V. 10 et suiv
* Exode, 23, 19; 3i, 2G; Deut li , 2r.
quelque rite superstitieux pratiqué par les païens '. La tradition rabbinique lui donne un sens plus général, et y voit la défense de manger de la viande préparée avec du lait ou du beurre*.
Philon {De charitate) prend les mots du texte à la lettre et y voit un précepte d'humanité.
D'après un antique usage que la Genèse (32, 33) fait remonter jusqu'au temps de Jacob , les Hébreux ne mangeaient la cuisse des quadrupèdes qu'après en avoir enlevé le nerf.
1! n'est pas question de cet usage dans la partie législative du Pentateuque.
c. abstinence volontaire , Naziréat.
L'abstinence volontaire rentre dans la catégorie des voeux; on faisait vœu de se soumettre à certaines privations , de s'abstenir de certaines jouissances qui n'étaient pas interdites par la loi. Un vœu particulier de ce genre est celui de sefaire iS^aziroxx Naziréen (mot qui signifie séparé, distin/gué).
L'homme ou la femme qui faisait ce vœu se séparait, en quelque sorte, du monde, pour se consacrer à VEterîie/ (Nombres, 6, 2). Le Nazir devait* s'abstenir de boire du vin ou d'autres boissons enivrantes , ou même du vinaigre; tout ce qui provenait de la vigne lui était interdit, jusqu'aux pépins, et à la pellicule du raisin. En outre, il devait laisser croître ses clieveux et éviter avec soin de se mettre en contact avec un cadavre, de sorte qu'il ne pouvait rendre les derniers devoirs à ses plus proches parents, pas même à son père et à sa mère. On faisait le vœu de Nazir pour nw temps limité; le naziréat à vie, comme celui de Simson, consacré par ses parents dès sa naissance, n'est pas prévu dans la loi de Moïse. Si le Nazir avait été souillé involontairement par le contact d'un cadavre, il se rasait la
■ Voy. Spencer, 1. c. lib. II, c. 8.
' Ce sens est déjà exprimé par la version clialdalque. Il est admis par Michaëlis (1. c. % 205), qui fait la singulière supposition que Moïse, en restreignant l'usage du beurre, a Noulu favoriser la culture de l'olivier. 1»« mOme Jahn, Arch<rologie , I, 2, page 200.
PALESTINK.
HAt
tT'loapn'S sept jours :!e huilii^inejour, ii ot'lr.iit deux tourterelles ou deux jeun( s pigeons , l'un coninie holocauste, l'autre comme sacrilice de péché , pluf un agneau d'un an comme sacrilice de délit , et il commençait de nouveau à compter les jours qu'il avait lixés pour son nazireat; car les jours précédents ne comptaient plus.
Quand les jours de son voeu étaient accomplis, il était obligé d'offrir un sacrifice très-codteux , composé de trois victimes, de copieuses offrandes et de libations '. Kn même temj)s il coupait ses cheveux et les brillait dans le feu qui consumait la troisième victime (c'était un sacrilice pacifique).
La loi de. Moïse (Nombres, G, 2; parle du vœu de i\azir comme d'une chose connue ; le nuziréat était sans doute un usage établi avant Moïse, qui le sanctionne sans le recommander. En considérant les devoirs difficiles et dispendieux que la loi impose au naziréen, on dirait même que le législateur a voulu faire cesser cet usage.
Le vin mêlé d'eau était la boisson ordinaire des Hébreux , et le vinaigre servait de rafraîchissement dans la saison des chaleurs; la privation de ces boissons et la longue chevelure devaient être extrêmement incommodes en Palestine. Il fallait de plus jouir d'une certaine aisance pour subvenir aux frais des sacrifices '.
Quant à l'origine du naziréat , on l'a fait remonter aux Égyptiens 3. En effet, l'Egypte nous offre les différents cléments du naziréat, quoique nous n'y trouvions pas de parallèle pour l'ensemble du rite. Les Égyptiens comme les Hébreux se coupaient ordinairement les cheveux ; chez les
' Vov. les détails dans le livre des Nombres, ch. 0, v. 14 — 20.
' Voy. I^ss, Super b'Qc mn^tiicd de nosirj-alu, !\um. \\ y primd Clique anliquiasimiï iihp mi>nnstic(P imjirohaliuni' , dis.ierlatin. «;oltiD«.T, 1789; Eichhoni, All'jcmi'ine BibLiothck, t. II. p. Br,:t. — C'est à tort Tju'on a comparé les uiizirérns aux moines; o's derniers renoncent ejilieremout au monde, et ne se marient pa.s, mais ils ne se font pas hcrupule (11- l>r)ire du vin, tandis que le nazir, (jai &'a])sUeat de vin, ne renonce pas au comiiierce comugal.
^ Voy. Spencer, lib. III, dissert. I , c. c.
deux peuples une chevelure longtic et en désordre était un signe de réclusion ou de deuil. Ainsi Joseph , en sortant de la prison égyptienne, so fait couper les cheveux (Gen. 41 , H); l:i [)risonniére de guerre que l'IIéhreu délivre de sa ciptivité pour l'épouser en fait autant (Deut. 21, 12). « Chezies « autres hommes, dit Hérodote (II, 36), « l'usage veut que, dans un deuil, « ceux qui s'y trouvent particulière- « ment intéressés se rasent la tête ; » les Égyptiens , au contraire, dans « les cas de mort, se laissent croître « les cheveux de la tête et de la barbe, '< quejusquc-là ils avaient coupés'. - Ainsi la longue clievelure du naziréen est le signe de sa séparation de la société; il offre ensuite cette chevelure à la Divinité , comme cela se pratiquait, dans certaines occasions, chez d'autres peuples et notamment chez les Égyptiens ». Ces derniers s'abstenaient également du vin dans plusieurs actes de piété et d'expiation ^.