Règne de Salomon
(de 1015 à 975).
Salomon était encore bien jeune lorsqu'il monta sur le trône', mais son âge ne saurait être déterminé avec exactitude. N'ayant vu du règne de son père que les jours de paix et de bonheur, il n'avait pas le goût des armes et se plaisait de bonne heure dans le luxe et dans toutes les splendeurs d'une cour brillante. Il avaitété^ instruit probablement dans tout ce* qu'on comprenait alors sous le nom de science ou Aq sagesse, surtout dans les lois , dans la poésie et dans une certaine philosophie populaire qui consistait à présenter des doctrines, des règles de conduite , des réflexions sur les différentes situations de la vie, sous une forme parabolique et par de courtes sentences qui se gravaient facilement dans la mémoire. Salomon aimait cette sagesse , il y excellait de bonne heure et y cherchait sa gloire. Son esprit en était canstamment préoccupé; nous lisons dans son histoire , que dans les premiers temps de son règne, ayant célébré à Gabaon un solennel sacrifice, il crut voir, dans un rêve , la Divinité qui offrit de lui accorder le bien qu'il choisirait lui-même, et qu'il ne demanda autre chose que la sagesse et la connaissance : wi cœur intelligent pour juger le peuple et pour discerner entre
' Voy. I Rois, 3, 7; I Chron, 22, 5; 29, l.Lachroni((uerabl)inique(Se(fer Olam, cil. li ) et quelques Pères de l'Eglise lui donnent douze ans; mais comme l'Écrilure ne le fait régner que 40 ans, qu'elle parle de sa vieillesse, et qu'elle donne à son lils et successeur l'âge de quarante-un-ans, il devait avoir au moins vingt ans à son avènement. Josèphe lui en donne I4; mais, com tre le texte de l'Écriture , il le fait régner pendant quatre-vingts ans.
le bien et le mal '.Mais bientôt cette sagesse elle-même ne fut pour lui qu'un objet de luxe , un moyen de briller qui profita peu au bien-être de la nation. Après tous les travaux de son père il ne lui restait qu'à en recueillir les fruits ; il n'y avait plus d'ennemi à combattre, ni d'institutions à créer, et nous verrons le jeune roi employer toute son activité à augmenter l'éclat de son règne par de magnifiques constructions, par des entreprises commerciales , et , en général , par un luxe peu en rapport avec la constitution du pays. L'amour du luxe et de la nouveauté le conduira peu à peu à défaire l'œuvre de son père , à ruiner le peuple dont il pouvait faire le bonheur, à détruire les institutions et à dédaigner le culte national, auquel il avait d'abord cherché à donner le plus grand éclat. Salué d'abord par les acclamations de tout le peuple , il ne saura que le faire gémir sous un joug insupportable, et il préparera ainsi la prochaine dissolution du royaume.
Salomon signala le commencement de son règne par quelques actes sanglants. Son frère Adoniah, n'ayant peut-être pas entièrement renoncé à ses prétentions, s'était adressé à Bathséba, mère du roi, afin d'obtenir de Salomon la permission d'épouser Abisag la Sunamite, qui, attachée au service de David, et faisant partie de son harem, n'avait eu cependant avec le vieux roi aucune liaison intime.
Bathséba en parla au roi son fils; mais celui-ci croyant reconnaître, dans cette demande , des vues ambitieuses d'une bien plus haute portée, répondit avec amertume : « Pourquoi ne demandes-tu pas plutôt la royauté pour lui, qui est mon frère aîné, pour Abiathar et pour Joab.^ » En effet, prendre possession du harenî royal ', est en Orient une des plus éclatantes manifestations de l'auto-
I Voy. I Rois, 3, 9; II Chron. I, lO.
■^ On a vu (p. î77) que ce fut en s'appropriant le harem de David qQ'Absalom crut faire acte de souveraineté. Le faux Smerdis s'empara, dans le même but, du harem de Cambyse. Voy. Hérodote, 1. III, ch. es.
L'UMVFRS.
rite souveraine; on comprend donc pourquoi Salonion fut si irrité de la demande d'Adoniah et jura de le faire mourir le jour même. Bénaïah, chef de la carde royale, fut aussitôt chargé de l'exécution, et le fratricide fut consommé à l'instant même. Le prêtre Abiathar, partisan d'Adoniah , dut son salut au fidèle attachement et au dévouement qu'il avait jadis témoignés à David dans ses jours de malheur; mais il fut relégué a la ville sacerdotale d'Anatôth, où il possédait des biens. Sadok fut revêtu de la dignité de grand prêtre, qui fut ainsi rendue à la ligne d'Éléazar. Joab, voyant le glaive suspendu sur sa tête , se réfugia' près de l'autel ; mais Salonion ordonna à Benaïah de le frapper dans le lieu saint, peur venger le sang innocent qu'il avait versé. C'est ainsi que finit ce vieux général des armées de David, dont l'ambition et la jalousie avaient fait un assassin, et tjui mourut pour avoir favorisé un prince guerrier contre le pacifique Saloraon. A sa place Benaïah fut nommé général en chef. Quant à Simeï, le moment n'étant pas venu de venger les insultes qu'il avait faites à David, Salomon lui ordonna, sous peine de la vie, de rester à Jérusalem et de ne pas dépasser le torrent de Kidron. Au bout de trois ans , deux esclaves de Simeï prirent la fuite et se rendirent à Gath. Simeï les y suivit et les ramena a Jérusalem ; mais aussitôt le roi, pour punir la désobéissance de Simeï ainsi que la conduite qu'il avait tenue à l'égard de David , ordonna à Benaïah de le mettre à mort, et se débarrassa ainsi du dernier adversaire de la dynastie de David.
Dès le commencement de son règne, Salomon, se mettant au-dessus des lois , contracta des mariages avec des femmes étrangères. Le prince royal Ilehabeam ou Roboam , né dans la première année du règne de Salomon, fut fils d'une Ammonite nommée Tsaama. Bientôt le roi pritpour épouse principale la fille du Pharaon d'Egypte, probablement Osochôr, cin-
quième roi de la. xxi'' dynastie'.
Le roi d'Egypte donna pour dot à sa fille la ville de Gazer (dans le canton d'Éphraïm), dont il s'était emparé, après en avoir chassé les Canaiiéens , que les Hébreux n'avaient pu expulser. Salomon établit la princesse éjryptienne dans le palais de David, jusqu'à ce qu'il lui en eût élevé un nouveau. Peu à peu son harem s'agrandit prodigieusement; selon l'historien sacré (I Rois, 11,3), on n'y comptait pas moins de mille femmes, dont sept cents portaient le titre de princesses et trois cents étaient de simples concubines. Elles étaient presque toutes des pays voisins, et appartenaient à des nations dont Moïse avait défendu les alliances. Au reste, Salomon se conforma extérieurement aux prescriptions du culte mosaïque; mais à côté des sacrifices qu'il offrait à Gabaon, dans le sanctuaire central , il en célébrait aussi ailleurs sur les hauts lieux.
