‹ Pan, comédie satirique en trois actes, en proseChapitre 30 sur 84 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

PIERRE

Pourquoi? Je ne demande jamais le nom des gens. Leur figure me suffit.

LE CAPUCIN

Une question. Puisque le diable s'est présenté à eux dans toute sa hideur, les témoins ont-ils remarqué qu'il avait des pieds de bouc ?

L'ABBÉ

Il en a ; et il a des cornes. Je les ai vues.

PIERRE

Il n'a pas les oreilles et les pieds faits comme tout le monde, voilà tout. C'est une preuve qu'il est Dieu.

Mouvement.

Une belle preuve !

L'ABBÉ

C'est une preuve qu'il est le démon. Cela dissipera, j'espère, tous les doutes.

LE CAPUCIN

Evidemment.

L'INSTITUTEUR

Il faudrait voir...

LE CURÉ, embarrassé.

Ce n'est pas clair...

LE BOURGMESTRE

En tous cas, ce n'est pas suffisant. (A Pierre.) A quoi prétendez-vous encore reconnaître qu'il est Dieu?

PIERRE

A tout, à sa figure, à ce qu'il était tout nu, à sa façon de dormir, de manger, de boire., de rire, de danser (7).

L'INSTITUTEUR

Est-ce qu'il a dansé ?

PIERRE

Il dansait en sortant de l'eau.

L'ABBÉ, haussant les épaules.

Si c'est sa façon de rire et de danser qui prouve qu'il est Dieu !

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