INTRODUCTION
fciiillctcrces 820 j)a<4es do ^rand (bniial in-(juarlo, ornées de (iSg notes dûment numérotées, eussent-ils alors douté de l'impeccable science, de l'absolue véracité, du suprême bon goût d'un si laborieux écrivain, d'un si respectable ecclésiastique, d'un si excellent musicien ? Taine luimôme, beaucoup plus tard, s'y laissa tromper, et répéta de bonne loi, dans son Voyage en Italie, ([uelques-unes des assertions les plus aventurées de Baini.
Comme l'a dit précisément un historien de Técole de Taine, M. Jusserand, à propos de la littérature anglaise, « on a plus fait pour éclairer les origines dans les cinquante dernières années que pendant tout le reste de l'époque moderne. On a trouvé, déchiffré, annoté, imprimé, traduit; l'empire des lettres s'est ainsi accru, au hasard des explorations, de jardins et de déserts, d'immensités nuageuses et de forêts sans limites ; ^es bornes se sont reculées à l'infini : c'est du moins ce qu'il nous semble. Nous rions de la naïveté de Robertson qui admirait, au siècle dernier, la surabondance des documents accessibles de son temps ; le moment n'est pas loin où l'on rira aussi de notre naïveté...* » Ces paroles s'appliquent à toute l'histoire musicale,
I. Jusserand, Histoire littéraire du peuple anglais, t. I, p. ij.
/, PALKSIUI.NA
mais parliculii'rL'mciiL au cliapilro «jui regarde raleslrina cl liaini : celui-ci, connue Hol)eiison, se (M'ovail en possession df plus de doiuinents <pi"il n'rlail nécessaire |)niir bâtir un inchraulable édilice, cl les chercheurs cpii ont depuis vinnl ou trente ans poursuivi les mômes études, ont découvert (juil n'avait pas essayé de vérifier si rien n'existait plus cjui concernât Palestrina dans 'es archives de sa ville natale, ni de jclcr autre chose <pi un regard prévcMiu ou superliciel sur les œuvres des musiciens antérieurs.
Personne ne songe plus à faire dater la musi()ue du xvi" siècle ni à dire (|ue Palestrina «Il liil le père. Sa gloire est toute dilVércnte. Au lieu de marcjuer laurore d un vaste tléveloppement histori(pie, il le clôture et en consacre l'aboutissement.
Les ellorts de plusieurs siècles s'achèv( nt tn lui, s'y l'usionnent, s'y purifient, et s'y expriment sous leui- loriMC parfaite et définitive. C'est pour- (|Uoi son nom, de préférenie à tout autre, a été équilablement choisi pour désigner tout un style de composition, toute une école formée de ses j)rédé<esseurs et de ses rivaux, autant et bien |)his niènie «|ue de ses élèves et do ses imilalturs. En disant « musicpu* palestrinienne ». oji n'enleuil pas une (jualitè spéciale et personnelle de l'esprit, comme la «^ grâct^ racinienne »,