La cour de Salomon était encore plus nombreuse et plus brillante que ne l'avait été celle de son père. Les grandsdignitaires mentionnés aucornmencement du règne sont en partie les mêmes que nous avons trouvés sous David; tels sont Josaphat, Adoniram, Benaïah (devenu général des armées), et les deux prêtres Sadok et Abiathar (ce dernier privé de ses fonctions). Le secrétaire Seraïah ou Sisa est remplacé par ses deux fils , auxquels était joint, à ce qu'il pa^ raît, Azariah, fils du prêtre Sadok ^.
Le conseiller ;-:time du roi était un prêtre appelé Zaboud, fils de Nathan.
Isous trouvons en outre un intendant de la maison royale , appelé Achisar.
Douze commissaires, distribués dans les différentes provinces, étaient chargés , à tour de rôle, chacun pendant
I Le règne d'Osoclior, selon Manéthon, dura six ans, c'est-à-dire selon la chronologie de M. CiiampoIlion-FUeac), depuis l'an I0I6 avant notre ère jusqu'à l'an lofO. Voy. Greppo , Essai sur le système hiéroglyphique, etc., pages I6i et 165.
M Roiî, 4, 2; voy. la note dan* la Bible de M- Cahen.
un mois de l'année , de fournir l'entretien de la maison royale. Deux des commissaires étaient gendres du roi ; ils étaient tous sous les ordres d'un intendant général , Azariah , fils de Kathan. Lés fournitures que faisaient ces commissaires étaient très-considérables; car les besoins de la cour étaient énormes. Selon le premier livre des Rois ( ch. 4, v. 22 et 23 ) , on y consommait chaque jour trente cor de fleur de farine, soixante corde farine ordinaire, dix bœufs engraissés, vingt bœufs de pâturage et cent pièces de menu bétail , sans compter les différentes espèces de gibier et les volailles, ce qui ne paraîtra pas exagéré si on pense aux nombreux courtisans et pensionnaires du roi ( ib. v. 27 ), aux mille femmes du harem et au personnel nécessaire pour leur service.
En outre, les commissaires devaient fournir les fourrages pour les haras du roi; car, contrairement à la loi mosaïque, Salomou avait beaucoup de che- ' vaux, et, indépendamment d'une nombreuse cavalerie, il avait quatre mille attelages pour ses propres voitures'.
Ce luxe effrayant pouvait durer un certain temps sans être trop à charge à la nation ; les frais en étaient couverts, en grande partie, par les trésors que David avait ramassés et par le tribut des rois voisins. Les vassaux de Salomon étaient nombreux et sa domination s'étendait depuis Thapsacus (sur la rive occidentale de i'Euphrate) jusqu'à Gaza. Le pays était dans une paix profonde, l'industrie pouvait se développer de plus en plus et augmenter le bien-être de la nation, Aussi Sabmon jouissait-il , dans les premiers temps, d'une grande popularité ; par son affabilité et sa grande sagesse il s'attira l'affection générale. Il était accessible au dernier de ses sujets ; toutes les causes pouvaient être portées devant son trône, et il exerçait en personne les fonctions déjuge." Tout le monde connaît le célèbrejugement prononcé par
' Voy. Il Chron. 9, 25. Dans le premier livre des Rois (4, 26) on lit quarante mille au lieu de quatre mille. Comparez ci-dessus, page 30.
Salomon dans la querelle de deux courtisanes qui, demeurant ensemble dans le même appartement, avaient eu chacune un enfant. L'un des deux étant mort, sa mère avait dérobé l'enfant de .sa compagne, et les deux femmes étant venues devant Salomon se disputer l'enfant vivant : Qu'on le divise en deux, dit le roi , et qu^on donne à chacune la moitié. L'une des femmes consentit , mais l'autre supplia le roi de donner l'enfant tout entier à sa cruelle compagne plutôt que de le tuer, et à cette prière le roi reconnut la véritable mère. Ce jugement, qui fit ressortir la sagesse de Salomon dans tout son éclat, répandit sa réputation dans tout le pays.
Après avoir réglé les affaires les plus , urgentes du royaume et de la cour, Salomon commença à s'occuper de la construction duTemple, qui devait perpétuer à jamais la gloire de son règne. Le pays ne pouvant fournir le bois nécessaire pour les constructions, et les Hébreux n'étant pas alors assez avancés dans les arts pour exécuter dignement les magnifiques travaux que Salomon avait en vue, celui-ci réclama l'assistance de Hiram , roi de ïyr, qui avait été lié d'une étroite amitié avec David, et qui, à l'avénement de Salomon, avait envoyé une ambassade pour complimenter le jeune roi et renouveler l'alliance entre les deux royaumes. Salomon demanda à Hiram de lui faire couper du bois de cèdre et de cyprès sur le Liban, par les ouvriers habiles de Sidon, auxquels se joindraient les ouvriers hébreux. De son côté, le roi des Hébreux s'engagea à fournir à Hiram chaque année une certainequantitédefromentetd'huile'.
En même temps Salomon pria le roi deTyr de lui envoyer des architectes phéniciens (I Rois, 5, 18) et un habile artiste qui pût diriger tous les travaux de fonte, de sculpture, etc. ^. Hiram accueillit avec joie la missive de Salomon et y répondit avec le plus grand
• Voy. ci-dessus , page 18.
2 Voy. IlCiiron. cli. 2,y. 6et I3; comparez IRois, cil. 7, V. 14.
L'TJNIVERS.
empressement , offrant de faire luimême transporter le bois du Liban à Tvr, de le faire disposer en radeaux et dé l'expédier par mer à l'endroit que Salomon lui désignerait. Un traité ayant été conclu entre les deux rois ', Salomon, pour faire exécuter les corvées, leva trente millehommes,qu'ildivisa en trois sections de dix mille hommes; les sections devaient alternativement participer pendant un mois aux travaux du Liban, afin que chacune, après le service d'un mois, pût rentrer pour deux mois dans ses foyers. La levée se fit par les soins d' Ado'niram, chef des corvées. En outre, Salomon occupa cent cinquante mille Cananéens et autres étrangers à extraire, tailler et transporter les pierres pour les constructions; car les matériaux devaient arriver tout préparés à l'emplacement du Temple, où l'on n'entendait résonner ni le marteau, ni la hache, ni aucun autre outil de fer (l Rois, G, 7). Plus de trois mille hommes, également étrangers, étaient chargés de la surveillance de ces travaux préparatoires». Avant de poser les fondements du Temple, qui devait être élevé sur la colline de Moria, il fallait exécuter de vastes travaux pour agrandir le terrain et pour le consolider"^. Ce fut dans la quatrième année du règne de Salomon 4, au mois •de Ziv (avril-mai), le deuxième de l'année, qu'on commença les travaux de construction, qui durèrent plus de sept ans.
Il est impossible de donner du Templede Salomon une description exacte;
I Josèphe dit cjue les documents de cette convention , ainsi qu'une grande partie des lettres éclianpées entre Salomon et Hiram , existaient encore de son temps dans les archives de Tyr. Antiqu. VIII, 2, 8; contre Avion, l , 17.
» Voy. I Rois,ch. 5,v. 15— 17; Il Chron. ch. 2, V. I6et 17.
