ST4 PAMUU. ET II4I1EH
IMs de iHMquHs, précieusement coasenés pour permettn ta bétail de s'abriler da soleil pendant les hmmf^lftS plus i-haudesdujour. Sur ce terrain renne, abselnmral nu, sur ce sol où le feu dévore si sou- Tent les herbes, les études marcheul très ieslenient; elles y sont pourtant beaucoup plus pénibles que dans lesrtgîoiu boisées, parce que la chaleur y est accablante, et surtout parce que le moiudre vent soulève des nnagee d'une cendre acre et rousse, cause d6 Bianx de gorge douloureux.
Le 7 mifs au matin, je me trouvais beaucoup mieux et je travaillais le plus {laisiblement du monde avec ' If. deLuliarme, dans notre chambie du Grand-Hôtel de Pinamk, lorsque tout à coup, vers onze heures, nous i crdmee entendre au dehors les détonations brusques d'un revolver. ■ -' ,. '
A Panama, d'habitude, on ne se dérange pas pour hi peu ; mais le cri de fuego I fuego { fuego I au feu ! au feu ! au feu I poussé à la dislance de plus d'une centainede mètres, nous dressa soudain sur nos pieds.
Quel timbre particulier donne donc l'épouvante à la voix humaine, pour que nous ayons pu, de si loin, et par-dessus tous les bruits de la foule, entendre distinctement ce cri d'effroi ?
D'un bond nous sommes à la fenêtre. De tous côtés on se précipite vers le Grand-Hôtel Central, succursale du nuire, et l'on se rassemble en foule devant la partie occupée par le brave docteur Cratochvill. Quelques secondes après, nous voyons s'élever de la pharmacie un tourbillon roussàtre qui fait crépiter l'enseigne et le bois des balcons. Ni flamme, ni fumée, mais à l'in-
térieur la fournaise est déjà bien ardente ; toutes les lignes, tous les objets entrevus à travers la colonne d'air surchauffé, frissonnent, tremblotent, s'évanouissent, se reforment. Inutile de chercher à éteindre ce redoutable foyer, tout au plus pourra-t-on le circonscrire. Panama, ai-je besoin de le dire, ne possède pas l'admirable système de pompes et l'admirable corps de pompiers qui fait la gloire de l'Empire City, de la ville d'Empire*.
Pour nous deux, le premier devoir, c'est de préserver les études, les travaux, les instruments de la Compagnie du Canal, les documents, les cartes, fruits de deux années de peines. Je les entasse au hasard dans les malles avec les effets de MM. Wyse, Verbrugghe et les nôtres ; M. de Lacharme court après des porteurs. Autour de moi s'ouvrent à la hâte les portes, chacun pousse ses bagages dans les corridors ou s'enfuit avec ce qu'il a de plus précieux. Le tapage, les cris augmentent dans les rues ; l' Arrabal ou faubourg reflue sur la ville. C'est jour de fête pour les faubouriens, qui ne sortiront pas de la bagarre les mains vides.
De tous côtés on verse à boire aux déménageurs, du cognac, et du vrai. Que de bons verres d'aguardiente à boire, que de pièces rondes à palper! Et que d'objets sans maître, que d'épaves de toute sorte à cueillir dans la tourmente !
En quelques minutes le Grand Hôtel Central n'est plus qu'un immense bûcher : par toutes les portes, par toutes les fenêtres, jaillissent des flammes jaune