‹ Pamphlets politiques et littérairesChapitre 20 sur 79 · I.VTTRBS PAmTlibVI.IÈBES · texte numérisé non relu

I.VTTRBS PAmTlibVI.IÈBES

Port content , bonhomme , je vous jure. Nos sergens et DOS caporaux sont les meilleures gens du monde. Vois là-bas Francisque , notre sergent-major, brave soldat y bon enfant; il a fait les campagnes d'Egypte et de Russie, et il fait aujourd'hui sa première commanion. — Tout de bon? — Oui vraiment; c'est aujourd'hui le numéro cinq , demain ce sera le numéro six. — Gomment-? que venx-tu dire ? — Nous communions par numéros de compagnie, la droite en tête. — Fort bien. Tes officiers ? — Mes officiers? Ha foi , je ne les connais guère. Noos les voyons à ]a parade. Nous autres soldats , bonhomme Paul , nous ne connaissons que nos sergens. Ils vivent aveo nous ; ils logent avec nous ; ils nous mènent à vé* près. — En vérité? Cependant lu dois savoir, mon cher, si ton capitaine te veut du bien. — Notre capî> taine n'a pas rejoint ; nous ne Pavons jamais vu. Il préohe les missions dans le midi. — Bon ! Mais ton colonel? — Oh! celui-là nous l'aimons tous. C'est un joli garçon , bien tourné , fait à peindre , bel homme en uniforme , jeune; il est né peu de temps avant l'épiigration. — Dis-moi : il a servi? — Oh! oui ; en Angleterre il a servi la messe ; et il y parak bien, car il aime toujours l'Angleterre et la messe.

A ce que je puis voir, tu ne te soucies point de rester au régiment, de suivre jusqu'au bout la carrière militaire. -^ Où me mènerait-elle ? Sergent après vingt ans, la belle perspective ! — Mais , par la loi Gouvien, ne peux-tu pas aussi devenir officier? — Ah! officier de fortune! Si vous saviez ce que c'est!

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J'aime mieux labourer et mener bien ma charrue » que d'être ici lieutenant mai mené par les nobles. Adieu, bonhomme Paul; la retraite m'appelle. Au revoir, mon bonhomme. — Au revoir, mon ami.

A quatre pas de là , je trouve le seigneur du fief de Haubert, et je lui dis: Mou gentilhomme, vous n'aurez jamais ces gens-U^ — Pourquoi , s'il vous plait? — Cest qu'ils ont tâté de l'avancement. Vous voulez toutes les places, mais surtout vous voulez toutes Les places d'ofBcier, et vous avez raison ; car sans cela point de noblesse. Eux veulent avancer. Le marquis aura beau faire, c'est une fantaisie qu'il ne leur ôtera pas. Je ne vois guère moyen de vous accommoder. M. Quatremèrede Quinoy, bourgeon de Paris , vous accordera ce que vous voudrez : privilèges, pensions , traitemens , et la restitution , et la substitution, et la grande propriété. Vous le gagnerez aisément en l'appelant mon cher ami , et lui ser* rant la main quelquefois. Mais les soldats ne se paient point de cette monnaie. Peur lui, l'ancien régime est une chose admirable, c'est le temps des belles manières; mais, pour les soldats, c'est le temps des coups de bâton. Vous ne les ferez pas aisément consentir à rétrograder jusque-là. Puis le public est pour eux . On sait qu'un bon soldat est un bon offidcr et un bon général, tant qu'il ne se fait point gentilhomme. On ne le savait pas autrefois. En un mo( comme en cent, vous n'aurez jamais en ce pays une armée à vous. ^- Nous aurons les gendarmes et le procureur du roi.

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