New York
dkir, qni [das haut se font ronge de snn^ et s^ perdent sods no vaste dAme de famée noire.
Un brait soord etprofood domine tout à coup le le souille puissant de l'incendie, le craquement des mon, le pétillement des diarpentes, les clameurs de la foule : c'est la toiture qui s'efToudre. Si rapide est la marche du fléau, qu'une dame du second éta^^e, en train de s'haMUer an moment où elle entend crier au fe», n'a pas le temps d'achevei- de se vêtir avant d'être diassée par les Sammes. Dans celle maison, large d'une Ti^;taine.de mMres tout au plus, c'est à peine si l'on peut sauver un infirme qui loge au premier éti^, à l'oi^wsé de l'oflicine où s'est déclaré rinccindie.
Les débris incandescents torabenl comme des bombes sur le beau quartier de h ville, les maisons s'allument et flambent, le feu ronfle de toutes parts. Au Grand-HOtel, M. Lcew a tout mis en branle pour sauver sa propriété ; sa machine à vapeur fait fonctionner les pompes qui s'alimentent à un réservoir calculé pour fournir à la manœuvre quatre heures durant : l'eau arrosimt constamment le toit forme une couche préservatrice sur la partie basse à l'intérieur de l'auvent qui déborde la maison ; sur plusieurs points, des prises permettent de noyer les flammèches, d'irriguer largement les murailles et tes balcons. En dépit de tant d' efforts, çà. et la de petits ilôts embrasés surgissent, mais on réussit à les éteindre tous.
Ce n'est point seulement l'existence de ce bel établissement qui se trouve menacée, mais celle de tout le pâté des maisons, de tout le côté de la ville qu'il sépare du foyer de l'incendie. Déjà celui-ci a dévoré
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trois quartiers de Panama : si le Grand-Hôliil celle, la cité tout entière est perdue.
Aussi quelle anxiété! Aux moindres bouffées de brise t|ui rabattent les flammes et la l'umée sur l'édifice protecteur, une terreur immense envahit le peuple témoin de la l'urie grandiose du feu.
Le président du l'État de Panama, tous les membres du gouvernement de 1' « Istmo » sont là, dirigeant la lutte. Le bataillon de troupes est armé de haches, les équipages des navires sont descendus à terre, on coupe les balcons, les auvents, on jette à bas les maisons les plus menacées. Des audacieux enfoncent dans les poutres principales des crocs fixés à des chaînes : des centaines d'hommes s'y attellent, et parfois la poutre est arrachée. C'est autant de moins pour la voracité des flammes.
Éteindre directement l'incendie, préserver telle ou telle bâtisse, en dehors du Grand -!l6tel, qui vaillamment se défend lui-môme, impossible d'y songer. Le feu anéantit en un clin d'œil ces constructions pressées les unes contre les autres, où il entre moins de pierre que de bois, et qui semblent destinées d'avance à devenir la proie de 1' « élément destructeur ».
Un des quartiers atteints eût pu certainement être sauvé si la ville avait eu une pompe. Le chemin de fer envoie la sienne, arrivée de Colon encinqquarlsd'beure; mais chaque magasin devient un foyer; sauf les poudres, aucune matière combustible n'est probihée à Panama : à tout instant retenlit l'explosion des barils d'alcool, de bombonnes de pétrole, la détonation de caisses de feux d'artifices, de capsules, de carabes. Qui pourrait, les ayant entendus une fois,
Ul^hes.
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oublier les tris des f&nimes éperdues emportant leurs enfants?
Les hommes, eux, luttent contre les flammes, ou
plient sons le fanleau de ce qu'ils peuvent arracher
à la promptitude du fléau. Quelques-uns, les lèvres
serrées, rejiardenl se consumer ce qui fut toujours ou
longtemps leur demeure.
Nos bagages eu sûreté, nous aidons de toutes nos
forces au sauvetage chez quelques-uns de nos amis.
Mais Tincendie faisait de plus en plus le vide, avec
nne rapidité foudroyante : ce fut seulement au bout
de trois longues heures d'angoisses, marquées par des
désastres presque incalculables, « panaménienne-
nuM)t ^ parlant, que, le Grand-Hôtel ayant définitive-
nuMil résisté, le feu, arrêtant ses ravages, s'affaissa sur
les décombres, qui continnèrent à brûler pendant un
(Ml doux jours.
One de maisons n'étaient plus où Ton nous avait accueillis avec tant do courtoisie et de « caballerosiilad », coUe de Tévoiiue entre autres, et celle de notre conipaj^non Sosa.
Dans cotre dornière, (lui fut atteinte des le début, ou no pouvait sauver les meubles qu'en les jetant par les fenolros du second étajçe; il fallait ou les briser nol ou los livrer au IVu dévorant ; le frère de notre ami préféra la seconde alternative, oubliant, dans rellarement de cotte heure terrible, la chambre de l'explorateur et tout ce qu elle contenait. La Société du Canal interocéanique y a perdu quehiues documents, mais, par bonheur, los moins nécessaires peutêtre : des carnets tachéométriques, des carnets de crocpiis dos cartes du Mamoni et du Tiati, et, de
plus, une nombreuse collection d'échantillons minéralogiques de ces régions du Darien.
