‹ PamphletsChapitre 27 sur 30 · ET LA MOAALK XXXV · texte numérisé non relu

ET LA MOAALK XXXV

laissé par la nature même des choses, à savoir la destruction rapide du peuple, son ennemi. Il le tue par rignorance, il le tue par la guerre, il le tue par le vice activement propagé ; si tuer un individu est un crime, il ne saurait être bien moral de tuer une nation.

Passons à la moralité des adhésions.

Nous avons vu que la politique étant inséparable de la morale, le critérium de Tune est aussi le critérium de l'autre ; que la valeur morale d'un gouvernement donne la mesure exacte de sa valeur politique ; que la pire des politiques est celle qui se montre la plus indépendante de la morale ; que celle de M. Bonaparte ayant été, à cet égard, on n^ peut plus indépendante, n'est pas, à vrai dire, une politique ; que son gouvernement n'est pas lin gouvernement, pas même une monarchie, tout au plus le rêve monstrueux d'un tyran malade. Le même oubli de toute moralité politique se montre dans les adhésions données à l'usurpateur. Si on applique à la politique les règles les plus étroites de la morale la plus élémentaire, tout devient clair ; si on mesure la moralité de la vie publique avec le même mètre que celle de la vie privée, on est sûr de ne pas se tromper. Les adhérents de l'empire ont procède auti'ement. Il ne iaut pas croire que ces complices de la dernière heure soient tous des scélérats; il est facile de reconnaître parmi eux beaucoup d'imbéciles. La morale politique est peu connue encore ; on n'a pas toujours étudié le droit public; tout le monde n'a pas lu Montesquieu; on n'est pas fixé sur les droits de l'homme ; on pèche par ignorance.

On cherche le critérium des actions dans le nombre, dans le succès, dans les circonstances, ici, là, partout excepté où il est, dans la justice.

XXXYI LK DEUX DROBMBRE

C'est pour avoir séparé la politique de la morale que le clergé français, en ôl, a chanté un Te Deum en r honneur d'un scélérat qui venait de tuer des milliers d'hommes pour voler des millions d'écus ;

C'est pour avoir séparé la politique de la morale qu'une haute cour, assemblée pour juger un homme coupable du crime de forfaiture, a pu trahir son devoir et déserter son poste, et courir chez cet homme et baiser sa botte ensanglantée ;

C'est pour avoir séparé la politique de la morale que des hommes de bonne foi ont pu reconnaître le gouvernement d'un paijure, et, qui plus est, lui prêter serment ; et ces mêmes hommes se fâcheraient si on doutait de leur parole d'honneur ;

C'est pour avoir séparé la politique de la morale que des propriétaires ont pu donner leur vote à celui qui avait fait de la fausse monnaie en Angleterre, et qui, en France, avait volé 26 millions à la Banque;

C'est pour avoir séparé la politique de la morale que des pères de famille ont pu se mettre au service d'un homme qui, par les tueries du dehors et les corruptions à l'intérieur, faisait entrer la mort ou la honte dans les maisons, et la terreur dans toutes les familles ;

C'est pour avoir séparé la politique de la morale que des femmes ont pu saluer, fêter, acclamer l'Hérode du boulevard, celui qui a ordonné dans Paris un massacre d'innocents, et fait tirer sur des enfants de sept ans. Ces pauvres femmes saluent Bonaparte, et épousent des bonapartistes, et dansent à l'Hôtel-de- Ville, et se croiraient déshonorées si elles avaient rendu visite à Poncet ou Lapommerais;

C'est pour avoir séparé la politique de la morale que la rue de Poitiers a fait alliance avec un aventurier

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