ACTE DEUXIÈME
sies, n'adorent pas notre Dieu. Ils ont leur dieu à eux, et c'est, vous pensez bien, Belzebuth. Et, en effet, il était assis là (dèsignanl la place où est assis le curéjet dormait la tête appuyée sur la table.
Oui ça?
Belzebuth.
LE CURÉ, ahuri.
L'ABBÉ
LE CURE
Que le bon Dieu nous en préserve !
LE CAPUCIN
Il faudrait bénir cette table.
LE SACRISTAIN, se levant.
Je vais le faire.
Pendant que l'abbé continue, il asperge la table et tous les assistants.
Plusieurs se signent.
L'ABBÉ
Je l'ai immédiatement reconnu,, et je l'ai adjuré, au nom de Notre Seigneur, de déguerpir; mais, contrairement à l'effet observé par tous les Pères, les paroles saintes^ cette fois, ne l'ont pas mis en
fuite. Il s'est obstiné, il a récalcitré, et je le déclare, les deux témoins ici présents ont pris sacrilèg-ement sa défense, et m'ont empêché de le chasser de force.
LE CURÉ, à Pierre.
Comment n'avez-vous pas honte de recevoir le démon chez vous ?
PIERRE, se levant.
Ce n'est pas le démon, monsieur le Curé., c'est le bon Dieu !
ANNE, de même.
Oui, c'est le bon Dieu en personne.
LE CURÉ, ahuri.
Comment?
L'ABBÉ
Vous entendez, ils blasphèment.
LE BOURGMESTRE, à Pierre.
Voyons, racontez-nous comment cela s'est passé.
PIERRE
C'était vers 7 heures. Le soleil se couchait sur