M ana^sé (Jos. xx, 8 ; I Chron. vi, 71). Ce district qui s'étendait jusqu'an Hieromax (Chérî'at el-Menadiré, p. 421) et formait une partie de la Pérée, appartenait à la tëtrarchié de Philippe. Arrivé sur la croupe des hauteurs escarpées de la rive g. du Jourdain (20 min.), on a une belle vue sur la vallée supérieure du fleuve jusqu''au lao de Tibériade, à Textrémité N.E. duquel on voit la plaine de Batiha. De là, on monte sur un terrain ondulé qui tantôt offre d'excellents pâturages, tantôt des plantations d'arbres. En 1 h. lô min., on atteint Namtaràn, village en ruine. Outre des Bédouins, on rencontre sur cette route des Turcomans, c'est-à-dire des Turcs nomades (p. 89). Ensuite on passe aux sources nommées ^Ayoûn es-Sémâm (1 h. 30 min.). On s'approche de T«ll Abou Khanzîr (colline du sanglier) qu'on laisse à dr. au bout de 40 min. ; c'est la première de ces collines coniques de basalte qui , courant du N. au S., forment le Dj&tel el-Héeh. Bientôt après, on est sur le grand plateau du désert de Syrie. <$0 min. plus loin, on remarque à dr. de la route un réservoir et à g. les collines dites Tell Yoûwuf et Tell Abou Nédi. Une bonne heure plus tard, on arrive à
El-Çanétéra, village qui est déjà situé à 926m. au-dessus du niveau de la mer et d'où une chaussée romaine conduit à B&niyâs. Il se compose d'environ 80 huttes et d'un khân qui est en grande partie en ruine. Cependant c'est l'étape la plus convenable de la route. On se gardera bien de coucher en plein air, car la rosée y est toujours très forte, ce qui est dû, sans doute, à la proximité de l'Hermon (Ps. gxxxiii, 3). Les Bédouins viennent volontiers avec leurs troupeaux dans cette contrée à l'époque des grandes chaleurs.
Histoire. — Kanêtéra est le centre d'un district qui porte son nom. A cet endroit, à T'E. du Djebel el-Hêch, commence le Djidoûr^ pays célèbre aussi pour ses pâturages. Faisait -il partie de l'ancienne Ituréef c'est fort douteux (p. 62), car on ne connaît pas bien la situation de celleci^ il ressort seulement des données des anciens écrivains qu'elle était située près du Liban. Les Ituréens devaient, dit-on, leur nom à Jétur, fils d'Ismaël (Gen., xxv, 15). Ils étaient souvent en lutte avec les Israélites^ ils sont dépeints comme une tribu pillarde qui infestait la route de Damas. Leur pays se composait surtout de pâturages. D'après cela, riturée devait être dans quelque partie du Djêdoûr actuel, mais dans tous les cas près de la Trachonitide (p. 422); toutefois les Ituréens se portaient aussi du côté du Liban et poussaient leurs incursions jusqu'à Tripolis. L'Asmonéen Aristobule les vainquit l'an 107 par son frère Antigone et les força à embrasser le judaïsme. Pompée les réprima et anéantit leurs retraites. II semble dès lors qu'on entendit par Iturée un pays entre le Liban et l' Anti-Liban. Plus tard, on trouve des Ituréens dans les légions romaines, même sur le Rhin supérieur, lorsque leur pays eut été annexé à la Syrie sous l'empereur Claude.
De Kanêtéra, on va ensuite au N.E. à travers une contrée découverte, au sol' fertile et dans laquelle il y a plusieurs sources. A dr., dans le lointain se voit la colline isolée dite Tell Hara. On a à g.. au bout de 2 h. '/s le khân en ruine dî'el-Khourêbé. 25 min. plus loin, on laisse à g., la colline Tell Doubbé, et l'on entre ensuite dans le bois de Chakkdra. En 2 h., on est à tin pont sur le ruisseau dit iiouçhanntyi -, puis on descend à Sa^sa*^ en 1 h., par la grande plaine du même nom. Le village, qui a un grand khân. est situé au pied d'une colline isolée, dans le Ovâdi el-Djenndni (p. 406). A 1/2 h. de là, on traverse le 'Aimi et Ton atteint un khân 1 h. V2 plus tard. Encore 1 h. 1/2 ^^ l'on est au village de Côeab^ qui est situé entre deux collines du DJibel el-Asouad. On voit de là les villages de la Ohoûta^ dans le bas ^ on est en 1 h. Vv à Dûreiya (p. 409) et enfin en 1 h. 20 à Damas.