SCÈNE PREMIÈRE
S’asseyant à droite.
J’ai quelquefois l^esprit évaporé,
Et je pardonne une méprise ;
Mais votre amour s’est égaré.
SAINT-CHINON
Je ne demande rien, madame ; j’attendrai.
GEORGETTE
Vos assiduités m’ont déjà compromise.
SAINT-CHINON
Suis-je assidu, madame? Il me semble que non.
GEORGETTE
Mademoiselle Dorothée
Se croit supplantée;
J’en suis peu flattée.
SAIN T-C H I N O N, étonné .
Qui? Dorothée! Où prenez-vous ce nom ?
GEORGETTE
Vous devez le savoir.
„ Prenant une énorme lettre dans sou bureau.
Elle m’écrit de Sèvres.
La dame, dans un style imagé, mais obscur,
M’appelle sa rivale et me réclame Arthur.
SAINT-CIHNON.
Arthur !
GEORGETTE
C’est votre nom.
SAINT-CHINON, avec enthousiasme.
Qu’il est doux sur vos lèvres !
GEORGETTE
Vous êtes bien l’Arthur...
SAINT-CHINON, de même, l’interrompant.
Heureux nom! nom charmant!
PAN AZOL
GEORGETTE, continuant.
Qu’on me réclame.
S A 1 N T-C H 1 N 0 N , vivement.
Oh! non, — pas celui-là.
GEORGETTE, se levant.
Comment?
Mais je n’en connais pas d’autre.
SA I N T-C H IN ON
Tant mieux!
GEORGETTE
Je n’ai qu’un seul Arthur, — le sien. . .
Avec ironie.
Le nôtre,
Qui m’adore et qui la trompa.
Lui donnant «ne grande pancarte.
Et voici les poulets qu’on me jette à la tête.
SAINT-CHINON, étonné, lisant .
Un compliment!
GEORGETTE
De l’an passé, — pour votre fête.
S AI NT* CH l NON.
« Petit papa! » — Comment! petit } apa ! —
« Que ces jolis boutons de roses « Trouvent dans ton cœur un écho « Et te disent les belles choses « Que pense Coco. »
Coco! — Mais non, mais non, — on se trompe d’adresse. Dorothée et Coco ne me regardent pas.
Tombant à genoux.
C’est vous seule que j’aime, et toute ma tendresse...
GEORGETTE
Ciel! mon mari !
SA I N T-C H l NON.
Lui-même!
Elle remet vivement dans le buvard le compliment de Coco, que Saint- > Cliiuon lui a rendu.