Elle n'a même pas 100000 hectares
sages, de leurs affreux bouillons d'herbes, c'est d'ajouter aux souffrances d'un patient condamné à mourir. On ne cite point de cas authentique de guérison.
Ces terribles serpents ont parfois jusqu'à sept pieds de longueur. Ils n'attaquent point l'homme et fuient au moindre bruit ; mais lorsque la malechance veut qu'on mette le pied sur un trigonocéphale engourdi par un copieux repas, il se redresse soudain et se venge par une fatale morsure. Le jour, ces reptiles dorment dans leur trou; le soir, ils vont à la maraude, et comme ils aiment les terrains battus, les routes et les sentiers en sont couverts. Ni promesses ni menaces ne décideraient un indigène à sortir entre le coucher et le lever du soleil; et toute la nuit les serpents Irigonocéphales régnent en maîtres sur la belle île de la Martinique.
La gloire du chef-lieu, c'^st la place, la promenade de la Savane. Là, sous l'ombrage de grands sabliers au feuillage noir et touffu, l'on jouit de la brise vivifiante de la mer et d'une admirable vue de la baie de Fort-de-France. Quelques-uns de ces arbres atteignent des dimensions étonnantes ; leur tronc peut avoir 4 à 5 mètres de tour, et ils sont encore jeunes, pleins de vie et de force ; mais on ne les remarquerait même pas dans la forêt vierge, où tout se confond en un immense fouillis de verdure.
Le centre de la place est marqué par un quinconce de ces curieux palmiers de Cayenne si égafux, si réguliers, si semblables l'un à l'autre, qu'on les dirait achetés à la douzaine chez quelque grand usinier en zinc. Ces colonnes grises, droites, épaisses, absolu-
ment cylindriques, portent un panache de feuilles fines et déliées comme des plumes d'autruche.
Fort-de-France est entouré de collines abruptes et arides aux flancs desquelles s'accroche péniblement une végétation ayant moins de frondaisons que de vrilles et plus d'épines que de fleurs. Tout y est terne et rabougjri. Mais en bas, les vergers se succèdent sans interruption dans le val de la petite rivière Madame, laquelle est, avec la rivière Monsieur, l'une des principales de la colonie, — ce n'est pas beaucoup dire. En arrière des premiers plans, on voit s'étager les uns après les autres, jusqu'au piton Didier, des mornes aux cimes dénudées dont toutes les combes, tous les cols sont bourrés d'arbres touffus : on dirait de la mousse entre des fruits.
Deux jours après, nous étions à la Guayra, le port de Caracas, capitale du Venezuela. De la mer, l'aspect en est peu séduisant. C'est une ville blanche, en amphithéâtre au pied de montagnes escarpées qui font partie de cette Sierra de Caracas dont les plus hautes cimes approchent de 3000 mètres ; les roches rougeâtres sont à peine tachées de vert par des bouquets de nopals, de cachous et d'aloès.
Le surlendemain, on mouillait à Puerto Cabello, un vrai et bon port ; la ville est campée sur une langue de terre marécageuse, et le séjour ne doit guère en être salubre. Une visite au marché montre la misère de la majeure partie des habitants : de pauvres négresses de la campagne installent leurs petites provisions par tas de trois ou quatre bananes, vingt pistaches, une poignée de riz, une patate douce; des nègres déguenillés rôdent sur la place, grands gail-
lards, toujours affamés comme les singes et mangeant à chaque instant du jour; ils marchandent, ils offrent la vingtième partie d'un sou ; pendant des heures on gesticule, on jure, bien heureux quand on n'en vient pas aux menaces; mais les coups sont rares. Dans un coin, d'autres nègres détaillent d'immondes morceaux de tripes séchées au soleil, et, entre autres poissons, du chien de mer et même du requin.
