‹ Pan, comédie satirique en trois actes, en proseChapitre 29 sur 84 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

la mer. J'étais sur la colline avec le bouc, et je regardais une barque qui passait. Elle avait une proue jaune et des voiles pourpres. Des matelots criaient. Il me parut qu'ils criaient que quelqu'un était mort,, s'était noyé sans doute. Et voilà, pendant que je crie aussi, que ma femme et ma fille accourent. Nous crions tous ensemble en levant les bras,, quand., tout à coup,, quelqu'un sort de l'eau. Non. je ne suis pas mort qu'il dit en riant. C'était un homme, beau comme le bon Dieu du paradis, et que le soleil, qui précisément rentrait derrière lui dans la mer, faisait paraître miraculeux. Tout de suite ma femme a dit : C'est le bon Dieu ! Et ma fille est tombée à genoux en disant aussi : C'est le bon Dieu! Mais moi je disais : C'est un homme: il était tout nu... Nous l'avons conduit à la maison et nous lui avons mis un drap de lit autour du corps pour le réchauffer. Puis, nous l'avons fait asseoir à notre table et nous lui avons donné à boire et à manger. Et nous avons mangé et bu avec lui. Après, il nous a dit qu'il venait d'au-delà de la mer, sans doute de l'autre monde qu'il voulait dire, et il s'est endormi sur la table. Il mourait de sommeil.

ANNE

C'est alors que les anges sont entrés.

56 PAN

LE CURÉ

Les anges ?

LE BOURGMESTRE

Elle veut dire les gipsies.

L'ABBÉ, reprenant.

Les serviteurs du démon.

LE CURÉ

Ah! Et sous quel prétexte?

PIERRE

Sous aucun.

Qu'est-ce qu'ils ont dit?

PIERRE

Rien. Ils se sont prosternés à terre et se sont endormis.

LE BOURGMESTRE

Je ne vois pas de mal à cela.

LE CURÉ

Et vous ne lui avez pas demandé son nom?

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