ACTE III, SCÈNE VIII. OO
nos deux familles ne doit être unjour de malheur pour personne... Au nom de votre fille... et de mon fils... je vous demande cette grâce !
LE BARON
Altesse !
CHRISTIAN
Je sais, monsieur, que toutes les apparences l'accablent. Je vois qu'il ne se défend pas; mais sa vie passée le défend bien haut. Sous ce silence étrange, obstiné, qui sait s'il ne nous cache pas un malheurou une vertu plutôtqu'un crime? M. d'Arnheim, croyez-moi, ne chargez pas votre conscience de cette douteuse justice, que le jour de demain appellerait peut-être une sanglante méprise. Faites grâce à ce jeune homme ! le baron, se levant.
Èh bien ! que Dieu le juge. Partez donc, monsieur, partez ! quittez aujourd'hui même ce pays... quittez l'Allemagne...
Monseigneur, je ne suis pas coupable, je neveux pas de grâce.
LE BARON
Mais c'est de la folie.
PALMA
C'est de la fatigue, je veux mourir.
CHRISTEL
Vous oubliez que vous n'êtes pas seul au monde, maître Palma.
PALMA
Il est vrai... il est vrai... C'est que ma tête se trouble... M. le baron, j'accepte, non pour moi, mais pour ma mère.
CHRISTEL
Mais ces paysans qui assiègent le château ne le laisseront point sortir.
LE BARON
En effet.
04 PALMA
CHRISTIAN
Je vais l'accompagner avec mon fils ; et si l'on s'oppose à notre passage, j'affirmerai, s'il le faut, que c'est à nous que ce billet s'adressait... (A Palma.) Venez, monsieur. -
palma, amèrement.
Ah ! monsieur... monseigneur!... Quand paurrai-je vous payer tout ce que je vous dois?
CHRISTIAN
Assez. Partons.