‹ Palestrina (volume 2)Chapitre 11 sur 57 · Kirthenmuê. Jahrbuch, 1894, p · texte numérisé non relu

Kirthenmuê. Jahrbuch, 1894, p

en 1572, le duc de Mantoue récompensait l'hommage du second livre de motets* par un don de 25 scudi, soit 87$ francs; en 1578 et 1ÎÎ79, pour des compositions non désignées, il faisait, remettre au musicien 100 écus d'or, environ 2.5oo francs. Aussi est-ce vers ce prince qu'en i583, las de ses emplois à Rome, on vit Palestrina tourner ses espérances.

Il s'agissait d'aller remplacera Mantoue Francesco Soriano. Avec de grandes protestations de désintéressement, et tout en assurant qu'il servirait le duc gratis bien volontiers, si sa situation de fortune le lui permettait; qu'en tous cas il s'en remettait à lui et se contenterait de ce qui lui serait accordé, pourvu qu'il pût vivre et nourrir sa famille, Palestrina indiquait le chiffre de ses appointements à Saint-Pierre, et mentionnait sa pension pontificale, dont il espérait pouvoir conserver la jouissance hors de Rome; il faisait connaître que sa maison comprenait sept personnes : lui, sa femme, son fils, (Igino), sa bru, son petit-fils, un serviteur et une servante; il demandait que le voyage leur fût payé, et qu'on mît à sa disposition une habitation convenable. Il offrait en même temps les services de son fils, qui était sur le point d'obtenir le diplôme de docteur en droit.

Le duc, auquel on proposait en môme temps

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pour maître de chapelle le compositeur Giaches Wert, hésitait, et chargeait entre autres choses son agent de s'informer si Palestrina jouissait d'une bonne santé, et s'il supporterait aisément les fatigues de la vie de cour et des voyages obligatoires à la suite du prince, pendant lesquels il se trouverait souvent et assez longtemps éloigné de sa famille; il voulait aussi que le musicien se prononçât nettement sur ses exigences pécuniaires; et quoique « par modestie » Palestrina ne voulût donner sur ce point aucune réponse formelle, on sut par des tiers qu'il ne quitterait pas Rome, s'il ne trouvait"ailleurs les mêmes avantages, et les frais de voyage et d'entretien pour sept bouches. La dépense parut à Guillaume plus considérable que ne le permettait l'état de ses finances, et les négociations furent abandonnées, sans que le musicien cessât de correspondre avec lui, de lui envoyer des ouvrages, et d'en recevoir des présents 1 .

Pierluigi avait en même temps toujours grand soin de se ménager d'autres protections et de se procurer d'autres subsides, par le choix attentif des personnages auxquels il adressait ses dédicaces. « Les courtisans de Rome, écrivait un ambassadeur vénitien, aiment que la roue

i. Haberl, Das Archiv der Gonzaga, dans le Kirchenmus. Jahrb. 1886. p. 41 et suiv.

tourne souvent, car chacun peut espérer gagner à la loterie. Ils accordent un lustre par pape, et trouvent mauvais que le bail soit renouvelé *. » Le bail de Grégoire XIII dura treize ans, et Palestrina s'efforça d'en profiter jusqu'au bout. N'ayant pas obtenu de sa tentative de 1577 ave<i Zoilo le gain qu'il espérait, il était revenu à la publication d'ouvrages plus conformes à son talent et avait cherché dans la famille du pape un nouveau destinataire à ses hommages. Dans la même année i58i, il dédia deux ouvrages à Giacomo Buoncompagni, duc de Sora : un premier livre de madrigaux spirituels à cinq voix et un second livre de motets à quatre voix. Le duc de Sora était un fils que Grégoire XIII avait eu avant d'entrer dans les ordres. « Jeune homme élégant, doux, agréable, fort léger et généralement aimé », il faisait « le bonheur et le tourment du pape. » Il était « criblé de dettes, et menait grand train au palais Colonna, qu'il occupait avec sa femme, Gonstanza Sforza 2 ». Déjà Dragoni et Perretti lui avaient offert des livres de madrigaux. A son tour, Palestrina venait Passurer de sa « dévotion » à son service, de sa « gratitude » pour les « bienfaits » reçus : en flattant le fils, il s'adressait indirectement au

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