3 Voy. ci-dessus, page 46-
• Selon le premier livre des Rois (ch 6 , v. I ': ce fut l'an 480 de la sortie d'Egypte ; mais nous avons déjà dit ^page 231 ) que ce chiffre offre de grandes diflicultés, et que Josèphe compte tantôt 002, tantôt 6 12 ans. L'auteur ries Chroniques a omis la date , probablement parce qu'elle lui paraissait incertaine. Des Vignoles place la fondation du Temple dans l'année 648 de la sortie d'Egypte.
celles qae nous trouvons dans le premier livre des Rois (ch. 6 et ch. 7, v. 15-50) et dans le deuxième livre des Chroniques (ch. 3 et 4) sont fort incomplètes, et souvent même il est difficile de les mettre d'accord. Outre cela, les termes d'architecture que nous y rencontrons ne peuvent pas toujours être expliqués avec certitude. La description de Josèphe diffère quelquefois (surtout pour les dimensions) des deux relations bibliques, et les détails qu'il ajoute ne paraissent être basés que sur de simples conjectures. Les nombreuses descriptions des modernes diffèrent beaucoup les une des autres, et on rencontre de grandes difficultés, dès qu'on veut les convertir en dessins. On n'arrivera jamais à se faire une idée juste des proportions architectoniques de l'édifice de Salomon.
Il nous serait impossible d'entrer ici dans tous les détails et de discuter les différentes opinions; nous devons nous contenter de résumer les données les moins douteuses '.
Tout l'édifice, bâti sur le modèle du temple portatif de IMoïse, mais dans des proportions plus grandes, se composait du Temple proprement dit et de deux cours ou parvis.
Le Temple, bâti en pierres, avait soixante coudées de long (de l'est à l'ouest), vingtcoudéesdelargeettrente de hauteur. Devant l'entrée du Temple, à l'est, se trouvait uu portique, appelé OULA.M (Tpc'vao;), dont la longueur, qui était de vingt coudées (du nord au midi), couvrait toute la largeur de l'édifice; il avait dix coudées
• Ceux qui désirent de plus amples détails pourront consulter surtout les ouvrages suivants : Jacob Jeliuda Léon, De templo Hierosolymitano (en hébreu i, Amsterd.
1650, in- 4°; tra^l. en latin par Saubert, Helmslad. 1665; le même ouvrage en hollandais {Afhceldinge van den Tcmpel Salomonis), par l'auteur, Amst. 1669. Cet auteur a confondu dans la même description le Temple de Salomon et celui d'Hérode. — Bernard Lami, De labprnaculo fœderis, de sancta civitate Jérusalem et de lemplo ejus. Paris, 1720, in-foL - A. Hirt- Der Ti-mpel Salomons, Berlin, 1809, in-4. — Meyer, Der Tempel Salomons , Berlin, 1830, m-S. — Winer, Realwœrlerbuch , t. Il, p- C6I - €70.
<le large (de l'est à l'ouest). T-e livre des Rois n'en fixe pas la hauteur; in^ais, selon les Chroniques (H, cii. 3, v. 4', elle étaitdecent vingt coudées, de sorte que ce portique aurait formé une espèce de tour large, trois fois plus haute queleTeinple. Mais il est diflicile d'admettre ces formes aussi disproportionnées que disgracieuses; nous croyons donc que ce verset des Chroniques, qui d'ailleurs est très-peu clair, a été corrompu par les copistes, et que le portique ne dépassait pas la hauteur du Temple. Il paraît résulter d'un passage (I Rois, 7, 12) que le mur se composait de trois rangées de pierres de taille, surmontées d'une espèce de balustrade en bois de cèdre. Devant ce portique on plaça deux colonnes d'airain creusesen Hedans '. Elles avaient chacune la hauteur de dix -huit coudées et douze coudées de circonférence; répa.isseur du métal était de quatre doigts. Elles étaient surmontées de chapiteaux de la hauteur de cinq coudées *, de sorte que toute la hauteur était de vingt-troiscoudées. Cependant, selon les Chroniques (ib. v. 1.5), elle aurait été de trente-cinq coudées. Or, pour que cette donnée fût exacte, il faudrait supposer qu'elle comprenait aussi les piédestaux et que ceux-ci avaient une hauteur de douze coudées ; alors ces piédestaux de pierre n'ont pas été compris dans la description des livres des Rois et de Jérémie, où l'on ne voulait parler que du travail en airain. Ladescription des chapiteaux, dans les différents passages bibliques, est assez obscure; voici ce qui paraît
' Voy. Rois, ch. 7, v. 15 et suivants; Il Rois , cil- 25 , v. 17 ; Jérémie, ch. 52, v. 21-23; II Cliron. cli. 3, v. lo-
2 Le 2<^n>': livre des Rois (25, 17 ) ne donne à ces chapiteaux que trois coudées. Pour lever la contradiction, Jahn a supposé que plus tard, dans les réparations du Temple , les chapiteaux avaient été diminués de deux coudées; car, dans le passage en question , on parle de l'état ou se t^ou^ aient lés colonnes lors de la destruction de Jérusalem par les Chaldéens. Voy. Bibl. Archceologie, t. III, p. 261. Mais Jahn a oublié que, dans le passage parallèle de Jérémie (52, 22), on donne également aux chapiteaux la hauteur de cinq coudées ; il y a donc nécessairement une faute dans le passage des Rois.
19*= Livraison. (Palestine.)
résulter de la coinbinais'on de ces passages : la surface des chapiteaux était couverte de fleurs de lis en relief (I Rois, ch. 7, V. 19 et 22); sept chaînes, qui entouraient cette surface, y formaient une espèce de treillage (ib. v.
17). A chacun des deux bords du chapiteau il y avait, sur une chaîne, cent grenades (II Chron. 3, 16), dont fjtiatre-vingt seize aux côtés, dit .Jérémie (52, 23), c'est-à-dire, vingt-quatre de chaque côté et une à chaque angle, d'où il résulte que les chapiteaux avaient la forme carrée. Il v avait donc deux cents grenades aux Jeux bords du chapiteau (r Rois, 7, 20), ce qui fait en tout quatre cents grenades pour les deux colonnes (II Chron. 4, 13). De cette manière tous les passages s'accordent parfaitement. Le texte ne nous dit pas clairement de quelle manière ces deux colonnes étaient placées; il y en a qui pensent qu'elles supportaient le toit du portique, mais il est plus probable qu'elles étaient placées, comme simple ornement, devant le portique, des deux côtés de l'entrée, l'une au midi, l'autre au nord. Celle du midi reçut le nom de Yacliln, celle du nord fut appelée Boaz; on ne sait rien de positif sur l'origine de ces noms. — Les deux colonnes , ainsi que tous les autres ouvrages de fonte furent exécutés par un artiste phénicien, nommé Hirôm, que Salomon avait fait venir de Tyr, et qui était Gis d'un Tyrien et d'une femme Israélite de la tribu de Naphthali; il avait ses ateliers dans la plaine du Jfourdain, non loin de Succôth.
Le portique et les deux colonnes formaient la façade du Temple. Sur les deux côtés et' sur le derrière, c'est-àdire au nord , au midi et à l'ouest , on adossa au mur trois étages composés de chambres, qui communiquaient entre elles par des portes' et qui étaient destinées aux trésors et aux provisions du Temple. L'étage inférieur, ou le rez-de-chaussée , avait cinq coudées de large, le second en avait six, et
' I Rois, 6, 5; comparez Ezéohiel, 4i , G. Selon Josèphe, il y avait trente chambres dans cliaquc étage. Jntiqu. VIII, 3, 2.
