De Jéricho à es-Salt et à Djérach
Pour avoir une escorte jusqu'à Djérach , on s'adressera à Jérusalem au drogman du consulat de son pays. C'est ordinairement le cheikh Gobelân mentionné p. 3ÔÔ qui accompagne les voyageurs, en temps de paix, moyennant 2U0 à 2ôO fr.
jSistoire. — Oalciad désigne dans son acception la plus large , tout le pays qui s^étendait au S. du Basan proprement dit (capitale, Kdréi et Achtaroth) jusque vers TArnon. Cette contrée montagneuse était divisée en deux par le Jabboc, aujourd''hui Ouâdi Zerka (Jus. xii, 2). Dans le sens le plus restreint, «Qalaad» désignait, comme aujourd'hui, quelquesunes des hauteurs les plus considérables du Djebel 'Adjloûn. — Ce pays était couvert de pâturages et possédait de beaux troupeaux; il est boisé sur le versant occidental et surtout au N.O.: l'abondance de l'eau et de fortes rosées le rendent très fertile. Lorsque ies Israélites arrivèrent dans la contrée, le pays de Galaad était partagé entre Og, roi de Basan, et Sihon, roi des Amorites; ils avaient pour frontière le Jabboc (Juges XI, 22). Les deux souverains furent vaincus. Les tribus de Ruben et de Gad et la demi-tribu de Manassé vinrent s'établir de ce côté. Les Amorites, à l'E. et au 8., inquiétèrent beaucoup ces tribus-, Saul dut marcher au secours de la ville de Jabès (I Sam. xi). D'un autre côté, des fugitifs de rO. du Jourdain gagnèrent souvent les montagnes de Galaad; c'est là que se retira Isboseth, ûls de Saiil, et que se réfugia David, poursuivi par son fils Absalon. Le pays appartint plus tard au royaume d'Israël, et il souffrit beaucoup de Tinvasion d'Hazaël roi de Syrie (IV l&ois X, 32, 83). Après le retour de la captivité, des Juifs y vécurent au milieu d'une population païenne supérieure en nombre. Alexandre Jannée fit plusieurs fois la guerre pour s'emparer de Galaad. L'influence romaine commença à s'y affermir sous Hérode I^' et sous Hérode Antipas son successeur, comme le prouvent les nombreuses ruines romaines de cette époque. — Les Bédouins savent bien apprécier la valeur de ce pays riche en pâturages; ils l'ont occupé presque en entier et il n'y reste plus que fort peu de terres en culture.
Db Jéricho à bs-Salt (7 b. 1/4). — Il y a 1 h. 72 de chemin jusqu'au bac du Jourdain près du Ouâdi en~Naouâ'imé: on paie pour le passage 1 piastre par homme et par cheval (v. p. 326). Au delà, la route des caravanes conduit directement par l'E.N.E. à es-Sal^ en passant d'abord entre des tamarlscs et des acacias. Au bout de 2ô min., on quitte le large bassin du Jourdain, on atteint 15 min. plus loin un sol bien arrosé, et Y2 ^- ^P'^s la colline de Nimrin. Ce lieu correspond à Tantique Beth Nimra ou simplement Nimra de la tribu de Gad (Jos. xiii , 27 ; Nombres XXXII, 3, 36). C'est probablement ici qu'il faut chercher les eaux de Nimrim de la prédiction contre Moab (Is. xv, 6). Entre les ruines se trouve un tombeau sur lequel est représenté un homme à cheval avec une épée. (D'ici à 'Arâk el-Emîrj p. 326.) Notre chemin remonte le Ouâdi ChcCib ou Nimrtn ; on atteint une source en 1 h. 20 min.; 25 min. après, on laisse la vallée à g.; on marche vers le N. Ë. par un pays montueux ; on a à g. au bout de 1 h. , sur une hauteur , Néhi Cha'îb (Chou'aïb , diminutif de Oha'îb, est le nom de Jétro dans le Koran). 45 min. plus loin, à g. , la source 'Ain Hazeir^ et au-dessus un khan. Il y a encore 35 min. de chemin jusqu'à
Bt-Sal^. — Histoire. Il n'est pas encore prouvé d'une manière précise qu'es-Salt soit la ville antique de Ramoth-Oalaad^ qui selon Busèbe, était située à' 15 milles romains à FO. de Philadelphie CAmmftn, p. 323).
412 Route ^^, ES-SALT. Ve Jéricho
Es-Salt est mentionnée comme ville panni les aièges épiscopanx, avec Pétra et d'autres. Ce nom vient peut-être du mot latin saltùs (montagnes boisées). Ce lien fut mieux connu au temps des croisades, lorsque Baladin se fortifia dans le pays situé & VE. du Jourdain. La forteresse fut diétruite par les Mongols , mais rebâtie peu après par le sultan Bîbars, au xiii« s.
