‹ PamphletsChapitre 10 sur 30 · LES PROPOS DR LABIRNU · texte numérisé non relu

LES PROPOS DR LABIRNU

dans une ville où il n'y avait plus que des sujets. Comprend-on cela? Civis romanns «mot, disait-il ; impossible de le faire sortir de là. II voulait, comme Cicéron, mourir libre dans sa patrie libre ; imagine- t-on pareille extravagance? Citoyen et libre, Tinsensé ! Sans doute îl disait cela comme plus tard Polyeucte disait : Je suis chrétien ! sans trop savoir ce qu'il disait. Le vrai, c'est que sa tête était malade; il était atteint d'une dangereuse affection du cerveau ; du moins c'était l'avis du niédecin d'Auguste, le célèbre Artorius, qui appelait ce genre de folie une monomanie raisonneuse, et qui avait ordonné de traiter le malade par la prison. Labiénus n'avait pas suivi l'ordonnance; aussi n'était-ii pas guéri comme vous allez voir, quand je vous l'aurai fait mieux connaître.

Titus Labiénus portait un nom bonoré déjà deux fois par de bons citoyens. Le premier Labiénus, lieutenant de César, l'avait quitté lors du passage du RubicoD, pour ne pas être complice de son attentat; le second avait mieux aimé servir les Partbes que les triumvirs ; notre héros était le troisième. Une ligne de Sénèque le rhéteur suffit déjà pour nous faire entrevoir cette grande figure, car nous y trouvons cette fière parole de Labiénus : Je sais que ce que f écris ne peut être lu qu'après ma mort. Orateur et historien de premier ordre, parvenu à la gloire à travers mille obstacles, on disait de lui qu'il avait arraché plutôt qu'<?Jtenu l'admiration. Il écrivait alors une histoire dont il lisait parfois, portes closes, quelques pages à des amis sûrs. C'est à propos de cette histoire que la condamnation des livres au feu fut appliquée pour la première fois; sur la motion d'un sénateur qui fut lui-même frappé, quelque temps après, de la peine qu'il avait

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