L'UNIVERS
le troisième sepl; ces tlilïéreuces provenaient de ce que, pour ne pas endommager les murs du Temple , on avait appliqué, contre leur parement extérieur, une saillie en forme de terrasse, qui devait supporter les poutres des différents étages. Les deux gradins sur lesquels reposaient les plafonds du premier et du second étage , ayant chacun une coudée de large, il s'ensuivait de là que le second étage avait une coudée de plus que le rez-dechaussée , et de même le troisième une coudée de plus que le second. A l'extérieur les étages étaient au même niveau '. La hauteur de chaque étage était de cinq coudées (I Rois, 6, 10); ainsi les trois étages avaient une hauteur de q uinze coudées, à laquelle il faut ajouter l'épaisseur des plafonds et du toit, de sorte que les étages dépassaient la moitié de la hauteur intégrale du Temple, qui était de trente coudées. L'entrée des étages était sur le côté droit (au midi) du Temple, a la chambre du milieu du rez-de-chaussée, et un escalier tournant conduisait de là aux étages supérieurs (ib.
Au-dessus des étages, il y avait, dans les murs du Temple, des fenêtres fermées par un treillage, qui était probablement fixé dans un encadrement et immobile ; c'est là ce que le texte (ib.v.4) laisse deviner; mais tout ce qu'on a dit sur la grandeur, la formeetladistributionde ces fenêtres, ne repose que sur de simples conjectures.
Le Temple était couvert en bois de cèdre (ib. v. 9), mais on ne nous dit rien sur la forme du toit ; c'était probablement une plate-forme entourée d'une balustrade '.
Ce que nous avons dit jusqu'ici suffira pour donner une idée de l'aspect
» Tel me parait être le sens le plus simple du texte (1 Rois, G, 6) tant tourmenté par les commentateurs et par les auteurs qui ont écrit sur le Temple.
* La plate-forme est généralement d'usage chez les Orientaux , même pour les temples ; voy. Juges, I6, 27. Cependant quelques auteurs donnent au Temple de Salomon un toit oblique ou un comble à pignon. Hirl. p. 30.
extérieur du Temple. Nous allons ajouter quelques détails sur l'intérieur de l'édifice.
De même que le Tabernacle de Moïse (p. 155), le Temple de Salomon était divisé en deux parties : le devant ou le lieu saint, qui reçut le nom de Héchal( palais), et le derrière ou le Saint des Saints, qui fut appelé De- BiR'. Ce dernier, situé à l'occident, embrassait la troisième partie de l'espace du Temple, c'est-à-dire vingt coudées sur les soixante qui formaient la longueur de tout l'édifice; sa largeur étant également de vingt coudées , ainsi que sa hauteur (ib. v. 20), il formait un cube dont les dimensions étaient le double de celles du Saint (les Saints de Moise (p. 156), et par conséquent l'espace intérieur se trouvait octuplé. — La hauteur de tout l'édifice étant de trente coudées et celle du Debir n'étant que de vingt, il restait nécessairement au-dessus du Debir un espace de dix coudées de hauteur, sur l'emploi duquel les documents gardent le silence. Il y en a qui pensent que, même à l'extérieur, le Debir était plus bas que le Héchal, et que la toiture de ce dernier était plus élevée de dix coudées. D'autres, admettant une chambre au-dessus du Debir, ont cherché à en deviner l'emploi, et on est allé jusqu'à imaginer un appareil électrique en rapport avec l'Arche sainte *. Nous ne saurions approuver ni l'une ni l'autre de ces suppositions, et nous pensons que le Héchal, comme le Debir, n'avait, à fintérieur, qu'une hauteur de vingt coudées, ce qui nous semble résulter, avec évidence, du texte du premier livre des Rois (6, 16); les deux parties étaient, sans doute, sous le même toit, et, comme la hauteur extérieure était de trente coudées, il y avait nécessairement, entre le plafond et le toit, tout
■ Saint Jérôme rend ce mot par oraculum , lieu où la Divinité parlait (de D,vBBEn, parler) mais il est plus probable qu'il vient de la racine arabe dabar, être derrière, et qu'il signifie, comme le mot arabe dabir, extrémité, partie postérieure-
2 Voy. l'ouvrage de Hirt, p. 27 et suiv. ; Winer, t II , p C65.
le long de l'édifice (soixante coud .) , une espèce de grenier dont nous ne prétendons pas savoir déterminer l'emploi.
Il résulte de tout ce que nous vevons de dire que le lieu saint ou le Héchalavaitquarante coudées de long, vingt coudées de large et vingt de hauteur. Les pierres ne se voyaient nulle part à l'intérieur; car il y avait sur les murs un lambris de bois de cèdre, sculpté de chérubins., de branches de palmier, de coloquintes et de fleurs épanouies. Le plafond etaitégalement en bois de cèdre et le parquet en bois de cyprès. Partout, même au parquet, la boiserie était couverte d'une forte dorure; sur la paroi occidentale, qui sépoLVMt le lieu sailli du Saint des Saints, il y avait un ornement de chaînes d'or (ib. V. 21). Les boiseries, les ornements et les dorures' ' étaient les mêmes dans le Saint des Saints, ouïe Debir, excepté que là le parquet aussi était en bois de cèdre. — L'entrée du Debir était fermée par une porte en bois d'olivier sauvage, à deux battants, sculptée et dorée comme les lambris des murs *. Une porte pareille fermait l'entrée du Héchal ; mais ici les poteaux seulement étaient de bois d'olivier; les battants étaient de bois de cyprès et composés chacun de deux planches qui tournaient dans des verrous (ib v. 34). Tous les gonds étaient d'or (ch. 7, v. 50). Le texte ne parle pas des dimensions des deux portes; dans le Temple de la vision d'Ezéchiel, qui a beaucoup d'analogie avec celui de Salomon, la porte du Héchal a dix coudées de large , et celle du Saint des Saints sept coudées (Ézéch. ch. 41, v. 2et 3).
Le Portique^ sur la construction duquel nous ne savons rien de positif, n'avait pas de porte fermée ; l'entrée était toujours ouverte.
' L'auteur des Clironiques, qui est extrêmement prodigue de l'or, fait employer à Saiomou sis ceuts talents d'or pour les dorures du Saint des Saints. H Chron. 3, 8.
- - Elle avait peut-être la forme d'un pentagone. Voy. les commentateurs, 1 Rois, G, 31 ; Jahn, t. III, p. 203. Selon II Chron. 3 , 14, il y avait aussi a l'entrée un rideau ( Parochetu ) pareil à celui du Tabernacle de Moïse. Voy. ci-des.sus, page 156.
Il nous reste à parler des deux parvis qui entouraient le Temple (2 Rois, 21, 5; 23, 12). Le parvis intérieur, seul mentionné dans la description du I*'' livre des Rois (6, 36), était entouré d'un mur de trois rangées de pierres de taille surmontées d'une rangée (balustrade) de bois de cèdre. Les dimensions ne sont pas connues; c'était probablement un carré oblong qui entourait tout le Temple, mais qui en était beaucoup plus rapproché à l'ouest qu'à l'est '. Le devant de ce parvis dut être très-vaste, pour contenir les objets dont nous parlerons tout à l'heure. Dans le 2™'^ livre des Chroniques (4, 9), on l'appelle le parvis des prêtres, parce que les prêtres y exerçaient leurs fonctions , et on mentionne aussi la grande cour, ou le parvis extérieur (Ézéch. 40, 17), qui entourait le parvis intérieur, et 011 le peuple avait accès. Les entrées des deux parvis étaient fermées par des portes couvertes d'airain.