Ës-Salf est le chef-lien du district de Belkâ et comme tel , la. résidence d*un gouverneur turc de troisième rang (kaîmma^âm). Grâce à leur esprit guerrier, les habitants ont su conserver uite certaine indépendance jusqu'à une époque très rapprochée de nous. Les Arabes musulmans (de 300 à 400 familles) et les chrétiens (environ 80 familles grecques, catholiques et quelques-unes protestantes) vivent en bonne intelligence et dans une commune aversion pour les Turcs. Comme à Kérac , ces villageois ont ici dans leurs mœurs, leurs usages et leur langage beaucoup de rapport avec les tribus nomades. La ville est située à H3om. au-dessus du niveau de la mer et jouit d'un climat sain. Outre Tagriculture, l'industrie y prospère quelque peu. On y fabrique des chapelets avec différentes espèces de bois dur. Le marché est très fréquenté par les Bédouins. Les champs sont loin de la ville; on y cultive beaucoup le sumac qui s'exporte pour la tannerie. Les habitants sont hospitaliers.
£s-Salt est située sur le versant d'une montagne couronnée par
un château fort qui n'a rien d'intéressant, excepté quelques vieilles
snbstructions. Au S. de cette hauteur, tout à fait au pied de
la montagne se trouve une source sortant d'une grotte dans laquelle
il semble qu'il y ait eu une église creusée dans le roc; on y trouve
encore des restes de sculptures et une galerie conduisant au-dessous
dans une grotte artificielle. Les montagnes des environs d'es-8al(
offrent beaucoup de traces de grottes sépulcrales. £n face de la
grotte mentionnée ci-dessus, du flanc d'une colline, sort la célèbre
source de Djedoûr, qui arrose des jardins luxuriants contenant des
figuiers, des grenadiers et des oliviers. Au sommet de la colline
(au S., en face du village, à 15 min. de distance), s'élève une
chapelle qui est un lieu de pèlerinage. La vue qu'on a de là s'étend
surtout au S. sur la contrée de 'Amman (p. 323).
De ^Abâk el-Emîr (p. 324) À es-Salt (5 h. 40 min.). — Du ruisseau eB-Sîr (p. 325), on gravit la hauteur à TE/bien au-dessus du Ouââi el-Bahai (p. '326) et à dr. des rigoles servait à diriger dans les champs Teau 'de cette vallée. A 1 h. lô de distant, une seconde vallée j le Ouadi el-Ba^t est à dr.; on remonte à g., au N.E., le Ouàdi Echta^ à travers un bois de chênes (balloût). En 15 min., on est à une source; plus haut, la vallée est une prairie sans eau, entourée de hauteurs boisées. Après avoir marché 1 h. à TE.K.E., on atteint la source Sils Ifoutafa ; puis on tourne à g. (K.) pour sortir de la vallée et arriver sur un plateau, ô min. après, on voit de vieux sarcophages. A g., KMrbet Sâr, peut-être la même localité que Jàéser en Oalaad (Nomb. xxxii, i), qui appaitenait à la tribu de Gad et était une ville lévitique (Jos. xxi, oO). Elle fut plus tard en la possession des Moabites (Is. xvi, 8), puis des Ammonites CI Macc. v, 8) et fut assiégée par Judas Maccabée. — Plus lein au N. on traverse une plaine; au bout de 45 min., à dr., un étang et KkMnei Omnm •ê'Sémae; a g., Khivbéi el-Cour$ii 5 min. après, à dr., Birket Oumm el-[Amoûd. Ensuite on remonte le fktâdi Daboûe; on voit dans V'h. à g., sur la hau-
à Djeraeh. NAHR ZERKA. RouU 22. 413
teur, Khirbet Daboûc; 10 mia. après, la vaUëe se rétrécit entre des collines boisées (DJébei Hémér)\ on atteint le col en lÔ min. et à 15 min, de là on descend par nn chemin escarpé à 'Ain Hémdr. Traversant le plateau où il se trouve, on est en 20 min. sur la croupe d'aune montagne, oii Ton a à g. une profonde vallée, à dr. la plaine de Betch^ (v. ci-dessous). Après avoir suivi cette croupe durant 15 min., on arrive en 8 min. à une source nommée Stifou et en 20 min. au bord du Ouâdi Saîdoûn^ où Ton rejoint le chemin de 'Amman à es-Salt, à V4 d'h. de cet endroit.
