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ce que fera notre armée en Espagne pour les révérends pères jésuites.
— Le curé d'Azai , jeune homme qui empêche de danser et de travailler le dinunche , est bieifi avec l'autorité » mais mal avec ses paroissiens. Il perd deux cents francs avec la commune, que le conseil assemblé lui retire cette année ; résolution hardie, presque séditieuse. Ceux qui Tout proposée, soutenue .et votée, pourront ne s'en pas bien trouver. A Yéretz , au contraire , on donne uj^ supplément au eu ré qui laisse danser, brouillé avjeç Tautorité. Les deux communes pensent de même. Rien ne fait tant 4e tort aux^prétres que Pappui du gouvernement : Wen ne les recommande comme la haine du gouvernement.
— Simon Gabelin , ne voulant point aller à l'armée, a vendu tout son bien pour acheter un homme et se fait remplacer. U avait trois bons quartiers de vigne et un demi-arpent de terre joignant sa maison. U a fait de tout dix-huit cents francs et emprunte le reste (car il lui faut cent louis), espérant regagner cela par son travail de marédbal ferrant. On a eu beaujiui remontrer qu il travailler^iit à l'armée , gagnerait plus qu'ici et reviendrait un jour ayant, outre son bien y* bonne somme de de-
' BÎers; il ne veut point, dit-il, faire la guerre à Malmort. Malmort est en Espagne avec trois cent mille hommes , cent mille pièces de canon et son iils.
— A Amboise on plantait la croix dima^he passé , en grande pompe. Monseigneur y était.
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non pas notre archevêque, mais le coadjuteur, tous les curés des environs et un concours de spectateurs. La fête fut belle. Dans cette foule ; trois carabiniers se trouvaient en sale veste d'écurie, bonnet de police sur la télé. Un missionnaire les voit, leur crie : Bas le bonnet. Eux font la sourde oreille. ^Méme cri ; même contenance. Carabiniers ne s*é* meuvent non plus que si on eût parlé à d'autres. Le prélat en colère arrête sa procession ; le clergé, Us dévots cessent leurs litanies. Le peuple regardait. Les gendarmes enfin , car toute scène en France finit par les gendarmes , empoignent mes mutins , les mènent en prison. Ils gardèrent leur bonnet. Le soldat est du peuple et n'a point de dévotion. • '
— Paul-Louis, sur les hauts de Véretz , fait des choses admirables. Cest !e premier homme du monde pour terrasser un arpent de vigne. Il amène, d'un bois non fort voisin de là , cinq cents charges de gazon ou terre de bruyère. Il la laisse màrir à Fair , de temps en temps la vire , la remue avec cent ou cent cinquante charges de fumier qu'il entremêle parmi. Puis , ouvrant une fosse entre deux rangs de ceps , il y place ce terreau ; sa vigne , au bout dé deux ans, jeune d'ailleurs, et. n'ayant besoin qne d'alimens, se trouve en pleine valeur. Ainsi amendé, un arpent, pourvu qu'on l'entretienne avec soin, diligence, patience, peine et travail , produit au vigneron cent cinquante francs par an , et de plus treize cents francs aux Linéans de la cour. Le compte en est aisé.
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Cet arpent donne quelquefois vingt-quatre pièces ou poinçons de vin aux bonnes années, quelquefois rien : produit moyen , douze poinçons qui se vendent chacun soixante francs ; somme , sauf erreur, sept cent vingt. Déduisez les façons , Timpôt, le coulage , Tentretien , la garde , le coût de ce terreau qu'il faut renouveler tous les cinq ans, vous trouverez net cent cinquante francs pour le bonhomme.
Mais pour la cour , c*est autre chose. Ces douze poinçons vont à Paris où Ton en fait du vin de Bourgogne. Ils paient à Feutrée soixante-quinze francschaque; plus six francs de remuage, taxe de Tusurpateur devenu légitime; autant pour droitde patente, etquatrefois autantd*avanici qu'on appelle réunies, sans les autres faites par la police au mar^ chand détaillant ; plus trente francs d'impôts sur le fonds , dont la valeur en outre , par droit de mutation, passe entière dans les' mains du fisc tous les vingt ans. Comptez et n'en oubliez rien : droit d'entrée , droit de remuage , droit de patente, droit de police, droit direct, droit indirect , droits réunis plusieurs ensemble , droit de mutation , c'est tout ; faisant bien chaque année treize cents francs pour les courtisans , ou douze cent nonante et six , que je ne mente.
Paul-Louis a dix arpens qu'il cultive et façonne de la sorte avec sa famille. Ces bonnes gens en tirent tous les ans, comme on voit, quinze cents francs, dont ils vivent, et treize mille francs pour la splendeur du trône. Ce sontles appointemens