Dans ces parvis nous trouvons plus tard beaucoup de portes, dans différentesdirectionssetun grand nombre d'appartements destinés aux trésors et aux prêtres et lévites de service^; une partie de ces portes et de ces appartements remontaient, sans doute, à la construction primitive de Salomon, notammauî un portique à l'orient, appelé plus tard le portique de Salomon ^.
Nous arrivons maintenant aux objets sacrés qui se trouvaient dans les différentes partie du sanctuaire et qui étaient analogues à ceux que nous avons vus dans le Tabernacle de Moïse 5. Nous pouvons donc nous
' Comparez ce que nous avons dit sur Je parvis du Tabernacle, ci-dessus, p. isG.
2 Voy. Il Rois, ch. ii, v. 6 et I9; ch. i.3, V. 35; Jérémie, ch. 20, v. 2; ch. 26, v. 10; ch. 36, V. 10; Ézéchiel , ch. 8, v. 3 et 5; ch. 0, V. 2; ch. lO, V. lî»; ch. Il, v. I ; II Chron. ch. 24, v. 8; ch. 35, v. 15.
3 Voy. Jérémie, ch. 35, v. 2 et 4; ch. 36 , V. lo; I Chron. ch. 9, v. 26 et 33; ch. 23, V. 28; ch. 28, V. 12.
' Voy. Josèphe, Antiqu. XX, 9, 7; Guerre des Juifs, V, 5, i; Évangile de Jean, 10, 23; Actes des Apôtres , 3, il.
^ Voy. ci-dessus, p. |56 à lo»
L'UNIVERS
dispenser d'entror dans des détails sur l'usage de ces objets.
Au milieu dy parvis inférieur était le grand autel d'airain , ayant, selon le deuxième livre des Clironi(jues(4,l), vingt coudées en long et en large et dix coudées de hauteur; il était composé probablement de plaques d'airain et rempli en dedans de terre ou de pierres. Si ces dimensions sontexactes, ce qui est invraisemblable, l'autel aurait couvert toute la largeur du Temple, et sa solidité aurait été à celle de l'autel du Tabernacle ( p. 156) comme quatre mille <à soixante et quinze. — Le bassin, qui se trouvait au S. O. de l'autel et au S. E. du Temple, fut appelé, à cause de son imnense grandeur, la mer d'airain.
Il avait la forme d'un hémisphère '; sa profondeur, ou le rayon , était de cinq coudées et son diamètre de dix 2 , et le métal avait un palme d'épaisseur. Le bord était travaillé en forme de calices de fleurs de lis et audessous couraient deux rangées de coloquintes. Le bassin pouvait contenir deux mille bath d'eau^. Il reposait sur douze bœufs d'airain , placés , selon Josèpbe ,- autour d'une spire qui soutenait le bassin au centre et qui avait une coudée de diamètre. Trois des bœufs regardaient l'orient , trois l'occident, trois le nord et trois le midi.
' Josèphe, Antiqu. VIII, 3, 5.
^ Le texte ajoute que la périphérie était de trente coudées (IRois, 7, 23; II Chron. 4, 2), ce qui nécessairement est inexact, s'il est vrai que le diamètre était exactement (le dix coudées. Quelques auteurs, pour soutenir l'exactitude des deux chiffres , ont prétendu que le bassin avait la forme d'un hexagone ( Jahn , 1. c, p. 259 ), quoique le texte dise clairement que c'était un rond. Nous pensons que le diamètre seul { ou la ligne droite ) avait été exactement mesuré ; la mesure de la courbe n'est lixée , dan.s le document, que par le calcul, et d'après cette proposition erronée qu'on trouve encore dans leThalmud, savoir : que le diametie est a la périphérie comme I à 3. Josèphe (l. c. ), qui a senti la difticulté, s'abstient de reproduire, dans sa description, la mesure de la périphérie du bassin. Celle-ci était en réalité de coudées 31 ,4159205...
3 Selon II Chron. 4, 5, il pouvait en contenir trois mille. Le bath, selon Josèphe, équivaut à ua mélrète attique, ou litres M ,8i3.
Le bassin était probablement pourvude robinets par lesquels les prêtres tiraient l'eau nécessaire pour selaver les mains et les pieds. — Outre ce grand bassin, il y en avait encore dix autres, qui avaient chacun quatre coudées, dit le texte (IRois, 7, 38), c'est-à-dire, selon Josèphe, quatrecoudées de profondeur et autant de diamètre au bord. Il paraîtrait donc qu'ils avaient la forme ovale. Ils contenaient chacun quarante bath d'eau, qui servait à laver différentes pièces des sacrifices (Lév. 1 , 9). Ils étaient placés sur des piédestaux d'airain , de quatre coudées en long et en large , et de trois coudées de hauteur, et qui reposaient sur quatre roues , chacune d'une coudée et demie de hauteur. Les piédestaux étaient ornés de figures de lions , de. bœufs et de chérubins. Cinq de ces bassins étaient placés au nord du sanctuaire , et cinq au midi. Enfin, il y avait là des chaudières, des pelles, des aspersoirs , et autres ustensiles d'airain, à l'usage des sacrifices.
Dans le //eV^«/ , devant l'entrée du Saint des Saints , se trouvait l'autel des parfums , en bois de cèdre , couvert de lames d'or. Le chandelier à sept branches et la Table des pains de proposition occupaient la même place que dans le Tabernacle de jMoïse ' , et en outre il y avait à chacun des deux côtés cinq candélabres et cinq tables également en or, avec un grand nombre de coupes , de vases et autres instruments d'or 2.
Dans le ZJeôir, ouïe Saintdes Saints, il n'y avait autre chose que V arche sainte, probablement placée sur un piédestal. Deux chérubins de bois d'olivier sauvage, couverts d'or, se trouvaient aux deux extrémités de l'arche; ilsavaient chacun dix coudées de hauteur, et leurs ailes étendues, chacune de cinq coudées, occupaient toute la largeur du Debir, et couvraient l'arche sainte. Celle-ci devait
' Voy. IRois. 7, 48; II Chron. I3, il.
'' Voy. I Rois, 7, 49 et 50; II Chron. 4, 7 et 8. josèphe parle d'un nombre prodigieux de candélabres, de tables et de vases. Aniirjii. VIH, .3,7.
PALESÏINF.
être dérobée à tous les regards ; on ne remarquait , lorsque la porte du Debir était ouverte , que les extrémités (les barres qui servaient à porter l'arche et qui dépassaient la hauteur du rideau (I Rois, 8,8; II Chr. 5,9).