De 'Amman A e8-Salt (5 h.). — Montant au N. du château (p. 324), on arrive en 10 min. aux* ruines d''un bâtiment (haut pilier d'encoignure) et 15 min. après à Ridjm el-Anébidé; puis on longe le bord occidental du Ouâdi en-Nouêdjis^ au N.O. Au" bout de 30 min. environ, à g., Khirhet Brikké; 5 min. au delà, du même côté, RùiUm el-MelfoUea'^ on franchit une petite croupe de montagne, et Ton atteint en 30 min., à dr., KMrbet Djoubéhât (Jogbéha dans le livre des Ifombres, xxxii, 35). 15 min. après, on descend la vallée à TO.; à 10 min. de distance, le îdt» SonouêUhy près de la vallée du même nom; à 15 min. de là, Khirbet es-Sâ/oûi, avec des restes massifs de grands blocs de pierre provenant d^un vieux temple. 10 min. plus loin, une source; puis on descend le Ouâdi Harba-^ on arrive aussi en 10 min. dans la grande plaine de Betché^^ et Ton en traverse la partie S. en Vz ^••> laissant sur la droite Khirbet Utn el-Bâcha. Au K. se voit la croupe à^et-Kamcha. La plaine était un ancien lac dont les eaûx se sont écoulées au'N. dans le Zerka, par le Ouâdi Tananîyé, à 1 h. de distance. Cette plaine est en grande partie inculte. (Il y a un chemin plus court au N.O.) Ensuite on est en 10 min. sur la hauteur à TO. ; 5 min. après, on voit à dr. du chemin le petit étang dàiBirlet Taoula^ à 2 min. de là, à g., Khirbet Abou Tin, Puis, traversant le plateau, on aperçoit un autre petit étang (27 min.); on descend dans le Ouâdi Saîdoûn (10 min.), on rem»Âte par un ohemin à pic (10 min.); on franchit des hauteurs rocheuses à 2o min. de là (à g., le commencement du Ouâdi EzrâJç)'^ on descend en 13 min. du Djebel \AmHyé dans .une vallée étroite; on atteint en 12 min. la vallée principale, le Onâdi ChaHb^ et Ton est en ô min. à es-Sàli.
De NâbouUnu à es-Sall^ p. 355.
D'bs-Salt 1 Djb&Âch (8 hOt on monte directement par les
monts de Galaad (^D^ébel DjiVad'), où la route est pierrense. Les
vallées y sont presque toujours couvertes d'une belle verdure; il
y croit beaucoup de chênes et de pins. Le Dj^el 'Ocha (p. 356)
reste sur la gauche. En 1 h. environ, on atteint Khirbet Zéiy où
se trouvent quelques constructions et des colonnes brisées; en
1 b. Yî) 'Allân^ où 11 y a une source et un certain nombre de
grottes sépulcrales. A g., la ruine de DJaloûd; au bout de ^2 -h*»
à quelque distance à dr., celles de Chihân; 45 min. après, du
même côte, sur une hauteur, celles de 'Aldcoûni^ et l'on descend
en V2 ^« *^ hord du Nahr Zerka,
Histoire. — Le Zerka (rivière bleue) est le Jcibboc de TAncien Testament; il en e6t question à propos de Témigration de Jacob en Palestine (Oeb. xxxit, 23). 11 formait la frontière septentrionale des Ammonites et fut plus tard celle qui sépara le royaume de TAmorrhéen Sihon (d'où dérive, peut-être, le nom^ des ruines de Chihân) de celui d"'Og, roi de Basan. Le Jabboc est mentionné comme divisant en deux leLj>ays de Galaad. Dans un sens plus restreint, ce paya était la contrée 8^ten> dant-sur les bords du Jabboc^ un petit district an S. de la rivière porte encore aujourd'hui le nom de Djebel Djil'ad (v. ci-dessus).
Les rives du Jabboc sont couvertes de lauriers-roses. 11 est
assez considérable comme cours d'eau et il est souvent difficile de
le traverser \ l'époque des pluies. En montant de l'autre côté, on
atteint en 1 h. Bemtaj aussi dans une eontrée boisée ^ 1 fa. après,
414 Route 22. DJÉEACH. De Jéricho
Dibbîn, et 1 h. 45 min. plus loin (dolmens à remarquer, comp.
p. 122"), on arrive à Djéraoh ou Oérasa f536m. d'altit.}.
Histoire. D*" après rhistorien Josèphe, Gérasa était une ville de la Décaoole de Pérée, où demeuraient aussi quelques Juifs. Alexandre .Tsmnée s''en empara; plus tard, elle est mentionnée parmi les «villes de TÂrabie». Sa prospérité date des premiers siècles de notre ère; ses édifices remontent au temps des empereurs du ne et du xii® s., c''est du moins ce quMl faut conclure de la pureté de leur style. Au ive s., Gérasa comptait encore parmi les villes les plus grandes et les plus fortes de VÂrabie. Il y passait une grande voie romaine. Au temps des croisades, il est parlé d''une expédition de Baudouin II en 1121 contre Gérasa, où le «roi de Damas» avait fait bâtir une forteresse. Yakoût, le géographe arabe (commenc. du xiiie s.), décrit Djérach comme une localité délaissée où il n^y avait plus que quelques moulins sur le bord de la rivière. Il est à peu près certain que cette ville fut ruinée à Tépoque de Tinvasion des Arabes. Ce ne sont probablement pas les hommes, mais le temps et les tremblements de terre qui lui ont donné sa forme actuelle. On y est, comme ailleurs, frappé de surprise en voyant jusqu"'à quel point rinfluence romaine avait agi sur des villes du reste peu connues.
Une partie du terrain où sont les ruines est cultivée par les paysans du village de Soû/^ situé à 1 h. au N., et par d''autres à demi Bédouins. Pour bien voir les choses, il faut plus d'une journée. Le meilleur endroit pour dresser la tente est dans la partie supérieure de Tancienne ville.
