B. ■VÉGÉTAUX
Nous avons déjà dit que le climat de la Palestine favorise la végétation la plus variée. Nous ne pouvons pas avoir la prétention d'énumérer ici toutes les plantes que produit ce pays'*; nous nous bornons aux plus remarquables et à celles dont-il est souvent fait mention dans la Bible.
a. Céréales et Légimineuses.
Le blé le plus commun en Palestine, comme dans toute la Syrie et
' Les pétrilicalions salines qu'on remarque dans ces contrées peuvent expliquer l'orijiine de la tradition sur la femme de Lot, qui, s'étant arrêtée trop longtemps dans ces lieux de désolation, y trouva la mort et devint une colonne de set (Genèse, ch. 19 , v. 20,). Jahn , professeur de théologie et chanoine de l'église mélropolilaine de Vienne , savant orientaliste, mais nullement favorïbleau rationalisme, n'a pas hésité à prendre le NF.ciB jiei.miii de la Genèse pour un monument élevé à la mémoire de la femme de Lot, et qui consistait en un monceau de nétrilications salines. Voy. Biblisrhe .-irchtcologia , t. I , p. 161.
' Volney , I. c.
^ Il y a' encore d'autres pnits d'asphalte dans les en\ irons de Hast)ela dans l'ancienne Galilée.
* Dans la Bible, qui ne renferme que quelques débris de la littérature hébraKpie. nous trouvuus 260 Doms de plantes
L'UNIVERS
l'Egypte, est \e froment. Les Hébreux le cultivaient beaucoup ; ils en tiraient aussi du pays des Ammonites, et c'était un de leurs articles de conunerce.
Salomon donnait chaque année à Oiram , roi de Tyr, vingt mille cor de froment et vingt cor d'huile , en échange du bois de cèdre et de cyprès que lui fournissait ce roi. Parmi les denrées que les Juifs apportaient sur les marchés de Tyr, nous trouvons en première ligne le froment de Minnith ' (Ézéch. 27, 17). On mangeait aussi les épis, coupés avant d'être mOirs et rôtis au feu; des épis rôtis se trouvaient parmi les offrandes du temple, on en offrait particulièrement avec les prémices (voy. Lévit. 2, 14 et 23 , 14). La récolte du froment se fait à la fin d'avril. Vépeautre, espèce particulière de froment, se trouvait aussi en Palestine; il paraît résulter d'un passage d'Isaïe (28, 25) qu'on le semait au bord des champs.
JJorge était peu estimée; elle servait surtout à nourxir les chevaux (I Rois, 5, 8), et de nos jours encore on en fait le même usage; on la coupe à la On de mars. Uavoine est fort rare'.
Le riz est maintenant cultivé avec succèssur lesbords ùulacd'El-honla^.
Dans la Bible il n'en est pas question ; le ïalnmd le connaît sous le nom de Orez (osu^a). — Le dourra, maintenant très-commun en Palestine et en Egypte, est une espèce de millet.
Les Arabes pétrissent la farine de dourra avec du beurre, de l'huile, de la graisse et du lait de chameau , et ils en font du pain dont Niebuhr trouva le goût fort désagréable. Une autre espèce de millet est mentionnée dans
' Miiinith élait situé dans le pays des AinriiODiles (Juges, II, 33.)
^ Volney, État phys. de la Syrie, ch. I , § 8. Selon cet auteur, le seigle se cultive également en Syrie. L'avoine et le sei(/le ne sont pas mentionnés dans la Bible; inais il en est question très-probablement dans la Mischna (texte du Tairaud). On y mentionne deux espèces de blé sous les noms de scHiiiBOLETH scHOUAL (épi de renard) et SCHIPHON. Salon les commentateurs le premier désigne l'avoine et le second le seigle.
2 Volney , 1. c.
la Bible (Ezéch. 4, 9) sous un nom usité encore aujourd'hui chez les Arabes , c'est le dokhn ' [holcus dochna Linn). On le cultive en Syrie et en Egypte; étant encore vert il sert de fourrage ; quand il est mdr on en fait de l'empois; mais on le mange aussi comme bouillie, ou même sous la forme de pain , ce qui résulte aussi du passage d'Ézéchiel.
Parn)i les plantes légumineuses la Palestine produit surtout des lentilles et Aes fèves. Les premières sont déjà mentionnées dans l'histoire du patriarche Jacob, auquel Ésaù vend son droit d'aînesse pour un plat de lentilles^.
Dans le 2" livre de Samuel (ch. 23, v. 11) il est question d'un champ semé de lentilles, et dans le même passage il est parlé des fèves, sous le nom de Phôl (2 Sam. 17, 28), qu'elles portent encore aujourd'hui chez les Arabes.
h. Plantes potagères ou clxtivées.
Les herbes amer es (Merorîm) qui servaient de salade sont mentionnées dans l'Exode (12, 8); on devait iCn manger avec l'agneau pascal. A ce sujet le Talmud nomme plusieurs espèces, entre autres la laitue et \endive. — Les Hébreux aitnaient le^orreau, XaileX, Voignon, qu'ils regrettaient de ne plus trouver dans le désert après leur sortie d'Egypte (Nombres, 11, 5). Les Égyptiens s'abstenaient de manger ces plantes auxquelles ils rendaient un culte^, et elles se trouvaient probablement en grande quantité à la disposition des Hébreux , qui , plus tard , n'auront pas manqué de les cultiver dans leurs jardins en Palestine. En effet, il est souvent ques-
' En hébreu dohhan.