Nous touchons à l'avant-port de Barranquiila, à Sabanilla, qui sert de débouché à tout le commerce de la vallée du grand fleuve de la Colombie, le Magdalena; et enfin le Lafayette mouille, le 21 novembre, à Colon, et, ce jour-là, nos pieds foulent l'Amérique centrale.
Du large, rien de plus gracieux que la vue de la ville et de la rade : à gauche apparaissent l'île basse de Manzanillo et les blanches maisons de Colon, abritées par des cocotiers ; tout autour, les plaines sont revêtues de forêts qui font ceinture à la baie de Limon. Les hautes collines de Mindi et de Porto Bello se dressent à quelque distance, à droite et à gauche de l'entrée ; en face, dans le lointain bleuâtre, des mamelons peu élevés forment l'arête séparant les terres basses du versant de l'Atlantique de celles du versant du Pacifique. Tout cela est ravissant, mais le panorama se referme lorsque le navire accoste aux cales de débarquement.
Les paquebots s'amarrent à des quais contigus aux magasins formant la gare du chemin de fer de Colon à Panama. Souvent les passagers ne quittent le navire que pour s'installer confortablement dans leurs va-
fXNAHA ET UAKIEM
;;ons, et Ja locomolive les entraîne sans f|ii'ils aient touché du pied le sol de la ville. Mais nous, diverses circonstances nous oblij^eaient à y rester deu^s jours, el nous pûmes visiter à loisir cette cité tant calomniée.
Colon est construit snr la pointe nord-ouest de la petite île de Manzanillo, formée par un banc de coraux sur lequel sont venues s'enlasser des vases et des alliivions. Cette ville, si l'on peut l'appeler ainsi, compte qnntre raille habitants, répartis entre deux quartiers bien disliutts : l'un s'élève sur le récif madréporique même, ait sol ferme et sec, dominant la mer de plus de 1 mètre ; il est occupé par les blancs, agents et employés du chemin de fer, négociants, etc. Ces étrangers habitent de grandes maisons à un étage, avec larges balcons et vérandas immenses. Les matériauï de ces bâtisses, briques, chaux, fer, bois, tout sans exception a été importé des États-Unis ou d'Europe, déjà travaillé, façonné, prêt à être monté.
Ce quartier est sain et très propre; la largeur du terre-plein est de 200 mètres; puis le marais commence aussitôt, et le reste de la cité, plongeant dans les fondrières, est formé de deux ou trois rangées de cases parallèles à la ligne du chemin de fer et placées, soit sur des pilotis et des terrassements tels quels, soit sur le remblai même de la voie. Celui-ci, fort large en certains endroits, aété directement établi sur la c6le ouest de l'Ile de Manzanillo; outre les rangées de cases, il porte les différents bâtiments de service, la gare, les mafiasins, les quais de déchargement, etc.
La rue qui porte le nom de Front Street est encore
assez convenable, mais les deux autres ne sont bordées que de cabanes de bois à un seul étage, le rezde-chaussée, enfoncé derrière un large auvent, étant occupé par un petit magasin de détail, bouge* quelconque, cantine ou maison de jeu : le tout est construit en planches de caisses à savon, à cognac, à vermout, clouées avec quelques pointes ou attachées avec des lianes; la moindre brise du large en jette la moitié par terre. Naturellement, ces cahutes logent des nègres ; naturellement aussi, l'endroit est d'une saleté repoussante; les immondices de toutes provenances, à peine poussées à quelques pas de la porte, excitent la voracité jalouse de chiens galeux, de cochons rouilleux, de rares « gallinazos ». Encore si ces derniers, grands nettoyeurs des rues, étaient plus fidèles à leurs fonctions ! Par malheur, ces vautours n'affectionnent guère Colon, et c'est à peine si on les y rencontre par groupes de trois ou quatre. Mais la gent moricaude n'y regarde pas de si près ; elle se prélasse dans cette atmosphère dangereuse pour la race européenne, elle se rit des miasmes paludéens, de l'ardeur meurtrière du soleil, de la chaude buée qui s'élève d'un sol souvent frappé par la pluie des tropiques.