Les ruines sont dans la vallée dite Ouâdi ed-Deir, sur les deux rives du Kerouân ou du «ruisseau de Djérach», dont les eaux abondantes se jettent dans le Zerka. Le ruisseau est aussi bord^ de lauriers-roses, la seule verdure que présente la contrée. La rive dr. est plus liante et plus escarpée que la rive g. , et la surfaoe plane de la première était plus étendue que celle de Tautre; aussi est-ce sur la rive dr. que se trouvent tous les édifices remarquables. Les murailles de l'enceinte, dont une partie existe encore, s'étendent sur les versants qui fotment le bassin de la rivière ; elles avaient de 4 à 5 kilomètres de développement. La valWe semble fermée au N. et ouverte au S. ; elle n'offre pas de vue ; on remarque seulement, sur une des collines environnantes, un lieu de pèlerinage nommé Mezâr Abou Bekr,
On commence la visite par le S. Les décombres de bâtiments et monceaux de grosses pierres de construction s'étendent, il est vrai, à une grande distance au S. de la porte (environ */2b."), mais les ruines' des malsons et des tombeaux qui s'y trouvaient n'offrent guère d'intérêt comparées aux édifices publics qui existent encore. Ceux-ci commencent par une porte monumentale à trois baies, bien conservée, qui ressemble à un arc de triomphe. La longueur totale de la façade de cette porte est de 2ôm. 30, et la hauteur de Varc central, de 9m. Au-dessus de chacune des deux petites portes latérales se trouve une niche carrée ressemblant à une fenêtre et supportée par des consoles en saillie. Le vestibule est profond. L'arc du milieu menace ruine. Cette porte présente une particularité, c'est que les colonnes qui encadrent la face méridionale ont sur la base, au bas du fût, un appendice en forme de oalloe et à feuilles d'acanthe. Ce détail joint au fait que U porte est à trois b^es, est un Bij^ne que ce monument ne peut être antérieux
àDJérach. DJÉRACH. Bouta 22. 415
i l'épnqiie da TfsJaii. — A g. de cette (wrte, un grtud bassin d'environ IlOra. de long et 90 de Isrgn, Des décombres eu ont eih&uBs£ le fond qui est cultivé. C'étsit une noumucAIe ou thtfjktie pour les combata ii&vale, comme on le reconnaît enceie aux mdbux bien conservda qui y amenaient l'eau, de la 'livièie. On lematque
uD certain nombielde rangées de gradins. La mafounerie du bassin est Me» talte et offre dane le haut une déaoïation on forme de coutosne. Il semble qu'une partie de la nécropole de la ville ritait (UT le versant de la colline, an N.O. de oette nanmaolite ; on y rencontre des aarcophages en baaalle noir, bien travaillas et ornementés.
I<es antiquités dgut nous yenous de parler dont eji dehors de '
416 Boute 2^. DJÉRACH. DeJérieho
poite proprement dite de G^tasa, qtii est à peu près détruite, mais qui très probablement ressemblait à celle que nous avons décrite ci-dessus. La ligne des murs se r«ttaclie évidemment aux deux côtés de la porte de la ville. A quelques pas àTO., sur «ne colline se trouvent les ruines d^un temple qui dominait toute la ville. Les murs ont 2 m. 40 dVpaisseur; ils ont des niches à l' extérieur et des fenêtres. 11 ne reste du péristyle qu'une colonne à Tangle S.E. ; mais on reconnaît bien les bases des colonnes qui étaient à 2m. 40 de la oella , et dont les débris sont épars sur le sol. Les tronçons de celles de la double colonnade corinthienne qui ornait rentrée, gisent aussi sur le versant de la colline et ses légers ressauts en forme de degrés. La porte du temple a 4 m. 50 de largeur. Ce qu'il y a de mieux conservé, c'est le côté g. du mur de la cella, tandis que celui de dr. , le mur de devant et celui de derrière sont en grande partie détruits. Le toit, en pierre, s'est également écroulé. Les murs sont construits en bel appareil. Les piliers qui existent encore n'ont plus leurs chapiteaux. Dans le haut court une corniche simple et peu saillante. L'ensemble de l'édlftce est d'un style noble; il a environ 21m. de long sur 15 de large. Il y a une porte latérale à l'angle N.O., près d'un pilier corinthien.
Un grand *théàtre se rattache au côté 0. de oe temple; il s'appuie contre le mur d'enceinte de la ville , mais il est ouvert du côté N. , de sorte que les spectateurs avaient * un coup d'œil magnifique sur les monuments de la cité. On compte 28 rangs de sièges, mais il se pourrait qu'il y en eût plus encore d'ensevelis sous les décombres. Une galerie en hémicycle divise ces gradins en deux parties ; elle est elle-même bordée d'une série de loges, au nombre de huit. On arrivait à cette galerie de l'extérieur par des couloirs voûtés pratiqués sous les gradins supérieurs. De la rangée Inférieure, trois escaliers conduisaient aux divers sièges et sept escaliers aux sièges qui se trouvaient au-dessus de la galerie. Il y avait au sommet une seconde galerie formant un hémicycle de 120 pas de développement ; elle n'existe plus en entier. L'acoustique de ce théâtre est excellente. Le proscenium qui était décoré avec beaucoup de luxe s'est malheureusement écroulé. Le mur de ce proscenium tourné du côté des spectateurs était percé de trois portes , dont celle du milieu était carrée et les autres cintrées. Des deux côtés des portes et le long de la face intérieure de ce mur, courait une rangée de colonnes corinthiennes , entre lesquelles étaient des niches richement ornées. Il y avait aussi des portes latérales , dont celle de l'O. existe encore , et d'autres donnant sur des corridors qui descendaient sous le thé&tre et servaient probablement aux acteurs. Ce théâtre pouvait contenir environ 6000 spectateurs ; il est très remarquable à cause du bon état de conservation dans lequel sont encore les gradins.