2 II ne peut y avoir aucun doiite sur le sens du mot hébreu adaschim; maintenant les lentilles portent le même nom chez les Arabes, qui disent adas.
^ Porrum et cèpe ne/as violare, ac frangere morsii.
O sanctas génies, qttibus hœc nasciintur in
horlis Nmniiia ! (Juvénal , Sat. 15 , v. 9 , 10.)
Les Brahmanes s'abstiennent également de ces plantes. Voy. les Lois de Manou, Uv.5, S B.
ID
tioii (ie rcs plantes dans la Mise/ma , au sujet de la dîme et de rannéc sal>batifjiie. — Les concombres et les pastèques figurent également parmi les plantes d'f-^gypte tant regrettées des Hébreux; nous les rencontrons aussi dans la Palestine ancienne et moderne. Le prophète Isaïe compare la montagne déserte de Sion à la cabane du gardien dans un champ de concombres. Volney trouva à Yàt'a des pastèques, préférées méine à celles de hroiilus sur la côte d'Egypte. — Isaïe (di. 28, v, 25, 27) parle de la nielle et du cumin; Jésus-Christ mentionne la menthe et Vaneth, comme des plantes dont les pharisiens payaient la dîme' , et qui , par conséquent, étaient cultivées. Dans l'Evangile de St. Luc , Tésus parle aussi de la rue, que la IVIischna compte parmi les herbes potagères non soumises à la dîme. — Le sénevé, ù ce qu'il paraît, était cultivé dans les jardins, car il était soumis à la dîme » ; maintenant il croit sans culture. Chez les rabbins le grain de sénevé a passé en proverbe, pour désigner une chose extrêmement petite; ce qui explique ces paroles de l'Évangile (Luc. 17, 6.) : Si vous aviez une foi semblable au grain de sénevé*.
e. Hkp.bes et arbustes sauvages.
Parmi les plantes qui croissent sans art il en est une qui joue un grand rôle dans la loi de Moïse, où elle est appelée Ézob, mot qu'on rend ordinairement par hysope , mais que tous les rabbins arabes expliquent par 5a/itar*, qui est Vorigan, plante aromatique de la famille des labiées et analogue à notre hysope. Cette plante aime un sol sec et pierreux, et on la voit quelquefois croître au milieu des bâtiments en ruine; c'est pourquoi l'Écriture dit : « VÉzob qui croît sur
' Matth. 23 , 23.
* Mischna, des dîmes, ch. 4 . S 6,
^ Voy. aussi lu parabole sur li; royaume des cieux , Maltli, 13, 31 ; Marc 4 , 31 ; Luc, 13, 1».
* Voy. le Srpher schoraschim (livre des racini's) de R. David kimchi.
le mur. •> (I Uois, .'i, 13.) Pour les aspersions du sang des sacrifices et de l'eau lustrale, JVIoïse recommande de se servir d'un bou(|uet (Yéz-ob. Dans plusieurs cérémonies symboliques de purilication, on se servait en m»"me temps de bois de cèdre et d'ézob ■ , comme des deux degrés extrêmes de l'échelle des plantes. — La câpre est mentionnée dans l'Ecclésiaste (12, 5), selon les ancieimes versions, et souvent dans le talmud. — Le prophète Jérémie (2 , 22) parle de la saponaire. St. Jérôme, qui conserve dans .sa traduction le mot hébreu borith,àil dans le commentaire, que ce mot désigne une herbe qui croît en Palestine dans des endroits humides et qui sert au lavage. — V indigo, dit Volney , croît sans art sur les bords du Jourdain au pays de Bisân, et il ne demande que des soins pour acquérir de la qualité. Selon le même auteur, la Palestine abonde en sésame projjie à faire de l'huile. — Dans l'histoire du prophète Élie il est question du genêt (I Rois, ch. 19, v. 4 et .5) ; le prophète, fugitif dans le désert, s'endort sous un arbuste de ge7iêt {Rûthem , en arabe ratam). Dans les déserts de rOrient on fait du feu avec cet arbuste ; dans les Psaumes (120, 4), la langue (lu calomniateur est comparée à la braise du genêt. — L'arbre merveilleux (lu prophète Jonas à Ninive est, selon le commentaire de St. Jérôme, très-commun en Palestine ; il croît dans des endroits sablonneux. Le mot hébreu est kikayôn; les rabbins arabes expliquent ce mot parEl-khe?'oua, qui est le ricin. Les détails que donne St. Jérôme s'appliquent parfaitement à cet arbuste. De ses graines on fait de l'huile; il en est question dans la Mischna, où on l'appelle huile de kik.
N'oublions pas le roseau de marais du lac de Rlerôni, qui, selon Pline, sert à faire d'excellentes flèches (Ilist. Nat. G. 13); là, dit le même auteur, il croît aussi du papyrus, comme à Babylone et sur le IN il.
