II. — L'Œuvre
On pourrait, semble-t-il, sans trop d'arbitraire, diviser, ainsi que Va fait Sainte-Beuve, la vie de Courier en deux parties: avant 1815, après 1815. Est-ce à dire que ces deux périodes soient nettement distinctes et que nous ayons affaire à deux hommes différents? Non certes, il y a chez Courier d'un bout à l'autre dp sa vie une unité relative, mais certaines idées qui ne nous étaient apparues que comme esquissées dans sa jeunesse ne feront que s'affirmer avec plus de force dans son âge mûr.
Parmi celles-ci est l'amour éperdu de l'antiquité et son très vif sentiment de l'indépendance. A chaque page de ses Lettres, dans chaque acte de sa vie, nous pouvons relever un Courier prêt à sacrifier la patrie de la Révolution à la patrie grecque, un Courier manifestant ouvertement son mépris des obligations et toujours décidé à n'en faire que suicant sa fantaisie. Il pleure j>our chaque mutilation que