De là, on se dirige au N. vers un hémicycle de colonnes. On remarque de ce côté quelqjeies réservoirs et des ruines. Les colonnes
àDjéraéh. DJÉKACH. Route 22. 417
entourent un forum qtA ^tait peut-être ouvert au S. Le diamètre de ce forum est d'environ 1^0 pas. Le pav^ existe encore eu maint endroit. Il reste Ô8 colonnes debout, avec une grande partie de Tentablement. L'ensemble est grandiose et rappelle presque la place de St-Pierre à RomOi. Il y a à g. ou à l'O. deux groupes de 23 et de 4 colonnes ; à dr. , deux autres de 18 et de 13 ; dans les intervalles, il en est de renversées. Toutes ces colonnes ont des chapiteaux ioniques.
Au N. de oe forum commence une oolonnade qui traverse toute la ville et présente un coup d'œil imposant. Bien que les colonnes dont les bases ne sont presque nulle part visibles, s'enfoncent dans le sol, et que leurs fûts paraissent en conséquence un peu lourds, elle ne le cède guère à la grande oolonnade de Palmyre. II. y en a aussi un certain nombre d'abattues , probablement II la suite de tremblements de terre. En maint endroit les commotions ont dé« rang^ l'entablement ; ailleurs, les tambours qui composent les colonnes ont seuls été déplacés ; ailleurs encore, ils gisent alignés parallèlement sur le sol et semblent attendre une main qui les relève. Plusieurs de ces colonnes sont encore si bien conservées qu'il faut y regarder de près pour apercevoir les jointures. La distance qui les sépare les unes des autre^ est de 4 m. 50, et la rue, dont le pavé est encore visible par places , est à peu près de même largeur. La hauteur des colonnes, sans l'entablement, est aussi en moyenne de 4m« 50, mais il y en a qui sont beaucoup plus hautes, de sorte qu'il faut supposer qu'il y avait dans le haut, comme à Palmyre, une galerie ouverte et derrière les colonnes, une colonnade sur laquelle donnaient les entrées des maisons. Les différences de style dans cette oolonnade indiquent qu'elle date d'une époque relativement assez récente et que toute la série a été érigée au moyen de matériaux déjà existants. On voit encore une centaine de colonnes entières debout dans cette rue principale , les parties inférieures de beaucoup d'antres et au moins des fragments Âe la plupart d'entre elles.
Les colonnes, de même que toutes les constructions de Djérach, sont en pierre calcaire des environs, on n'y trouve que fort peu de basalte et de matériaux précieux.
Il reste plus de colonnes du côté g. que du côté dr. de la rue* Après la treizième à g. , il y en a de chaque o6té quelques-unes qui sont plus élevées. L'extrémité des architraves des petites s^appuie contre les fûts des grandes. Il y a derrière les colonnes quelques restes de murs. Bientôt on arrive & une petite place où sont quatre piédestaux énormes, sur lesquels jadis s'élevait sans doute un iétrapyle voûté (p. 126). Ces bases, aujourd'hui cachées sous des broussailles, s'élèvent à 2m. du sol et ont des niehes qui ont dû être destinées à des statues. La rue transversale qui passait & cet endroit était aussi bordée de colonnes de part et d*autre; on en voit encore, à g., d'abord une seule, puis 2 et en-*
418 Routé 22. DJÉRAOH. De Jéricho
suite ô en face les unes des antres ; la me descend à dr. (11 eoloQnés debout à dr. et 5 à g.) veis un large escalier et un pont sur le ruisseau. Ce pont se compose de trois arches, dont celle du milieu est 1a plus grande ; il est très solide, mais un peu endommagé. Un aqueduc traverse le ruisseau près de ce pont.
Continuant à suivre au N. la rue principale, on rencontre 7 colonnes à dr., puis 7 à g. et ensuite d'autres plus grandes, 2 & dr. et 3 à g. Du côté g. de la rue est un bâtiment qui présente encore une colonne corintbieane. Il a une tribune très bien conservée ; au^-dessus des trois fenêtres rondes et de deux carrées qui ont été murées, court une comicbe à frontons brisés dont l'exécution est des plus riches. L'intérieur de l'édifloe est rempli de grosses pierres de taille qui gisent péle-méle. — Plus loin , aussi à g.- de la rue, se tTOUve un mur qui a fait partie d'un bel édifice. La première colonne à g. porte une inseription. Puis, toujours à g., d'abord 3 colonnes et ensuite 1 ; après, 2 à g. et 2 à dr. , se faisant face. Du oôté dr., une rangée de colonnes entre deux murs. 11 y avait à cet endroit un temple dont l'abside existe encore; il était sur la même ligne que le grand temple (v. ci-dessous). Au-dessus et derrière l'abside est une voie descendant à un pont qui n'est plus praticable aujourd'hui.