Entre ces deux quartiers, on a creusé deux grands étangs pour assainir la ville et drainer le marais au milieu duquel s'élève Colon. Ces étangs communiquent avec la mer, et renouvellent ainsi leur eau, qui sans cela se décomposerait et deviendrait aussi pestilentielle que les paluds environnants. Les canaux qui les unissent à l'Atlantique donnent passage à des alligators, et ces monstres purgent les bassins des dé-
îiNAMA ET DARIEN tritus de loule espèce profu sèment jetés par les habitants ; personae ne les trouble ilans ces fonctions titililaîres, nul n'inquiète le séjour, malheureusement trop court et trop rare, de ces plus grands des lagartos ', entrepreneurs cuirassés de la salubrité publique au beau pays d'Âspinwall.
Au bord même de ces pièces d'eau, sur le terreplein du ehemitt de fer, se dresse, mais encore sans piédestal, un superbe groupe en bronze: Christophe Colomb présentant l'Amérique à l'Europe. C'est un cadeau de l' ex-impératrice Eugénie â un ancien président des Etals-Unis de Colombie, au général Mosquera, parent éloigné, dit-on, de la famille de Montijo. Colomb, droit et fier, protège de la main droite une toute petite femme nue, craintive et courbée, mais fort jolie, si jolie, qu'elle rappelle plutôt une charmante Parisienne costumée en « source » qu'une Indienne trapue, lourde, aux traits écrasés. On ne peut faire au grand Génois, sou illustre patron, le reproche d'un accoutrement trop sommaire, car, dans ce groupe à trois, Colomb abane sous le vaste manteau de fourrures qui lui descend jusqu'aux pieds. Ce groupe est la seule véritable œuvre d'art qu'on voie dans l'isthme de Panama.
Colon a toutefois la gloire de posséder aussi une colonne élevée en l'honneur des trois promoteurs du chemin de fer, MM. Aspinwall, Chauncey et Stephens (le mieux qu'on puisse faire est de n'en pas parler), et une église gothique, de style anglais accommodé tl'américaine. Si vilain qu'il soit, cet édifice, en por-
phyre brun-rôuge, a fort grand air au milieu des maisons de bois éparses sur le récif; il peut contenir trois cents personnes et appartient à la compagnie du chemin de fer, qui se charge aussi d'entretenir le pasteur.
Point de culture à Colon : à grand peine on a fait pousser quelques cocotiers près des établissements de la gare, de l'église et du phare, qui est une légère charpente de cornières et de poutrelles de tôle. Dans la ville même et sur le reste de l'îlot, on ne trouve pas d'arbres; pourtant, en plein marais, le squelette d'un immense palétuvier sert de perchoir aux quelques gallinazos qui daignent s'occuper de la voirie. Une assez belle route a été construite par la compagnie du chemin de fer pour permettre à ses employés de faire chaque jour leur promenade hygiénique : elle suit le pourtour de l'île et côtoie des marais boueux où le manglier, qui ne dépasse pas ici la taille d'un arbuste, cache des hordes grouillantes de caïmans sous son lacis de racines.
Pendant les cinq mois de la saison sèche, quand règne la brise du nord, le climat de Colon n'est ni malsain, ni désagréable, le vent chassant vers les terres les émanations putrides et apportant aux poumons un air vivifiant. A cette époque de l'année, quelques Panaméniens, fuyant l'atmosphère plus lourde de Panama, viennent ici en villégiature. Par contre, les pluies de la saison humide étant plus fréquentes à Colon, le climat y est alors plus chaud, partant plus dangereux, le vent n'ayant pas la force d'emporter au loin les effluves morbides qui se forment dans l'île et sous le plancher même des maisons ; aussi les affec-
tions paludéennes sont-elles assez fréquenles, mais sans extrême gravité.