Les travaux de construction furent terminés dans la onzième année du règne de Saioaion , au mois de Boni (octobre-novembre), le huitième de l'année des Hébreux. Il se pussa probablement encore quelque temps dans les arrangements intérieurs. Le roi convoqua à Jérusalem les anciens et les chefs des tribus et des familles , pour le septième mois, ou le mois sacré » (de Tannée suivante) , afin d'y assister à la translation de l'arche sainte et à la dédicace du Temple. En même temps le Tabernacle de Gabaon, avec tous les objets sacrés qu'il renfermait , fut transporté à Jérusalem et déposé dans les trésors du Temple (I Rois, 8, 4). L'arche sainte, qui se trouvait sur le mont Sion, fut transportée par les prêtres pour être placée dans le Saint des Saints sous les ailes des Chérubins. Le roi Salomon ouvrit lui-même la marche , accompagné des députés de tout Israël. Pendant cette solennité , on immola des victimes innombrables. Les prêtres seuls entrèrent dans le Saint des Saints , dont une nuée épaisse déroba la vue à tous les assistants.
Quand les prêtres furent sortis, le roi prononça ces mots : « Jéhova a dit qu'il iia'biterait dans le brouillard ; j'ai bâti une maison pour te servir de demeure, un lieu pour ta résidence éternelle. » Se tournant vers le peuple, il lui annonça que, avec l'aide de Dieu, il avait enfin exécuté le projet conçu par son père David, en bâtissant un Temple au nom de Jéhova, le Dieu d'Israël, et en y plaçant l'arche sainte renfermant le document de l'alliance que Dieu avait conclue avec Israël, à la sortie d'Egypte. Ensuite le roi, agenouillé devant l'autel et les mains tendues vers le ciel , prononça une longue prière, dans laquelle if implora la
' V.'y. ci-desbus, page IS4.
Divinité d'exaucer les supplications que le peuple d'Israël porterait à ce Temple, dans toutes les circonstances graves et solennelles : « Et même l'é- « tranger, ajouta-t-il, qui n'est pas de « ton peuple Israël , et qui sera venu o d'un pays éloigné , à cause de ton « nom , ayant entendu parler de ton « grand nom , de ta main puissante et « de ton bras étendu, et venant prier « vers ce Temple ; tu l'exauceras du « haut des cieux , le lieu de ta rési- « dence , afin que tous les peuples de « la terre reconnaissent ton nom pour n le craindre, comme ton peuple Israël, « et qu'ils sachent que ce Temple, « que j'ai bâti, est appelé par ton » nom. » Le texte de toute cette touchante prière nous a été conservé dans l'Écriture sainte ' . A la fin, le roi debout devant le peuple , le bénit à haute voix : « Béni soit Jéhova , dit-il ^ « qui a donné le repos à son peuple « Israël, selon tout ce qu'il a dit; il '< n'est pas tombé un seul mot de tout « le bien qu'il a promis par son ser- « viteur Moïse. Que Jéhova , notre « Dieu, soit avec nous, comme il a « été avec nos ancêtres, qu'il ne nous « abandonne pas et ne nous délaisse « pas; pour faire incliner nos cœurs <•■ vers lui, pour que nous marchions « dans ses voies , que nous observions « ses commandements, ses statuts et « ses droits qu'il a prescrits à nos « pères. Et que ces paroles de suppli- « cations que j'ai adressées à Jéhova '( lui soient présentes, jour et nuit, « pour qu'il fasse le droit de son ser- « viteur et le droit de son peuple Israël, « chaquejour; afin que tous les peuples « de la terre sachent que Jéhova est le « seul Dieu et qu'il n'y en a pas d'autre. « Puisse votre cœur être entier avec « Jéhova, notre Dieu, pour marcher « selon ses statuts et pour observer « ses commandements , comme en ce « jour. »
On célébra ensuite la dédicace du Temple par de grands sacrifices ; le rot
I Nous possédons de celte prière deux réJacUons qui n'offrent qu'un très-petit nombre de variantes. Yoj'. l Rois, ch. 8, v. •2;j-o3; II Chroa. ch= 6, v. Ii-i2.
L'UNIVERS
et la foule immense qui s'était réunie à Jérusalem pour cette solennité, offrirent vingt-deux mille bœufs et cent vingt mille brebis. La fête des Tabernacles, qui tomba à cette époque, fut célébrée pendant deux semaines. Le lendemain de la fête, chacun se relira en bénissant le roi et en louant Dieu qui avait donné à Israël ces jours de bonheur.
Salomon, qui avait su captiver tous les esprits par l'immense éclat qu'il venait de donner au culte national , non content des charges et des sacrificesqu'il avait imposés au peuple, lui en créa d'autres par les vastes et brillantes constructions qu'il fit succéder à celle du Temple. Treize années furent employées a la construction du palais du roi appelé la maison de la forêt du Liban K La description que nous en possédons ( 1 Rois, 7, 2 —12) est fort obscure et incomplète ; voici ce que nous pouvons y deviner : tout l'édifice, formant un parallélogramme, avec une cour au milieu, avait cent coudées de long , cinquante de large et trente de hauteur. Les fondements étaient de grandes pierres de prix, de huit à dix coudées de long ; ils supportaient des murs de pierres de taille polies , encadrées dans un échafaudage ou dans des colonnes de bois de cèdre ( V. 2 et9 ). L'édifice était divisé en trois étages, dont les plafonds étaient en bois de cèdre, et tout autour il y avait à chaque étage des fenêtres symétriquement distribuées. A l'entrée il y avait un portique, soutenu par des colonnes et qui avait cinquante coudées de long et trente de large ; de là on arrivait dans une salle appelée portique de la justice, car là était le trône, et Salomon ytenaitses audiences commejuge. Derrière ces portiques, dans la cour intérieure, étaient d'un côté les appartements du roi , et de l'autre ceux de la reine,fille du roi d'Egypte. Tout l'édifice était entouré d'une cour formée par un mur pareil à celui delacour intérieure du Temple. — Le trône de Salomon était d'ivoire, couvert d'or fin; le dossier
' Voy. ci-dessus , page 47 , deuxième colonne, note 2.
était arrondi en haut , et à chacun des deux accoudoirs il y avait l'image d'un lion. On y montait par six marches portant chacune deux lions aux deux extrémités. Une foule de vases et d'autres objets eu or ornaient le magnifique palais; on y voyait entre autres, dans la salle des armures , deux cents grands boucliers d'or et trois cents autres de moindre dimension.
Après avoir passé vingt ans à la construction du Temple et du palais, Salomon entreprit d'autres travaux pour fortifier et embellir la capitale et quelques autres villes du royaume.
Hiram , roi de Tyr, lui envoya âe nouveau une grande quantité de bois de cèdre et de cyprès , et reçut en échange un district de la Galilée, renfermant vingt villes; ce district, limitrophe de la Phénicie, et habité probablement par des Cananéens, reçut le nom de Caboul, sans doute du nom de l'une de ses villes (Tosué, 19, 27).
Sur tous les autres points du royaume, les descendants des Cananéens , soumis au sceptre de Salomon, furent employés aux corvées. Parmi les villes que Salomon fit bâtir ou fortifier pour protéger le pays contre une invasion, nous trouvons la célèbre ville de Tadmor (Paimyre), dont les fortifications pouvaient servir de boulevard contre les ennemis venant de l'Euphrate et contre les hordes arabes.
