SCÈNE DIXIÈME
Ce n’est pas moi qui le façonne ;
‘Il n’a rien de menaçant;
Il n’est pas récent;
Il ne fait tort à personne.
J'ai payé la nourrice assez cher, la friponne, Et j’ai soldé ma faute avec du trois pour cent.
MAL1SSÀRD.
Vous prenez un air innocent Pour conter ce petit manège ;
Vous vous croyez blanc comme neige ; Il paraît que le trois pour cent A ce joli privilège.
PANAZOL.
Je ne vois pas mon fils, je l’éloigne de nous,
Je ne le connais plus : que me reprochez-vous?
MALISS A RD.
Oui.
Alors, c’est moi qui suis coupable?
PANAZOL,
MAL1SSARI)
Je n’ai pas le droit?...
Non, non.
MALISSARD, ahuri .
Tous les maris...
C’est admirable!
PANAZOL, l'interrompant.
Il ne s’agit pas d’eux.
Partagez-vous ou non la dot en deux ?
MALISSARD.
Je la partage, et je m’en flatte.
PANAZOL.
Suis-je ou non frustré ?
38 PANAZOL
MALISSARD, passant devant lui.
Mais pas assez, à mon gré.
PANAZOL. *
Je vous croyais une âme délicate.
J’ai l’âme tendre et ne suis pas jaloux De semer des radis et de planter des choux.
PANAZOL.
Serait-ce une raillerie?
MALISSARD.
C’est ce qu’il vous plaira.
PANAZOL.
Brisons-là, je vous prie.
Essayons de parler raison.
Je vais donc, grâce à vous, restreindre ma maison, Economiser sur ma table!
MALISSARD, changeant do ton.
Arthur!
PANAZOL.
Arthur !
MALISSARD.
Ne sois pas intraitable.
Moi qui venais, tout triomphant,
Solliciter un peu ta fibre lacrymale!
Tu vas voir ici ton enfant.
PAN4ZOL, avec effroi.
Coco! Jamais! Ce serait un scandale.
Si ma femme voyait cet affreux garnement...
Avec indignation.
Oh! monsieur Malissard! quelle est votre morale!
Saint-Chinon accourt dn fond avec deux dépêches. — Panazol est passé à droite.
Panazol, Malissard.