ACTE I, SCÈNE I
justus, qui s'est approché de sa mère.
Je veux bien écouter 5 mais, si c'est un conte de revenant, je n'y crois pas, d'abord!
BRIGITTE
Tu y croiras, mon fils; car ton père l'avait vu 5 et il est mort jeune pour l'avoir vu. Il y a sept ans, en 1588, nous demeurions, ton père et moi, à deux lieues d'Inspruck... à vingt lieues d'ici... Dans la nuit du Vendredi-Saint, presque à la porte de notre auberge.. . un horrible assassinat fut commis...
ROSCHEN
Ah ! dame Brigitte... mais c'est la fin , cela... Vous n'auriez dû nous dire cela qu'à la fin.
BRIGITTE
C'est que je ne sais si j'aurai le courage d'aller jusqu'au bout, ma fille... Ainsi, c'était la nuit du Vendredi-Saint... heure pour heure... celle où je vous parle... un voyageur était entré pour souper dans notre auberge... C'était un homme de quarante ans à peu près... qui avait l'air d'un noble seigneur. Il allait repartir, quand l'orage éclata... Il demanda une chambre et s'y retira. Mon mari et moi, nous n'osions nous coucher... car la maison tremblait, les fenêtres craquaient. C'était vraiment, comme celle-ci, une nuit de sabbat... et il y avait des bruits horribles tout autour de nous... à chaque éclair nous faisions un signe de croix en nous regardant. Tout-à-eoup... on frappa violemment à la porte... Alors, mon mari et moi , nous nous levâmes, en nous demandant des yeux si nous devions... (On heurte fortement à la porte du fond ; tous se lèvent avec inquiétude.) On a frappé.
ROSCHEN
Oui, mère Brigitte.
justus.
Eh î non, c'est le vent!
BRIGITTE
Va ouvrir, mon fils.
Archives de la Ville de Bruxelles ArchieîvandeStadBrussel
o PALVA.
JUSTUS
Mais, ma mère, c'est le vent \... (On heur le de nouveau.)
BRIGITTE
N'êtes-vous pas honteux, Justus?
JUSTUS
Puisque je suis certain que c'est le vent... Et d'ailleurs, je n'ai pas entendu, moi!...
roschen, allant ouvrir .
Ah î l'esprit fort !.., J'y vais, moi...
Elle ouvre la parle. Entre Johann Palma.