Les forteresses munies de garnisons et des provisions nécessaires (I Rois , 9, 19), une armée considérable, qui possédait une forte cavalerie et un grand nombre de chariots de guerre , semblaient devoir inspirer le respect aux peuples voisins, garantir les conquêtes faites par David et assurer au royaume une paix durable; car il n'entrait pas dans les vues de Salomon d'étendre encore davantage les limites de son royaume par des guerres offensives. Au contraire, il tâchait d'augmenter la prospérité du pays par des entreprises commerciales; le port d'Asiongaber , sur le golfe Élanitique, qui, depuis la défaite des Iduméens, était au pouvoir des Hébreux, servait de point de
PALESTIJNK.
départ pour les contrées de l'Arabie, méridionale, ou lepaysd'Ophir '. Des vaisseauxdeSalomonetdelIiram, conduits par des marins phéniciens, allaient tous les trois ans à Ophir, et probablement plus loin , et rapportaient de l'or, du bois de sandal , des pierres précieuses, de ri voire, des singes et des paons ^. L'Egypte fournissait à Salomon un grand nombre de chevaux pour sa cavalerie et ses chars, et probablement il en faisait aussi un article de commerce, dontilse réservait lemonopole. Ce commerce devait être trèslucratif; car les peuples du nord de la Palestine, et notamment les Phéniciens , auront mieux aimé tirer leurs chevaux de la Palestine que de lesfaire venir directement de l'Egypte , le transport par mer ayant de grands inconvénients ^.
• Nous ne saurions reproduire ici toutes les différentes opinions des savants sur la position géographi(iue du pays d'Ophir, que les uns cherchent dans l'Inde, les autres sur les côtes orientales de l'Afrique. Toutes les conjectures basées, soit sui'la ressemblance de certains noms , soit sur la nature des articles de commerce qu'on tirait d'Ophir, soit eniin sur le temps qu'on mettait à ce voyage, doivent se taire devant la déclaration expresse de la table généalogique de la Genèse (ch. 10, v. 26-29) qui place Ophir
fiarmi les descendants de Yoktan, au miieu d'autres noms qui appartiennent tous à différentes contrées de l'Arabie méridionale. Ces contrées, selon le témoignage de Diodore et de plusieurs autres auteurs grecs, étaient autrefois riches en or. Mais ilse peut aussi qu'Ophir ait fait un grand commerce d'or étranger, et que les Hébreux tirant leur or des marchés d'Ophir l'aient appelé par ce nom. Voy. RosenmûUer, Biblische Géographie, t. III, p. 178.
ï Voy. TRois, ch. 9, V. 27; ch. 10, V. il et V. 22. Dans le dernier passage il est question d'un vaisseau de Tharsis (c'est-à-dire, allant à Tartessus en Espagne); mais il résulte de la combinaison de ce verset avec le verset 49 du ch. 22, qu'il s'agit ici, comme dans les autres passages, d'un vaisseau partant d'Asiongaljer, et qui, par conséquent, n'allait pas en Espagne, ce qui d'ailleurs résulte aussi de la nature de quelques-uns des objets que rapportait ce vaisseau. Dans le langage des marias phéniciens , ou appelait généralement les vaisseaux de long cours vaisseaux de Tharsis. L'auteur des Chroniques, qui ne connaissait pas la valeur de cette expression , fait aller les vaisseaux de Salomon à Tharsis en Espagne (II Chroa. 9, 21).
■<Voy. Michaelis , il/oi' . Recht, t. I à la tin du g M.
Le grand étalât que Salomon parvint ainsi à donner à son règne fut encore rehaussé par la renommée de ses qualités personnelles. On le disait l'homme le plus sage, le plus instruit de son temps. Ses expéditions maritimes avaient répandu son nom dans l'Arabie. Une reine de Saba , ou de la Sabée', dans l'Arabie Heureuse, ayant entendu parler de la haute sagesse de Salomon, fit un voyage à Jérusalem, pour faire la connaissance du célèbre roi et pour l'éprouver par des énigmes. Salomon lui donna des réponses satisfaisantes sur toutes les questions qu'elle lui proposa ; la reine fut aussi surprise de ia sagesse de Salomon qu'éblouie de l'éclat qui l'entourait , et elle déclara qu'on ne lui avait pas raconté la moitié de ce qu'elle avait vu elle-même. Elle fit au roi de riches cadeaux en or, en pierreries et en aromates; Saloinon, de son coté, usa à l'égardde la reine de la plus grande munificence. Elle partit, bénissant le roi et enviant le sort de ses serviteurs à qui il était permis d'écouter toujours les paroles de sa haute sagesse.
Plusieurs rois arabes et les gouverneurs des provinces faisaient à Salomon des présents annuels; il retira, en outre , un revenu considérable de l'impôt payé par les marchands ; car le commerce avait pris de grands dévelopj)ements. Le revenu annuel de Salomon est évalué, par l'historien sacré, à six cent soixante-six talents d'or (environ 29,000 kilogr.).
Quel immense changement depuis l'installation de Saùl, quittant ses bœufé pour aller défendre son pays !
' C'est à tort que Josèphe {Ant- VIII , 6 , &. en fait une reine d'Egypte et d'Ethiopie ) Il est vrai que les Éthiopiens, dans leurs traditions fabuleuses, s'approprient celle reine, qu'ils appellent Maqueda; ils prétendent qu'elle embrassa la religion des Hébreux et qu'elle eut de Salomon un lils', qui devint la souche des rois d'Ethiopie Voy Ludolf, Hist. Aelhiopica, 1. II, c 3. Mais les traditions arabes, qui connaissent la reine (le Saba sous le nom de Balkis, la font régner dans le Yémen,ou l'Arabie Heureuse.
Voy. Pocock, Spécimen histor. Arabum^ p.
L'UNIVERS
Quelle distance de la maison de Kîs à Gabaa , au palais de Salomon dans la magnifique Jérusalem, resplendissante de richesses et de superbes édifices et déployant tout le luxe d'une cour orientale! Qu'était devenu le peuple de Moïse , qui ne devait connaître d'autres richesses que le sol et les troupeaux, qui ne devait se composer que de laboureurs , tous égaux en biens et fu dignité ? Ce peuple était-il devenu plus heureux , en changeant en or le lait et le miel qui coulait dans son pays , en transformant les faucilles et les serpes en glaives et en lances ? Il paraîtrait, au contraire, que Jérusalem et sa cour absorbaient tout le bienêtre des provinces, où les charges inaccoutumées firent naître bientôt un malaise qui menaça de faire éclater le raécontentementgénéral. Le Temple de Jérusalem qui avait coûté tant d'efforts et qui semblait devoir affermir le culte national, et devenir la plus forte garantie de l'union des tribus, fut profané par le roi lui-même, dont les amours cosmopolites favorisèrentdans la ville sainte la plus abominable idolâtrie. Salomon offrait des sacrifices dans le sanctuaire de Jéhova, trois fois par an , aux grandes fêtes des Hébreux ' ; mais, pour plaire aux femmes de son harem , il éleva des autels à Asthoreth , à Moloch, à Camos et à d'autres divinités étrangères, et donna ainsi , le premier, l'exemple de la plus révoltante infidélité au Dieu unique et universel et au culte national. Dès lors les orateurs ou prophètes durent se détourner de lui avec indignation et favoriser lesprojets des mécontents. Déjà on parlait vaguement d'un soulèvement général et il paraîtrait même qu'un prophète osa se présenter devant Salomon, pour lui prédire la défection de toutes les tribus , à l'exception de celle deJuda(l Rois, 11,11 —13). Le prophète Achiah de Siloh , rencontrant un jour, en chemin, l'Éphraïmite Jéroboam, homme vaillant, que Salomon avait iwmmé inspecteur des L'orvées de sa tribu et qui revint alors
de Jérusalem , lui prédit qu'il régnerait sur dix tribus d'Israël. Voulant présenter sa prédiction sous une forme symbolique, le prophète saisit le vêtement neuf que portait Jéroboam ; et l'ayant déchiré en douze pièces, il lui en donna dix, représentant les dix tribus. Soit que Jéroboam eût déjà manifesté des vues ambitieuses avant cette époque, ou que le prophète Achiah, s'abandonnant, à l'exemple de Samuel , à une certaine divination , crût trouver dans Jéroboam un homme capable de se mettre à la tête des mécontents , ce qui est certain, c'est que, depuis cette époque , Jéroboam se rendit suspect à Salomon, et que, pour sauver sa vie, il fut obligé de fuir en Egypte, où il trouva un protecteur dans le roi Sisac on Scheschonk , chef d'une nouvelle dynastie, qui venait de monter sur le trône et qui, comme nous le verrons plus loin , était hostile au pays de Juda.
