C. Police
En parlant du culte, nous avons déjà fait connaître plusieurs prescriptions de la loi qui, jusqu'à un certain point, peuventêtre considérées comme des mesures de police. Nous rappellerons les lois sur la division du temps,
' Voy. Lév. ch. 19, v. 9 et 10 ; ch. 23, v. 22; Deut. ch. 24, v. 19-21. Comparez Rulh , cil. 2, V. 2.
2 Voy Michaëlis, 1. c) t. H, § 142. Le verbe 7ne7)d;ernesetrouveque dans deux passages : Ps. 109, 10; Prov. 20, 4.
sur la diète , la pureté corporelle et l'hygiène, et notamment sur la lèpre.
Quelques autres lois qu'on pourrait placer dans la catégorie des règlements de police paraissent avoir pour but de détruire certaines pratiques idolâtres, ou qui portaient atteinte à la morale et aux lois organiques de la nature.
Telles sont les lois qui défendent de porter des étoffes mêlées de laine et de lin, de semer ensemble des semences hétérogènes, d'atteler ensemble un bœuf et un àne , d'accoupler des animaux de deux espèces différentes , de porter les vêtements de l'autre sexe ', de mutiler les parties génitales des hommes et des animaux». D'autres lois ont pour but d'empêcher la cruauté envers les animaux. Ainsi il est défendu d'emmuseler le bœuf qui triture le blé ( Deut. 2.5, 4), d'égorger le même jour la mère et son petit ( Lév. 22 , 28 ) , de prendre , lorsqu'on trouve un nid d'oiseaux, la mère avec les petits ^. Ces différentes ordonnances étaient placées sans doute sou,s la sauvegarde des autorités\ qui devaient punir les transgresseurs, bien que le texte de la loi ne le dise pas positivement. Il en est de même de quelques ^ autres ordonnances qui sont **plus particulièrement du ressort de la police : les autorités devaient veiller à ce qu'il ne se commît aucune fraude dans les poids et les mesures, ce que la loi appelle une abomination a Jéhova (Deut. 25, 13-16); à ce que les bornes qui inarquaient les limites des champs ne fussent pas déplacées ( Ib. 19, 14 ; 27, 17) ; à ce que les maisons fussent en bon état et n'offrissent pas de danger. Ainsi, par exemple, les plates formes des maisons devaient être entourées de balustrades , pour empêcher qu'il n'arrivât quelque malheur (Ib. 22 , 8); les maisons atteintes de la lèpre, c'est-à-dire de la carie des murailles, produite par
' Lév. 19, 19; Deut. 22, V. 5, 9-II.
- Lév. 22, 24; Deut. 23,2. Vov. Michaëlis.
■* Voy. ci-dessus , page 29, ' La police appartenait probablement au Scholerim. Voy. ci-dessus, page 195.
une éruption de salpêtre ', devaient être visitées avec soin par les homnies de l'art (les prêtres); et, s'il n'y avait pas de réparation possible, elles devaient être démolies (Lév. 14, 33-48).
Des prescriptions analogues sont données sur la lèpre du cuir ei de certaines étoffes {Ib. 13, 47-59); mais jusqu'ici ce point n'a pu être suffisamment éclairci ».
Ces exemples suffiront pour montrer que la législation mosaïque renferme des règlements de police fort sages et même assez compliqués. Mais nous ne saurions passer sous silence une loi par laquelle Moïse voulut garantir son peuple des dangers de la débauche, cette plaie des sociétés anciennes et modernes que partout nous voyons protégée par une toléranee jugée nécessaire et qui, dans l'antiquité , a été mise en rapport avec le culte infâme de certaines divinités.
La prostitution est proscrite par le législateur, comme une abominable profanation de la dignité humaine (Lév. 19, 29; Deut. 24, 18 et 19).
Sans doute une peine grave frappait toute personne convaincue de débauche; si c'était une lille de prêtre, elle était punie de mort (Lév. 21,9).
Il ne pouvait être dans les intentions du législateur de tolérer les prostituées étrangères , d'autant moins qu'il se montre en général peu favorable aux liaisons même légitimes avec les femmes de l'étranger; mais, comme la loi n'était pas assez explicite à cet égard, elle était souvent éludée, et il n'est que trop certain que la Palestine et même la ville sainte de Jérusalem avait ses bayadères. Toujours est-il que. grâces à la sévérité des lois mosaïques, la prostitution était extrêmement rare parmi les femmes Israélites ; aussi la prostituée est-elle ordi-
' Voy. Micliaelis, t. IV, § 2 il. L'éruption (iu salf)étre peutcorroinpre l'air et nuireà la santé des liafaitants ; souvent aussi elle peut rainer la maison et la faire écrouler avec le temps .
2 On peut voir différentes conjectures dans l'ouvrage de Micliaëlis, même endroit, et dans l'Archœoloijic de Jalin, t. 1,2' partie, p iGô.
nairement désignée dans les Proverbes par les mots Zarah et Nocliriyija (étrangère) ', ce qui prouve que la co'upable tolérance des autorités , sous le règne de Salomon , ne s'était pas étendue jusqu'aux filles des Hébreux.