ACTE DEUXIEME
L'INSTITUTEUR
Je demande qu'on vole sur le phénomène naturel.
Les votants pour le phénomène naturel. {L'Instituteur se lève seul.) Une voix pour le phénomène naturel.
L'ABBÉ
L'affaire est entendue. Il s'est nommé lui-même Dieu. Il a prévariqué, il a blasphémé, il a forniqué, il a accompli à rebours le Saint-Sacrement du mariage, il s'est rendu coupable de tous les crimes. II ne nous appartient pas de sonder les desseins de la Providence et de nous demander pourquoi elle a envoyé le fléau au milieu de nous. Ce qui importe c'est l'attitude qu'il nous reste à prendre en présence du malin. Moi, je propose de le brûler vif.
LE CAPUCIN
Oui, et sa femme aussi.
LE BOURGMESTRE
Je m'y oppose. N'outrepassons pas nos droits.
L'INSTITUTEUR
Ces procédés ne sont plus de notre âge.
LE CURÉ
Il faut l'exorciser.
L'ABBÉ
On n'exorcise que les possédés. Nous pouvons exorciser la femme, mais non le démon en personne. On le chasse.
LE CAPUCIN
Mais s'il ne se laisse pas chasser aussi facilement que l'autre fois?
LE CURÉ
Il faut employer les grands rites.
LE BOURGMESTRE
Comment procède-t-on ?
LE CAPUCIN, ouvrant son in-folio et lisant.
<( Erat autem ibi, circa montem, grex porcorum magnus, pascens... — Et deprecabantur eum spiritus dicentes : mitte nos in porcos ut in eos introeamus... — et exeuntes spiritus immundi in-