Dès le lendemain, quand il y eut un peu d'ordre et de propreté dans l'hôtel de M. Lœw, nous pûmes emménager à nouveau et nous remettre au travail. Dans la bagarre nous n'avions é.£;aré que quelques petites caisses et des effets sans valeur : somme toute, des pertes insignifiantes. Heureux fûmes-nous dans ce malheur général.
Le petit fleuve Caïmito. — Reconnaissance du Bernardino, du Cope, de l'Aguacate. — La Constancia, hacienda modèle. — Troupeaux et bœufs de l'Isthme ; les garapateros ; les vaqueros et leur lazo .
Le lundi, mon indisposition étant tout à fait passée, je quittai Panama pour rejoindre M. Sosa dans la vallée du Caïmito.
Sur mer, le vent ne nous fut pas favorable; la baleinière tenait fort mal le plus près, la brise était un peu fraîche, et nous n'arrivâmes au Puerto de la Chorrera qu'à dix heures du soir.
Le lendemain, nous remontions en canot le Caïmito : ce petit fleuve forme ici une série de méandres dont les cous sont si étroits, qu'à la saison des pluies les eaux les franchissent dès que le rio s'enfle un peu : elles se frayeraient un nouveau lit sans l'inextricable enchevêtrement des tiges souterraines et aériennes des palétuviers qui arrêtent les arbres entraînés par
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le couraQt. Ainsi se forment des levées qui forcent le Gaïmito à garder son lit tortueux dans une vallée basse et marécageuse.
Cette partie inférieure du val du rio Caîmito est restée jusqu'à ce jour (et sans doute restera longtemps encore) le domaine de la forêt vierge; mais, en amont du confluent du rio Martin Sanchez, le terrain, de nature argileuse, ne laisse plus pénétrer profondément les racines des arbres : il n'y pousse que le guagaja, plante aux feuilles énormes. De temps à autre, les derniers éperons des collines environnantes resserrent quelque peu la vallée, mais — et c'est là ce qui nous intéresse le plus — l'espace qui les sépare suffirait amplement au tracé d'un grand canal.
En aval du confluent du Gaïmito et des eaux réunies du Bernardino et de l'Aguacale, s'étend une plage de sables vasards sur lesquels sommeillaient une soixantaine d'alligators allongés au soleil. De loin on croirait voir un amas désordonné de souches épineuses apportées par les crues. On sait bien que ces animaux n'attaquent presque jamais une embarcation, et pourtant le plus courageux ne peut défendre à son cœur de battre plus fort quand le caiiot passe devant un pareil amoncellement de monstres. Personne ne songe à leur envoyer une balle, on longe la rive opposée d'aussi près que possible et, pour effrayer l'ennemi, les rameurs l'accablent d'injures en tapant vigoureusement contre leur pirogue. Ce vacarme arrache un instant les « cuirassés » à leur léthargie : les uns, languissamment, lèvent la tête et nous regardent avec paresse; les autres, à petits pas, entrent dans l'eau sans plonger, leur museaU
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difforme et les rugosités en dent de scie de leur dos émergeant seuls à la surface.
Un quart d'heure après, l'embarcation enfile le Bernardine, rivière étroite et tortueuse. Je m'arrête au village du même nom : là on nous apprend que M. Sosa était l'avant-veille dans le potrero* du seftor Silveiro Gonzales ; un petit guide m'y conduit par le chemin le plus court, et je retrouve mon ami à l'ouvrage. J'ai le chagrin de lui confirmer que sa maison a brûlé avec tout ce qui lui appartient : quelque nouvelle lui en était parvenue, mais il ne se doutait pas encore de l'étendue du désastre qui l'a frappé en même temps qu'une partie de la ville.
Nous continuons ensemble les opérations : je me charge du niveau d'Égault et de la direction des trochas, il garde le tachéomètre et fait les croquis. Après une petite gorge, le rio monte rapidement. Le soir, nous demandons l'hospitalité à un pauvre pâtre nommé Melo, qui fait pour nous plus qu'il ne peut.
La vallée s'étrangle, s'élève toujours davantage, elle devient un simple canon; bientôt apparaissent les cascades, en pleine roche de dolérite ; au pied de la première, l'altitude du terrain est déjà de soixantequatre mètres : là doivent se terminer nos opérations, en ce qui regarde le haut Bernardine.
Mais avant de quitter le pays, et pour en avoir l'aspect général, comme aussi pour prendre quelques relèvements, nous faisons l'ascension d'une loma dont le sommet plane sur une vue vraiment admirable : on contemple les vallées des trois rivières qui forment