Au temps de la 4C fièvre de Tor » et de la grande émigration en Californie, avant la crise commerciale de l'Amérique du Sud et la construction de la voie ferrée du Pacifique, Colon et son chemin de fer avaient une tout autre importance qu'à présent. Le mouvement des voyageurs était énorme, et bien qu'alors., comme aujourd'hui, ce lieu ne fût pour la majorité d'entre eux qu'une halte d'un jour, la cité d'Aspinwall devint un rendez-vous de mineurs, d'aventuriers, de chevaliers d'industrie, sans compter les Chinois, les nègres des Antilles, les sang-mêlés de toute espèce : en un mot, le plus épais de la lie des deux continents. Ce fut l'égout de la race blanche, de la race jaune et de la race noire. Toute baraque était à la fois auberge et tripot ; pas un jour sans batailles, sans vols, sans coups de revolver et sans assassinats. Cette cohue s'adonnait aux plus hideuses orgies ; ses excès en faisaient une proie facile pour la fièvre des marais, . et la mortalité était grande parmi ces malheureux.
Il n'en est plus ainsi. Nul voyageur ne s'attarde aux délices de ce séjour ; la crapule blanche a disparu, les Chinois sont partis pour d'autres lieux, la plupart des nègres sont retournés dans leurs Antilles ; il ne reste à Colon que les employés du chemin de fer, les agents des paquebots, de petits négociants en détail, des gens de couleur, population assise, aussi honnête, aussi saine de mœurs que dans toute autre ville d'Amérique. Plusieurs ont appelé leur famille; la présence des femmes a été bienfaisante: elle a ramené
3i PANAMA ET DARIEN
la dignité et les douceurs de la vie sociale, le respect de soi-même.
Autre conséquence, et facile à prévoir, de ces divers progrès: la fièvre np règne plus en souveraine à Colon ; elle atteint seulement ceux qui s'abandonnent à l'intempérance, vice fréquent aux pays tropicaux et qui cherche son excuse dans l'ardeur du climat. Malheur au faible qui ne sait pas dompter la soif! Il tombe dans l'ivrognerie, et bientôt, vieilli, blanchi, les yeux hagards, enfoncés, la figure amaigrie, jauneverdâtre, il traîne péniblement un esprit sans force dans un corps sans vigueur. Et certes, il l'a bien mérité. Il est juste que ce vice honteux soit sévèrement puni par la nature.
Après deux jours passés à l'hôtel de Washington House nous pûmes partir pour Panama. M. Wyse avait utilisé ces quarante-huit heures pour l'élaboration de son plan de campagne. Colon n'offrant pas de ressources suffisantes, il renonçait à commencer les études par le côté de l'Atlantique et se décidait à aborder le Darien par le Pacifique. Panama, en effet, est en relations constantes avec les villages situés sur les bords de la Tuyra; nous pourrions donc nous y ravitailler facilement et garder pour base d'opérations la ville même, qui est assez bien pourvue de presque tout ce qui nous faisait besoin.
C'est pourquoi nous prîmes aussitôt place dans les vjgons du fameux chemin de fer interocéanique menant de Colon à Panama.
PANAMA El' DAHIEN
le cliemin de fer cie Culon à Panama.
B^e chemin de fer de l'isthme de Panama, l'un des S utiles du globe, puisqu'il assure aux habitaiils du versant occidental des deux Amériques une communication prompte et l'acile avec noire Océan, aurait dû, semble-t-il, être établi l'un des premiers au monde; mais, comme pour tant d'autres travaux qui, une Fois achevés, se trouvent aussi avantageux qu'indispensables, bien des années s'écoulèrent eu discussions sur la possibilité de l'entreprise ; et si deux ou trois sociétés se formèrent en vue de l'exécution de quelques-uns des projets étudiés, on ne se mit point sérieusement à l'œuvre avant 1850; encore, en cette occasion, le succès fu[-il décidé par un hasard heureux, par un événement qui sauva ta Compagnie, au moment même où, découragée, elle allait renoncer à poursuivre sa tâche.