Du côté g. de la rue sont les ruines grandioses de propylées dont il n'existe plus que la partie antérieure. La grande porte dont l'architrave s'est écroulée , est flanquée de deux niches aux frontons brisés richement ornés. Il semble qu'il y ait eu un palais au N. de ce point.
Le grand temple» qui était probablement dédié au Soleil, était le plus important des monuments de Gérasa. La partie principale forme un parallélogramme de 24 m. de long et 20 m. de large; il occupe le haut d'une assez grande terrasse , avec sa façade tournée à l'Ë. L'intérieur de la cella est en ruine et plein de décombres ; les murs , sans ornements , existent de trois côtés. Dans les murs latéraux , se trouvent six niches d'une hauteur assez considérable, et dans celui du fond, un eouloir voûté avec une petite chambre ob- «Gure de chaque côté. A l'extérieur du mur, du côté de la façade, se voient encore les restes d'une niche. Le temple était périptère, c'est-à-dire entouré d'un rang de colonnes. On montait par dea degrés au portique , qui se composait de trois rangs de eolonnes corinthiennes colossales; d'abord cinq, dont l'une est renversée; puis quatre encore debout, et ensuite quatre autres, dont deux •seulement sont debout. Ces colonnes, hautes de 12 m. et de 1 m. 80 de diamètre , sont les plus grandes de Djérach : elles rappellent comme du reste tout l'édifice, le temple du Soleil de Palmyre. Elles sont plus anciemies que celles de lagranderue, car les feuilles d'acanthe des chapiteaux sont extrêmement belles et les blocs de pierre dont se composent les colonnes , sont parfaitement joints. Ce temple était au milieu d'une vaste cour (atrium) entourée de
àVjérach, pJÉRACH. Jl^ovié 22. 419
eolonnes en très grand nombre ; on en voit enooie quelques-nnefl entières ainsi qu'une quantité de bases et de fragmeiUs. Le mur d'enceinte de la ville passe non loin de là à TO. Il sem.ble qu'il y ait eu au S.O. quelques autres tewples beaucoup plus petits et peut-être aussi une église ; on n'y voit toutefois que quelques colonnes et des restes de voûtes enfoncées dans le sol.
De ce grand temple , on jouit d'une belle vue. Au-dessous et plus au N., est un second théâtre ^ plus petit que l'autre, décrit oidessus } mais dont la scène est cependant plus grande* Il est tourné au N.£. et il a 16 rangées de gradins. Entre la dix.ième et la.ons^ième, à partir du haut, se trouvent six arcades, accompagnées de niches de deux en deux. Les gradins ont un grand développement ; sous le plus bas il y a des obambres voûtées et sombres. Le proscenium est couvert de décombres et d'herbe ; il était placé très bas et orné de colonnes isolées. On voit de la scène les colons nés du grand temple s'élever au-dessus des gradins supérieurs. L'ensemble de ce théâtre fait supposer qu^il n'était pas destiné aux représentations dramatiques, mais à des combats d'animaux et de gladiateurs.
Ce théâtre était relié à la rue principale par une petite rue bordée aussi de colonnes (il en reste trois), et il y avait également au point où les rues se croisaient un tétrapyle, encore existant, carré à l'extérieur, mais rond à l'intérieur, avec une coupole aplatie. Cette rotonde était jadis ornée de statues. Une voie partant d'ici descendait aussi Jusqu'à la rivière. A dr. ou au S. sont les ruines d'un très grand bâtiment carré (environ 60 m. de côté) destiné sans doute à des bains , car il communique avec un aqueduc. L'entrée principale était voûtée. Sur le devant, des traces d'une colonnade. Au N. et au S., des ailes carrées et voûtées avec dés entrées latérales. L'intérieur comprenait une série de grandes salles.
La rue à colonnade se prolonge encore plus loin au N. On y remarque surtout à g. (0.) une rangée de colonnes ioniques avec leurs architraves; à dr., il n'en reste que deux. De la porte N. de la ville, on a le plus beau coup d'œil sur cette partie N. de la colonnade. Cette porte est elle-même fort simple. On peut très bien suivre ici le tracé du mur d'enceinte là où il franchit la rivière. Un bâtiment oblong en deçà de la porte , à l'O. , semble avoir été un corps de garde.