En fait de plantes nuisibles, ou
' Voy. L(Jvil. cil. U, v. 1 et iO; Nombres, ch. rj, V. li.
L'UNIVERS
qu'on prenait pour telles, à cause de leur goût amer, la Bible mentionne les pakkouôfh^, espèce de concombres sauvages (cucumeres asinini); V absinthe qui chez les auteurs héhreux est très-souvent Timage du malheur et de tout ce qui est désagréable et nuisible ; le rôsch » que quelques commentateurs ont pris pour la coloquinte, d'autres pour la ciguë. Il paraît que le mot hébreu signifie plante vénéneuse, en général. Selon un passage du prophète Osée (10, 4), le rôsch pousse dans les sillons des champs ; ici c'est probablement la zizanie 'X'-- Çxnov, lolium temulentum, l'ivraie annuelle des botanistes), dont il est question dans l'Évangile de St. Matthieu (ch. 13 , V. 25 et suiv.), et qui cause des vertiges et des éblouisseinents^. Voliiey dit, en parlant des paysans de la SjTie^ : « Pour ne rien « perdre du grain, ils y laissent toutes « les graines étraixgères, même 1'?- « vraie (en arabe Ziouân), qui donne « des vertiges et des éblouissements « pendant plusieurs heures, ainsi qu'il « m'est arrivé de l'éprouver. »
C'est ici qu'il y a lieu de dire quelques mots du fameux arbre de Sodome, mentionné déjà probablement par .Moïse sous le nom de vigne de Sodome (Deutérou. ch. 32, v. 32), Selon Josèphe, on trouve dans les environs de la mer Morte un fruit d'une Belle apparence, mais qui, dès qu'on le touche , se cnange en cendres (De bello jud. I. 4, c. 8, § 4). On pense bien que les voyageurs et les pèlerins ont cherché ce fruit; quelques-uns ont douté de son existence , d'autres , comme Hasselquist, l'ont pris pour le solanum melongena de Linné, que l'on trouve en grande quantité dans le voisinage du lac et qui est quelquefois renqdi de poussière, lorsqu'il est attaqué par un insecte. M. de Chateaubriand , après avoir cité les opinions de différents autres voyageurs ,
' 2. Rois, 4, 30.
^ Ce mot signilie aussi poison. Voy. Deutéron. 29, 18; 32, 33.
' Elcarcant loliis ocvlos viliantibus agri.
Ovid. Fast., 1,691. 4 T. II , ch. 13.
ajoute ce qui suit : « Me voilà bien « embarrassé, car je crois aussi avoir « trouvé le fruit tant cherché : l'ar- « buste qui le porte croît partout à « deux ou trois lieues de l'embouchure « du Jourdain; il est épineux, et ses « feuilles sont grêles et menues; son « fruit est tout à fait semblable en " couleur et en forme au petit limon « d'Egypte. Lorsque ce fruit n'est « pas encore mûr, il est enflé , d'une « sève corrosive et salée ; quand il est « desséché il donne une semence noi- « râtre qu'on peut comparer à des « cendres , et dont le goût ressemble « à un poivre amer. »
d. Arbustes et fleurs d'aguément. — Baumes.
Les jardins de la Palestine étaient riches en parfums de diverses espèces; au milieu de cette nature enchanteresse qui entoure de toutes parts les deux amants du Cantique des cantiques s'exhalent les odeurs les plus suaves, les fleurs et les parfums viennent répandre tous leurs charmes suç^ le langage d'amour des fianc^. Plusieurs plantes qui offrent des images à l'auteur du Cantique n'étaient connues parmi les Hébreux que connue des objets de luxe introduits des pays étrangers , surtout de l'Inde et de l'Arabie. INous ne parlerons ici que des plantes indigènes : « Mon ami (dit l'amante dans le Cantique) est comme une grappe de Copher dans les vignes d'En-Gadi. » Cette plante est celle que les Arabes appellent Jl-henna; elle est très-commune en Palestine et en Egypte. Chez les anciens elle s'appelait cyprus ( y.j77io; ) , nom qui se trouve aussi dans les versions grecque et latine pour le mot hébreu copher. C'est la lawsoiia inermis de Linné , arbuste de hauteur d'homme, dont les feuilles, qui ressemblent à celle du myrte , ne tombent pas en hiver. Les fleurs qui poussent au bout des branches forment une espèce de grappe. La variété des couleurs et l'odeur agréable des bouquets du henna en font une parure dont les femmes sont fort jalouses. Cette plante joue
un grand rôle dans la toilctto «les leiniiu's oriontales; ses feuilles cuites dans l'eau, sechées et pulvérisées, iloiiuent une poudre de couleur orange, avec laquelle les fetnines se tei- «^nent les ongles et les cheveux '.
L'amante du Cantique parle aussi de la mandragore qui répand son parfum. Cette plante croît sans culture eu Palestine et dans les pays environnants. Il en est question aussi dans la Genèse (cli. 30, v. 14 et suiv.) et il résulte de ce passage, que dt^à du temps de Jacob, les Orientaux voyaient dans le fruit de la mandragore un remède contre la stérilité, superstition répandue encore aujourd'hui dans tout l'Orient.
