ACTE DEUXIÈME
LE BOURGMESTRE, se levant.
Recommençons.
Le curé se lève ainsi que l'Abbé, le Secrétaire, l'Instituteur, Pierre, Anne et tout le Banc.
LE CURÉ
Pour qui vote-t-on donc ?
LE SECRÉTAIRE
Pour le démon.
LE CURÉ, se rasseyant vivement.
Ah ! mon Dieu !
Tout le Banc se rassied de même.
LE BOURGMESTRE, comptant.
Cinq.
L'ABBÉ, agacé.
Mais non, mais non ! Quels sont ceux qui croient que Pan est le démon ? C'est simple pourtant.
Le Curé et le Banc se lèvent.
LE BOURGMESTRE, comptant.
Une, deux, trois, quatre.
Il s'arrête devant le groupe du bout de la table, à droite, c'est à-dire, l'Instituteur, Pierre et Anne.
L'INSTITUTEUR
Moi, je m'abstiens.
L'ABBÉ
Soit, mais d'abord le berger et sa femme n'ont pas voix au chapitre.
Pierre et Anne se rasseyent.
LE CURÉ
Ne compliquons pas les choses.
LE BOURGMESTRE, comptant
Ça fait huit.
LE CURÉ
Huit maintenant? Oui est-ce qui a la majorité?
TOUS LES VOTANTS, ensemble.
Le démon.
L'ABBÉ, rectifiant.
C'est-à-dire qu'à la majorité de huit voix, donc à la majorité absolue, Pan est reconnu être le démon en personne.
LE CURÉ, soulagé.
Ah ! tant mieux !