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p. s, M. le Tissîer, le dernier de nos députés (j*en tends dernier nommé), nous assure, par une circulaire, qu'il a de la vertu plus que nous ne croyons. 11 n'acceptera, nous dit-il, ni places, ni titres, ni argent. Beau sacrifice 1 car sans doute on ne manquera pas de lui tout offrir. Ses talens ora toires, ses rares connaissances, sa grande réputation ▼ont lui donner une influence prodigieuse sur l'assemblée des députés de la nation. Les ministres tenteront tout pour s'acquérir un homme comme M. lie Tissier ; mais leurs avances seront perdues ; ils n'acceptera rien , dit-il , quand on voudrait le faire gentilhomme et le mettre à la garde-robe.
On va ici couper le cou à un pauvre diable pour tentative d'homicide. Il se plaint, et dit à ses juges : Supposons qu'en effet j'aie voulu tuer un homme. Vous connaissez des gens qui ont tenté de faire tuer la moitié de la France par les puissances étrangères. Ils voulaient de l'argent, et moi aussi. Le cas est tout^pareil. Vous n'avez contre moi que des preuves douteuses ; vous avez leurs notes secrètes signées d'eux ; vous me coupez le cou , et vous leur faites la révérence.
Je lis avec grand plaisir les Mémoires de Montluc. Cest un homme admirable , il raconte des choses ! par exemple, celle-ci : Un jour, il avait pris quinze cents huguenots , et ne sachant qu'en faire , il écrit à la cour. Le roi lui mande de les bien traiter. I^ reine lui fait dire de les tuer. Le roi, qui alors négociait avec leur parti , se flattait d'un accommodement. Mai» la reine«mère ne voulait point d accom-
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modemenL Voità le boo maréchal en peine entre deux ordres si contraires. Enfin il se décide. Je cros , dit-il , ne pouvoir faillir en obéissant à la reine. Je taai mes huguenots, et fis bien ; car le traité manqua, la guerre continua et la reine me sut gré de tout. Ce livre est plein de traits pareils. Mais, pour en entendre le fin , il faut savoir l'histoire du temps. Il y avait en France alors deux gouvernemens»
Est-il donc vrai que les notes secrètes ne savent plus où s*adresser, et que tout se brouiHe là-bas. Leurs excellences européennes veulent, dit-on , se couper la gorge ; TAnglaîs défie F Allemand. Celui-ci, plus rusé, lurjone d'un lourde diplomate, gagne le postillon de milord , qui verse sa Grâce dans un trou , pensant bien lui rompre le cou. Mais l'Anglais roule jusqu'au fond sans s'éveiller, et cuve son vin ; puis, sorti de là, demande raison. Voilà les contes qu'on nous fait, et nous écoutons tout cela. Que vous êtes heureux à Paris de savoir ce qui se passe , et de voir les choses de près , surtoqt la garde-robe et Rapp dans se^ fonctions ! C'est là ce que je vous envie.