‹ PalestrinaChapitre 16 sur 34 · I . v. <-i-(Ic»8U!i, p. 4S · texte numérisé non relu

I . v. <-i-(Ic»8U!i, p. 4S

jusqu'à co que, sous Clément \'III, la « spéculation commerciale » s'en étant emparée, parvint, comme nous le verrons clans un autre chapitre, à la remettre sur le tapis '.

La situation de famille et de fortune de Palestrina, vers ce milieu de sa vie, n'était pas telle que l'a dépeinte Baini, qui a mal connu sa parenté, et qui s'est plu à insister sur la « pauvreté » de son héros : moyen quelque peu romanesque de faire contraster l'immensité de son génie avec la médiocrité de sa fortune, et d'aviver l'intérêt du récit en mêlant au sentiment de l'admiration à l'égard d'un grand artiste celte part de pitié sympathique que réclame toute victime, vraie ou fausse, de l'injuslice du sort. Sur ce point donc, comme sur tant d'autres, les travaux de l'érudition moderne ont ^apporté à la légende ancienne de notables changements.

Les plus grandes peines qui aient traversé la vie de Palestrina ne lui vinrent pas du fait de «es contemporains, qui de bonne lioure avaient

i. l'n excelli-n* résumé île loule celle nfluire. pur .M. Pi-ler Wogiicr, a paru en traduclion française dans la Tribune de Sainl- Ucrvais, t. IX, 190 j, p. 34 1 el 37J.

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SU distinguer ia supériorité de son talent, et dont les hommages ou l'aide matérielle no lui manquèrent jamais. Des deuils, qu'il n'était en nul pouvoir humain do prévenir, attristèrent seuls, plusieurs fois, son existence familiale.

Dans le volume d«^ molets f[u'il avait publié en 1572, Palestrina avait placé, à côté de ses propres œuvres, deux morceaux de Silla Pierluigi, son frère, et un de chacun de ses deux fils aînés, Ridolfo et Angelo Pierluigi. Sur la fin de la môme année, Palestrina vil mourir coup sur coup son frère, Silla, « homme lettré, bon musicien et de bonnes mœurs », et Ridolfo, son fils, jeune homme de vingt-deux ans, que le même témoin, l'évèque Odescalco, disait « de bonnes mœurs, instruit dans la logique, la philosophie et les lettres latines et grecques, excellent musicien et virtuose sur toutes sortes d'instruments ».

Angelo, son second fils, Agé en janvier lîiyS d'environ dix-neuf ans, doué « de presque toutes les bonnes qualités de son frère », était à cette date déjà marié depuis quelques mois à une jeune prénostine, Doralice deUbertis. Une (ille, Aurélia, et un lîls, Angelo, naquirent de celte union, que la mort du jeune époux vint rompre dès i5jG. La veuve, Doralice, se remaria le II octobre 1677. Les deux enfants que lui avait laissés Angelo Pierluigi moururent, à quelques

semaines de distance, le 16 août et le 24 octobre i.")8i.

Le dernier fils du compositeur, Igino, né vers 1557, survécut à son père. Bon musicien, lui aussi, il joua, comme nous aurons à le mentionner par la suite, un rôle plus intéressé que respectueux, dans la publication de certains ouvrages posthumes de Palestrina. De son mariage avec Virginia Guarnacci, contracté en 15^7, naquirent huit enfants, dont Taîné, Tominaso, né le 28 novembre 1378, eut pour parrain le cardinal Sirleto. Par l'un des autres fils d'Igino, la descendance directe de Pierluigi de Palestrina se continua, en ligne masculine, jusqu'à i65i, en ligne féminine jusqu'à nos jours.

En i58o, l'auteur de la Messe du Pap£ Marcel perdit, après trente-trois ans de mariage, sa femme, Lucrezia de Goris ; l'inhumation eut lieu à Saint-Pierre, le 23 juillet i58o. Baini a voulu (|ue les huit compositions sur les Vcri^i/ii de Pétrarque, imprimées en janvier i58i dans son livre de madrigaux spirituels, fussent des chants de deuil inspirés au musicien par une profonde et religieuse douleur : l'excellent biographe ignorait qu'à l'heure même où l'on mettait en vente ce recueil, sept mois après la mort de Lucrezia de Goris, en février i58i, l'inconso-

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lable époux (contractait un second mariage avec « une riche veuve, Victoria Dorniuli, propriétaire d'un important commerce de pelleteries et d'une respoctal)lc fortune mol^ilière et immobilière », donl la jouissance jiennit bientôt à l'icrluig'i d'ac(juérii' dr nouvi'aux ininunibles sur le territoire de Palestrina '.

A la chapelle Julia, ses apjxiinleinents mensuels, en iSji, étaient de 8 scudi et X\ baïoqucs, plus I scudo et demi comme indemnité de logement, et 12 scudi pour la nourriture des quatre enfants de chœur dont il avait la charge. Au mois de mai iS^S, ayant menacé le chapitre de Saint-Pierre de quitter ses fonctions et de retourner à Sainte-Marie-Majeure, il obtint une augmentation de traitement qui porta son salaire mensuel à i5 scudi. Cette somme, ramenée à noire valeur acluciic» , représentait environ 6.5oo francs par an, et la pension pontificale qui s'y joignait, environ 4-ooo Irancs. A ce total de 10 à M. 000 francs de notre monnaie s'ajoutaient, comme nous l'avons déjà indiqué, le produit inconnu des « distributions extraordinaires » à l'église qu'il servait, celui de ses biens personnels, de la vente de ses ouvrages, et les présents reçus en échange de chacjue dédicace :

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