En lleurs, la Palestine nous offre des Jacinthes, des jonquilles, des anémones, des tazettes , dans les environs du Carmel; la plaine de Saron est riche en roses., en Us, en narcisses et en giroflées. La fiancée dit (Cant. ch. 2, v. i ) : Je suis le narcisse de Saron , le lis des vallées. Autrefois il y avait de belles roses dans les environs de Jéricho (Sirach, 24, 18 ) ; maintenant on en trouve au village de Saint-Jean, dans le désert du même nom. Ce qu'on appelle la rose de Jéricho (anastatica hierochuntica , Linn.) n'est qu'un arbuste de quatre à ciuu pouces de hauteur, qui se compose d'une multitude de petites branches sur lesquelles poussent des feuilles et des lleurs extrêmement petites.
Les pèlerins disent que ces roses croissent dans le désert à tous les endroits que Marie, dans sa fuite en Egypte, toucha du pied. On dit que la rose de Jéricho, étant déjà desséchée, s'ouvre de nouveau lorsqu'on la met dans l'eau. Ritter cite une expérience faite, après se|)t cents ans, >ur une des roses rap|)ortées <le la terre sainte au temps des croisades et conservées comme reliques ^
La Palestine était autrefois célèbre pour son baume. Pline dit (Uist. nat.
' Voy. Hartmann , Die Hebrœerin am Putztitrhe (sur la loilcllp dos femmes cliez les anciens Hébreux), t. II. p. 356 et suiv.
» Lrdkundc, t. 11, p 431.
I. 12 , c. 25) : Omnibus odoribusprx- J'crtur balsamum , uni terrarinn Juda-x concessum. Strabou dit également (pie le baume ne se trouve (pie dans les jardins de Jéricho, et, selou Justin, la Judée en tirait une grande partie de ses revenus' . On voit que tous ces auteurs ne connaissaient pas le baume d'Arabie. Il ne faut pas confondre le bauMiier de la Judée, arbuste de la bailleur d'une ou d(Mix coudées ' , avec celui de la Mecque, qui arrive à la hauteur du grenadier.
Le baumier se cultivait dans deux jardins célèbres [)rès de Jéricho et d'Én-gadi. Ces jardins, détruits |)ar les Juifs dans leur guerre avec les Komains , furent rétablis par ces derniers. Il en est encore question au huitième siècle (voy. Ritter p. 349, 350). Le baumier suait aux mois de juin, juillet et août. On obtient le baume en faisant des iticisions dans l'écorce, opération qui demande beaucoup de précaution et pour laquelle il faut se servir d'un fragment de pierre ou de verre ^. Abdjllatif, médecin arabe du douzième siècle, donne de longs détails sur la manière de recueillir le baume; il dit aussi que , selon Galien, le meilleiir baume se trouvait autrefois en Palestine, mais
aue de son temps on n'en voyait plus ans ce pays-^. Sous Pompée le baumier de Jéricho fut apporté en triomphe à Rome. Dans la Bible on nomme plusieursfois le pavsdeGilcad connue la patrie d'un baume salutaire ^.
Connue les auteurs grecs et romains placent le baumier dans les environs de Jéricho, OEdman '^ et après lui
' opes genti ex vectigalibus npohalsatni crei'crc , quod iii hi-i ttiiitum rcgiunibus giqnittir. Hist. L. 3C, c. 3. Voy. aussi Tacite, ilist. L. 5,c. (i.
ï Modka arbiir, dit Tacite.
^ Si vint fcrri ad lu bons, pavent vetKC, Jragmine dipidix aiit testa aperiuntur. Tacite , /. c. Inciditur vitro, lapide, usseitve cuttellis : frrro lixdi vitalia odit. Piine. /. c.
♦ RelaUon de l"E;;ypte par AbdallaUf, traduction de M. Silv.' de .Sacy, pajie 21.
» (;ene!>e, 37, 2r>; Jt-rémie, 8, 22 ; 46. l\(>
• Snmmlungen , (robiéme cahier, p. n et :uiA .
L'UNIVERE
Rosenmùller ' ont pris le baume de Gilead pour Y huile du zakkoum (elaeagnus angustifolius, Linn.) qui est le myrobalan des anciens (Pline, 1. 12, ch. 21). L'arbre du zakkoum, qui existe encore maintenant en Palestine, ressemble à un prunier; son fruit est un gland sans calice, sous l'écorce duquel est une pulpe, puis un noyau dont on tire une huile que les Arabes considèrent comme un médicament fort précieux pour les blessures. Parmi les produits de Gilead la Genèse mentionne encore deux substances sous les noms de Necoth et Lot. Les anciennes versions et les commentateurs ne sont pas d'accord sur le sens de ces mots; la plupart des savants modernes prennent le necôth pour la gomme adragant que donne la tragacante., et le lot pour le ladanum, substance résineuse qui se trouve sur les branches du ciste. 11 paraît résulter d'un passage du Cantique (ch. 4, V. 6) que la Palestine ancienne produisait aussi la myrrhe et r encens.
e. Matières textiles.
