‹ Pan, comédie satirique en trois actes, en proseChapitre 38 sur 84 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LE BOURGMESTRE

Je saurai faire mon devoir.

Est-ce tout ?

C'est tout.

LE CURÉ

PIERRE

LE BOURGMESTRE, à Pierre.

Vous pouvez vous rasseoir.

LE CURÉ

Tout cela est bien obscur. Nous n'en sortirons jamais. Je propose de mettre la question aux voix (g).

TOUS, après un moment de surprise.

Oui, oui.

LE BOURGMESTRE, debout.

La question posée est donc celle-ci : Pan est-il le démon, ou est-ce la personne de Notre-Seigneur, c'est-à-dire Dieu manifesté sous une forme humaine ? Vous vous lèverez, Messieurs, selon votre avis. Les votants pour Dieu.

Tous se lèvent, sauf le Secrétaire et l'Abbé.

74 PAN

{Comptant.) Neuf.

Tous se rasseyent.

L'ABBÉ

Comment neuf? Il y a une majorité pour affirmer que Pan est dieu ? C'est impossible ! Il y a malentendu.

LE CURÉ

J'ai voté pour le bon Dieu, naturellement.

LE SACRISTAIN et tout le BANC (i).

Nous avons voté comme Monsieur le curé.

L'ABBÉ

C'est un tort. Le curé n'a pas compris. Il s'agit de savoir quels sont ceux qui croient qu'il n'est pas dieu.

LE SECRÉTAIRE

La question a été mal posée.

L'ABBÉ

Evidemment.

(i) Le Banc signifie ceux qui y sont assis : le Garde-champêtre le Capucin, le Sacristain et le Suisse.

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