‹ Pamphlets politiques et littérairesChapitre 4 sur 79 · ESSAI SUA LA. VIB BX LES SCAITS · texte numérisé non relu

ESSAI SUA LA. VIB BX LES SCAITS

la tète aii8«i lui touroa. Mais cela ne dura guère y il en revint bientôt avec mécompte et corrigé pour toute sa vie. Toici r histoire : vers la fin de Tannée 1808, Courier ayant sollicité, sans pouvoir l'obtenir, un congé qui lui permît d'aller prendre un peu de soin de ses affaires domestiques, avait donné sa déiuiss&on. Il arrive à Paris, se donnant aux érudits ses anciens amis comme séparé pour jamais de won. vil métier^ comme ayant do la gloire pardessus les épaules. Mais voilà qu'une nouvelle guerre se déclare du cdté de l'AUeimigne. Les immenses préparatifis de la campagne de 1809 mettent la France entière ea mouvement. Paris est encore une fois agité 1 transporté dans l'attente de quelqu'une de ces merveilles d'activiiè et d'audace auxquelles l'eiùpereur a babitué les esprits , et dont les récits plaisent à cette population mobile, comme ceux des victoires d'Alexandre au peuple dlAthènes. Ce* tait alors le flot le plus impétueux de notre débardemeiit militaire, et Bonaparte, comme porté et poussé par est ouragan, brisait et abîmait sinis lui de trop ia^pwssaalei dignes. Ed «e moment il levcnait d'Espagne» où il lui Mait nffi de paraîtra «m instant pour ramener 4 noua tootea les chanoes d'one guerre d'abord peu fiaverable. D'autrei armées l'avaient précédé vers le Danube « et il y courait en toute b&te, parce que déjà ses instruelions étaient mal comprises , ses ordres mal exécutés. Quel liomme alors , en le contemplant au passage, n'eût été atteint de la se* duction commune ? Courier ne résista point an désir de voir s'acbever cette guerre qui eommençait comme une Iliade. Ce n'était point un esprit sec , étroit , absolu. Il avait la prompte et basardeuse imagination d'un artiste. Faire une campagne sous Bonapartei lui qui n'avait jaaAaia

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▼n que des géuéraux médiocres; renccmtrer peut-être IliomiDe qu'il loi fallait , Torcasion qu'il n'avait Jamais eoe ; montr«r que s'il foisait fi de la gloire, ce n'était pas qo'il ne fût point fait pour elle : toutes ces idées l'entraînèrènt. Le Toilà donc faisant son paquet , et partant furtivement dans la crainte du blâme dé ses amis. La difficulté était d'être rétabli sur les contrôles de l'armée après une démission , chose que Tempereur ne pardonnait pas. Il se glisseeommeami dans Tétat-major d*nn général d'artillerie, et, tans fonctions, sans qualités bien décidées, il arrive à la grande-artnée. Mais Courier ne savait pas ce que c'était que la guerre comme Bonaparte la faisait. Quoiqu'il edt assisté à plusieurs affaires chaudes, il n'avait jamais vu les hoaimes no^ par miniers, les généraux tués par cinquantaines, les régtmens ekniers disparaissant sous la mitraille, les las de morts et de blessés servant de rempart ou de pool «nx oombàttans, l'arfillerie, la cavalerie, roulant , galopant sur on lit de débris humains , et quatre ceots piétés de canon faisant pendant deux jours et deux nuits Facoompagutsment non interrompu de pareilles scènes. Or, il y eut de tonl cela pendant les quarante-huit heures que Ccrarier passa dans la câèbre et trop désastreuse île de Loban. Notre canonnlér ne vil rien , ne comprit rien , ne sot que faire dans Hmmense destruction qui l*eiitourait. La fiiim , la fatigue, l'horrcnr eurent bientôt triomphé dé rillnsiod qui l'avait amené. Il tomba d'épuisement au pied d'un arbre , et ne se réveilla qu'à Vienne où on l'avait fait transporter. Aussi prompt à revenir qu*à se prendre, iliquitta la Tille autrichienne comme il avait quitté Paris ) et , sans permission , sans ordre, se regardant comme libre de partir parce que les dernières forma-