La Palestine produit le lin , le chanvre et le coton. Le lin y était cultivé déjà avant l'entrée des Hébreux. Les deux explorateurs que Josué envoya à Jéricho sont cachés par Rahab sous des tiges de lin qu'elle avait disposées sur le toit, probablement pour les faire sécher au soleil. Avant l'époque de l'exil de Babylone nous ne trouvons pas d'indications certaines d'une plante filamenteuse autre que le lin.
Le schesch (u'W), dont il est trèssouvent question dans le Pentateuque (dans les versions grecque et latine byssus ) et que beaucoup de savants modernes prennent pour le coton,
' Biblische Naturgesckichte , t. I, p. ifiS et suiv. On peut observer contre cette opinion que les Septante rendent le mot liébreu Çori par ^r{zWi\ (gomme , résine) , ei que, selon le Talmud, le Çorj est une résine qui coule des arbustes du baumier (Kerithoth, fol. 6 rec/o). Voy. aussi le coiiinientaire de Yurchi à la Genèse 37 . 25 . Il pst donc plus probable que le baumier était autrefoii cultivé danà le pays de Gilead.
n'est, selon l'opinion des anciens rabbins, qu'un fil particulier de lin. La femme forte, dans les Pronerbes de Salomon ( ch. 31 , v. 13 ), n'emploie dans ses travaux que la laine et le Un. Les vêtements des prêtres étaient de lin ; Isaïe parle de mèches de lin (42. 3; 43, 17) et deVétoupei 1, 31); Jérémie mentionne des ceintures de lin (13, 1). Le chanvre, originaire delà Perse, n'était pas cultivé par les anciens Hébreux; il n'en est pas question dans la Bible , mais la Mischna le mentionne sous le nom de Kanbos ou Kannabos (cannabis). Le cotonnier ne fut probablement introduit en Palestine que sous les derniers rois de Juda. Le mot bouss ( y?,^ le byssus
des anciens) que l'on trouve dans les livres bibliques de la dernière époque, tels que les Chroniques , Esther, Ezéchiel, désigne peut-être le coton. Cependant les anciens rabbins prennent le mot bouss lui-même dans le sens de Un, et la Mischna appelle le coton yQ'i
]DJ laine de vigne ' , ce qui prouve
que les rabbins ne trouvaient pas de nom biblique pour le coton ^. Quoi qu'il en soit , la Palestine a su s'approprier cette plante, et encore, daiis les
■ Sans doute parce que les feuilles du cotonnier ressemblent à celles de la vigne.
' Comparez Braun : De vesiitu sacerdotuni hebrœontm , lib. I, c. 6 et 7. — Jahn, Rosenmùller , Gesénius , et d'autres savants qui ont écrit sur l'archéologie biblique, voient le coton, non-seulement dans le bouss, mais aussi dans le schesch que l'on trouve déjà dans l'histoire de Joseph en Egypte (Genèse, ch. 41, v. 42); mais les traditions" des anciens rabbins, plus rapprochés des temps bibliques, ne sont nullement à dédaigner. La ressemblance des mots bouss et byssus ne prouve rien, car le mot bi/ssus lui-même a un sens très-vague et se prend aussi pour le lin. Au reste, le célèbre philologue J. H. Voss s'est livré au sujet du byssus à des recherches profondes et il a prouvé que le coton, originaire de l'ile de Tylos dans le golfe Persique, n'a été apporté aux Hébreux que peu de temps avant l'exil de Babylone , et plus tard encore aux Égyptiens." Voy. Mylhologische Briefe, deuxième édition, 1t. ni, p. 262 et suiv. Vov. aussi , à l'appui de cette opinion : Dutrochet, ISote sur la substance végétale gui a sei'vi à la fabrication des toiles qui enveloppent les momies d'Egypte. Compte rendu clés séances de l'Académie des sciences, vol. IV, pag. 739 ; séance du 15 mai 1837.
PALESTINK.
lemps modernes, elle y fut cultivée iivec beaiicoui) de succès. Dans la seconde moitié du dix-septième siècle, on exportait seulement |)our Marseille cent trente et un mi lie livres de co- Um par an, comme on peut le voirdans les relations du chevalier d'Arvieux.
Du temps de Volney (1783-85) le village de Mesmié, à quatre lieues de Ratnia, fournissait beaucoup de coton, et il y avait au village de l.oudd (Lydda),'une fois par semaine, un marché où les paysans de tous les environs venaient vendre leur coton lilé (T. H, cil. 7). « Avant le ravage des derniers troubles, dit le même voyageur ( État phys. , cli. i , § 8), Yàfa voyait dans ses jardins deux plants du coton-arbre de l'Inde, qui grandissaient à vue d'oeil. » Le coton fait partie des semailles d'été; sa récolte tombe dans le mois de septembre.
/. Vir.XF,.