Sur la rive g. (£.) du ruisseau, il n'y avait qu'un petit nombre d'édifices publics. La colline fait ici un écart d'où résulte une plaine plus étendue qui au printemps se couvre de verdure. Un bâtiment qui subsiste encore à l'extrémité N. était un temple , mesurant 6ô pas de côté; il ne reste plus qu'une partie des murs, une porte voûtée et une des colonnes de l'intérieur. A en juger par les restes, les sculptures étaient remarquables. — Plus au S., près d'une source^ se trouvait, semble-t-il, un bel édifice avec des autels. Une partie de l'eau de la source coulait dans le ruisseau, l'autre était
420 Route 22, DJÉftACH. De Jitwho
conduite à la naumachie pai un grand aqueduc. Il y a aussi des restes de colonnes, le long du ruisseau. Au delà du pont supérieur sont les ruines d'un grand établissement île bains ou , ce qui est plus probable, d'un earavansifai. I^e sol est de même ici jonche de tronçons de colonnes; certains fragments sont cannelés et d'autres unis. Le mur d'enceinte passe de ce côté, à l'E., sur le sommet de la colline, qui est couyerte de ruines de maisons. Plus loin, en dehors, se trouvait un cimetière, près duquel l'auteur a découvert les ruines d'un bâtiment avec une croix. C'est du côté N.E. de la ville que le mur d'enceinte est le mieux conservé. 11 redescend de là en faisant une grande courbe vers le ruisseau et la porte du S.
Le cheikh Qobelân confie ordinairement les voyageurs qui vont plus loin au K. au chef du village de Soûf. Celui-ci est un homme importun, insolent et vulgaire, comme on peut le lire dans les témoignages de voyageurs, qu'il montre avec beaucoup d''ostentation. Il cherche aussi habituellement à extorquer un bakhchîch supplémentaire. Gobelân nous demanda à Djérach toute la somme convenue pour le trajet, mais il se résigna à n'en recevoir qu'une partie lorsque nous lui eûmes déclaré que nous voulions payer nons-même à la fin du voyage, au cheikh de Soûf la part qui lui revenait.
I)k Djérach à Hzêrîb iHaouràn; environ 9 h.). — On passe sur la rive g. du ruisseau et Ton 'suit d'abord le côté dr., puis le côté g. du Ouûdi Medjêr au N.E. La contrée devient de plus en plus boisée. Il y a de Djérach à Cafcafa des traces d'une voie romaine qui allait directement, dit-on, sur Sououêda (p. 436). On rencontre beaucoup d'oiseaux bleuâtres, deux fois plus grands qu'un pigeon. On atteint en 2 h. la croupe du mont 8lêm et en '/4 d'h. le sommet du Djebel Cafcafa^ dans le bas duquel sont les quelques raines insignifiantes de Cafcafa. Le regard embrasse le Djebel 'Adjloûn couvert d'une magnifique verdure et s'étend au S. 8.0. jusqu'à Djérach. A l'Ë., la steppe ez-Zouottét^ plaine sans eau et de couleur rougeâtre*, au N.E., le mont Zoumli et les cimes bleuâtres du Haourân. Puis on descend entre des hauteurs boisées (chênes, pistachiers et amandiers sauvages) dans le Ouddi Ovarrâi, Au bout de 2 h. '/4, on arrive aux ruines de Dehdma, et l'on continue tout droit par la plaine de Hagou. A g., le village A^el-Houm-^ à dr., dans le lointain, KaVat el-M^rak; en face, les longues collines de la Zoumlé (il semble qu'il *y ait un chemin plus court conduisant à Mzêrib par el-J^ouçn). En 2 h., on est à er- Remthé, gros village habité par des paysans fanatiques, sur la route suivie par les pèlerins allant à la Mecque. Au K. de ce village, le chemin est traversé par un vieil aqueduc. On passe au delà d'er-Bemthé par Tourra (1 h. Vs) et par le Ouddi Zêdi (40 min.), vallée où il n'y a généralement pas d'^eau et dans laquelle on va toujours tout droit vers le N. Puis vient Mzêrib (40 min.^ v. p. 426); de là, il y a 2 h. jusqu'à Der'ât (p. 429).
Db DjrftRAOH À Mké8 (environ 10 h.). — Pour aller de Djérach à Mkês en un jour, il est bon de coucher à Soûf, situé à 1 h. Vs ^^ N.K.O. li y a 3 h. >/2 de chemin de là à Tibni, puis 2 h. 3/4 jusqu'à Tatyibé et 2 h. Vz jusqu'à Kkés.
Histoire. — Mkês occupe l'emplacement de l'ancienne Oadara^ ville de la Décapole .qui passait pour être la capitale de la Pérée. Alexandre Jannée s'en empara après un siège de dix mois. Pompée la releva à la prière de son affranchi Démétrius qui en était originaire; elle avait un sanhédrin. Auguste donna la ville à Hérode le Orand et la rattacha après la mort de celui-ci à la Syrie. Gadara fut surtout habitée par des païens. Les Juifs l'attaquèrent pendant la guerre de Judée, et Vespasien s'en empara. On y trouve beaucoup de monnaies autonomes de l'époque impériale. Plus tard, Gadara fut le siège épiscopal de la Palestine seconde. Elle était célèbre pour ses bains excellents. Son nom antique s'est conservé dans celui des cavernes de «Djadoûr»; les géographes arabes mentionnent le nom de Djadar (Gadara).
