‹ PamphletsChapitre 26 sur 52 · PRIMITIF ET SUR LA DATE DU TEXTE RE^L^NIÉ · texte numérisé non relu

PRIMITIF ET SUR LA DATE DU TEXTE RE^L^NIÉ

I. Après la phrase : Croyez-vous que je n'aie autre chose à faire que d'écouter votre plain-chant? Tillier avait d'abord écrit: «Et la Syrie qui fume sur toute sa côte, et ces fleuves qui labourent vos cités ! et M. Guizot

qui est au ministère! et M. Dupin qui rédige des adresses! Eternels

bavards, etc » Il y a là des allusions à une série de faits qui se sont produits pendant les mois d'octobre et de novembre 1840. « La Sj-rie cp.ii fume sur toute sa côte, » rappelle, dans la crise de la question d'Orient, le bombardement de Beyrouth qui ne fut connu en France qu'au début d'octobre 1840 (Cf. Pamph. II, Notice). D'autre part, le ministère Guizot s'était formé le 29 octobre. — « Ces fleuves qui laljourent vos cités, » nous reportent aux crues terribles de la Loire et du Rhône, en novembre 1840. On lit dans V.issocialion du 8 novembre de cette même année : « Depuis 1825 on n'avait vu la Loire s'élever à la hauteur de la crue qui désole depuis quelque temps les bords de ce fleuve. » Enfin, M. Dupin fut nommé rédacteur de l'Adresse dans la séance du 16 novembre 1840 et son projet fut lu le 23. Cette énumération de faits survenus presque à une même époque, ainsi que l'événement qui fut le prétexte de la première partie du pamphlet (enterrement d'un

peintre nomade à Claniecy (17 octobre 1840; permettent de dater de la On de novembre 1840, au plus tard, la composition du pamphlet : Un peu de théologie cl d'architecture.

II. Quand Tillier le remania, il supprima le passage sur la Syrie, sur M. Guizot et sur M. Dupin et le remplaça par cette autre énumération qui,

cette fois, faisait allusion à des événements de 1843 : « et la terre qui

tremble et oscille comme un navire au roulis de la mer, et ces villes qui s'abîment au milieu des flammes, et cette comète qui menace de briser votre globe comme une coquille d'œuf, dont il faut que je règle la course vagabonde Éternels bavards, etc » Or, !• le 8 février 1843, un tremblement de terre détruisit à la Guadeloupe la ville de La Pointe-à-Pitre, et cette catastrophe émut vivement l'opinion publique. A cette occasion, des souscriptions furent organisées par toute la France; 2" en février 1843, apparut tout à coup en plein jour une grande comète dont la course vertigineuse autour du soleil ne laissa pas que d'inquiéter les savants eux-mêmes. (Cf. Flammakiox, Astronomie populaire, Paris, Marpon et Flammarion, 1884, p. 626-630.) Cette comète, aperçue pour la première fois à Parme, Bologne, Mexico, Portland (États-Unis), le 28 février 1813, fut visible à Paris le 17 mars. — D'autre part, il est fait allusion dans le texte remanié à l'évêque Dufêtre récemment arrivé à Xevers (21 mars 1843) et que ses admirateurs comparèrent aussitôt à Fénelon et à saiiit Vincent de Paul (Cf. Var. 28). A quel moment Tillier rcvisa-t-il son pamphlet? Il est assez facile de le déterminer. Le journal l'Association, dont il était rédacteur en chef, cessa de paraître le 14 mai 1843. C'est alors que pour remplacer son journal qui le faisait vivre, Tillier, reprenant la plume du pamphlétaire, songea à réunir ses œuvres en velumes et en fit une révision. C'est alors aussi qu'il remania le texte de son roman Mon Oncle Benjamin, dont une édition parut en 1843, à Paris, chez W. Coquebert, rue Jacob. On peut donc dater de mai ou juin 1843 le remaniement du pamphlet : Un peu de théologie et d'architecture.

Pamphlet IV

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