‹ Pan, comédie satirique en trois actes, en proseChapitre 32 sur 84 · ACTE DEUXIÈME 6ï · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME 6ï

Et de pommes?

L'ABBÉ

Jamais.

LE CAPUCIN

Pourquoi pas? Il est le sing-e de Dieu.

L'INSTITUTEUR, objectant.

Simon le magicien...

LE BOURGMESTRE et d'autres.

Mais...

L'INSTITUTEUR

Permettez. Il se peut que nous nous trouvions en présence d'un simple phénomène naturel.

L'ABBÉ

Vous trouvez tout naturel,. Monsieur. Moi, je prétends au contraire que rien n'est naturel dans la nature, car tout dépend de la volonté de Dieu, qui n'est pas soumise aux lois de la nature.

L'INSTITUTEUR

Pour moi, Pan n'est ni un homme, ni un dieu,

ni un démon. Il est tout. Il est la grande force qui engendre, la force procréatrice de l'univers. Tout est dieu et dieu est tout.

L'ABBÉ

Des mots ! Des mots !

LE SUISSE

De la poésie !

LE CAPUCIN, riant.

C'est comme Vénus...

LE SACRISTAIN

Il ne nous manque plus que celle-là !

L'INSTITUTEUR, se levant.

On reconnaît Pan à sa danse, à son rire, dit cet homme. Il a raison. Il est un dieu joyeux, ce qui est unique au monde. Ce que vous appelez, vous, miracle, je l'appelle, moi, le phénomène naturel et glorieux du printemps. Sans doute, les fleurs et les fruits n'ont pas encore poussé, chez nous, en cette saison, avec une telle force, mais ils l'ont fait ailleurs. Il suffit d'un souffle favorable, d'un phénomène magnétique ou électrique dont nous ne con-

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