LE BARON, CHRISTEL
LE BARON
Je vous avais bien dit, Christel, que cette scène n'était pas faite pourvos yeux. Vous voilà toute tremblante. Cependant je suis aise que vous ayez pu voir vous-même que cet homme doit la vie à nos nobles hôtes. Je pense que vous leur en saurez gré.
CHRISTEL
Oui, mon père.
LE BARON
C'est une preuve de bonté... et en même temps une attention pour vous. Ils ont vu que vous preniez quelque intérêt à ce malheureux.
CHRISTEL
C'est que je ne le crois pas coupable, monsieur...
LE BARON
C'est bien ! ne parlons plus de lui. Vous avez eu, je pense, un moment d'entretien avec le marquis de Guastalla? Ce jeune homme vous plaît, sans doute... vous n'aurez donc aucune répugnance à le prendre pour époux?
Christel, se levant.
Mon père, quand vous m'avez annoncé cettealliance, j'ai courbé la tête ; j'ai attendu; j'ai espéré jusqu'au dernier instant que je trouverais dans mon respect pour vous le courage de vous obéir. Aujourd'hui j'ai vu ce-