‹ Pan, comédie satirique en trois actes, en proseChapitre 31 sur 84 · ACTE DEUXIÈME 5g · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME 5g

LE SACRISTAIN

Un Dieu qui sait danser !

On rit.

LE SUISSE

C'est absurde.

LE CAPUCIN

Et indécent.

L'ABBÉ, désignant Pierre.

Cet homme est fou.

LE CURÉ, perplexe, à l'abbé.

Êtes-vous sûr, au moins, que ce n'est pas Dieu?

L'ABBÉ

Quel dieu?

LE CURÉ, naïvement.

Dieu le père, par exemple...

L'ABBÉ, avec un air de pitié.

Ahl Monsieur le curé!...

PIERRE

Il l'a dit lui-même : Je suis Dieu.

LE CURÉ

Tout cela est bien obscur. Nous avons oublié d'invoquer les lumières du Saint-Esprit.

L'ABBÉ

Si nous allons mettre en doute jusqu'à la personne du démon lui-même, où irons-nous? Ne s'est-il pas nommé en disant : Je suis Pan? Or que signifie Pan, si ce n'est le démon ?

L'INSTITUTEUR

Permettez...

LE BOURGMESTRE

Assurément, il faut la certitude. Mais il y a le miracle.

L'ABBÉ

Est-ce que le diable fait des miracles ?

LE CAPUCIN, catégorique.

Oui, il en fait.

L'ABBÉ, ironique.

Des miracles innocents? Des miracles de roses... comme sainte Elisabeth?

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