Dès 1835, l'Américain Biddle avait exploré l'isthme dans le but d'y étudier le passage d'une voie ferrée. A cette époque. Panama, complètement déchu, n'était plus qu'une bourgade de cinq mille âmes, endormie dans la paresse, l'insouciance et la pauvreté. Des magnifiques travaux d'art des Espagnols, de ces routes pavées rayonnant autour de la ville et dont la principale coniluisaîL à Porto Belle, il ne restait plus rien, à peine quelques sentiers de mulets dans la vallée du Chagres. Biddle remonta celle-ci jusqu'à
Cruces, d'où il gagna ensuite Panama. Homme d'un jugement sûr et d'une intelligence pratique, il comprit du premier coup d'oeil les facilités que ce passage offrait en comparaison des routes qu'il avait antérieurement étudiées. Sans perdre son temps à des relevés plus exacts, il se rendit à Bogota pour négocier un contrat qui lui assurait d'importantes concessions de terrain. Il retourna aux États-Unis pour lancer immédiatement l'affaire, mais la mort l'arrêta presque aussitôt.
Dès 1843, un groupe de Panamefios, c'est-à-dire d'habitants de Panama, fit venir un ingénieur des mines, un Français, M. Napoléon Garella, et lui confia les études d'un double projet, canal et chemin de fer. Les événements de 4848 amenèrent la dissolution de la société, dont le président était M. Joly de Sabla.
Mais cette même année 4848 vit se produire aux États-Unis un événement qui fit de la construction du chemin de fer isthmique une indispensable nécessité. Nous voulons parler de la découverte de l'or en Californie.
Une guerre disproportionnée entre les États-Unis et le Mexique ayant naturellement été favorable aux bataillons Yankees, le traité de Guadalupe Hidalgo venait d'ajouter la belle Calilornie aux autres États et Territoires de laBanuière-Etoihîe. Aussitôt deux lignes de vapeurs furent établies : l'une de New- York et de la Nouvelle-Orléans à Cliagres, l'autre de Panama àla Californie et à l'Orégon. En même temps on s'occupait de la future voie ferrée ; mais l'œuvre aurait traîné en longueur si la (lôcouverti' de Tor au Sacramento n'eût fait passer par l'isthme une foule de mineurs
trop pressés pour se résoudre à doubler le cap Horn. Obligés de mouiller au large de Chagres, les navires devaient appareiller au moindre coup de vent et se réfugier dans la baie de Limon, bordée de plages noyées où l'on ne pouvait débarquer : il fallait alors attendre le beau temps, retourner à l'estuaire du Chagres et gagner la terre dans les mauvais canots du pays, au risque de chavirer sur la barre; puis venaient le séjour plus ou moins long dans les huttes du port, et parfois la « fièvre de Chagres » ; ensuite un interminable voyage en lancha (canot), à contre-courant du fleuve ; enfin les marches dans la forêt.
Cet afflux de passagers, cet exode donna une impulsion vigoureuse aux eff'orts de la société : dès le commencement de 1849, l'avant-projet du colonel Hughes était prêt, et bientôt MM. Totten et Trautwirie, déjà connus par les travaux du canal qui relie Cartagène des Indes au bas Magdalena, furent chargés de l'exécution du chemin de fer.
ïls quittèrent New-York avec nombre de travailleurs et un certain matériel. On devait commencer les opérations à la Gorgona, au centre même de la Cordillère, pour descendre ensuite d'un côté sur Panama, sur Chagres de l'autre; mais les deux vapeurs qui devaient apporter le matériel à la Gorgona ne purent leur être en aide efficace et les bongos * du pays coûtaient trop cher par suite de l'énorme transit qu'occasionnait le passage des émigrants. Ils furent donc forcés d'abandonner leur plan primitif, plus humain, mais plus coûteux ; avec l'esprit pratique de