INTRODUCTION XI
avant que Tillier ne devînt rédacteur de V Association. Et, s'il ne fut imprimé ni à cette époque, ni plus tard dans les numéros maintenant perdus de V Association, on se demande pourquoi les amis de Tillier ne l'ont pas recueilli après sa mort, parmi les derniers numéros de la deuxième série de pamphlets parue à Nevers. Car il est certain que ce n'est qu'à grand'peine qu'ils parvinrent à réunir les matériaux nécessaires à cette publication, » La plus forte objection qu'on puisse faire à cette hypothèse est la perfection même du récit reconnue par M. Cornicélius lui-même. « C'est d'ailleurs, dit-il, le meilleur récit (8) que nous possédions de Tillier. » Il est en effet difficile d'admettre que ces Souvenirs aient été écrits antérieurement aux nouvelles : Comment le Chanoine eut peur {Ass., 25 février 1841) et Comment le Capitaine eut peur (Ass., 12, 26, 29 mai 1842) de moindre valeur littéraire. D'autre part, les Souvenirs n'ont guère le caractère du pamphlet, bien que Tillier soit coutu-^ mier, dans la satire, de digressions de ce genre. —- Selon nous, ils n'ont dû être connus de Félix Pyat qu'en manuscrit (Cf. Nos Lettres et Documents, p. 38). Peutêtre même furent- ils un fragment d'attente des futurs Mémoires que Tillier avait l'intention d'écrire comme ceux de V Oncle Benjamin. Quant à la date de leur composition, nous la croyons contemporaine du roman de Belle-Plante et Cornélius (1843), où Tillier raconte ses souvenirs de Paris. Ainsi, les Souvenirs du maître d'étude ne sauraient être regardés comme fragment d'un des trois pamphlets manquant au recueil des Cousins. Il est d'ailleurs probable que ces trois pamphlets n'ont jamais été écrits et que l'annonce de six pamphlets était une amorce aux abonnés qui ne répondirent pas aux espérances du pamphlétaire. Tillier se mit alors à un travail de longue haleine, les Lettres au Système, qui devaient commencer sa réputation. Supposer enfin que ces quatre
(8) Nous l'avons reproduit dans notre première série d'Etudes sur C. Tillier.