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lités de sa réioiégralion n*av«ieiit pas été entiéremoit remplies , il alla se reoiettre en Italie des épouvantables impressions qu'il avait été chercher a la grande^armée. Depuis lors son opinion sur les héros, sur la guerre,* sur le génie des grands capitaines, a été ce qu'on la voit dans la Conversation citez la duohetse £Aihany, Courier n*a plus voulu croire qu'une pensée, une intention qneleon* . que aient jamais présidé à un désordre comme celai dont il avait.été témoin. Il a été jusqu'à nier absolument qu'il y eiVt un art de la guerre. Peut-être qu'un peu honteux de son équipée de Wagram , il voulut, se tromper lui-niéme par cette exagération.

La vie de Courier n'est désormais plus que littévaire* A peine arrivé en Italie , il se rendit à Florence pour y chercher dans la bibliothèque Laurentine un manuicn de Longus , dans lequel existait un passage inédit quî remplissait la lacune remarquée dans tontes les édition» de ce roman. Mais , dans le transport avec lequel H :ae livrait à un travail qui enrichissait la littérature, une certaine quantité d'encre se répandit sur le précieux mof çeau. C'est là l'histoire de ce fameux pâté qui semÙa 1* destruction du palladium de Florence» Les bibliotbécaicea dénoncèrent Courier au monde savant, comme ayant anéanti ce grec dans l'original pour trafiquer de la copie, ou pour einpécher qu'on pût vérifier la découverte qu'il s'attribuait. L'affaire çAt fait peu de Jimit si Courinr p'eât voulu répondre aux attaques des cuistres qui Je poursuivaient; maïs il fit sous le titre de ÏMire à M, iVenouard, libraire de Paris , qui s'était trouvé présent à la

(i) OEuTres complètes. Sautelel et compagnit .

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àéeetnerH en Longus, quelques pagta renplies ^e ec fiei satirique , -de cette verve d*iosoIence un peu abapdoauée et pourtanc de iwa goût, doot il a*; avait plus de modèles di^pui» les réponses de Yoltaire à Fréron et à BesfoDtaiaes : avec cela le style des Proviaeiales. La ietli'e k iDoosieur Renouardae pouvait manquer d*attik«r l'atteutioD. Le gouvernement lui-même s'en inquiéta. Courier avait voulu intéresser à sa querelle ropimon en France , toute faible qu*elle était alors. Il insinuait que les pédttis florentins ne s'attaquaient à lui si vivement que parée qu'il était Français et qu'on était bien aise, en Italie , de s'en prendre à un pauvre savant de la haine qu'inspirait la vice-royauté. La chose élant montée si haut» on sut que l'homme de la tache d'encre était pré*' cisément un chef d'escadron qu'on réclamait à l'armée depuis Wagram. Voilà Courier dans un grand embarras pour s*ètre si bien vengé des bibliothécaires florenlius: Le ministre de l'intérieur voulait le poursuivre comme voleur de grec , et dans le même temps celui de la guerre prétendait le laire juger comme déserteur. Il s'en tira leutefob, mais k la condition de ne plus employer contre petsonne une plume «i bardie ; prudence qu'il observa» Courier ne fit donc plos qu'étudier et voyager jusqu'à la paix» Il voyageait en -tSi a , à l'époque de la eonspiratiob de Mallet. 11 était sans passeport; on l'arrêta comme suspect, puis oa le relâcha en reconnaissant qu'il ne se mêlait point de politique» Ge fut li son dernier démêlé afee le régime mUitaite impérial»

La restauratien des Bourbons , le retour et la seconde chute de Bonaparte , furent des événemens trop pressés , m)p coup sur coup , pour tirer immédiatement Courier de

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