Dans la bénédiction que Jacob, avant de mourir, donne à ses douze fils, il dit, en parlant de Juda : « Il « attache à la vigne son Anon, et au « cep le petit de son ânesse; il lave son t vêtement dans le vin, et son manteau « dans le sang de raisins. Il a les yeux " pétillants de vin, et les dents lilan- « chesde lait. » Les montagnes et les collinesqui traversent le pays des Hébreux favorisaient la culture de la vigne, et le canton de Juda surtout était célèbre pour son vin. La se trouve la vallée d* A'aco/ (grappe), d'où les explorateurs qu'avait envoyés Moïse raj)porleri-nt un pampre et une grappe de raisins que deux hommes portèrent sur un bâton. JJes voyageurs modernes ont trouvé dans ces contrées des grappes qui pesaient jusqu'à 12 livres et dont les grains avaient la grosseur de petites prunes; un seul homme ne peut se charger de les porter bien loin, si on veut les conserver dans toute leur beauté. Là sont aussi les vignes d'En-gadi (Canti(iue, 1, 14) et de Thimnath (.luges, 14, 5), ainsi que la tallée de Sorek qui, sans doute, a tiré fcûii nom d'une espèce de vignes renommée. Mais il v en avait aussi
dans d'autres contrées de la Palestine, rs'aboth possédait àYezréel une vigne, pour laquelle le roi Achab lui en offrit une meilleure (I Rois,ch. 21, v. 1, 2). A l'est du Jourdain , iMoab était un pays de vignobles, et lorsque Isaïe prédit la chute de Moab , il pleure la vigne de Sibma : « Les maîtres des nations en » écrasent les ceps, qui touchaient « Yaazer, allaient se perdre dans le dé- « sert , et dont les jets se répandaient « au loin et passaient la mer, » c'està-dire le lac ylsphaltlte. La Palestine , au milieu de ses ruines et de sa désolation , n'a pas perdu cette belle plante, même sous le gouvernement des Turcs, dont les principes religieux sont hostiles au vin. C'est toujours l'ancien 'pays de Juda qui se distingue par ses vignes; on en voit beaucoup dans les environs de Hébron. J/on ne s'en sert, dit Volney ', qu'à faire des raisins secs mal préparés, quoique l'espèce soit fort belle '.A Bethléem, où il y a des chrétiens, on fait du vin blanc, qui, selon le même auteur, justifie la réputation qu'avaient jadis les vins de Judée; mais il a l'inconvénient d'être trop capiteux. Etienne Schulz, voyageur allemand, raconte que dans un village des environs de Saint-Jean d'Acre il soupa avec ses coniingnons de voyage sous un grand ce() de vi<;ne, qui avait environ un pied et demi de diamètreet trente piedsde hauteur, et dont les branches, soutenues de tous les côtés, formaient un abri de plus de cinquante pieds en longet en large : • Je « me rappelai alors, dit-il, le versetde « .Michas (cii.4, v.4): Ils demeureront, « chacun sous sa vigne et sous son «Jiguier^. » Le raisin de Palestine était, pour la plupart, rouge, de la l'expression sang de raisins^ : « Pojir- « quoi ce rouge sur ton vêtement, et
' T. II , vers la fin du ch. 6.
^ Selon Sliaw,on on fait aussi du sirop dont on expf)rle en Éjjypte 3o() cliaiges (l« «iiameau par an {TravtU, p. 339, deuxiému cdit.).
' Schulz, Liiliingen des HœfhiUn , t. V, p. 2K5. — Être assis sous sa vigne et soii.% Sun figuier e^t, dans la Bible, uneexpre.ssion proverbiale, (|ui veut dire : l'MTf en pnis.
* Gpn(*e,49, II; DenUiron. Si, li Cocnparcf Isale, d-i , 2 ri suiv.
« tes habits comme d'un homme qui « foule la cuve? » (Isaïe, G3, 2.) Dès les mois de juin et de juillet on avait du raisin mur, mais les vendanges ne se taisaient qu'en septembre. Nous aurons l'occasion de revenir sur les fêtes des vendanges dans une autre partie de cet ouvrage. Les poètes bibliques comparent le peuple d'Israël à une vigne. Dans les Psaumes (80, 9 ) ce peuple est appelé un cep de vigne transplanté d'Egypte. Israël est une vigne luxuriante, dit le prophète Osée (10, 1). Tombé dans le péché, il est comparé par Isaïe (ch. 5) à un vignoble qui a trompé l'espérance du vigneron; la même image se trouve dans la parabolede Jésus (Matth.ch. 21, v. 33-41).
<•/. Arbres fiiuitiers et forestiers.
Outreles arbres fruitiers, communs dans nos contrées , tels que le pommier, le poirier, le noyer, le cerisier, l'abricotier, l'amandier, etc., la Palestine en possède plusieurs d'une noble espèce et qu'il est important de connaître pour l'intelligence de la Bible.
