‹ Pamphlets politiquesChapitre 4 sur 21 · VI NOTICE · texte numérisé non relu

VI NOTICE

cessite de fréquents voyages à la Chevonnicre dans Vlnârect-Loire. Ce fut four le malheur de sa vie! Courier qui, à NajAcs, n'allait pas au baise-main de Joseph, frère de Napoléon, n'allait pas, on s'en doute, faire la courhette devant les Bourbons revenus dans les fourgons des alliés. La Terreur Blanche excita sa bile comme autrefois la Terreur Rcuge et le régime des mamamouchis impériaux. De là une première protestation dans la Pétition aux deux Chambres. Le goiivcrnement royal fit les gros yeux, Courier n'en eut cure.

Peu après, Clacier, son beau-père, étant mort, des amis V engagent à postidcr sa succession à l'Institut. Mais il fallait aller solliciter; Courier resta chez lui et l'Académie lui préféra Monsieur N'imjiorte-qui. Des railleurs ayant assuré qu'il se représenterait, Courier, piqué au vif, publie sa Lettre à Messieurs de l'Académie. C'était une virulente philippique. Le gouvernement, ne voulant pas avoir à dos ce terrible railleur, lui fit des sourires espérant l'amadouer. Mais Courier, qui n'était qu'un vigneron et ne connaissait pas les demi-mots et les finesses, continuait à collaborer au Censeur, journal de l'opposition. L'année suivante (1821), de zélés royalistes, pensant se créer une reconnaissance éternelle de la part du trône, eurent l'idée d'offrir Chambord an duc de Bordeaux, grâce à une souscription publique. Courier offusqué répondit par le Simple discours...

Alors réquisitoire, mandat de comparution, accusation sous le chef d'avoir outragé la morale p\iblique en s,outenant « que le voisinage de la cour soufflerait la corruption et la fainéantise aux paysans des environs ». Courier alla passer deux mois à Ste-Pélagie, salué comme une victime par tous les libéraux.

Bevenu aux champs, il reprit sa trndurfion de Daphnis et Chloé qu'il mena de front avec la Pétition pour des villageois qu'on empêche de danser.

n fut encore inquiété mais l'affaire n'eut pas de suite. Jj année 1823 se j'ossa tout entière en compositions satiriques et en voyages en Touraine. Il apportait à Paris ses œuvres composées à la campagne. Deux personnes au plus savaient comment elles s'imprimaient : « J'écris une page ou deux, disait-il un jour, je les jette dans la rue, elles

SUR r.-L. COUIUEK XIL

s'impriment touies seules ». C'est aiii^i que 'parurent Je Livret de Paul-Louis, la Gazette du village, la Pièce diplomatique, les Petits a^-ticles, enfin le Pamphlet des Pamphlets. Cette dernière œurre mettait le sceau à son talent de polémiste: nul ne peut dire jusqu'oii il serait allé en ce genre, si la mort n'était venu le surprendre en 2ilcin talent...

Alors qu'il surveillait une coupe de bois, il fut trouvé au pied d'un arbre, assassiîié (1825). Cinq ans plus tard, les témoignages d'un jeune garçon et d'une jeune fille qui se trouvaient le jour du (rime non loin de là, cachés dans un buisson, permirent de découvrir les assassijis. C'étaient deux des serviteurs de Courier, sans doute poussés à cet acte par la sévérité de leur maître.

Courier était d'un caractère entier, allant peut-être jusqu'à la dureté; il ne savait ni plier devant autrui ni accepter les faits tels quels. Son amour extrême de Vindéptndance nuisit à sa carrière, son caractère droit et juste lui attira maints ennuis, son temipéramcnt autoritaire fut la cause de sa mort.

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