‹ Pamphlets politiques et littérairesChapitre 33 sur 79 · PÉTITION POUR LES VILLÀCBOIS · texte numérisé non relu

PÉTITION POUR LES VILLÀCBOIS

Voilà ses propres mots; il parle, des heureux , de ceux qui avaient du <pain , du travail , et c'é* tait le petit notnbre alors. ,

Si Labruyère pouvait revenir, comme on revenait autrefois, et se trouver à nos assemblées , il y Verrait non -seulement des faces humaines, mais des visages de femmes et de filles plus belles, surtout plus modestes que celles de sa cour tant vantée , mises de meilleur goût sans contredit «itarécsavec plus de grâce , de décence; dansant mieux, parlant la même langue ( chose particulière au pays), mais d^une voix si joliment, si doucement articulée f qu'il en serait content, je crois. Il les verrait le soir se rétirer, non dans des tanières, mais dans leurs maisons proprement bâties et meublées. Cherchant alors ces animaux dont il a fait la description, il ne les trouverait nulle pari, et sans doute bénirait la cause «^ quelle qu elle soit, d'un si grand , si heureux changement.

Les fêtes d'Azai étaient célèbres , entre toutes celles de nos villages, attiraient un concours dé monde des champs, des communes d^alenlour. £n effet, depuis que les garçons, dans ce pays , font danser les filles, c'est-à-dire, depuis le temps que nous commençâmes d'étfe à nous j paysans, des rives du Cher, la place d'Azài fut toujours notre rendez-vous de préférence pour la danse et pour les affaires. Nous y dansions comme «valent fait nos pères et nos mères, sans que ja*. mais ftuo^n açapdale , auc^ine plainte en fût ûve-^ WWe I de !néwQ«rÇ 4*hopr»nïP ^ et ne pension* ^«crei

QUE l'on EMP&CHE de DÀNSEIl. Q

sages comme nous sommes, ne causant aucun tiXHible, devoir être troublés dans l'exercice de ce droit antique, légitime, acquis et consacré par un si long usage , fondé sur les premières lois de. la raison et du bon sens ; car, apparemment , c*est chez, soi qu'on a droit de danser, et où le public sera*t-il y sinon sur la place publique? On nous en chasse néanmoins. Un finnan du préfet , qu'il appelle arrêté, naguère publié, proclamé au son du tambour , Co/}5iV<//-a/?r , etc. ^ défend de danser à l'avenir , ni jouer à la boule ou aux quilles» sur ladite place, et ce , sous peine de punition. Où dansera-t-on ? nulle part; il ne faut point danser du tout. Cela n'est point dit clairement dans Tarrêtc de M. le préfet; mais c'est un article secret entre lui et d'autres puissances, comnie il a bien paru depuis. On nous signifia cette défense quelques jours avant notre fête, notre assemblée de la Saint-Jean.

Le désappointement fut grand pour tous les jeunes gens, grand pour les marchands en boutique, et autres , qui avaient compté sur quelque débit. Qu'îiriva-t-ilPla fête eut lieu, triste, inanimée , languissante ; rassemblée se tint , peu nombreuse et comme dispersée çà et là. Malgré l'arrêté, on dansa hors du village, au bord du Cher, sur le gazon, sous la coudrette; cela est bien plus pastoral que les échoppes du marché, de meilleur effet dans une églpgue, et plus poétique en un mot. Mais chez nous , gens de travail ^ c'est de quoi oq se soucie peu ; nous aimons

itiièttx, après la dlm^ê^ une omelette au* lurû^ dans le cabatret prœhaifi , qoe- le' nHiirmnre de» eaux et rémail dès prairies.

Nos dimanches d'^Âzat, depuis lors y soât ûbim* dontifés. Peu de getit y vienrietet de deiiors, et aucun n'y reste. On se rend à Yéreta, oà* l*af» fluence est grande, parée que là nul at^té n-it encore interdît la danse. Car le coré de Vét^a est un homme sensé, instruit, oetogéttafre quasi/ mais ami de la' jeuneS!le , trop raisonnable pour vouloir la réformer sur le patron dèsr âges passés » et la gouverner par' des bulles de BOnifeœ ou d*Htldebrand. Cest devant sa porte qu*on danse, et devant lui le plus souvent. Loin de blâmer ces amusemensjvqui n*ont rien en eux-mêmes que de fort innocent» il y assiste et croit bien fkire, y ajoutant, par sa -présence et le respect qui^cba'^ oiinlur porte, un nouveau' degré de décence et d*honuéteté; sage pasteur, vraiment pieux, le puissions " nous longe* temps conserver pour le soulagement du pauvre, l'édification du prochain et le repos de cette commune , ou sa prudence maintient la paix , le calme , runion , la concorde!

Le curé d'A2ai , au contraire, est un* jeinie homme bouiHant de zèle, à peine sorti da sémi« naire , conscrit de régHse militante, impatient de se distinguer. Dès son installation » if attaqua la danse , et semble avoir promis à Dien de l'abolir dans sa paroisse, usant pour cela de plusieurs moyen:», dont le principal ei le «eul eflicaeé^tf»* qifa présent, est l'attrorité dtt'préilft<-Plirle pré*

l6t «09s-£nna défendre '4e c^wurter ^t de rire* Bieiitâtiqtte.di9ti&? il y ft «nd^à. do nos jçui^ gens mandé»» vaeiMteéft» «^^îm^agodés pour des etmnsawvpour wmv rL Ce n'est pas, coiBiae on mU, d*«i^ttrd*huî qne ks minUtre&de ré^iUse or»l eu-ia pensée de s'aider du bras siécuUer dans la eo«ve»doB à» pédieurs, oà les apôtres a'employaient qnel'ffiiieBipie et la par^eyseloa le pré> ceptedu maître. Gw: JEé^u» ftvaît dit : Allez et ia- StfoUez. Maia il n'avaitpas dit: Allez avec des gendavinea, îaatriMAes^de.par le,pi*éfet ^ et ^ifii^h, * Fanfe de 1^ éeûle , »î»t Jkofm» ,. déclara oaUei^at f}B'<»viie ^l pfta cetntraindre à jbien iaMe, Oa.^e B«tta ceHlMÎnl.{Mis ,.il e»t xv%n on nous^empeobe iedaater. Mais e'e«t un aK^fte^unepient; caries mèa^eaimskfw&f goisont bons, pour non& détourner du^péelié, peuvent servir et serviroatà nous déôder anx biODneftemvres. Nous jeàaerons par orAennaurr » B»a d» œ^deçin ,. ji;iai& du pr.é£eL

.£t ee^^u^je viena de vous d^re n'a pas lieu diiftiMiis seuÂittneBt. IL ep e&t de niêine aiUeni's « dasaks attires e^fiwunes de ce déparlemejcU où les envéKao&l jeunes. A quelques iiie.ues d'ici ^ par tXAatple» à FoudeUes , de là les deux nvièjces de hk Lc^e-et du Cher ^ pays riche, heui^eux, où l'ftto itee le travûl et Is^joie , autant pour I * moins (pM^de ce eôié» tonte danse est^.pareiUeinent d^feadtfe aux administrés par un arrêt du. préfet. le die toute dause sur la place, où les fêtes amepaientuQ concours de plusieurs milliers de pei>

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