Volivier, toujours verdoyant, et qui, selon Pline (1. 16, ch. 44), arrive à l'âge de deux cents ans, est toujours compté dans la Bible parmi les richesses dont le ciel avait béni le pays des Hébreux. 11 paraît que la contrée la plus riche en oliviers était la Scheféla ou le bas pays au sud-ouest; car parmi les ministres de David nous trouvons un inspecteur des oliviers dans cette contrée (1 Chron. 27, 28). C'est là aussi que des voyageurs modernes ont trouvé un grand nombre d'oliviers. Hasselquist en trouva dans trois vallées entre Yâfa et Jérusalem, et Volney en a vu à Ramla , qui croissaient à la hauteur des hêtres. Çà et là il y avait aussi des plantations d'oliviers dans les montagnes; on connaît la célèbre montagne près de Jérusalem autrefois plantée d'oliviers, qui ont presque entièrement disparu. Seydiitz, voyageur du seizième siècle (1550), en a rencontré dans les montagnes du midi ', et lielon sur les collines de Nablous '.
' Jahn : Archéologie, t. I, p. 397.
' Rosejiinûller, I. c, 1. 1, p. 2ô9.
Selon la bénédiction de Moïse (Deulér. 33, 24), Asser devait baigner son pied dans l huile. Les anciens Hébreux exportaient beaucoup d'huile d'oh ves , en Phénicie(Ézéchiel , 27, 17) et en Egypte (Osée, 12, 2). Salomon donna 20,000 bath d'huile aux ouvriers de Tyr (U Chron. 2, 9). Les olives de Palestine sont encore maintenant préférables à celles de Provence ; si l'huile qu'on en tire est aujourd'hui moins estimée, il faut en attribuer la cause au peu de soin qu'on met dans la fabrication. 'Volivier sauvage, appelé dans la Bible : arbre d huile ' , a été remarqué dans les temps modernes, aux environs de Jéricho*. Il porte un fruit bien plus grand que celui de Volivier cultivé, mais l'huile qu'on en prépare n'est pas aussi bonne et on ne s'en sert que pour des médicaments. Le figuier de Palestine n'est pas moins remarquable; pendant dix mois de l'année il porte ses fruits^, et, en trois récoltes, il en offre trois qualités différentes. Quand les dernières pluies sont passées , le figuier parfume ses fruits verts ( Càrjt. 2 , Î3 ) qui germent dès l'équinoxe du printemps; ces figues de primeur se cueillent au mois de juin : ce sont les meilleures (Jérémie, 24, 2). Pendant que celles-ci mûrissent, \es figues d'été commencent à pousser. Les Arabes les appellent Carmous; elles se cueillent au mois d'août, et se conservent longtemps. A la même époque les j^giies d'hiver commencent à se montrer; celles-ci ne mûrissent que fort tard dans l'automne, lorsque l'arbre a déjà perdu son feuillage. Si l'hiver n'est pas trop rigoureux , on ne les cueille qu'au mois de janvier. Elles sont plus grandes que les autres figues, d'une forme plus ovale et de couleur violette. Dès la plus haute antiquité les figues sèches étaient très-estimées ; pour les conserver plus longtemps, on en formait des masses ou cabas, que
' Dans un passage rie Wehemias (s, I5) il est expressément distingué de Volivier cultivé, qui s'appelle Zaïth.
■ Scliulz,]. c. p. se.
3 Josèplie, de Uellojud. 1. III , ch. 10, § 5^
les llt^breux appelaient Debélltii (O'Ssl)- Les Jiyuiers sauvages ou ]es si/iomorcs se trouvaient crj j^rand nombre dans la plaine appelée .S'c/ze- Jëla (I llois, cil. 10, V. 27). Le sycomore a le tronc très-fort, et ses branches horizontales, toujours vertes, s'étendent au loin. Il a des feuilles semblables à celles du iniirier; ses fruits , qui ressemblentaux ligues, ont ungoùt fade et peu agréable. Le bois , quoique léger, est très-durable; les Hébreux J'einpioyaient aux constructions (Isaïe, 9, 9). Les cercueils des momies, que les Egyptiens faisaient du bois de sycomore, se sont conservés jusqu'îj nos jours ■. Cet arbre par sa torte constitution, ses branches d'un vaste dé-, veloppementet sa verdure perpétuelle, est un lieu de rendez-vous fort agréable et fort commode ; les Orientaux y grimpent encore maintenant, comme Zaccnee dans l'Évangile de saint Luc (11), 4), et ils s'y installent pour fumer et causer. De nos jours cet arbre paraît être rare en Palestine; Hasselquist ne le trouva que sur la côte , près de Yâfa.
he palmier était dans les temps anciens un des plus beaux ornements de la Judée , surtout des environs de Jéricho, qui fut appelée, dès la plus haute antiquité , la ville des palmiers ( Deutéron. S4, 3). Les auteurs grecs et romains vantent beaucoup les palmiers delaJudée;selonStrabon(l.xvi,c. 41), leurs dattes sont préférables à celles de Babylone et de la Thébaïde. Cet auteur parle du bois de palmiers près de Jéricho qui , dit-il , avait cent stades de longueur. Pline parle dans le même sens », ainsi que Tacite ( Hist.
1.5,0. G)etJustin(l.3(i, c. 2). Il existe encore des monnaies du temps des
■ Voy. Rittcr, Erdhunde , II, 4:i2. Cet auteurcite aussi, d'après Clarke, des tableaux sur bois de sycomore, trouvés dans i'éjilisc di- Saillie-Anne à Siphori en (ialilée, et traiisporif.s à Cambridge. Ces tal)leaux, qui remontent bien au delà du dixième siècle , su sont conservés sans être piqués de vers.
