‹ Pancréatites chroniques avec ictère: Causes, diagnostic et traitement; Valeur et résultats éloignés de la cholécystogastrostomieChapitre 41 sur 81 · C. — Le drainage transvatérien du cholédoque · texte numérisé non relu

C. — Le drainage transvatérien du cholédoque

Nous voulons seulement rappeler que Grégoire, en 1924, publia, à la suite de la communication de Duval à la Société de Chirurgie, une observation d’obstruction du cholédoque par lésion pancréatique, qu’il traita par une dilatation du conduit et la mise en place d’un tube de verre sortant par l’ampoule de Vater.

Il a bien voulu nous préciser l’état actuei de son opéré : la persistance de guérison signe l’origine inflammatoire de la maladie pancréatique.

Ogs. 102, GRÉGOIRE, 1924 (en partie inédite). — H., 55 ans, ictérique: depuis 6 mois, crises de plus en plus fréquentes de coliques hépatiques, revenant depuis deux mois, tous les deux jours. Etat général satisfaisant, bien qu’amaigrissement assez prononcé. Mangeait très peu par crainte de souffrir. Diagnostic : calcul cholédocien..

Intervention le 20 iuin 1924. Cholédoque extrêmement distendu, ainsi que la vésicule ; pas de calcul. Après décollement de la tête du pancréas, on trouve un noyau intrapancréatique du volume d’une olive, dur et fixe. « Je pensais qu’il existait un calcul enclavé dans la traversée pancréatique. Je fendis le cholédoque et mon doigt, comme l’explorateur, recennurent qu’il s'agissait d’un noyau pancréatique, néoplasique, ou peut-être inflammatoire comprimant le conduit biliaire. Plutôt que d’ouvrir soit l’estomac, soit le duodénum pour y implanter la vésicule ou le cholédoque, me contentais de dilater le conduit au moyen de bougies urétrales. J’arrivais à passer un numéro 16. Alors jintro-

duisis un tube de verre de même calibre. Il sortait de l’intestin par l’ampoule de Valès. Ainsi le néoplasme pancréatique pourrait continuer sans risque de compression des voies biliaires. Je fermais ensuite le cholédoque et plaçais deux mèches de drainage. »

Suites opératoires. — le 2 juillet, l’ictère a disparu, mais une certaine quantité de bile a teinté les mèches.

Le 28 avril 1925, M. le D' Grégoire veut bien nous donner des nouvelles de ce malade, qu’il a justement revu il y a quelques jours : « Cet homme a le teint rose, il a engraissé de 10 kilos seulement, mais il ne souffre en aucune façon. J'ai voulu ou plutôt essayé de me rendre compte du sort de mon tube de verre et je l’ai examiné sous écran, Je n’ai rien vu qui put ressembler à un tube dans le cholédoque. A vrai dire, je ne m'étais pas assuré en le mettant que ce tube était visible aux rayons X. C'était un de ces tubes dans lesquels les stérilisateurs montent leurs crins de Florence. En somme, je pense que je ne m'étais pas trouvé en présence d’un néo du pancréas comme je l’avais cru tout d’abord, mais d’une pancréatite chronique, puisqu’aujourd’hui le malade se porte tout à bien. »

Nous ne pouvons essayer de fixer, sur un’seul fait, la valeur de cette intervention nouvelle, dans le traitement de la pancréatite chronique avec ictère.

Raisonnant d’une façon purement théorique, nous voyons dans ce calibrage du cholédoque pancréatique

1° Une application de la notion d’intégrité pariétale du cholédoque que l’on peut facilement dilater, en repoussant la glande sous pression, qui le comprime ;

2° La possibilité de terminer sans drainage externe ni anastomose une cholédocotomie exploratrice ;

3° La possibilité de suivre l’évolution de la mala-

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die pancréatique, comme a voulu le faire M. Grégoire cherchant aux rayons le tube; la chute du tube, sans récidive de l’ictère, indiquant la guérison ;

4° En face de ces avantages, on peut théoriquement opposer un inconvénient qui, bien que propre à la méthode elle-même et non à son application au dans cette discussion une valeur plus grande ; l’obstruction du canal de Wirsung par le tube de verre et la possibilité de rétention pancréatique.

Cette intéressante méthode pourra trouver des indications particulièrement nettes dans le traitement du syndrome que nous étudions et devra être discutée parallèlement aux autres interventions cholédociennes lorsqu'il semblera nécessaire d’agir sur la voie biliaire principale.

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