‹ Pan, comédie satirique en trois actes, en proseChapitre 37 sur 84 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

LE SACRISTAIN, joignant les mains.

Horreur ! Votre fille aussi?

ANNE, montrant la peau de panthère qu'elle porte sur le bras.

Puisque voilà sa peau de bête que j'ai ramassée dans la paille.

L'ABBÉ

N'insistons pas.

LE CAPUCIN, sentencieux.

Le vêtement du diable, c'est de ne pas en avoir.

Et ils se sont rendus en cortège dans le bosquet, les anges en tête avec les tigres, puis ma fille et Dieu.

LE CURÉ

Mais que peuvent-ils bien faire dans ce bosquet ?

PIERRE

J'ai compris qu'il s'agissait d'un temple. Nous avons voulu les suivre, mais Pan nous a dit de rester. La cérémonie était secrète. Nous nous sommes tenus sur le seuil pour entendre les cantiques et voir le jardin en fleurs.

Longue sensation.

LE CAPUCIN

Cela est significatif. Chez le démon tout se fait à rebours. La cérémonie suit l'acte.

L'INSTITUTEUR, narquois.

Ils se sont mariés à la mode de Bohême, quoi !

Hilarité.

L'ABBÉ

Il n'y a pas de quoi plaisanter, Monsieur. Ce sont des choses trop graves.

LE BOURGMESTRE

Certainement, et je ne tolérerai pas de pareils scandales en public. Cela dépasse les bornes. C'est un attentat aux bonnes mœurs .

LE SACRISTAIN

C'est incroyable. Si M. le curé veut que j'aille voir?

LE SUISSE

Vous ne pourriez soutenir cette vue sans avoir des nausées.

L'ABBÉ

Vous voyez que je n'ai rien exagéré.

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