à Djéraeh. MKÊS. Boute 22. 421
Mkês est situé à 370 m. d'altitude, sur Textrëinité occidentale d''une crête àe montague entre la vallée du Yarmoûc au N. (v. ci-dessous) et le Ouâdi 'Arab au S. En venant de TE., on rencontre d'abord des grottes sépulcrales. Il y a une quantité de beaux sarcophages en basalte sur les versants de la montagne. Ils sont richement ornés de guirlandes de fleurs, de bustes d'Apollon et de Génies, et leurs couvercles sont taillés en biseau et à forts talus vers le haut. Il y a encore à peu près 200 sarcophages en bon état et beaucoup d'autres qui sont détruits. A côté se trouvent des grottes sépulcrales avec des chambres de diverses formes, des portes de pierre encore existantes, dont les architraves sont parfois ornées de bustes grossièrement taillés. Quelques-unes de ces grottes renferment encore des sarcophages; il y en a dont les fellah» qui habitent les maisons voisines se servent pour y mettre du grain, etc. Ces fellahs appartiennent à une tribu paresseuse du Ghôr.
De ces grottes on arrive, à l'O., à un thoâtre, dont la partie supérieure s'est écroulée. On a de là une belle vue générale des ruines, et l'on découvre aussi à l'O. un théâtre plus grand, éloigné d'environ 360 pas. Ce second théâtre est construit en basalte et, en somme, bien conservé. La scène est couverte de décombres. Il règne également ici entre les gradins une série d'arcades et des espaces voûtés dans le bas. Au delà de ces théâtres s'étendait le plus beau quartier de la ville, à TO., au pied de la colline sur une surface plane d'environ une demi -lieue de large. Le sol est couvert d'une quantité de blocs de pierre et de fragments de colonnes. Les chapiteaux de ces dernières étaient d'ordre corinthien. On reconnaît aussi les fondations de divers bâtiments ; le pavé en basalte existe encore sur divers points, et l'on y remarque des traces de voitures. Il semble qu'un temple exista à l'endroit oii se trouve un monceau de colonnes corinthiennes. Les ornements architectoniques de certaines parties paraissent avoir été moins soignés à Gadara qu'a Gérasa. — Plus loin encore à l'O., est situé un cimetière moderne. On a du versant de la colline une vue magnifique de la vallée du Jourdain.
De Mkés a la vallék du Joubdain (O.). Deux voies romaines conduisent dans cette direction. L'une mène en ligne droite au pont dit Djisr Medjàmfa (Beisân), d'abord à Ma^àd en 1 h., puis au pont en 40 min. (v. p. 358). — L'autre route plus ordinairement suivie va de Mkês aux bains dans la vallée du Chéii^at el-Ménâdiré (1 h.). Le nom grec de cette rivière est Hieromax^ qui n'est qu'une transformation de celui de YaiTnoûc déjà mentionné dans le Talmud. Son nom actuel lui vient d'une tribu de Bédouins qui habite sur ses bords. Cette rivière vient du Haourân et du Djôlân , et sépare celui-ci du Djebel 'Adjloûn au S. Avant son embouchure dans le Jourdain, elle est traversée par un pont à 5 arches, et ses eaux sont à cet endroit presque aussi abondantes que celles du Jourdain. La vallée profonde où elle coule se compose proprement de roche calcaire, que recouvrit, mais seulement après que la rivière s'y fut creusé un lit, une couche de roche volcanique qui s'est étendue aussi vers le S., et à travers laquelle l'eau a dû se créer un nouveau passage.
En face de l'endroit où l'on atteint le Yarmoûc sont situées les célèbres sources chaudes de Oadara ou à'Amatha^ vantées pour leur grande vertu par beaucoup d'écrivains de l'antiquité (Eusèbe, etc.). Elles ont conservé leur réputation jusqu'à aujourd'hui. Les sources principales sont sur un petit espace libre situé sur la rive g. du Yarmoûc. Autour du grand bassin, qui est en partie naturel, en partie œuvre d'art, se voient des restes de bains voûtés et peut-être aussi de maisons. L'eau est à une température de 42* centigr. et il s'en élève de la vapeur. Elle est sulfureuse et, malgré sa limpidité, laisse, sur la pierre, lorsqu'elle est claire, un dépôt qui est utilisé en médecine. Les Bédouins regardent les bains comme terrain neutre.
De ces sources, on descend la vallée, qui présente un aspect sauvage et dont la végétation bien verte, le calcaire blanc et le basalte noir forment un singulier contraste. Au bout de 40 min. , cette vallée s'élargit et l'on arrive dans celle du Jourdain, le Ghôr. Au lieu de chênes, on y voit de nouveau des Nebk et des arbrisseaux épineux (v. p. !?78). La «contrée est infestée par les Bédouins Béni-Sakbr. On peut atteindre
422 Èoute 25. HAOURÂN. Histoire,
en 1 h. environ le gué du Jourdain près du pont en ruine 'é''es-Semac^ mais le passage est désagréable parce <)ue les chevaux sont quelquefois obligés de nager. En faisant un détour au S.O., on longe d^abord la rive g. du Yarmoûc, puis on traverse le Ghôr par le DJisv et-Medjâmfa (p. 3^), pont bien conservé, composé d'une grande arche et de plusieurs petites; il est massif, construit en basalte et date de Fépoque des Arabes. Sur la rive orientale du fleuve est un grand khân à moitié détruit. Le courant du Jourdain est assez fort. Pour le reste du trajet, v. p. 358. De Mkê$ à Mzêéh, p. 425.