Sur les frontières Salomon était également menacé de quelques dangers.
Dans le midi, le prince iduméen Hadad ne cessait de faire des tentatives pour reconquérir le royaume de son père.
Ce prince qui , dans son enfance , lors de la catastrophe de l'Idumée , sous David , avait été emmené en Egypte et y avait épousé plus tard une princesse royale, était rentré depuis dans son pays, où ses menées sourdes furent probablement appuyées par l'Egypte, mais sans résultat. Dans le nord, Salomon était inquiété par Rezôn, qui, autrefois au service de Hadadézer, roi de Soba , avait quitté son souverain et était parvenu à se rendre maître de Damas et à y fonder une dynastie. S'il faut en croire Josèphe ' , " Hadad voyant échouer ses tentatives en Idumée , se serait rendu h Damas pour se liguer avec Piezôn, et les deux ennemis de Salomon auraient infesté le territoire des Hébreux pour s'y livrer au pillage.
Le respect qu'inspirait le nom de David, auquel se rattachaient de si glorieux souvenirs, protégea son fils
I Rois. 0, 25: Il Chron. «, I3
I Voy. Anl'iqu. VIH. 7. G.
Salomon contre l'orage déjà suspendu sur sa tête (ib. v. 34). Salomoii put mourir eu paix, après avoir régné (}uaraate ans; mais il laissa à son successeur un règne chancelant et prêt à s'écrouler. La civilisation avait fait de grands progrès, l'industrie, la littérature et les arts s'étaient développés ; mais aussi le peuple, surtout à .Térusalem, s'était habitué au luxe et à la mollesse , et la pompe même du Temple et de son culte avait répandu les germes du paganisme; car elle agissait plutôt sur les sens que sur le vrai sentiment religieux. La littérature des Hébreux dut à Salomon lui-même des accroissements très-considérables; il avait composé trois mille sentences on proverbes , mille et cinq cantiques , et une description des différents règnes* delà nature (l Piois, ch. 4, v. 32 et 33). Il devint parmi les Hébreux le représentant de la poésie gnomique et erotique; une partie du livre des Proverbes est probablement son ouvrage, mais la critique ne saurait lui attribuer le livre de Kohéleth ( l'Ecclésiaste), ni même \q Cantique des Cantiques tel que nous le possédons.
Nous y reviendrons dans un autre endroit.
Avec David et Salomon l'État des Hébreux était arrivé à son apogée; nous le verrons maintenant marcher vers son déclin. Le successeur naturel de Salomon fut son tils aîné /ie/iaôea;?i (Roboam), qui, à la mort de son père, était âgé de quarante et un ans. Les députés des tribus d'Israël , qui devaient rendre leurs hommages au nouveau roi , mais qui voulurent en même temps lui dicter des conditions et demander une dimiimtion des charges , jugèrent convenable de ne point se rendre à Jérusalem; ils s'assemblèrent à Sichem, chef-lieu de la puissante tribu d'Ephraïm. Ils. rappelèrent d'Egypte Jéroboam, fils de Nebat, qui avait pris la fuite devant " Salomon , et qui vint se placer à la tête des députés opposants. Rehabeam fut invité à se rendre à Sichem pour y être proclame roi, et loin de se
douter du piège qui lui était tendu , il se présenta dans l'assemblée. Jéroboam porta la parole au nom des députés : « Ton père, dit-il au roi, a rendu dur notre joug; mais toi, allège maintenant la dure servitude de ton père et le joug pesant qu'il nous a imposé, et nous te servirons. »
R.ehabeam demanda un délai de trois jours pour donner sa réponse. Il consulta d'abord les anciens, qui avaient assisté de leurs conseils son père Salomon, et ilsfurent d'avisqu'il fallait répondre avec douceur et se montrer accommodant , pour obtenir la soumission du peuple. Mais Rehabeam, ne trouvant pas ce conseil à son goût , délibéra avec les jeunes courtisans, ses amis d'enfanc, et, sur leur avis, il résolut de montrer de l'énergie et de parler en despote.
Lorsque, au troisième jour, Jéroboam et les députés se présentèrent devant le roi, celui-ci répondit avec insolence : « Mon petit doigt est plus gros que les reins de mon père; le joug que mon père a fait peser sur vous , moi je l'augmenterai encore ; mon père vous a châtiés avec des fouets, et moi je vous châtierai avec des verges piquantes. » Ces paroles devinrent le signal d'un soulèvement général; comme jadis, dans la révolte de Séba, on s'écria de tout côté : « Nous n'avons pas de part à David , ni d'héritage dans le ûlsd'Isaï; retourne à tes tentes , Israël ! » Adoram , chef des corvées , envoyé par Rehabeam pour calmer l'effervescence du peuple, fut tué à coups de pierres, kehabeain eut le temps de monter dans son char et de s'enfuir en toute hâte à Jérusalem. Les tribus de Juda et de Benjamain restèrent seules fidèles à la dynastie de David , tandis que les autres dix tribus proclamèrent Jéroboam roi d'Israël^.
' La tribu de Benjamin , qui avait des griefs particuliers contre la dynastie de David , se serait probablement jointe aux autres tribus d'Israël, si sa position territoriale ne l'eut encliainée à celle de Juda. La ville de Jérusalem était située sur le territoire de Benjamin-
L'UNIVIÎRS
C'est ainsi que s'accomplit le schisme, dont les germes existaient depuis longtemps dans la jalousie avec laquelle la puissance toujours croissante de la tribu de .luda fut regardée par les autres tribus et notamment par celle d'Éphraïm. La désunion avait déjà éclaté sous David ; mais le respect que commandaient les actes éclatants de ce grand roi et l'énergie de son général Joab avaient étouffé la révolte dans sa naissance , et le prestige du règne de Salomon avait fait taire d'abord les dissensions des tribus et les ambitions personnelles. A la fin de son règne une révolution était devenue inévitable, et la tyrannie de Rehabeam ne pouvait manquer de la faire éclater. Cette révolution s'opéra neuf cent soixante-quinze ans avant l'ère chrétienne.
QU.\TRtEME PERIODE.