* Judiea vero inclyta est vel maps palmis (I. 13, c. 6). — Sed iit copia ibi atque fertititas, ita nol)ilitas in Juda'a, ncc in tota; scd ad literie lui tilcin nioxinit:.
Maccabées, sur lesquelles on trouve le palmier connue emblème de la Judée , et il y a des monnaies romaines qui portent le même emblème, avec l'inscription Judœa capta. On portait des branches de palmiers dans les marches triomphales (voy. Maccabées, I.I, 13, 51, et II, 10, 7; Évang. de saint Jean, 12, 13), et pendant la fête des tabernacles, qui était celle des récoltes, on portait en procession les branches du palmier, ce roi du règne végétal, connue l'appelle Linné.
Cet usage existe encore aujourd'hui chez les Juifs, et la plus petite synagogue des régions boréales se procure Eour la fête des tabernacles quelques ranches desséchées du noble arbre, souvenir de l'ancienne indépendance.
Aujourd'hui la Palestine a presque perdu ce bel ornement; les palmiers de Jéricho ont succombé sous la hache des Bédouins. Des voyageurs modernes en ont trouvé dans les environs de Saint-Jean d'Acre, de YafaetdeGaze; mais ce n'est qu'à Yàfa, dit Volney (I. II , c. 7), que les palmiers commencent à porter de bons fruits. Gaze, dit le même auteur, a des dattes comme la Mecque (État phys., c. i, § 8). — C'est à Gaze aussi qu'on voit le grenadier, autrefois très-commun en Palestine , comme le prouve le nom de Rimmoii (grenade) que portaient plusieurs villes. Dans le Cantique (4, 13) on parle d'un jardin de grenadiers ; des grenades ainsi que des dattes on tirait une espèce de moQt (ib. 8, 2). — Les citronniers et les orangers , que la Palestine possède en grande quantité, ne sont pas ineutioanés dans la Bible. Le cédrat, espèce de citronnier, est, selon la tradition rabbinique, l'arbre hadar ou le bel arbre dont parle la loi de Moïse (Lévit. 23, 40), au sujet de la fête des tabernacles. Les versions chaldaïque et syriaque sont d'accord avec cette tradition. —Le pistachier était, dès le temps de Jacob , un des arbres les plus nobles de Canaan' ; parmi les présents que Jacob envoie à Joseph en Egypte ( Genèse , 43 , 1 1 ), se trouvent
' Mainlennnt Alep a le privUéRC exclusif des pistaches. Voliiey, I. c.
L'IJINIVERS,
des botnim ( a>jU3 ), qui, selon
toutes les versions orientales, sont des pistaches. Les Septante et la Vulgate ont térébintlie ; mais le fruit du térébinthe est trop insignifiant pour figurer parmi les cadeaux offerts à un viceroi. Au reste, cet arbre, qui est de l'espèce du pistachier et qui lui ressemble beaucoup, est très-souvent mentionné dans la Bible, quoique, de nos jours , il soit fort rare en Palestine. A Mamré près de Hébron , il y avait un bois de térébinthes. Saint Jérôme dit que , dans son enfance , on montrait encore, non loin de Hébron, le vieux térébinthe sous lequel avait demeuré le patriarche Abraham Nous
devons accorder une mention ;\\xcarouhier ; il est question de son fruit dans Ja parabole du fils perdu (Évang. de Luc, 15, V. IG); le caroube était si commun qu'on en faisait manger aux bestiaux.
En arbres forestiers la Palestine possède surtout beaucoup de chênes.
Richard Pocock en a compté cinq espèces. Au rapport de plusieurs voyageurs , tout le pays à l'est du Jourdain, entreleMandhouretleZerka(Yabbok), est riche en bois de chênes. Ce sont là probablement les chênes de Basan mentionnés dans plusieurs passages des prophètes '. Ézéchiel dit que les ïyriens s'en servaient pour faire des rames; Isaïe mentionne les chênes avec quelques autres arbres dont on se servait pour le chauffage ainsi que pour la fabrication des idoles (c. 44 , V. 15).
Parmi les bois que les Hébreux employaient aux constructions et que, en partie, ils tiraient des pays voisins, nous trouvons , du temps de Moïse, le bois de sittim (très-probablement une espèce d'acacia) dont on se servit pour construire le tabernacle ou le temple portatif*. Plus tard , pour le
' Isaïe, 2, 13; Ézéchiel, 27,43 ; Zaclîarie,n,2.
' L'arbre sitla, en arabe sant est la spina (cgijptia (mimosa niloUca, Linn. ) On le trouve surtout en Egypte et en Aral)ip; il devait être commun "dans le pays de Moab sur les limites de la Palestine , où nous trouvons la vallée des Sittim (Joël, 4 , 18 ; comp. ftombres, ê5, i; Jos. 2, i).
temple de Salomon, on employait le bois de cyprès et de cèdre. Le cèdre , qui joue un si grand rôle dans la Bible, n'est pas indigène dans le pays des Hébreux ; il en sera parlé dans la description de la Syrie et du mont Liban. —